insomnie

Il se trouve que toutes les nuits du dimanche au lundi je souffre d'insomnie. Quand j'étais stressé par mon travail ça se justifiait à peu près, c'était l'idée d'y retourner qui m'empêchait de dormir. Mais maintenant que mon travail ne me stresse plus, que j'y vais avec plaisir, ces insomnies concentrées sur une nuit bien précise, celle qui sépare la liberté de l'asservissement, au fond, n'ont plus lieu d'être. Et pourtant je n'arrive pas à m'endormir le Dimanche soir et je ne trouve le sommeil qu'au petit matin, bien souvent deux ou trois heures avant l'heure de se lever, et encore pas vraiment un sommeil réparateur et agréable mais un sommeil agité avec beaucoup de rêves (et pas que des bons). La seule explication que je trouve est que l'empreinte de mes angoisses du dimanche soir passées reste encore dans mon cerveau et que celui-ci réagit désormais sans cause, comme ces vieux écrans VGA sur lesquelles apparaissaient les empreintes d'utilisation courantes ou comme la persistance rétinienne qu'on éprouve après avoir lu un texte clair ou lumineux sur fond noir.

dimanche

À trop être plongé dans le virtuel on en oublie parfois le réel et celui-ci revient vous rappeler son existence avec un coup de pied au derrière. Dimanche matin, mauvais temps, odeur de café, plein de devoirs à accomplir. Je hais les dimanches, je les ai toujours détesté . Quand j'étais enfant je devais aller à la messe, obligatoire et funèbre puis c'était les occupations du dimanche aussi ennuyeuses que déprimantes : le repas de famille, la promenade et la visite aux ancêtres (avec étape au cimetière, bien sûr) et le dimanche soir le repas froid avec "les restes". Il m'en est resté cette déprime du dimanche, jour où l'on peut voir clairement la vacuité de son existence et la somme des emmerdes qui ne vont pas manquer de vous tomber dessus dans la semaine qui vient, ou qui pourraient vous tomber dessus, ce qui revient au même. Dimanche à vivre pourtant et essayer de se maintenir à flot.

paysage cinématographique

Le cinéma a complètement absorbé le paysage Américain, à tel point que quand on se ballade aux Etats-Unis on a souvent l'impression d'être dans un décor cinématographique ou télévisuel et pas dans le monde réel. Ce ranch près de Brenham, Texas vous rappelle la série "Dallas", ce noeud autoroutier évoque "Paris, Texas", cette petite ville mouillée par la pluie évoque "Twin Peaks", Monument Valley les westerns de John Ford, ce coin de campagne évoque "A Straight Story" ou "Un Monde Parfait", cette banlieue proprette c'est "Virgin Suicides", etc.

SUMO Paint : Online Image Editor

Réalisé en quelques instants avec SUMO Paint :: Online Image Editor sans télécharger aucune application, sans payer quoi que ce soit: certes c'est pas très travaillé (c'est fait, je le redis, en quinze secondes) mais ce qu'on peut faire de nos jours avec le web ne cesse de me stupéfier et de me remplir de joie (si ! de joie ! je suis comme ça avec la technologie : un vrai gamin, j'ai dix ans !)
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absence

Je n'ai pas beaucoup écrit ici cette semaine mais j'ai quand-même blogué sur jrfiles (un tumblelog: des liens, des citations, des images (pas les miennes) et des vidéos saisies et bloguées "à la volée"). J'ai surtout été très occupé par un tas de "geekeries" dont je parlerai plus tard quand elles seront achevées et par d'autres occupations et divers projets. Mais je vais bien et j'ai bien l'intention de retrouver une fréquence de publication plus consistante dès maintenant. De toutes façons je ne cesse d'alimenter jrfiles, alors allez-y.

godspeed Mr President !

President Obama Inaugural Address:
So let us mark this day with remembrance, of who we are and how far we have traveled. In the year of America's birth, in the coldest of months, a small band of patriots huddled by dying campfires on the shores of an icy river. The capital was abandoned. The enemy was advancing. The snow was stained with blood. At a moment when the outcome of our revolution was most in doubt, the father of our nation ordered these words be read to the people: "Let it be told to the future world…that in the depth of winter, when nothing but hope and virtue could survive…that the city and the country, alarmed at one common danger, came forth to meet [it]."

America. In the face of our common dangers, in this winter of our hardship, let us remember these timeless words. With hope and virtue, let us brave once more the icy currents, and endure what storms may come. Let it be said by our children's children that when we were tested we refused to let this journey end, that we did not turn back nor did we falter; and with eyes fixed on the horizon and God's grace upon us, we carried forth that great gift of freedom and delivered it safely to future generations.

speak softly

Speak softly, you're no longer young,
revelation must make peace with weeks of Lent,
you must choose, surrender, stall for time,

hold long talks with envoys from dry countries
and cracked lips, you must wait,
write letters, read books of five hundred pages.
Speak softly. Don't give up on poetry.
Adam Zagajewski (translation)

les soldes !



Janvier est le temps des soldes à Paris. À Houston c'était avant Noël. De toutes façons je m'en fiche complètement, des soldes, mais ça peut faire d'amusantes images.

