Halloween

Halloween 3: les Têtes à claques continuent leur série de clips pour Halloween avec leurs deux petits monstres et le chauffeur de bus "qu'est ben cheap"! Cette année le chauffeur de bus leur joue un bon tour.

Il me semble qu'Halloween — allo'inne dit-on ici où l'on n'aspire pas le "h" et où l'on ne prononce pas les "w"— ne soit guère un succès en France, c'était une opération commerciale montée de toute pièce il y a quelques années qui a vu les enfants suivre cette tradition importée pendant quelques temps, acheter des citrouilles, des habits de sorcières, des masques et maquillages hideux et aller faire du porte à porte ("trick or treat" — une friandise ou un tour de cochon — c'est difficile dire pour un français et était remplacé par le "on veut des bonbons" des Têtes à claques!). Mais plus guère désormais. L'église catholique s'était inquiété de cette mode et avait même monté une sorte d'anti-fête: "Holly Win". C'était bien ridicule, c'est dommage que ça n'existe plus!

Sur pilote automatique

La raison pour laquelle les pilotes de Northwest Airline dont je parlais la semaine dernière dans ce billet n'ont pas répondu pendant plus de 91 minutes aux appels des ATC et ont laissé leur avion suivre sa route bien au delà de sa destination est qu'il "avaient ouvert leurs ordinateurs portables et étaient penchés sur leurs emplois du temps". Ils faisaient de la paperasserie en quelque sorte, ou naviguaient sur le web pour passer le temps. Ils ne dormaient pas comme ça s'était déjà produit sur un vol différent, mais comme ça nous est sûrement arrivé à tous, étaient plongés dans leurs ordis et ne voyaient ni n'entendaient plus rien autour.

Il faut dire que quand un avion est parvenu à son altitude de croisière les pilotes n'ont plus qu'à régler le pilote automatique et n'ont plus grand chose à faire qu'à répondre à un ATC tous les quarts d'heures environ. La tentation est grande de faire autre chose pour s'occuper d'autant que les pilotes automatiques de nos jours sont extrêmement fiables. Northwest interdit à ses pilotes de consulter leurs ordis pendant les vols et les deux pilotes pourtant expérimentés du Vol 188 ont vu leurs licences de pilotage retirées par l'Autorité Fédérale de l'Aviation.

Tout de même cette inattention des pilotes nous donne une petite idée du niveau exceptionnel de sécurité avec lequel volent dorénavant les avions modernes. L'avion a continué sa route sans encombre pendant 91 minutes et les passagers ne risquaient absolument rien (sauf les intercepteurs de l'US Air Force, mais c'est une autre histoire) et ceci grâce à la qualité et au perfectionnement des pilotes automatiques. Dans Slate, William Saletan se demande {en} si les automobiles ne devraient pas être équipés de système automatiques de pilotage pour améliorer la circulation routière. Il y a, à mon avis aussi, une idée à creuser, là.

D'un vol à l'arraché raté

Amusant: j'ai été victime cette semaine d'une tentative de vol à l'arraché de téléphone portable, dans le métro, par un gamin de dix ans (au jugé c'est ce qu'il avait l'air). Moi dont le job est d'étudier et de tenter de comprendre les phénomènes criminels ou tout au moins l'insécurité dans les transports publics me voilà confronté physiquement à mes propres sujets d'études.

C'était Mercredi soir, je me suis assis sur un strapontin le long de la porte de la rame de métro et je jouais à ChainRxn sur mon iPhone. Je tenais celui-ci de la main droite donc la plus près de la porte et je ne le tenais que d'une main. À la station Jules-Joffrin sur la ligne 12 un petit gamin noir qui était sur le quai près des portes ouvertes de la rame de métro a essayé de m'arracher des mains le iPhone, mais il s'y est mal pris (les doigts en pince, pouce en dessous) et la forme du iPhone étant arrondie et le contact glissant il n'a pas pu me l'arracher. J'ai dû serrer ma main par réflexe aussi. Il s'est précipité vers la sortie après ça, avec son complice un enfant un peu plus grand qui faisait le guet ou qui l'aidait à repérer ses cibles. Je n'ai pas essayé de le rattraper, j'étais surpris mais pas du tout choqué ni en colère. Juste surpris.

Si je m'étais lancé à sa poursuite je n'aurai rien pu lui faire, à supposer que je sois parvenu à le rattraper, je ne suis pas sportif et ces petits drôles courent vite et se faufilent parmi les passants.

En fait j'avais, comme toujours dans ce cas là — c'est le criminologue qui parle — présenté une cible facile et vulnérable autant qu'attirante. La théorie des opportunités criminelles explique que pour qu'il y ait un acte criminel il faut qu'il y ait un délinquant potentiel et motivé, une cible vulnérable et attirante, et un lieu approprié au passage à l'acte. Le petit débutait manifestement dans sa carrière délinquante sous la supervision d'un plus grand, il ne maitrisait encore pas bien toutes les techniques ou peut-être ne les avaient-ils pas encore adaptées aux iPhones — les carrières délinquantes sont un autre concept de la criminologie moderne qui cherche à expliquer comment on devient délinquant, d'où on part, comment on progresse dans la carrière, comment on gère sa carrière (consciemment ou non). En gros la théorie des opportunités c'est "l'occasion fait le larron", les carrières délinquantes c'est "qui vole un oeuf vole un boeuf".

Mon iPhone est une cible attirante, c'est un téléphone qui fait tout et n'importe quoi en plus de téléphoner, c'est un bel objet, son prix est très élevé (pour un téléphone), par contre sa revente doit être problématique car il est difficile de le re-synchroniser, à moins de le déverrouiller ce qui demande quelques talents de geek.

Ma position, assis sur le strapontin, le long de la porte, tenant mon iPhone d'une seule main (le soutenant d'ailleurs plus que le tenant), de la main droite, la plus proche de la porte, faisait de moi et de mon iPhone une cible vulnérable, parfaitement bien placée pour permettre l'arrachage de l'objet des convoitises. Le fait que la rame de métro était à quai, portes ouvertes, ajoute à la disposition favorable des lieux.

Leçon apprise. Désormais je fais attention. On dit que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés!

Armadillo!

Facebook | Photos de American Suburb X - ASX ARCHIVE: Mike Brodie AKA "The Polaroid Kidd" (Polaroids):

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À lire:

The Geography of a Recession - Interactive Graphic - NYTimes {en}:
Une carte du chômage aux Etats Unis par contés (taux de chômage global: 9,1%), le Harris County (Houston) est à 6,9%, c'est moins que les contés de New York ou que Los Angeles, moins aussi que la Silicon Valley. Le Middle-West et la Nouvelle Angleterre ont l'air moins touchés par le chômage que l'Ouest ou le Sud-Est. Le Nord-Est industriel (Michigan, Ohio, Indiana) est durement affecté, comme le Deep South.

Placebos Are Getting More Effective. Drugmakers Are Desperate to Know Why. {en}: un article très fouillé de Wired sur l'effet inattendu des placebos.

