C’est assez jouissif de voir les anti-masques se débattre avec la nouvelle de la maladie de Trump. Ils en sont réduits à inventer des conspirations pour expliquer la défaite de leurs propres théories conspirationnistes. Trump était le héros des conspis et des anti-masques ! Pour certains la covid n’existait pas, pour d’autres c’était une grippette sans danger, tous clamant que c’était mieux soigné avec l’huile de perlimpinpin du bon docteur Raoult. Et voilà qu’ils apprennent que leur héros est malade de la covid, hospitalisé et soigné avec du Remdesivir ! De Big Pharma ! Cela ne peut être qu’un coup monté, ou un coup d’État tout court fomenté par les «judéo-francs-maçons-pédophiles-satanistes» et la «finance apatride» !
Oct 3, 2020
Expérimental
Tiens ! Trump n'est pas traité à l'Hydroxychloroquine + AZT mais par un médicament expérimental fabriqué par Regeneron Pharmaceuticals (un assemblage de 2 anticorps monoclonaux extraits d'ovaires de hamsters (!) ) plus du zinc, de la vitamine D, de la mélatonine et de l'aspirine.
Raoult doit être vert !
Il est très rare qu'on prescrive à un malade un médicament qui n'a pas encore été testé, ceci n'est pas de bon augure.
Trump a la covid
Johnson et Bolsonaro ont vu leur popularité croître lorsqu'ils ont été atteints par la COVID. Mais ça ne veux pas dire que cela favorisera l'élection de Trump. Son écart avec Biden dans les sondages est difficilement rattrapable et des millions de personnes ont déjà voté.
Mon inquiétude est plutôt du côté de Joe Biden qui a été en face de Trump sans masque pendant le débat de mardi soir. Et de façon plus large on sait que c'est une aide de Trump présente ce soir là dans la salle qui lui a refilé le virus, elle a pu le passer à un aide de Biden qui aurait pu à son tour le passer à son patron. Croisons les doigts !
Si Trump reste asymptomatique, je pense que ça ne changera rien au scrutin du 3/11. Peut-être même que ça attirera quelques indécis vers Biden ou vers l'abstention, vu que Trump a nié que la maladie était grave.
J'avoue que je ne sais pas ce qui se passera s'il est gravement atteint ou s'il décède. Étant donné que des millions de personnes ont déjà voté (par correspondance) il est trop tard pour modifier les bulletins et de toute façon dans bien des États ce n'est pas prévu par la loi. Même chose côté Biden.
En cas d'impossibilité de se présenter pour un candidat, ce sont les organes dirigeants des deux partis qui doivent désigner celui qui devra le remplacer, en théorie. Mais dans des temps si proches du scrutin ce ne sera probablement pas possible. Le Congrès pourrait alors repousser la date des élections, mais c'est peu probable qu'il le décide.
En cas d'empêchement du président c'est le vice-président (en l’occurrence Mike Pence) qui assume le rôle de président. Si le vice-président est empêché à son tour c'est la présidente de la Chambre des Représentants (en l’occurrence Nancy Pelosi, une Démocrate) qui s'y colle.
Mike Pence pourrait être un candidat très solide face à Biden ou Kamala Harris, bien plus solide que Trump.
Ces élections sont vraiment extraordinaires dans une année extraordinaire.
Sep 24, 2020
Blues
Les nouvelles en provenance des Etas-Unis sont mauvaises et elles s’ajoutent aux moins mauvaises mais pas réjouissantes non plus nouvelles françaises et du reste du monde, pour me donner le cafard. Aux Etats-Unis Trump menace de s’accrocher à son siège par tous les moyens en cas de défaite (et il va probablement être défait ce qui promet presque à coup sûr un chaos terrible, peut-être même une guerre civile dans ce pays que j’aime et où j’ai plein d’amis). A moins qu’il gagne en intimidant les électeurs dans les bureaux de vote (ce qu’il s’apprête à faire dans les états clés) ou qu’il s’arrange pour faire éliminer les votes par correspondance (ce à quoi la brute partisane qu’il a mis à la tête du service des postes US s’emploie). En France le tour de vis sanitaire effectué hier par le ministre de la santé déplaît à tout le monde et en particulier aux bistrotiers et restaurateurs obligés à fermer à partir de 22 heures. Nicolas Bedos, comédien fils de, publie un texte sur les réseaux sociaux appellant à "vivre quitte à mourir" (bel oxymore) et demandant à ce qu'on arrête tout "les masques. Les confinements". Nul doute qu'il va se faire une bonne pub avec ce crachat lancé aux soignants. Quant aux Marseillais je serais bien d’avis de les laisser se démerder tout seuls puisqu’ils se sentent méprisés et persécutés par Paris.