Toujours cette fascination pour les mannequins dans les vitrines, les mannequins avec tête se font de plus en plus rares et c'est très très dommage !

"Hangar 6" (lien : Bush, the end)

A Somber Bush Says Farewell to the Nation - NYTimes.com:
Shortly before Mr. Bush spoke Thursday, the White House published his schedule for Tuesday, Mr. Obama’s Inauguration Day. In the peculiarly stilted language of White House scheduling documents, it captured perfectly Mr. Bush’s transition from President Bush to Citizen Bush, as follows:

11:30 a.m. THE PRESIDENT and Mrs. Bush participate in the swearing-in ceremony for the 44th president of the United States of America.

1:25 p.m. THE FORMER PRESIDENT makes remarks at departure ceremony, Andrews Air Force Base — Hangar 6.

(Via The Daily Blague.)

(lien: aviation, crash, video)

BBC NEWS | Special Reports | A pilot's eye view of NY crash flight:
Une simulation vidéo de la manoeuvre du captain "Sully" pour faire amerrir son avion sur l'Hudson.

(lien : images, art, internet)

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Le jardin des délices - Jérôme Bosch (détail)
The Prado in Google Earth
Fantastique !

Hudson crash

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Photo Gothamist

On voit clairement les passagers qui commencent à sortir sur les ailes de l'avion. Les ferries ont été là très rapidement. L'Hudson est assez large à cet endroit (à peu près à la hauteur du Lincoln Tunnel) mais quand même les pilotes ont apparemment sacrement bien manœuvré pour faire amerrir leur A320 sur le fleuve. Les navigants commerciaux ont apparemment été exemplaires et les pilotes sont des as. Le commandant de bord est un vétéran de 21 ans chez USAirways et un ancien pilote de l'US Air Force.

L'avion aurait décollé de La Guardia et rencontré un vol d'oies sauvages qui auraient fait étouffer les deux réacteurs, les pilotes auraient essayé de rejoindre en planant un aéroport, mais se rendant compte que ça ne serait pas possible auraient décidé d'amerrir en douceur sur le fleuve.

(lien : aviation, crash)

US Airways Jet Crashes Into Hudson River - NYTimes.com:

Incroyable, un Airbus A320 de US Airways s'abîme dans la baie L'Hudson à New York, le long de Mahnattan, mais ne coule pas, tous les passagers et l'équipage (155 personnes) ont pu être évacués sans dommages. L'avion aurait aspiré des oiseaux dans un réacteur (un problème qui arrive quelques fois et qui peut gravement endommager ceux-ci) en décollant de La Guardia, provoquant la perte des réacteurs. Comme quoi les life-jackets et les radeaux de survie dont on nous parle dans les consignes de sécurité peuvent servir à quelque chose finalement.

S. et P. ont pris US Airways il y a quelques jours pour aller de Houston à Boston.

(lien : images)

Earth, observed - The Big Picture - Boston.com:
23 images satellitaires magnifiques de notre planète bleue.

vie de quartier

D'abord il y a cette fille chez Picard : à partir de huit heures moins le quart elle monte la garde à la porte du magasin, elle baisse un peu la grille de sorte qu'il faut se baisser pour entrer et ensuite elle vous fait remarquer d'un ton revêche que vous n'avez plus que quelques instants pour faire vos courses dit avec un grâce qui laisse entendre qu'on est des emmerdeurs d'arriver si tard et qu'il ne faut pas se foutre d'elle, qu'elle a d'autres choses à faire que de vendre des surgelés et qu'elle vous fait une fleur en ne fermant pas avant l'heure (8 heures) indiquée sur la porte. Tous les soirs elle est là montant la garde près de sa porte à moitié ouverte. "On ferme dans dix minutes" elle grogne. Je ne suis jamais resté plus de cinq minutes dans son magasin et moi aussi j'ai envie de rentrer chez moi rapidement, merci.

Sortant de chez Picard, il y a ce type qui a balancé une canette à dix mètres d'une poubelle, il a raté son panier, la canette a rebondi en faisant pas mal de bruit sur le bord de la poubelle et elle est tombée à mes pieds. Le lanceur ne l'a, bien sûr, pas ramassé.

Plus loin une fille affublé d'un énorme casque HiFi l'isolant de son environnement m'est carrément rentré dedans alors qu'il y avait largement la place pour deux sur le trottoir, en ma défaveur le fait est que je n'ai rien fait pour l'éviter non plus.

Enfin cette bagnole qui monte sur les freins pour piler juste avant le passage piéton, me laisse passer et redémarre violemment au raz des fesses.

Parfois je me demande si les abrutis et les pignoufs se concentrent particulièrement dans mon quartier.

small town



Pour ceux qui ne sont jamais allé aux US, une vue assez typique du paysage d'une petite rue dans une petite ville rurale (du Texas, au moins, bien que mon expérience me fasse dire que c'est un peu partout pareil à quelque chose près). Au premier plan des boites aux lettres avec le petit levier rouge qui permet de prévenir de loin quand il y a quelque chose dans la boite. Vous remarquerez aussi l'absence de clôtures, les pelouses bien tondues, les maisons basses et la rue en béton bien fendillé. Ah oui et il n'y a pas de trottoir non plus.