La poste est en situation difficile (The Economist) {en} dans la plupart des pays industrialisés. Coupables: la récession qui force les entreprises a rogner sur leurs budgets postaux et le courrier électronique. Des analystes économiques estiment que les services postaux européens auront perdus la moitié de leur volume de courrier dans les dix ans qui viennent. En se diversifiant et en offrant des services financiers comme La Banque Postale, les services postaux des pays industrialisés tentent de s'en sortir. Certains mieux que d'autres. On n'a pas fini de parler de la Poste.
For the moment, the industry is sharply divided between slow-moving government-owned services which have mainly stayed at home, such as La Poste, and more efficient privatised firms which have aggressively expanded beyond their borders, such as TNT Post and Deutsche Post. Liberalisation in 2011 will help the latter, though they too are suffering from the decline of letters. Rain or shine, postal services around the world look certain to deliver lots of controversy in coming years.

Enfin, la réforme du système de santé américain

Nancy Pelosi a dévoilé ce que Paul Krugman appelle "the defining moment for health care reform", la nouvelle loi sur la réforme de la santé qui va être mise aux voix à la Chambre des Représentants. Une loi qui est un compromis et qu'il faudra faire accepter à ceux qui la trouvent trop timide et aux centristes (les conservateurs n'en veulent de toute façon pas). Avec cette loi la Maison Blanche estime que 96% des résidents légaux trop jeunes pour recevoir Medicare (l'assurance maladie gouvernementale destinée au plus de 65 ans) seront couvert par l'assurance maladie. Obama va donc tenir l'une de ces principales promesses électorales.

D'après le Washington Post:
Under the House bill, 36 million uninsured Americans would become eligible for coverage. About 15 million of the poorest children and adults would enroll in Medicaid. An additional 21 million would purchase coverage on a new national insurance exchange, where private plans would compete with a "public option" backed by the federal government.

An analysis of the House bill released late Thursday by the nonpartisan Congressional Budget Office estimated that 6 million people would choose a public plan, making it a relatively small player, despite the issue's outsize role in the health-care debate.

The House bill would require most individuals to buy insurance and would require employers to provide health coverage to their workers or face a penalty, although employers with payrolls of less than $500,000 annually would be exempt.

Texas!

Donc il s'avère que cette fois c'est sûr, je vais passer Thanksgiving (le 26 novembre prochain) à Houston Texas, gracieusement invité par ma petite famille là-bas. Merci C., merci Y., merci Air France et son programme "frequent flyer" et merci à la boite américaine de mon neveu qui le fait voler à travers le monde sur les compagnies de l'Alliance Skyteam. Je vais donc passer une dizaine de jours au sud Texas, ça sera mon premier Thanksgiving américain, je vais pouvoir me régaler de bonne dinde aux hormones et aux antibiotiques, énorme et juteuse à souhait! Je ne suis pas particulièrement un fan de Houston mais un petit séjour aux USA ça ne se refuse pas et j'estime avoir une sacré chance d'y être invité et de pouvoir y séjourner dans ma famille avec mes deux petits neveux et ma petite nièce qui sont adorables. Et puis elle est quand même intéressante cette ville du Texas à plus d'un titre, ne serait que par ses possibilités de shopping et par le cour de dollars qui reste assez avantageux pour nous, citoyens de la zone euro.

The Cloisters (suite en images)

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The "Lordly Hudson", Fort Tryon Park, Manhattan.

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The Cloisters, Manhattan, vue sur Fort Tryon Park.

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Chapiteau du XIIème siècle, cloître de Cuxa, The Cloisters, Manhattan.

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Porte gothique, The Cloisters, Manhattan.

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Ogive gothique, The Cloisters, Manhattan.

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Tour de l'abbaye vue de Fort Tryon Park, The Cloisters, Manhattan.

The Cloisters

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The Cloisters, Manhattan, chapiteau dans le cloître de Saint-Michel de Cuxa.

The Cloisters, Manhattan, New York City. On ne s’attend pas à trouver à Manhattan un monastère médiéval. Il en existe un pourtant, une réplique évidemment pas un monastère authentique. Mais ça y ressemble. Le principal défaut est visible dès qu’on s’approche un peu, c’est un peu trop neuf, mais les Cloisters ne prétendent pas être authentique, juste un cadre naturel, beau et approprié à une grande collection d’art médiéval. “Visit Medieval Europe in Upper Manhattan” disent les guides et même “A trip to the Cloisters museum allows New Yorkers to travel back to medieval Europe without ever leaving Manhattan”. RJ Keefe m’y emmène un beau jour de mai dernier. Nous prenons le métro new-yorkais à la hauteur de l’Université Columbia et filons vers l’extrême nord de Manhattan, la station de la 190ème rue. Le bâtiment des cloîtres est situé dans un parc en haut d’une colline un peu escarpée tombant doucement sur l’Hudson à l’ouest, une autoroute à ses pieds, Henry Hudson Parkway et abruptement sur Manhattan à l’est, Broadway, oui ce même Broadway qu’on peut suivre jusqu’à l’extrême sud de Manhattan. Fort Tryon Park s’appellent les jardins qui couronnent la colline, car il y a un ancien fort là, dont on peut voir les ruines. Beaux jardins, en ce mois de mai il y a partout des fleurs. Nous dominons le fleuve Hudson, dans mon esprit un mythe quasiment, l’Hudson, pour en avoir rêvé tant de fois et tant de fois désiré. Le fleuve glisse vers la baie dans une large vallée entre deux coteaux boisés. Au sud le George Washington Bridge qu’on aperçoit dans la brume de chaleur lumineuse, relie Manhattan à l’État du New Jersey. John D. Rockefeller Jr. qui fonda les Cloisters, acheta les terrains de l’autre rive de l’Hudson pour s’assurer que les bois de ses rives préserveront à jamais la vue de son musée. La vue est magnifique, en effet. Les Cloisters justement, à l’extrémité nord de Fort Tryon Park sont un musée du moyen-âge qui dépend maintenant du Metropolitan Museum. Construits dans les années 20 il rassemble, écrit le guide, plus de cinq mille pièces d’art médiéval provenant d’Europe. La réplique du monastère elle-même aurait été construite d’après les plans de cinq monastères médiévaux français. Image: le cloître de Cuxa, copié sur celui de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa en Catalogne française, où nous nous asseyons quelques instants sur un banc de pierre à l’ombre de la galerie, bas reliefs authentique du XIIème à chaque chapiteau de colonne, jardin de plantes exclusivement médiévales, une fontaine dont RJ m’annonce avec amusement que l’authenticité est douteuse et que les conservateurs se seraient fait avoir. Image: le cloître de Saint-Guilhem aménagé selon celui de l’abbaye de Saint-Guilhem le Désert dans l’Hérault, beauté de la pierre austère et jeu de lumière sur les murs. Image: le cloître de Bonnefont-en-Comminges où sont amoureusement préservées près de 250 espèces de plantes cultivées au Moyen-Age. Image: Le cloître de Trie avec sa fontaine centrale qui vient des Hautes Pyrénées aux rives de l’Hudson, où nous prenons un verre de Coca bien contemporain. Et aussi le Trésor de l’abbaye, beaux objets médiévaux en or, les ciboires, calices et crucifix en or. Et puis les tapisseries dont celle de La Licorne, les Livres d’Heures que j’aime tant, les reliquaires, les bas-reliefs, les tombes dans les chapelles gothiques et les vitraux. Tout vient d’Europe. Je trouve même une petite statuette en bois venant d’un petit village proche de ma ville natale. La provenance des objets est dûment notée. Et les terrasses de pierre dominent l’Hudson.