Et en plus je dois aller au bureau, à Paris, demain !
Encore le virus
Le fait est observable par tout un chacun : le virus se transmet par voies aériennes. C'est pourquoi il y a des clusters dans les bureaux, les abattoirs, les écoles, etc. Un lieu clos où l'air circule peu, une grande densité de personnes qui ne portent pas de masques et qui parlent entre eux, voilà l'endroit idéal pour la transmission du virus. A l'inverse si vous êtes à l'air libre et pas trop près les un des autres, je pense qu'il n'y a pas de risques. C'est pourquoi je pense qu'il est raisonnable de limiter les rassemblements de personnes (et en priorité dans les lieux clos) et de porter un masque. Et je crois que si l'épidémie ne décolle pas autant en nombre d'hospitalisations en ce moment (les services hospitaliers ne sont pas saturés, sauf peut-être à Marseille et Lyon où ils ne sont pas très loin de l'être) et vu le nombre de cas positifs, c'est parce que dans leur grande majorité les gens portent des masques et adoptent les fameux gestes barrières, au moins à l'intérieur des lieux publics et des transports.
Sep 19, 2020
Consistency
"Four and a half years ago, when Republicans refused to hold a hearing or an up-or-down vote on Merrick Garland, they invented the principle that the Senate shouldn’t fill an open seat on the Supreme Court before a new president was sworn in," Obama wrote.
"A basic principle of the law — and of everyday fairness — is that we apply rules with consistency, and not based on what’s convenient or advantageous in the moment.
"The rule of law, the legitimacy of our courts, the fundamental workings of our democracy all depend on that basic principle. As votes are already being cast in this election, Republican Senators are now called to apply that standard," Obama wrote.
¶ Obama on filling Ginsburg's seat: Apply rules with consistency
Lindsey
Lindsey Graham is the most full of shit and hypocrites in this Senate, and in a Senate where Mitch McConnell rules, that's saying something.
"Senator Lindsey Graham, Republican of South Carolina, signaled that he would backtrack from his vow in 2016 that Supreme Court vacancies should not be filled during a presidential election year and would indeed be willing to move a nominee before the election." - The NYT
Ça n'arrive pas qu'aux autres
Parfois on se dit qu'on a bien de la chance d'être Européen, Français et de vivre dans ce pays, la France. Et ce, malgré tout l'amour et l'admiration qu'on a pour un grand pays au delà de l'Atlantique. Et puis on voit Mélenchon, Le Pen, les anti-masques, les conspis, les gilets-jaunes, Onfray et on se dit que ce qui arrive aux Etats-Unis pourrait bien nous arriver dans ce pays dont nous avons la chance d'être citoyen et l'Union Européenne dont nous avons la chance de faire partie.
Sep 17, 2020
Köln Concert
C'est le premier disque de chez ECM que j'ai acheté, en 1978, sur le conseil d'un disquaire de la rue Gambetta à Poitiers. Un connaisseur. Un jour que je passais par là il avait mis ce disque sur la platine du magasin. Le piano de Keith Jarrett m'avait pour ainsi dire sauté aux oreilles. J'habitais à l'époque une chambre d'étudiant rue des Feuillants à Poitiers au premier étage de la maison d'une artiste peintre, myopathe et qui gagnait chichement sa vie en vendant des céramiques et des tableaux et en louant tout le premier étage, auquel elle n'avait plus accès, de sa maison, un ancien couvent en ruine, à des étudiants comme moi. Je peux dire que je l'ai usé jusqu'à la corde ce disque, à force de l'écouter encore et encore. Je crois bien qu'on finissait par voir à travers le vinyl (oui, c'est une hyperbole, mais pas loin de la vérité). C'est le seul disque que je peux quasiment jouer dans ma tête d'un bout à l'autre.
Sep 12, 2020
Sat, 12 Sep 2020
Il m'est arrivé comme tout le monde de rencontrer des gens célèbres. Jamais je n'ai osé leur adresser la parole, jamais je n'ai osé faire un selfie ou une photo. Même quand nous étions assis dans le même compartiment dans le train comme c'est arrivé quelques fois. Même quand j'avais de l'admiration pour eux. Parce que je suis toujours gêné quand un inconnu m'adresse la parole et que j'imagine que les célébrités rencontrées éprouvent la même gêne que moi (j'ai tort bien évidemment). Aussi parce que je ne sais jamais quoi dire et que j'ai peur du ridicule. Quant à faire une photo ou pire un selfie, je trouve ça trop commun et de toute façon impoli (hé oui je suis un peu snob).