(lien : politique US, images)

Le portrait officiel de Barack Obama
La grande classe.

(lien : politique US)

Joan Didion : Obama: In the Irony-Free Zone - The New York Review of Books:
The expectations got fueled. The spirit of a cargo cult was loose in the land. I heard it said breathlessly on one channel that the United States, on the basis of having carried off this presidential election, now had "the congratulations of all the nations." "They want to be with us," another commentator said. Imagining in 2008 that all the world's people wanted to be with us did not seem entirely different in kind from imagining in 2003 that we would be greeted with flowers when we invaded Iraq, but in the irony-free zone that the nation had chosen to become, this was not the preferred way of looking at it.

Bookstop, Houston



Ancien Alabama Theater, sur Shepherd et Westheimer, beau cinéma art déco, aujourd'hui reconverti en librairie Barnes&Noble très moyenne mais à la décoration remarquable. Il parait que le bâtiment va être démoli, il faut dire que là-bas on a peu de respect pour les vieilles pierres (enfin, les vieux plâtres) et qu'on a une furieuse tendance à tout passer au bull tous les 20 ans !

red is the color



Il m'a déçu le jour où il m'a dit qu'il trouvait les photos d'Eggleston complètement banales. Mince, banal Egg? On peut ne pas aimer ses photos, détester le Sud rural américain, voire trouver qu'il centre un peu trop, mais les trouver banales, ça en dit long sur ta façon de voir les images... Ah ça, on peut préférer les cartes postales, c'est sûr.

piscine



En ce moment je suis l'élève modeste de Stephen Shore, de Joel Sternfeld, de Walker Evans, de Robert Adams, excusez du peu !

Non, soyons sérieux, il m'arrive seulement de me demander comment ces gars-là auraient pris cette photo, c'est un bon moyen pour apprendre, non?

qu'est-ce qui nous manque pour être heureux


(Maison près du Buffalo Bayou, Houston, Texas)

Par définition on désire toujours ce qu'on n'a pas, ce qui nous manque. La raison me dit que je ne manque de rien, que j'ai tout, déjà tout, qu'un petit peu de volonté suffit. Mais voilà ce n'est pas suffisant. Je désire tout le temps quelque chose d'autre.

Ah ! si je pouvais habiter là, près du Buffalo Bayou dans cette belle maison et écrire des livres ou y vivre de mes photos, et bien sûr je n'aurais pas à aller au travail tous les matins, il y aurait des parquets clairs et des moquettes épaisses et tout serait propre et bien rangé, peu de choses mais des choses belles, des murs blancs, des livres partout mais bien rangés dans leurs bibliothèques et qui, miraculeusement ne prendraient pas la poussière, il n'y aurait jamais de problèmes chiatiques comme les cabinets et les éviers bouchés, ni de problèmes d'argent... Et le matin avant de me mettre au travail chez moi, j'irai me balader dans l'aube le long du bayou, et tous les soirs aussi avant que la nuit tombe et avant un petit bain réparateur dans ma piscine et avant la dégustation d'une Margarita sur mon deck dans la douceur du soir. Bien sûr il n'y aurait pas de moustiques et la climat' ne tomberait jamais en panne et il n'y aurait pas de chaleurs épaisses et gluantes, pas d'orages et de trombes d'eau ni d'ouragans.

Comme on le voit j'ai des rêves domestiques et terre à terre ! Ne me jetez pas la pierre, nous en avons tous je crois. Ils sont un peu ridicules car ils semblent bien idéaux et une partie d'entre eux pourraient être réalisés avec un peu de volonté, mais justement l'espérance, le désir et la volonté ça fait deux. Ce n'est pas la même chose d'espérer être heureux, plus tard, si tout un tas de conditions peu probables sont réunies et avoir la volonté d'être heureux, donc d'agir sur ce qui dépend de nous pour l'être. Comme le dit Guillaume d'Orange : "il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre". Je crois que c'est plus vrai que le contraire. Je pourrais peindre mes murs en blanc, mettre une moquette épaisse dans ma chambre, ranger mon bazar de livres dans des bibliothèques, mettre du parquet clair ailleurs, me séparer de ce tout ce que j'ai en trop en le donnant (même pas en le vendant) à ceux qui en ont besoin... Ce n'est pas une question de moyens mais de volonté et ça remplirait une partie de mes désirs, les plus simples à atteindre. Mais ça ne suffirait pas, je le sais bien, ça ne suffira jamais...