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The Cloisters, Manhattan, cloître de Saint-Guilhem.

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The Cloisters, Manhattan, cloître de Saint-Michel de Cuxa.

overfly

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Un étrange incident, étrange et extrêmement rare, a eu lieu dans le ciel américain mercredi dernier. Un Airbus A320 de Northwest Airlines volant de San Diego à Minneapolis avec 147 passagers à bord a loupé l'aéroport de Minneapolis. Carrément! Alors qu'il était à FL370 (37 000 pieds, 11 000 mètres d'altitude) à environ 130 miles nautiques au Sud-Est de Denver, tout contact radio a été perdu avec l'avion. Celui-ci a continué sa route pendant une heure, a passé Minneapolis et a re-contacté les ATC 15 minutes après avoir passé Minneapolis, à 110 miles nautiques environ à l'est de cette ville. L'avion a fait demi tour et a atterri à Minneapolis 45 minutes après (voir le graphique ci-dessus, KMSP = Minneapolis).

Le commandant de bord et le copilote ont dit qu'ils s'étaient engueulés et n'avaient pas vu le temps passer... L'enquête en cours dira ce qui s'est vraiment passé mais il est possible, quand on discute un peu passionnément, de perdre le sens de ce qui est autour de nous. Les pilotes ont été suspendus en attente des résultats de l'enquête.

Il y a des questions qui sont pour le moment sans réponses: comment se fait-il que les PNC n'aient rien remarqué? Que faisait le dispatcher de Northwest?

Image: FlightAware.com

service au client

Carrefour cet après-midi, beaucoup de monde aux caisses, je m'aligne dans une file qui donne sur une caisse dont le tapis roulant est en panne, peu importe il faut juste approcher ses courses de la caissière et pas les laisser à la tête du tapis. J'attends mon tour derrière un couple au caddie plein ras-bord. Pas de problèmes, je ne suis pas pressé et je lis "Heart Of Darkness" de Joseph Conrad sur Stanza sur mon iPhone, c'est passionnant et bien écrit, en fait je passe un bon moment. Le couple devant pose un poulet rôti emballé dans une barquette et une cloche en plastique sur le tapis roulant (en panne), l'emballage fuit et plein de jus graisseux de poulet tombe sur le tapis roulant (en panne). Le couple paye et arrive mon tour de poser mes courses sur le tapis roulant. Là je m'aperçois que le tapis roulant (en panne) est plein de jus de poulet graisseux. Je demande poliment à la caissière de nettoyer le tapis pour que je puisse y poser mes courses.
Elle me répond: "j'ai pas de kleenex"
— alors appelez quelqu'un pour que le tapis soit nettoyé, je dis;
— je vais pas déranger le chef du magasin il est occupé, elle répond;
— d'accord, mais vous voyez bien que ce tapis est plein de graisse, je peux pas poser mes courses dessus, elles vont être pleine de graisse aussi;
— je vous dit que je peux pas appeler le chef du magasin, alors vous me donnez vos courses ou bien vous dégagez et laissez passer la personne qui attend derrière vous!
— vous êtes gonflée quand même de me dire ça, vous pouvez pas nettoyer le tapis, c'est ça votre notion du service au client?
— ben si on devait nettoyer le tapis entre chaque client on n'en finirait plus!
Là je vous prie de noter la forme de rhétorique habile qui consiste à déplacer l'objet de la discussion en la généralisant, il est clair que je ne demande pas qu'on nettoie le tapis entre chaque client mais seulement quand ledit tapis roulant, alors qu'il est en panne et ne roule pas, porte les traces de jus graisseux du poulet mal emballé des clients précédents.
Voyant le tour que prend la conversation et ravalant la colère qui commence à me monter au nez je dépose mes courses soigneusement sur un endroit encore sec du tapis, une à une. Puis je les remballe une à une en prenant mon temps.
La caissière me regarde faire en multipliant les signes d'impatience (regards, petits soupirs, mouvements agacés) et me dis enfin:
— merci de pas vous presser hein, j'ai ma pause à prendre, moi, je travaille, moi!

Ah! la France! Le pays où le sens du service est inconnu. Le pays où les clients sont au service des vendeurs, où les clients se doivent d'être extrêmement polis, de dire "bonjour" et "excusez-moi de vous déranger..." quand ils demandent un renseignement. Où arriver cinq minutes avant la fermeture d'un magasin vous fait mettre dehors comme un malpropre. Où les caissières vous regardent ranger vos achats dans un sac (vendu, pas donné, le sac en plastique, fragile qui plus est) avec impatience sans vous donner un coup de main sous peine de déroger à leur rang. Où certains commerçants vous traitent comme des gêneurs si vous n'avez pas "la monnaie", etc., etc....

Au Etats Unis, pays de bouseux incultes comme le pensent la plupart des français qui ne sauraient mettre ni Minneapolis ni Dallas sur une carte, dans les supermarchés la caissière vous sourit, vous demande si vous avez fait des courses agréables et si vous avez trouvé ce que vous vouliez dans le magasin et qu'est-ce qu'elle peut faire pour vous aider, vous aide d'ailleurs à mettre vos courses dans des sacs (où c'est un second employé qui le fait — à qui il faut donner la pièce parce qu'il n'est quasiment pas payé par le magasin, mais c'est une autre histoire!), certes c'est "la politesse de la voix du GPS" mais qu'est-ce que c'est agréable!

heure d'hiver

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La nuit prochaine on passe à l'heure d'hiver, ça signifie qu'il fera nuit quand je sortirai du travail et que ne me restera alors que des photos de nuit à faire ce qui ne m'emballe pas, ou alors des images du métro (bien éclairé). D'une manière générale je préférerais qu'on reste toute l'année à l'heure d'été.

Une semaine un peu difficile, les deadlines se profilent au travail, on approche de la fin de l'année. Mon ordi à la Base ayant été en panne pendant quasiment une semaine j'ai pris du retard que j'ai été obligé de rattraper cette semaine. Ceci combiné à une petite crise de blues due à l'arrivée de l'hiver je n'avais pas envie d'écrire ici. Heureusement que j'ai reçu une bonne nouvelle du Texas, à laquelle je ne m'attendais d'ailleurs pas du tout et sur laquelle je ne m'étendrai qu'un peut plus tard (permettez-moi!)... Enfin, tout juste puis-je dire qu'il est possible que je fasse un petit voyage inespéré prochainement, hein, je n'en dis pas plus (clin d'oeil)...