***
Une rave-party est en cours à Basse-Goulaine, dans la banlieue de Nantes. Pour moi ce genre de manifestation est totalement incompréhensible. Selon moi, en temps de paix, il n'y a pas de lieu plus hostile qu'une rave-party : bruit atroce, foule compacte, tout me ferait fuir. De façon plus générale les rave-party sont une catastrophe quand elle apparaissent dans un coin bien tranquille, les nuisances sont énormes : le bruit, comme un marteau qui taperait sans cesse sur une plaque de métal, est audible à des kilomètres à la ronde et ne s'arrête jamais, les participants dégradent profondément les lieux, pas une parcelle de nature qui puisse résister, les drogues et l'alcool sont consommés jusqu'à provoquer la mort de certains, la criminalité est débridée. Ça me donne des envies de répression pire qu'une manif de black-blocs, c'est dire ! D'une manière générale je hais les fêtes mais les rave-party sont les pires des 'fêtes'. Que des gens méprisent à ce point les autres pour les emmerder à fond tout un weekend et tout dégrader sur leur passage en se foutant du droit de propriété et de vivre en paix en dit long sur leur état mental et moral.
Sep 11, 2020
The Strange Case of Donald J. Trump
With all his faults, how did it come to pass that President Trump has a fervent base of millions of followers? First, Trump supporters deny that he lies or claim he doesn’t lie very much. Others dismiss the allegations that Trump lies, blaming it on the Democrats and the leftist press. Second, some of his followers remark that Trump “tells it like it is.” His heart is in the right place though he may lie “about the details.” Third, some supporters say Trump’s claims could be true. When Trump lied about the size of the inauguration crowd, Kellyanne Conway responded that horrible weather kept his followers away. Fourth, Trump may be a con man, however, he’s our con man. This may account for the number of Republican senators and representatives who know that Trump bends the truth, but they must support him for fear of losing their next election.
Five, some supporters argue that Trump is a different kind of person whose rules do not apply to him. For some, Trump has superhuman powers that allow him to do what other politicians do not dare. Would George W. Bush or Barack Obama have survived their presidency if they had bragged on camera that they grabbed a woman’s genitals or stated they trusted Vladimir Putin more than their own intelligence agencies? A number of white evangelical Christians like Jerry Falwell Jr. see Trump as a kind of savior sent to save the country from radical Muslim terrorists and the erosion of Christian values.
Trump et le COVID
Je traduis et cite ici ce qu’écris Charlie Sykes dans sa newsletter pour The Bulwark :
«Que savait le président ? Il savait que COVID-19 était mortel et aéroporté. Il savait qu'il était pire que la grippe et qu'il pouvait tuer un grand nombre d'Américains.
Quand l'a-t-il su ? Le 28 janvier, son conseiller à la sécurité nationale lui a dit : "Ce sera la plus grande menace pour la sécurité nationale à laquelle vous serez confronté pendant votre présidence. Ce sera la chose la plus dure à laquelle vous serez confronté".
Le 7 février, M. Trump l'a dit à Bob Woodward dans une interview enregistrée : "Il suffit de respirer l'air et c'est comme ça que ça se passe. Et c'est donc très délicat. C'est une question très délicate. C'est aussi plus mortel que votre grippe qui est très forte".
Qu'a-t-il fait à ce sujet ? Trump savait que le coronavirus était bien pire que la grippe, mais pendant des semaines, il a continué à minimiser le risque, en disant qu'il disparaîtrait comme par magie, qu'il était contenu, qu'il n'y avait pas de raison de procéder à des arrêts massifs.
Le 10 février, il a déclaré "Beaucoup de gens pensent que cela disparaît en avril avec la chaleur - quand la chaleur revient." Le 24 février, il a tweeté : "Le coronavirus est sous contrôle... La Bourse commence à me paraître très bien !" Le 24 février, il s'est moqué des démocrates qui demandaient plus d'argent pour combattre la pandémie : "Chuck Schumer se plaint... que je devrais donner plus d'argent que 2,5 milliards de dollars pour se préparer au Coronavirus." Le 26 février, il a déclaré : "C'est une grippe. C'est comme une grippe." Le même jour : "Quand vous avez 15 personnes, et que les 15 dans quelques jours vont être proches de zéro, c'est un assez bon travail que nous avons fait." Le jour suivant : "Ça va disparaître un jour, c'est comme un miracle, ça va disparaître." Le 14 mars, il a déclaré : "Vous savez, nous avons une grippe dans notre pays qui tue, en moyenne, 36 000 personnes par an - 36 000 personnes. Et, vous savez, c'est quelque chose dont nous ne parlons pas. Mais à l'heure actuelle, nous en avons perdu 50." Et ainsi de suite.