Ce qui nous manque c'est d'être heureux. Woody Allen le dit : "Qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux". Tout le monde à le désir d'être heureux sans savoir vraiment ce que ça veut dire et c'est peut-être pour ça qu'on a le désir d'être heureux, qu'on espère être heureux, parce qu'on ne sait pas ce que c'est.

franc parler

FERN 1


"Je n'ai pas de honte à dire ce que je n'ai pas de honte à penser" dit Gérard Lanvin à la télé, acteur français, ancien vendeur aux puces de St Ouen, un grand humain. Bravo l'artiste !

in the bayou


(Bayou au Brazos Bend State Park, Texas)

Tu prend la I10 vers Katy et la 8 vers Sugarland, Richmond et Rosenberg, et puis des routes de fermes texanes (elles s'appellent comme ça), t'arrives à Brazos Bend pour voir les alligators. Il y a aussi des mocassins, des opossums et des tatous, et des racoons. Tu en vois juste les yeux à fleur d'eau qui t'observent, de loin, les alligators, ils ne sont pas fous, ils ne s'approchent pas des hommes. Quand un pêcheur prend du poisson les alligators sont déjà plus intéressés et se rapprochent du bouchon. Brazos Bend, la courbe du Brazos. Le Brazos c'est une rivière sur la carte mais dans ta tête c'est le Western, John Wayne, Sterling Hayden les Daltons et Lucky Luke, le bayou c'est un bras d'eau marécageux mais dans ta tête c'est une chanson de Roy Orbison ou de Creedence Clearwater Revival. L'Amérique c'est un rêve d'enfant, des centaines de films, des bandes dessinées, des polars de James Lee Burke, ça peuple ta tête d'images, c'est ta culture, bien plus que Montaigne et Molière.

compartiment tueurs

une feuille vu de près au zoo de Houston

Mince, Roland Piquepaille est mort. Il avait un blogue sur la science et la technologie passionnant. Il avait 62 ans. Il est mort d'une bactérie, un entérocoque, paraît-il.

La nature est souvent mortelle pour l'homme, une simple bactérie qui infecte un terrain favorable, un virus et hop, on en meurt. Même pas besoin d'une aberration de la nature comme un cancer, comme une maladie génétique ou comme une maladie auto-immune. Un simple streptocoque bien virulent et résistant aux antibiotiques, qui trouve un terrain favorable à sa reproduction suffit. C'est le grand tueur le streptocoque. Et certains virus aussi.

Ma grand-mère paternelle est morte de la grippe. En 1915, la grande épidémie de grippe espagnole. Mon père a chopé la tuberculose, ce qui lui a coûté un poumon et a raccourcis sa vie. Un grand-oncle est mort de la légionellose qui avait proliféré dans son chauffe-eau. Les indiens d'Amérique n'ont pas été génocidés : ils ont été massacrés par la rougeole, la rubéole, les oreillons, la scarlatine et la varicelle que leur avaient apporté les européens.

Minuscules êtres vivants qui survivent et s'agitent dans votre intestin et avec qui vous vivez en bonne entente, petits commensaux, mais certaines peuvent vous tuer, comme ça, spontanément, sans vous en vouloir, sans notion de bien et de mal, pour se maintenir dans leur être, simplement.

fractales



C'est un image pour Claire qui aime les structures fractales.

Je ne sais pas trop ce que sont les fractales, ça me dépasse un peu, mais je sais que des structures fractales sont observables dans la nature, partout, si on regarde un peu attentivement. C'est même ce qui fait la beauté de la nature, je crois. Un brocoli est une structure fractale, comme les cyclones ou les ouragans, comme la coquille des escargots, comme la répartition des pétales des fleurs, comme les fougères que j'aime tant, comme un flocon de neige.

Ces motifs géométriques qui se répètent systématiquement et sont pourtant unique à chaque forme biologique répondent à l'abondance des facteurs incontrôlables dans leur croissance : les arbres déploient leurs branches et leurs racines selon une forme fractale pour absorber le mieux possible les nutriments et la lumière de leur environnement. Prenez vos poumons par exemple, l'arborescence des bronches et bronchioles et des alvéoles pulmonaires suit une architecture fractale : la seule organisation qui permet aux poumons d'assurer les échanges gazeux avec un encombrement minimum mais sur une surface exposée maximum.

Les structures fractales sont harmonie et beauté.

Sources : les formes fractales dans la nature.

daily grind

une voyageuse du métro du matin

Retour cette semaine à la routine : métro, boulot, dodo, après quinze jours de vacances. Mon quartier ne s'est pas magiquement transformé pendant mon absence. Il a fait un froid sibérien et ça continue. Après mes quinze jours quasiment tropicaux je dois m'estimer heureux de ne pas avoir chopé un nouveau rhume. Pas assez de neige cependant à mon goût. Bonne nouvelle pour vous : je me suis remis à la photo, bonne nouvelle pour moi : j'ai reçu pas mal d'éloges et d'encouragement pour mes photos cette semaine, ainsi qu'une commande. Je pense que je vais sortir un livre de photo à compte d'auteur (maintenant grâce au web on peut faire ça assez facilement) et essayer de le vendre (pas cher).

ça ne fait pas mal


J'ai réussi à prendre cette photo juste avant qu'un gros vigile vienne me dire qu'il était interdit de prendre des photos dans le centre commercial.