Bon, tout rentre dans l'ordre avec le weekend, tout sauf que je suis toujours aussi fauché et que j'attends désormais la fin du mois avec impatience. Mais il ne faut pas se plaindre et d'ailleurs à ma grande surprise à dire vrai, je m'en fiche un peu. C'est tout de même bon signe.

Un dimanche au Parc de Sceaux

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Un parc à la Française à 10 km du centre de Paris, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un château édifié en 1858 pour le Duc de Trévise. Voilà en substance ce que disent les guides.

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juste une opinion

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Rocher à Balanec, Finistère.

Comme mon ami RJ Keefe, je suis plutôt matérialiste, c'est-à-dire que je ne crois pas qu'il y ait quelque chose qui n'existe pas matériellement. Ce qui ne veut pas dire que je pense que tout ce que n'explique pas la science n'existe pas mais que ce qui n'est pas enraciné matériellement n'existe pas. La pensée, consciente et inconsciente, existe car elle est le produit émergent de mes neurones et mes connexions synaptiques et de l'interaction de tous les produits chimiques que mon corps sécrète et de l'énergie qu'il puise dans l'environnement. Par contre, Dieu n'ayant pas d'incarnation physique et n'étant le produit d'aucune entité matérielle j'en conclus qu'à priori il n'existe sous aucune forme que ce soit, et ce, avant même toute considération d'ordre métaphysique. Ce matérialisme est assez pratique pour séparer la paille du grain, n'est-ce pas? Tout comme RJ je ne pense pas faire de la philosophie en écrivant cela, je pense que j'exprime une opinion. La différence entre une opinion et la philosophie c'est que l'opinion n'est basée que sur pas grand-chose de solide, des impressions, des faits partiels, la couleur du ciel et le taux de sucre ou de sérotonine dans mon cerveau, bien souvent. Alors que la philosophie est basée sur des recherches, une longue réflexion structurée et conduite, la lecture réfléchie des sages qui nous ont précédé et qui se sont penchés doctement sur le sujet. Je ne suis pas très fort pour la philosophie mais j'ai beaucoup d'opinions. J'essaie de ne pas trop les étaler ici car je crains de ressembler à ces commentateurs d'articles de journaux qui sont une véritable plaie d'Internet à mon avis. Oui, les commentaires d'articles de journaux c'est affreux la plupart du temps, ils sont mal écrits, sommaires, souvent fielleux, sentent la joie mauvaise (la Schadenfreude, un mot allemand passé dans la langue anglaise il me semble mais pas encore dans la langue française) ou bien excessivement sentimental, de cette sentimentalité bien pensante et dégoulinante bien de notre époque. Vous avez remarqué cette sentimentalité envahissante de nos jours, le triomphe du cucul-la-praline? C'est presque aussi insupportable que les torrents de haine qui se déversent sur Internet, à coté des torrents de détestation qui se déversent sur Internet il y a des torrents de sentiments qui se déversent sur Internet, à coté l'un de l'autre, c'est ahurissant. Finkielkraut est à coté de la plaque quand il dénonce "les foules lyncheuses qui se déchaînent sur Internet" mais pas complètement à coté de la plaque. Il et à coté de la plaque parce qu'il jette le bébé avec l'eau du bain, pour ainsi dire, parce qu'il déteste Internet qu'il assimile à un nivellement de la pensée, pour Finkielkraut seules les élites ont le droit et le devoir de s'exprimer et d'exprimer leurs opinions, les élites éclairées par la connaissance et la culture, que le péquenot de base puisse exprimer son opinion sur une sujet tout comme et à l'égal de Finkielkraut, alors que le péquenot de base n'a aucune autorité ni connaissance ni culture pour s'exprimer sur un sujet à l'égal de Finkielkraut, ça le révolte, ça l'affole et ça l'horrifie, Finkielkraut. Mais là où il n'a pas tort c'est que les foules lyncheuses existent bel et bien et qu'avec Internet elles ont un moyen très pratique de s'exprimer et de déverser leur fiel et d'exiger des folies lyncheuses de foules lyncheuses. Ce qu'il oublie c'est que sur Internet au milieu d'un grand nombre de conneries et de saletés repoussantes, horrifiantes et inquiétantes il y a des choses passionnantes, des choses magnifiques et des choses intelligentes et des possibilités de se cultiver extraordinaires et des choses pratiques et qui vous facilitent l'existence et des centaines de millions de tonnes de données qui vous permettent d'être mieux informé et d'être moins ignorant et de belles personnalités qui se montrent et qu'on ne rencontrerait jamais autrement. Clairement les commentaires au bas des article de journaux sur Internet ne font pas partie ou alors très exceptionnellement de ces choses magnifiques, c'est même de mon point de vue une plaie, une pollution, un parasite et une nocivité. Bien sûr je pourrais ne pas les lire et c'est d'ailleurs ce que je fais la plupart du temps, ne pas les lire, mais leur présence même, que je sais à la base de l'article, et parfois même en page d'accueil du journal, suffit à m'agacer et à polluer l'information donnée par l'article, qui, bien souvent, il faut bien le dire, présente l'opinion du journaliste et non les faits, ou les faits mais présentés de telle façon qu'ils traduisent ou confirment l'opinion du journaliste, et par là m'agace suffisamment comme ça.

Il faisait aujourd'hui un temps affreux, gris, froid et humide, pas pluvieux ni même crachineux, humide, l'air était humide et froid. C'est reparti pour 6 mois de froid et d'humidité. On vient de remettre le chauffage dans mon immeuble. Les gens ont remis manteaux et cache-nez. La semaine prochaine on repasse à l'heure d'hiver.

Je ne regarde plus Koh Lanta. J'ai pris cette décision à la suite de l'avant dernier épisode qui relatait la trahison monumentale de l'un des candidat et l'élimination du candidat le plus doué sur le plan de la survie. C'est totalement immoral, me suis-je dit, que les traîtres, les malins, les roublards, les égoïstes, les madrés, les stratèges, les roués soient avantagés par les règles du jeu aux dépends de candidats qui se révèlent les plus performants quant à la survie, les plus à cheval sur les principes, les moins chanceux, les plus loyaux, les moins stratèges. Je n'en peux plus de voir les commerciaux gagner sur les ingénieurs grâce à leur baratin. Les roublard et les hypocrites gagner sur les francs comme l'or. Cette émission véhicule de mauvaises valeurs sous couvert d'en véhiculer de bonnes et c'est assez dégoutant comme ça. Donc exit Koh Lanta et bon vent.

keep calm and carry on

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Manhattan.