Le 19 mars, M. Trump a admis qu'il minimisait délibérément le danger. "Je voulais toujours le minimiser", dit-il à Woodward. "J'aime toujours minimiser, parce que je ne veux pas créer de panique."
Aujourd'hui, le discours de Trump se concentre sur le fait qu'il évite tout ce qui pourrait alarmer le pays ou faire chuter les marchés. "Je suis un pom-pom girl pour ce pays", a-t-il expliqué. En d'autres termes, il a vu le problème comme un défi de relations publiques, alors même que 200 000 Américains sont morts.
Mais nous savions tout cela, n'est-ce pas ? Mais, mon Dieu, maintenant il y a des enregistrements. Pas des sources anonymes de l'État profond. Pas de seconde main. De la propre bouche de Trump. C'est juste là.
Commençons par la défense "pas de panique" offerte par Trump et ses fidèles légions de peluches. On nous demande de croire que le président a menti sur la gravité de la pandémie parce qu'il ne voulait pas nous faire peur.
C'est ce même président qui a alimenté les craintes d'une invasion de violeurs mexicains, de caravanes d'immigrants en maraude, et qui base maintenant sa campagne de réélection sur des avertissements concernant des élections truquées, des villes en feu, des voyous en avion, des Antifa, des anarchistes, un carnage américain, l'invasion des banlieues par Cory Booker et l'apocalypse marxiste d'une présidence Biden.
Ce qui nous amène à l'événement principal : Cela fera-t-il une différence ? Il y a quatre ans, on pensait généralement que la cassette "Access Hollywood" ferait dérailler la candidature de Trump, mais elle n'a été qu'un point d'inflexion dans ce qui est devenu notre culture politique du "rien n'a d'importance".
Mais voici un contrepoint : Les nouvelles révélations n'ébranleront pas la base de Trump, car rien ne le fera. Mais, à tout le moins, les enregistrements de Woodward ramènent le centre d'intérêt de la campagne de "l'ordre public" (ce que voulait Trump) à COVID, une semaine avant que nous n'atteignions le triste jalon des 200 000 morts américains.
Comme le dit Matthew Dodd : ‘Il ne s'agit pas de savoir si de nouvelles informations feront passer Trump en dessous de 42 %. Il s'agit plutôt de savoir si les nouvelles informations empêcheront Trump de gagner suffisamment de soutien.’ »
Sep 5, 2020
Le silence de John Kelly
Un point sur le COVID
COVID : l’examen du nombre d’hospitalisations, des admissions en réanimation, des décès (depuis mars 2020) ne laisse aucun doute : si vous avez plus de soixante ans et que vous attrapez la COVID, vous êtes à risque de faire des complications, encore plus si vous avez une maladie chronique ou un maladie auto-immune. Vous avez beaucoup plus de chances de vous en tirer sans mal si vous avez moins de soixante ans et encore plus de chances si vous avez moins de 20 ans. C’est simple.
On remarque que le nombre de cas dépistés augmente régulièrement (près de 9000 hier), mais que le nombre d’hospitalisations journalières, le nombre d’admissions en réa et le nombre de décès n’augmente pas en proportion, loin de là. Il faut se rappeler qu’en mars-avril on ne testait pour la COVID que les gens qui présentaient des symptômes importants, les autres, ceux qui n’étaient qu’un peu malades, on ne les testaient pas et bien sûr on ne testait pas les asymptomatiques. A cette époque là on avait en moyenne 4000 nouveaux cas par jour. La réalité, calculée par les experts en épidémiologie a été estimée à 100 000 nouveaux cas par jour. On est bien loin des 9000 cas journaliers d’aujourd’hui, bien que ce nombre soit aussi sous-estimé mais dans de moindre proportion. Ensuite l’examen des contaminations par tranche d’âge montre que c’est la tranche 19-29 ans qui est la plus touchée, les tranches 29-39 et 39-49 venant juste après.
Il n’y a donc pas pour le moment de seconde vague ni de crise sanitaire mais le virus n’est pas moins virulent. Les plus vieux (au dessus de soixante ans) doivent être protégés d’où la nécessité de porter un masque pour ne pas les contaminer, même si on ressent aucun symptôme car une majorité des cas de COVID affectant les 19-40 ans sont asymptomatiques.