Je lui ai demandé aimablement où c'était écrit. Il m'a répondu que ce n'était écrit nulle part mais que c'était interdit quand même. Comme j'insistais il a appelé son chef. Je l'ai irrité ce pauvre gars, il sifflait son agacement entre ses dents. Son chef arrive et la même conversation se répète. Un troisième vigile arrive, je suis entouré par des vigiles aussi costauds que moyennement bien intentionnés à mon égard, malgré mon plus aimable sourire. Je leur ai fait remarqué que si c'était interdit de faire des photos il fallait que ça soit affiché quelque part, sinon comment voulez-vous que je sache? La réponse a été : vous le savez parce que je vous le dis !

Bon, faut pas discuter avec ces gars là, aussi. On vit dans une drôle de société où il est de plus en plus interdit de faire des photos où l'on veut, pourtant ça ne fait aucun mal à personne les photos.

big fat 'possum




À vrai dire l'opossum pourrait être contradictoire avec mon assertion précédente.

Mais pourtant lui aussi est une créature parfaitement adaptée à son milieu. C'est un mammifère marsupial américain, la femelle met bas ses petits après quinze jours de gestation et ceux-ci vivent ensuite pendant plus de cent jours dans la poche marsupiale abdominale. C'est un animal arboricole qui se nourrit de reptiles, d'oiseaux, de petits mammifères, de fruits, en fait il est omnivore. Les opossums quand ils sont menacés font semblant d'être mort de façon très convaincante, sauf qu'ils ne font pas vraiment semblant mais qu'ils sont littéralement raides de peur, ils tombent dans une sorte de coma qui peut durer plusieurs heures, les yeux et la bouche ouverts, un liquide verdâtre coulant de leur anus et répandant une odeur putride.

Les opossums s'adaptent bien aux milieux suburbains où ils peuvent trouver de la nourriture facilement, en fouillant les poubelles par exemple.

À le voir comme ça on pourrait penser à une erreur de la nature, pourtant non, regardez le bien, il est parfait.

rattler




Les animaux sont des images de perfection que jamais aucun artefact humain n'atteindra.

Regardez comme il est beau ce crotale, son oeil bleu noir de pierre, ses écailles parfaitement ajustées, son corps souple, tout en lui est harmonie et ajustement à la vie, à sa vie.

C'est normal que nous ayons une peur instinctive des serpents, sans doute que dans les temps très primitifs les hommes qui avaient peur des serpents les évitaient et amélioraient ainsi leur chances de répandre leurs gènes. Ils avaient un avantage dans la sélection naturelle et donc dans l'évolution. Et c'est pourquoi la peur des serpents est inscrite dans nos gènes et que dans notre culture le serpent représente le Mal, c'est lui qui corrompt Ève dans le jardin d'Eden.

Pour le serpent il n'y a pas de bien et de mal, il vit spontanément, il attrape, tue et digère ses proies (le crotale mange des rongeurs, des souris, des rats) pour se maintenir en vie uniquement, il attaque les hommes quand ceux-ci le menacent où qu'il se sent menacé par eux, ou encore lorsqu'il doit protéger sa descendance, ses gènes. Il est parfaitement adapté à son écosystème et c'est magnifique, ça.

liberté


(canoës et famille à Lake Somerville, Texas)

Nous sommes bien peu libres en fait, conditionnés que nous sommes par nos gènes, notre condition biologique et par la socio-culture dans laquelle nous vivons et dont nous sommes imprégnés. Mais être libre c'est peut-être prendre conscience de ces déterminismes et les dépasser.

En fait les hommes ont une façon un peu comique de couvrir de grands mots, de mettre de la spiritualité partout, de chercher des alibis à des réactions électro-chimiques et hormonales parfaitement naturelles. L'amour maternel est-il plus qu'une giclée d'hormones? Nos grands élans sentimentaux sont-ils plus que dopamine et neuro-transmetteurs flashant dans nos synapses? La nécessité qu'éprouvent les Hommes à se mettre en couple et à avoir des enfants est-elle autre chose que l'instinct de répandre ses gènes et de se conformer aux dictats de la socio-culture qui voit d'un mauvais oeil le fait d'être seul (parce qu'on ne participe pas à la propagation ni au maintien de l'espèce)? Où est ta liberté là-dedans petit homme? Et puis ne croit pas que c'est un acte audacieux de liberté de rester célibataire et chaste, hein ! C'est à cause de tes gènes et de tes conditionnements, de ton inconscient et de tes affects dont tu es si peu responsable...

coin de Corvette


J'aime beaucoup cette photo. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi elle me plaît énormément. Son format carré (un recadrage, je ne connais pas d'appareil numérique qui fasse des formats carrés) lui convient et les couleurs sont belles, la compo est, de mon point de vue, assez réussie. Je me lance des fleurs mais une fois n'est pas coutume, j'ai tellement l'habitude d'être insatisfait de mes images.

C'est la Corvette de Y., à Houston. Je ne suis pas du tout amateur de voitures, je n'y connais rien du tout, mais j'ai un faible pour les Corvettes. Et pour les surfaces métalliques en général comme vous avez pu le constater si vous regardez un peu mes images.

à bloc

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Consommation de 91500 Mw d'électricité ce soir vers 19 heures pour la France, à cause du froid, toutes les centrales électriques fonctionnent à plein. Vu la météo prévue ça ne risque pas de s'arranger dans les prochains jours !