Ce matin jeudi mon ordi de travail était toujours TU (Tango Uniform, Tits Up, c'est-à-dire en panne, cassé, inutile, en jargon aéronautique) . Il est parti hier semble-t-il, dans les services techniques au 2ème étage, une région mystérieuse de la Base où personne ne s'aventure. Il est d'ailleurs impossible d'atteindre le 2ème étage à partir du rez-de-chaussée, sans doute pour dissuader les gêneurs, les indiscrets, les non-initiés ou quelque chose comme ça. Pour aller au deuxième étage il faut monter au troisième étage et prendre un autre ascenseur pour descendre au deuxième étage. Une fois au deuxième étage l'ascenseur s'ouvre sur un sombre couloir aux murs nus et aux portes solidement closes derrière lesquelles s'affairent des techniciens penchés sur des ordinateurs éventrés dans des ateliers parsemés de cartons de matériel informatique, de moniteurs éteints, d'accessoires, de piles branlantes et désordonnées de cartes électroniques, de barrettes et de processeurs. Derrière certaines portes peut s'entendre le son rythmique de machines d'imprimerie ou de reprographie qui rappelle le bruit des soufflets des forges de Vulcain. Oui, bon, assez de lyrisme. Hier j'étais en congés — je résorbe mon excès de congés en en prenant un par ci par là, je comptais que mon entreprise fasse ce qu'elle avait fait l'année dernière, qu'elle paye les congés non résorbés à la fin de l'année, mais ça ne semble pas être prévu cette année, déjà l'an dernier c'était exceptionnel mais comme par ailleurs le montants des impôts à payer cette année s'en ressent douloureusement, ce n'est peut-être pas si mal que mon entreprise m'enjoigne de prendre tous mes congés avant la fin de l'année plutôt que de me les payer. Hier donc j'étais en congé, j'en ai profité pour aller vendre des livres chez Gibert (une expédition fort désagréable, croyez-moi, j'en reparlerai un jour, mais là, non, je n'ai pas envie de vous parler de la vente chez Gibert, c'est trop affreux) suivi d'une promenade dans le quartier St Germain-des-Près (il faisait un temps magnifique, mais froid) et j'ai regardé un téléfilm d'après la pièce de Simon Gray, téléfilm écrit par Simon Gray lui-même, "Quartermain's Terms". La pièce est excellente et le téléfilm la suit fidèlement. C'est une pièce de théâtre sur "l'anglitude" et la solitude, l'isolement et l'incompréhension, c'est à la fois très drôle et profondément triste, tragique même, d'une drôlerie tragique ou d'une tragédie comique comme on veut. La pièce se déroule dans la salle des professeurs d'une école privée de langue anglaise pour adultes à Cambridge et sur une période de deux ans, dans les années 60. Les sept personnages, six professeurs et le directeur de l'école sont en apparence sociables et biens dans leurs peaux mais derrière les apparences, la politesse toute britannique, la sociabilité un peu forcée, l'impératif de bien se tenir et de ne pas se plaindre (keep calm and carry on), se cache pour chacun des personnages la solitude, le sentiment d'être incompris, un malaise existentiel pour lequel ils ne trouvent ni aide ni remède dans l'égoïsme généralisé. Le personnage principal St-John ("Sinjon") Quartermaine est un aimable gentleman complètement à la dérive, qui aime tout le monde mais ne comprend personne par manque d'empathie et à qui personne ne veut avoir à faire, qui s'enfonce dans sa névrose et sa solitude mais qui est trop bien éduqué, dressé pourrait-on dire, pour demander de l'aide, que personne, d'ailleurs, centré sur son nombril et sur ses propres problèmes n'est disposé à lui donner. Les hommes vivent ensemble mais sont seuls, désespérément seuls et leurs douleurs sont des îles désertes, voilà ce que nous montre Simon Gray dans cette pièce de théâtre, sur un ton de comédie, et par moment c'est drôle, vraiment drôle, de ce comique qu'affectionnent les britanniques et qui est irrésistible et c'est aussi triste et poignant. C'est une pièce de théâtre qui me parle personnellement pour ainsi dire, qui me gratte là où ça me démange. Je ne pense pas qu'elle ait été traduite en français et même jouée en France, probablement à cause de son caractère particulièrement anglais, les personnages étant profondément anglais et leur façon d'agir et de s'exprimer profondément anglaise, bien sûr la solitude parmi les autres ce n'est pas particulièrement anglais, au moins occidental sinon universel, mais ce sont les façons de réagir et de s'exprimer qui sont sans doute intraduisibles en français.

Mon ordinateur est revenu vers midi, il n'y avait rien à y faire à part la mise à jour du bios de la nouvelle carte-mère et donc je n'ai perdu aucune donnée comme je le craignais et rien n'a été désinstallé qu'il eut fallu ré-installer.

J'ai une grande envie en ce moment d'aller à Londres, d'aller faire des emplettes dans les librairies londoniennes, de me promener dans les rues de Londres, d'aller à Camden Market, de picoler des real ales dans des pubs, ça fait tellement longtemps que je n'ai plus siroté une vieille London Pride ou une Theakston Bitter ou une Abbott que je ne sais même plus le goût d'une amertume charmante de la cervoise tiède londonienne, et un steak and kidney pie avec des gros petits pois verts et un délicieux poulet tandoori dans un indien et les parcs londoniens et les bords de canal et… Mais je suis toujours trop dans la dèche en ce moment pour aller me balader à Londres, non, rectifions, l'Eurostar ne me coûte pas cher et je pourrais y aller ne serait-ce qu'une journée, faire l'aller-retour, prendre le train du matin, le premier, et le dernier train du soir pour rentrer à Paris, en plus j'habite tout près de la gare du Nord – oui mais il y a le climat, il suffit que j'y aille le jour où il fait vraiment un temps épouvantable à Londres, et j'ai plus de chances de tomber un jour affreux qu'une belle journée en cette saison, et je vais passer la journée a regretter qu'il ne fasse pas beau et à picoler des bières dans un pub en ruminant mon manque de chance, ou s'il fait beau je vais reprendre le train le soir en me disant que la vie serait quand même plus belle si j'habitais du coté de Primrose Hill ou de Notting Hill, enfin d'une hill quelque part, dans une de ces maisons en brique peinte de couleur pastel avec une entrée à colonnade. Bref, rien qui ne pourra améliorer mon humeur affectée qu'elle est par l'automne à Paris d'autant que je ne serais jamais ni assez riche ni assez désoeuvré pour habiter dans une délicieuse capitale comme Londres ou New York, mais bon je ne vais pas recommencer à râler contre Paris et la France bien que j'en aurais bien envie, là, tiens, en ce moment, justement. Mais stop.

space invaders

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Manhattan, Broadway.

J'ai souvent l'impression que la vie est comme ces jeux vidéo de "shoot them up" du siècle dernier comme le fameux "space invaders". Vous êtes en bas de l'écran armé d'un canon laser que vous pouvez déplacer horizontalement, dans les airs vous tombent dessus rangées après rangées d'aliens déterminés à vous détruire. Le but du jeu est de vous débarrasser des aliens à l'aide du canon laser, avant qu'ils ne vous tuent ou qu'ils atteignent le bas de l'écran. L'élimination totale d'une rangée d'aliens amène une autre vague ennemie encore plus difficile et plus rapide que la précédente. La vie est comme ça, me disais-je ce matin, et ce n'est pas une idée très originale parce qu'il me semble avoir lu une métaphore à peu près équivalente dans un roman de David Lodge. C'est ça quand on lit trop, les métaphores ne vous viennent plus que réchauffées. Je me faisais cette métaphore ce matin parce que c'est exactement ce que je ressens en ce moment. Je me sens comme le canon laser du jeu, pourfendant les emmerdements les uns après les autres au moment où ils arrivent. Bien sûr, pour le moment ce ne sont que de petits emmerdements, mais leur accumulation est fatigante d'autant que j'ai une véritable névrose: je ne prévois qu'un minimum. Je devrais voir un psy pour ça. Et pour autre chose. D'ailleurs je dis toujours qu'il y a deux catégories de personnes (et là non plus ce n'est pas très original, j'ai dû piquer ça à Woody Allen): ceux qui ont un psy et ceux qui en ont besoin. Donc, hier, j'ai esquivé un certain nombre d'emmerdements rageurs, et ce matin ils m'en tombent de nouveau, de plus ou moins prévisibles mais non prévus. Enfin rien de bien grave mais qui préfigurent d'autres emmerdements à venir et qui font me demander quand cette comédie va cesser. En même temps je me dis que ce sont de tous petits emmerdements au regard de ceux de la plupart de mes contemporains et je me sens coupable même de les évoquer ici. Je suis en bonne santé (enfin je crois, et le toubib qui m'a fait passer la visite médicale annuelle hier le croit aussi, à mon grand soulagement), j'ai un travail sûr et steady, une source de revenus taxables constant, un logement pratique et viable (quoique passablement usé, mais ça aussi ça va s'arranger), pas de quoi se plaindre donc, si j'étais une personnalité solaire et non un caractère qui a tendance à se plaindre de son sort et à se regarder excessivement le nombril. Donc je me disais ce matin, encouragé toutefois par le soleil qui brille enfin sur Paris et la température qui remonte après plusieurs jours sombres, gris et humides, je me disais que la vie ressemblait à space invaders et non seulement pour moi mais pour tout le monde, à peu près. Ce sont mes pensées du matin et peu importe qu'il fasse grand soleil, je suis un inquiet et un pessimiste du matin et un serein et un optimiste du soir, me disais-je, en prenant le métro pour aller au travail. Le matin au mieux je suis grognon au pire je suis déprimé et anxieux. Le soir j'ai l'esprit clair et joyeux, je suis optimiste et serein, la plupart du temps. Le matin je n'ai pas envie de me lever, si je ne me retenais pas je resterais au lit et si je me lève (ce qui arrive la plupart du temps) je suis de mauvaise humeur ou inquiet, excessivement inquiet, je me trouve nul et inutile (ce qui est vrai mais le matin j'ai moins d'illusions sur moi-même), je suis réaliste en fait et ça c'est particulièrement insupportable quand on ne supporte pas la réalité ou plutôt quand on ne l'accepte pas, ce qui est pourtant la seule chose à faire, mais bon… Et le matin c'est du "shoot them up" de mes contemporains que j'aimerais faire (je rassure mes lecteurs, je suis totalement pacifique et en plus pas armé), ceci pour dire que je ne suis pas particulièrement bienveillant vis-à-vis de moi-même et des autres.

Où voulais-je en venir? Je ne sais plus, c'est ça le problème des streams of consciousness, il arrive qu'on perde le stream ou qu'il y ait un confluent et qu'on change de stream. Il arrive que le courant, la rivière des pensées soit pleine de sacs en plastiques, de caddies rouillés et de détritus comme n'importe quelle rivière de nos jours et non pas un frais ruisseau de montagne dévalant des glaciers dans toute sa pureté. Ce matin j'étais seul dans mon "département" à la Base. Personne. On est sept d'habitude, dans le même bureau, et là ce matin on était un, moi. Enfin je n'étais pas complètement seul, c'est très rare que je sois complètement seul dans l'immense bureau paysager partagé en deux par une cloison munie d'une porte à deux battants toujours ouverte. Les collègues d'à coté étaient là, mais ils sont de "départements" différents du mien. J'entendais leurs conversations étouffées par la distance et la cloison. C'est extrêmement rare qu'il n'y ait personne dans le "département" (j'écris "département " entre guillemets pour désigner la structure à laquelle j'appartiens au travail, nous sommes divisés en départements, on aurait pu l'être en services ou secteurs ou équipes mais c'est départements). Enfin quelqu'un est arrivé sur le coup de onze heures. C'est détendu les horaires au travail et c'est bien comme ça, au fond, nous avons chacun des dossiers de fond pour lesquels il n'y a pas d'urgence et pas de rendez-vous, donc pas d'obligation d'horaire. Le problème ce matin était que mon ordi principal du travail était en panne, comme il est tombé en panne hier. Le tech' qui est passé hier matin est passé alors que j'étais aux toilettes et à juste appuyé sur le bouton et comme l'ordinateur, miraculeusement, a démarré, il a déclaré sans aller plus loin que "ça marchait" et a disparu avant que je sorte des toilettes et que je l'intercepte pour lui dire que la panne était une panne aléatoire et que un coup il démarrait un coup il ne démarrait pas ou alors tombait en panne aussitôt après avoir démarré. Après être revenu l'après-midi le tech' a déclaré que c'était la carte graphique qui était HS. Aujourd'hui un tech' chinois est venu pour changer la carte graphique et ni une ni deux sans demander l'avis à personne il a changé aussi la carte mère. Résultat il faut re-paramétrer le disque dur après avoir sauvegardé les données qui sont dessus et ça va prendre deux jours de plus. J'en suis bien sûr réduis à utiliser un petit portable DELL assez obsolète et qui ne contient pas les dossiers sur lesquels je travaille en ce moment.

a big stack of interesting things to read on the Internet (Sunday edition) {en}

- night: Will Govus, photographe (ses images de nuit rappellent celles de Todd Hido).

- Ron Charles Reviews 'Generosity' by Richard Powers: "Richard Powers cerebral new novel offers a chilling examination of the life we're reengineering with our chromosomes and brain chemistry."

- In ‘Bright-sided,’ Barbara Ehrenreich Questions Positive Thinking.

- The Colbert Report : "The Information Master: Jean-Baptiste Colbert's Secret State Intelligence System."

- NYRblog - The New American Hysteria - The New York Review of Books: "The hysteria shown at town hall meetings this summer is simply the tip of an outpouring of organized hostility to government that is unparalleled in our history", write Garry Wills in The NYR Blog.

- CCTV "report crime, win prizes" game triggers row, launch doubtful: "The launch of a new internet game, reminiscent of Big Brother, that aims to turn Britain into one big surveillance camera, has become doubtful after protest from civil liberties groups, who claim the "sick" game promotes voyeurism, gathered steam."

- Obama and His Enemies: The Once and Constant Opposition: the paranoid style of American politics. From Roosevelt to Obama.

- Iceland after a year of financial crisis: "It is estimated that 65 per cent of Icelandic businesses and 25 per cent of households are on the brink of bankruptcy. Inflation is at 12 per cent, unemployment close to 10 per cent. House prices have plunged. Burglaries have doubled in the past six months and an overstretched Reykjavik police department, already struggling to reply to emergency calls at peak times, is being forced to lay off 20 officers – a tiny but all too significant figure in Iceland. Following a first round of cuts, hospital wards are facing closure, plans for an old people’s home have been put on hold and waiting lists for non-critical operations are growing."