Houston drive-by (2)


Encore Old Katy Road le long de l'I10, remarquez les installations électriques avec les transformateurs (ou ce genre de truc) accrochés aux poteaux et les fils qui pendouillent un peu partout. J'aime bien les couleurs de celle-ci.

Houston drive-by


C'est sur la I10, la Highway Interstate 10, enfin sur Old Katy Road plus exactement, la I10 est à gauche. L'immeuble au fond est une succursale de Memorial Hermann la franchise hospitalière locale. L'architecture est sensée représenter une seringue, mais beaucoup disent que ça ressemble à un virus.

Les car-dealers (concessionnaires automobiles) ont des drapeaux immenses. Les petits drapeaux bleu-blanc-rouge sont ceux du Texas, avec leur étoile solitaire (Lone Star) — le Texas est surnommé le Lone Star State.

J'ai fait beaucoup de photos depuis la voiture, à travers le pare-brise. Je vais les poster ici.

une lettre de Steve Jobs

Letter from Apple CEO Steve Jobs:
So now I’ve said more than I wanted to say, and all that I am going to say, about this.

Bon en gros : oui il est malade, un "truc hormonal", mais il va guérir et il reste CEO d'Apple. Tout va bien.

let it snow !

D'abord j'ai fait l'erreur de dormir hier après-midi (mais en même temps c'était difficile de garder les yeux ouverts) et comme de bien entendu je n'ai pas pu me rendormir avant 2 heures du matin, ce qui, après une nuit blanche ou quasiment, n'est pas recommandé quand on doit se lever à huit heures le lendemain. Donc ce matin je me suis fait porter pâle et j'ai récupéré mon sommeil en retard. Bonne chose de faite. J'ai retrouvé ma job cet après-midi. J'étais content de revoir tout le monde et de retrouver mon bureau, c'est comme ça maintenant ! C'est pas croyable mais c'est comme ça, je suis content d'aller au travail et je suis joyeux de revoir mes collègues.

Il neige et on se gèle le c... ici. Les gens dans le métro ont une sale tronche et je trouve que Paris est dégueulasse avec des papiers, des détritus et des merdes de chiens congelées partout. Il faut dire que j'arrive d'un pays où tout est extrêmement propre, voire aseptisé, j'étais habitué à la crasse parisienne mais maintenant je ne le suis plus, il va me falloir quelques jours. Aussi quelques jours pour m'adapter au fait que les gens ici sont aimables comme des portes de prison, ils font la gueule, c'est naturel, mais en fait c'est superficiel, il suffit de leur sourire ou de leur parler pour que l'atmosphère se détende un peu. Enfin, s'ils ne te soupçonnent pas de nourrir des desseins hypocrites et hostiles à leur égard, on est méfiant aussi ici, normal, on s'habitue à ce qu'on essaie d'entuber son prochain.

Le peu de philosophie de l'existence à laquelle je crois ne vient pas des maîtres zen, des Suzuki, des Deshimaru, des maîtres orientaux, mais d'un européen, juif et hollandais : Baruch Spinoza. Et je dois beaucoup à une personne qui est passée à travers l'existence sans faire grand bruit, juste un journal et quelques lettres, avant d'être exterminée comme tant d'autres par les nazis, une femme, juive, Hetty Hillesum.

Tiens, vous avez remarqué? Ce sont les deux maîtres de notre philosophe contemporain André Comte-Sponville. Bien sûr André est un de mes maîtres aussi, voyons-donc. Vous avez lu son petit livre : "De l'autre coté du désespoir" ? C'est un livre qui m'a ouvert les yeux. Et son "Traité du désespoir et de la béatitude"? Ah oui Comte-Sponville prône l'absence d'espoir comme règle de vie, parce que l'espoir c'est ce qui mène à la déception, à la tristesse, au déni de la réalité et même à la résignation, l'espoir est le contraire de la sagesse. Ça, ça en choque plus d'un! Remarquez, c'est ce que disaient Marc-Aurèle, les Stoïciens, c'est pas nouveau. Mais c'est parce que je ne crois pas à un monde meilleur, parce que je ne suis pas persuadé que confusément, doucement, l'humanité va vers le progrès, vers le Bien et la Fin de l'Histoire, que j'adhère à la pensée de ces sages. Et même si c'était vrai, le progrès vers le Bien, qu'est-ce que ça peut bien me faire? Ça ne change pas la réalité, ici et maintenant, et c'est ça qui importe, ici et maintenant, la réalité, la réalité au-delà de l'espoir. Bon je pourrais écrire longtemps là-dessus,et je vais peut-être le faire d'ailleurs, mais ce n'était pas notre sujet, je digresse. Je parlais de mes maîtres à penser. Et puisqu'il faut un maître indien dans le bouillon je mettrai Swami Prajnanpad parmi mes maîtres à penser. Oui, un indien, un gourou, le gourou d'Arnaud Desjardins, ah! ça fait bourgeois-bohème ça, hein? Mais en fait il n'y a rien d'oriental là-dedans et pas d' "orientalisme", juste une pensée, pas européenne non plus, universelle.