- Rubbing Elbows With Authors: "Next time you finish reading a book, take a minute to write a note to the author. You will likely soon have a story of your own to tell."

- Sarah Churchwell: Great literature knows no bounds: "Let's not categorize books according to the social identity of their authors."

- John Gray on Trotsky by Robert Service: Trotsky behind the myth!

- Rick Perry’s Witch Trials: the Texas governor against science and scientists.

règle de sérénité: éviter les débats d'opinion

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Une photo qui n'a rien à voir.


Un twitt qui vaut bien un post:
"dès qu'on parle de politique la conversation tourne à l'empoignade de café du commerce: éviter, bien qu'on n'en pense pas moins".

J'ai écris ce twitt (pour les gens qui ne savent pas ce que c'est qu'un twitt, disons que c'est une brève publiée sur Twitter, donc sur Internet), parce que je suis encore frustré et mécontent de la conversation houleuse que j'ai eu avec des collègues vendredi matin.

Je travaille dans un bureau paysager où, souvent malgré soi, on assiste à et on peut entendre les conversations des collègues qui partagent son espace. Je suis probablement le seul mais en général j'aime bien l'ambiance du bureau, avec tout ce monde, je m'y sens moins seul et moins isolé. Bien sûr ce qui m'ennuie c'est, comme toujours dans ce genre de bureau, le bruit que font les autres, qui m'empêche de me concentrer et les interruptions qu'il n'est guère facile d'éviter. Mais au-delà du bruit qu'ils font, une nuisance facile à identifier, le fait qu'ils sont "les autres" est parfois difficile à supporter. Car ce n'est pas parce qu'ils sont des collègues plutôt intelligents et agréables qu'ils sont différents: ils restent "les autres" dont, comme à dit Sartre, l'enfer est pavé.

Très souvent j'entends les conversations de mes collègues sur des thèmes politiques ou dit "de société" et ces conversations, ou plutôt les arguments tenus me font hocher la tête de désespoir. Généralement ma vieille expérience fait que je ne me mêle pas de ces conversations. Mais parfois aussi, rarement, je déroge à la bonne résolution que j'ai exprimée par mon twitt. Parfois je suis de mauvaise humeur et mon degré de compromission avec "le système" a dépassé le niveau supportable ou alors mon taux de sérotonine est anormalement bas, ou je suis légèrement en hypoglycémie et je ne désire rien tant que de chercher garouille à quelqu'un au mépris de mes principes! Or, il est extrêmement difficile de parler de questions politiques sans vouloir avoir raison à tout prix et gagner la joute avec son "adversaire" du moment, c'est à dire celui qui argumente ou qui essaye d'argumenter en sens inverse. Il s'avère alors que tous les coups sont permis, même les plus bas et les attaques ad-hominem, qui sont surprenantes, voire choquantes, venant de gens que par ailleurs on considère comme honnêtes, sensés, amicaux voire aimés. La frustration de ne pouvoir les convaincre (peine perdue de toute manière) s'ajoute à la colère de les voir user contre nous d'arguments de mauvaise foi. Il n'y a donc rien de tel pour se mettre en colère et se fâcher avec les gens, voire détruire momentanément ou durablement l'ambiance que de parler politique ou sujets de sociétés avec "les autres". Sauf si on est d'accord avec eux et qu'on ne voit rien d'objectable à leurs opinions, ce qui, pour moi, n'arrive malheureusement presque jamais. Pas de conversations civilisées entre gens intelligents et qui parlent avec politesse de ce qu'ils connaissent comme dans "L'Esprit public" sur France Culture, mais un empoignade rageuse et des arguments de comptoir et un gros ressentiment à la fin.

Il faut donc éviter absolument ces conversations. Certes, mais de quoi parler alors? C'est mon dilemme constant. Pour essayer de le contourner j'écoute les conversations des autres et j'essaye de trouver de quoi ils parlent sans s'engueuler. En fait, soit ils se racontent des histoires, chacun son tour, j'ai écouté ton histoire maintenant tu vas écouter la mienne, soit ils sont d'accords et renforcent leurs opinions les uns les autres. Dire du mal des ennemis communs ou simplement "des autres" même s'ils ne sont pas des ennemis, ragoter et raconter ses conflits tient aussi une large place dans les conversations. Je suis bon pour raconter des histoires, souvent un peu didactiques ce qui a le don de m'aliéner certains interlocuteurs, mais je ne suis pas un très bon écouteur. Et j'ai une forte tendance à ne pas être d'accord avec les opinions des autres. Voilà qui me limite beaucoup dans mes relations sociales. Il faut que j'y travaille. Et que j'évite les débats d'opinion comme la peste.

Philip Roth

La grande librairie - France5: une très bonne émission consacrée à Philip Roth avec interview chez l'écrivain à New York.
Je ne sais pas combien de temps la vidéo va rester en ligne, certainement pas longtemps, à voir vite donc.

Nobel

Je ne suis pas certain que les jurés du prix Nobel de la Paix aient fait un cadeau à Barack Obama. Pour moi ça ressemble plus à une sorte de tentative de corruption ou au moins d'influence qu'à une récompense. Au moment où la question se pose au président des États Unis d'envoyer ou non des troupes en renfort en Afghanistan, l'attribution de ce prix ne va pas lui faciliter la décision. Et puis ça ne ressemble pas à grand chose, il n'a rien accompli de si fort pour le mériter, le prix Nobel. En fait ce prix lui a été attribué pour la seule et simple raison qu'il n'est pas George Bush et qu'il a battu le candidat Républicain en novembre dernier. Jusqu'où va, en Europe, la haine de George Bush et l'adulation portée à Barack Obama? Mais enfin je me réjoui que ce prix lui ait été attribué, non pas qu'il le mérite tant que ça, mais parce que Barack Obama m'est très sympathique!

Il n'en est pas de même pour le prix Nobel de littérature qui une fois encore échappe à Philip Roth, qui l'a pourtant cent fois plus mérité que tous les écrivains qui l'ont eu ces dix dernières années (au moins).

au pied de la tour

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Mercredi 7 octobre. Paris. Au pied de la Tour Montparnasse.

Le Kindle arrive en France. Avec 250 000 livres en langue anglaise uniquement (pour le moment). M'est avis que ça va avoir du mal à décoller tant qu'ils ne proposerons pas de livres en français. Reste que c'est quand même une bonne nouvelle!

the way i see

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Mardi 6 octobre. Paris. Le ciel au-dessus de la gare Montparnasse.

Les disques* que j'écoute en ce moment:
- Émilie Simon : The Big Machine que j'aime vraiment beaucoup.
- Hooverphonic : The Magnificent Tree
- Goldfrapp: Felt Mountain
Un peu éloigné de mes goûts habituels mais c'est sain d'écouter autre chose parfois.

* oui je dis encore "disques" pas album ni CD, je suis né à l'âge du disque vinyl et on ne se refait pas comme ça!

marcher un oeil au bout des doigts

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Mardi 6 octobre. Paris. Stand de "lutte contre l'obésité" sur le parvis de la gare Montparnasse.

J'aime me promener avec un appareil photo à la main. Avec le temps c'est devenu une habitude. Si je n'ai pas d'appareil, après très peu de temps je suis plongé dans mes pensées et je ne vois plus rien, je marche, les yeux fixés au sol la plupart du temps. Avoir mon appareil m'empêche de penser en quelque sorte, je reste continuellement attentif à ce qui m'entoure, je scrute dans toutes les directions, même si je ne trouve pas toujours de photos à faire c'est une discipline que je trouve très saine. Et marcher. J'ai besoin de marcher un peu tous les jours, ça m'aère l'esprit. Marcher et photographier (pas en même temps, je m'arrête pour prendre un cliché, parfois assez longtemps parce que je reprends la même image sous des angles légèrement différents parfois plusieurs fois) c'est ma façon à moi de faire de la photographie. Je ne comprends pas les photographes de studio et je n'aime pas trop leurs images. Je me sens de la famille des photographes baladeurs. L'oeuvre photographique qui a eu le plus d'influence sur moi, au fond, c'est celle de Frank Horvat, dans son incarnation (il en a de nombreuses!) récente inaugurée par son "journal 1999". La qualité des images s'en ressent peut-être parce que je les fais avec un petit appareil numérique qui tient dans la poche (mais en RAW et avec développement sous Photoshop pour mieux contrôler les couleurs), que ça soit un Lumix FZ18 ou un LX3. Je ne prends guère le réflex, trop lourd, que pour des expéditions photographiques ciblées. J'ai ainsi, comme le dit joliement Horvat, "un oeil au bout des doigts". Ces petits appareils ne me quittent guère et ils me manquent quand je les oublie. Et j'essaie de prendre appui et inspiration sur mes maîtres choisis qui sont, en plus d'Horvat, Bill Eggleston, Walker Evans, Joel Sternfeld, Stephen Shore, Lee Friedlander, Mitch Epstein, Raymond Depardon, Saul Leiter ou Todd Hido.

nuances de beiges et de gris

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L'horizon était brumeux ce matin, aux quatre points cardinaux. La pluie brouillait la vue. Même en plissant les paupières on ne pouvait apercevoir, comme on en a l'habitude, les avions décoller d'Orly à l'horizon sud-est (ils jaillissent de la ligne d'horizon à un angle d'à peu près 40°, c'est tout à fait spectaculaire). Les tours de Chinatown n'étaient que vaguement devinables. À l'ouest le Mont Valérien était cette masse grise qui disparaissait dans les embruns. Car la pluie avait tout d'une invasion marine, effaçant tout dans une indétermination grise.

embracing the common

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Ralph Waldo Emerson: "I embrace the common, I explore and sit at the feet of the familiar, the low. I ask not for the great, the remote, the romantic".

Je n'aurai pas la prétention de dire que j'ai pensé à ces paroles d'Emerson quand je suis passé derrière l'église Saint Sulpice et que j'ai vu ces tuyaux sortant d'un soupirail.

seulement voir et regarder

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Un peu malade des entrailles aujourd'hui, mais rien de grave du moins j'espère. Je voulais sortir faire des photos mais le temps étant bien gris et moi pas en forme j'y ai renoncé. J'ai néanmoins dormis dix heures cette nuit et ça, ça fait du bien.

Je me disais que travailler, je veux dire faire un effort conscient, pour la composition de la photo afin de rendre la surface de l'image en deux dimensions visuellement intéressante ne pouvait se passer du respect des règles, les fameuses règles de composition. Je n'ai jamais appliqué ces règles que quand j'étais à cours d'inspiration pour composer une image et l'image résultante était toujours ennuyeuse ou fadasse, pas visuellement intéressante donc. Appliquer les fameuses règles de composition est une impasse, on obtiendra peut-être une jolie photo mais pas plus, pas une photo visuellement intéressante. Ansel Adams disait qu'il n'existait pas de règles pour faire une bonne photographie mais seulement de bonnes photographies. J'ai découvert très tôt, et je suis reconnaissant de ça aux mânes de la photographie, que les règles étaient un obstacle à la vision et à l'inspiration. J'ai découvert que l'harmonie entre les éléments de l'image venait de mon regard dans le cadre photographique, de préférence dans le viseur et que, la plupart du temps je n'avais pas vraiment à faire d'effort pour repérer cette harmonie, cet effet visuel quasiment partout où je braquais mon objectif. J'ai remarqué qu'Eggleston centrait beaucoup, que Depardon mettait très souvent l'horizon au milieu de son image. Je ne dis pas qu'il faut les imiter constamment mais que leur exemple doit nous mettre la puce à l'oreille sur les règles de composition.

toujours la lumière, seulement différente

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Les murs ont des yeux. Des miroirs sans tain partout dans lesquels se reflètent d'autres murs et d'autres miroirs en un jeu infini de rebondissements silencieux de la lumière. Qui vous observe derrière ces miroirs? Le nuit va arrêter les facéties de la lumière et des hommes et va faire s'éclairer les lampes à l'intérieur. Autres mystères à voir. Toujours la lumière, mais différente.

fenêtres sur cour

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Vendredi très studieux, un travail à terminer avant le soir et je me rends compte vers midi que ma base de données est foireuse. Rincer, répéter. C'est déjà bien que je me sois rendu compte, à temps, de l'erreur.

Beau temps, belles images à faire, juste derrière la Base. Déjeuner chez Hoshi à parler photo.

La nuit tombe tôt maintenant. Quand est-ce qu'on change d'heure? L'automne s'installe et la température a du mal à dépasser les 20°C. Aujourd'hui température maximum 19°.

Regardé Koh Lanta. Cette année les candidats sont retors et le jeu favorise les plus roublards. Isabelle m'exaspère. Elle montre une fois de plus que le féminisme est trop souvent le recours des canailles. L'élimination de Freddy est immorale, aussi immorale que celle d'Alexandre, mais logique. Ce jeu favorise les coups bas, les trahisons impunies et les petites navigations. C'est pourquoi l'audience est si grande. Quand les candidats qui comptent sont droits dans leurs bottes je suis certain que l'audience chute.

matin d'octobre à Paris

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C'est devant chez moi, ce matin, il y avait une belle lumière, c'est tout.

Et j'aime les pins.

accident de lumière

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Un accident de lumière ce matin en sortant de chez moi. Rien pu faire d'autre que de le photographier. J'aime bien les rayons de lumière matinaux.

Pensé à Alphonse, mais sans tristesse, juste pour me faire à l'idée. Mais à quoi bon? Je ne suis pas sentimental, ni nostalgique.

AFR est reparti ce matin. Comme il m'avait bien agacé lundi soir je crois que j'ai été un peu froid avec lui tout son séjour, mais nous nous sommes peu vu et mardi soir je n'avais pas envie de bavarder.