Le retour

À l'aéroport George Bush de Houston une voix répète sans cesse qu'un comportement "inapproprié" et des blagues faites pendant les contrôles de sécurité peuvent vous faire conduire en prison.

Dans l'avion je suis à deux sièges d'une dame âgée qui va au Caire (via Paris), américaine et fortement diabétique. Elle est terriblement bavarde, discute avec tout le monde : son voisin immédiat est un soldat de vingt ans du Colorado qui rejoint son affectation en Allemagne, il est mécanicien et passionné de jeux vidéo; il y a aussi la femme enceinte derrière, qui se lève tout le temps pour faire dégonfler ses jambes; les hôtesses qui viennent sans cesse demander de ses nouvelles et à qui elle tient le crachoir pendant le plus longtemps possible. Elle raconte sa vie, qu'elle va voir ses enfants et ses petits enfants en Egypte (qu'est-ce qu'ils fabriquent en Egypte, je n'arriverai pas à le savoir, mais je suis sans doute le seul dans l'avion). Bien entendu deux heures avant l'atterrissage elle se trouve mal. Le personnel intervient avec gentillesse et célérité, ils sont très bien sur Air France, gentils, serviables, impeccables. Tandis qu'une hôtesse la dorlote, une autre amène un bouteille d'oxygène. Elle dose son insuline. Ça va aller. Elle respire du bon oxygène d'Air France pendant un quart d'heure et puis ça repart. Elle réveille mon voisin le soldat pour lui faire la causette. "Hey, man, I was pretty much asleep" lui dit-il d'une voix endormie.

Nous atterrissons et le commandant nous averti qu'il fait moins sept dehors. Tout l'avion frémit. Oh! Ah! L'hôtesse assise devant moi déclare que chez elle ça va être terrible. J'ose lui demander où c'est chez elle. Strasbourg me répond-elle. Elle a 48 heures de repos et elle va prendre un autre vol pour Strasbourg pour dormir chez elle. Elle est très jolie, très brune, fine, elle me rappelle une fille que j'ai connu dans le temps, une violoniste, qui avait brisé le coeur d'un ami. Dernier virage et dernier coup de frein. Mais après il faut attendre : on est en France, la passerelle est en panne. Vingt minutes d'attente avant de pouvoir commencer à descendre. On a roulé sur les taxiways de Roissy pendant 20 bonne minutes. Une hôtesse avec qui je bavarde (j'ose!) m'explique qu'à Roissy les terminaux sont trop loin des pistes.

Descente d'avion, parcours à pied interminable, on est même obligé de prendre un petit train automatique... C'est dimanche et on est en France, à la Douane il n'y a qu'un seul type pour contrôler tout le monde. Après c'est la récupération des bagages. Sur notre tapis on attend quatre gros avions en provenance des US et du Mexique. Une demie-heure après apparaissent les premières valises. J'ai de la chance, les deux miennes arrivent ensemble et dans le peloton de tête. On est en France, une voix répète tout le temps, en trois langues, que les bagages abandonnés seront détruits sans coup férir par le déminage. Comité d'accueil de douaniers, tiens, c'est nouveaux ça, et étonnant pour un dimanche matin. Est-ce que j'ai pour plus de 430 euros d'import? Non, voyons ! Qu'est-ce que vous faisiez aux Etats-Unis? Visite de la famille ! Ah vous avez de la famille aux Etats Unis ? Ben oui. Bon, et vous avez pour plus de 1000 euros d'espèces sur vous? Non. Okay, vous pouvez y aller. Taxi, un pépère qui m'annonce qu'il fait un temps glacial depuis une semaine. Maison.

J'ai du dormir deux heures dans l'avion, et encore. Arrivé chez moi je m'effondre et je dors tout l'après-midi. Vers cinq heures j'emmerge avec une grosse gueule de bois, je me crois aux USA, chez Y. et C. à Houston, je ne reconnais pas mon appartement, ne sais plus où se trouvent les toilettes, je replonge. Deux heures après je me réveille presque fringuant et l'esprit clair. Là je me rends compte que je suis déconnecté d'Internet. J'attends un peu puis comme ça ne revient pas, j'appelle le service client. Après beaucoup de tests que j'accomplis consciencieusement, le tech m'apprend que c'est la prise électrique de la Livebox qui est HS. Je veux bien mais ça ne m'explique pas pourquoi la Livebox fonctionne parfaitement mais pas la connexion Internet. Il me dit qu'ils m'envoient une autre prise électrique, par la poste. Je doute. Je raccroche le téléphone, débranche et re-branche la Livebox une dernière fois à tout hasard et synchronise une nouvelle fois et là, hop! ça marche ! Connexion Internet et tout. Bien sûr, je n'ai plus du tout envie de dormir, je suis complètement décalé et je n'aurai pas dû dormir cet après-midi.

Alors j'écris.

back in winter

Temps à Houston à l'heure où j'écris, 10h20 heure locale (mes bagages sont faits, y'a plus qu'à prendre l'avion, dans l'après-midi) : 24° C, ciel bleu, un vrai matin d'été avec des odeurs de chênes verts et de pins. Temps à Paris à la même heure, 17h21 heure locale : -1° C, nuit, temps clair.
Je retourne vers l'hiver le coeur gros.

Lyle Lovett sings Townes Van Zandt



Pas le temps de poster, ce soir, juste une petite vidéo d'une chanson que j'aime bien, un cover hommage au grand Townes Van Zandt (de Fort Worth, Texas) par le non moins grand Lyle Lovett, né la même année que moi à Klein, Texas, dans le Harris County (Houston).

"Flyin' shoes" !

armadillo

armadillo


Voici donc, photographié par mes soins au Lake Somerville, un tatou à neuf bandes (en Américain : armadillo) — un vrai, sauvage mais pas farouche. Le tatou est un animal assez commun au Texas et dans tous les Etats du Sud des Etats-Unis. La taille de celui-ci était environ celle d'un gros chat. C'est un mammifère muni d'une carapace formée de plaques osseuses articulées. En danger il se roule en boule comme un hérisson. Ses pattes avant sont munies de grandes griffes avec lesquelles il creuse des terriers profonds. Il se nourrit d'insectes, de larves et de vers. Il n'a pas une bonne vue, celle-ci étant empêchée en partie par sa carapace, mais sa faculté de se rouler en boule en fait un animal difficile pour les prédateurs, de plus il a des toutes petites pattes mais il est très rapide et agile, il peut nager et même rester sous l'eau un bon moment. On le voit hélas trop souvent à l'état de "roadkill" le long des highways!

meanwhile, back at the ranch

Lake Sommerville


A 72 miles au Nord-Ouest de Houston sur la route d'Austin, Brenham est une petite ville (12 000 habitants) typique. Juste assez ancienne pour être intéressante. Le centre ville est dit "historique" et en effet on peut y voir de vieux bâtiments encore tous utilisés et pas trop touriste-kitch. Cette petite ville endormie m'a fait penser à Twin Peaks, les Douglas Firs et les montagnes en moins. Mais autrement c'était ça, exactement ça. The American small town, avec peut-être un peu beaucoup de magasins d'antiquités et de restaurants typiques... Cependant, comme nous étions le premier de l'an, tout était fermé à Brenham et pas un chat dans les rues. Seul au détour d'une petite rue en pente un restaurant-saloon était ouvert. Nous y dégustâmes un généreux et délicieux sirloin steak avec de la purée de pommes de terre à l'ail et des haricots verts et un cheese-cake marbré de chocolat, à tomber.
Fondée en 1844 par des immigrants allemands, Brenham fut occupée et en partie rasée pendant la guerre de sécession par les troupes nordistes, il n'y a donc qu'une toute petite partie de la ville réellement ante-bellum, mais ça vaut le coup d'oeil. Le comté de Washington dont le siège est Brenham est ondulé de collines et de petites vallées, de prairies paisibles où paissent les "longhorns" à l'ombre de beaux chênes. Ça et là on peut admirer de belles maisons à colonnades dans le style "plantation" ou des ranchs aux clôtures en bois. C'est charmant.

Quelques miles plus au nord, sur la route de College Station cette fois, s'étend le Lake Somerville, une retenue de barrage assez grande le long de laquelle sont placés des parcs et des campings, des nature trails, des boat slips, des résidences secondaires et des cabanes de pêcheurs. On y voit des cerfs et des biches partout et nous avons fait la rencontre d'un armadillo (tatou) de belle taille et vraiment pas farouche.

résolutions

2009 sera l'année de la simplification :
- simplifier ma manière de vivre et ma manière de penser
- me débarrasser de l'inutile et de l'encombrant
- étudier le zen

et aussi :
- écrire beaucoup, plus et plus régulièrement
- faire plus de traductions
- écrire des haiku
- faire plus de photos, et m'améliorer en photographie
- perdre du poids
- aller à New York au printemps

Bonne année 2009 à tous, vers plus d'harmonie et de sérénité.

sketch

Houston Shepherd Street


Terrasse d'un Starbucks donnant sur le parking
d'un centre commercial sur Shepherd St. et Westheimer
tables de métal noir grillagé distantes de dix mètres les unes des autres
trois personnes, une à chaque table
une femme hispanique lisant un livre religieux
(j'aperçois les illustrations)
une femme en noir tapant sur un ordinateur portable
et caressant du doigt son trackpad
ongles trop blancs et trop longs pour être vrais
manucurés
elle se tient parfaitement droite et rigide
face à son écran
à la troisième table un type en chemise bleue "navy"
téléphone en regardant d'un oeil son écran
lui aussi a un ordinateur portable devant lui
il parle au téléphone
on entend des "oh my god", "don't shit me, Mike"
du milieu du parking s'avance un gros flic noir
au téléphone lui aussi
il est a trente mètres mais j'entends sa voix grave
un avion passe en approche d'Hobby
un 737 rouge et bleu de Southwest Airlines.

celebrity spotting

Houston I10


Un avocat célèbre faisant le plein d'essence à Houston, Texas !

(joke)