Jul 30, 2019

A Loaded Weapon To 4-Year-Olds

Photo by Darío Méndez on Unsplash


Cet article raconte la déconvenue de l'inventeur du bouton "retweet" devant son invention. Selon lui, en facilitant le partage de tweet dans sa propre TL, le bouton "retweet" a entraîné les attaques en meute et la diffusion virale rapide des infox ou des attaques.
(...)the button also changed Twitter in a way Wetherell and his colleagues didn’t anticipate. Copying and pasting made people look at what they shared, and think about it, at least for a moment. When the retweet button debuted, that friction diminished. Impulse superseded the at-least-minimal degree of thoughtfulness once baked into sharing. Before the retweet, Twitter was largely a convivial place. After, all hell broke loose — and spread. 
Man Who Built The Retweet: “We Handed A Loaded Weapon To 4-Year-Olds”

Mar 15, 2019

Crash de Ethiopian Airlines 302

Dimanche dernier un 737 Max de Ethiopian Airlines, ET302, s'est crashé quelques minutes après son décollage d'Addis Abeba, tuant les 157 passagers et membres d'équipage.

Cet accident présente plusieurs similitudes avec un accident précédent, le crash de Lion Air en octobre dernier à Jakarta en Indonésie, faisant 189 victimes : même type d'avion, le nouveau Boeing 737 Max, accident juste après le décollage à la suite d'une perte de contrôle de l'appareil.

Ces similitudes ont suffi pour faire interdire tout vol de 737 Max, en Asie d'abord, puis en Europe et enfin en Amérique du Nord où la FAA a été un peu pus lente à réagir.

En ce qui concerne Lion Air les enquêteurs ont pu déterminer que le crash était dû à un dysfonctionnement d'un logiciel embarqué appelé MCAS (pour Maneuvering Characteristics Augmentation System), un dispositif embarqué qui est destiné à empêcher l'avion de décrocher (donc de tomber) quand l'angle d'incidence des ailes de celui-ci est trop importante (1). Le problème survient lorsque le système ressent un décrochage alors qu'il n'y en a pas, déclenchant alors le compensateur (trim) du stabilisateur horizontal forçant l'avion en piqué pour rétablir le bon angle d'incidence et augmenter la vitesse (baisser le nez de l'avion le fait accélérer). Baisser le nez de l'avion est exactement ce qu'il faut faire en cas de décrochage, sur le 737 Max le MCAS le fait tout seul sans intervention du pilote, pour protéger l'avion. Les pilotes de Lion Air n'ont pas réussi à débrancher le système fautif et à rétablir l'avion à l'horizontale.

Cependant, pour les pilotes, parer à un dysfonctionnement du MCAS est une action simple. Le système peut être débranché très rapidement en coupant le compensateur électrique (ce qui demande une action sur deux interrupteurs sur le tableau de bord de l'appareil). On peut penser que les pilotes de Lion Air ont été surpris et dépassés par ce qui arrivait à leur avion et n'ont pas réalisé que c'était le MCAS qui déconnait.

Mais depuis cet accident des consignes ont été passées à tous les pilotes de 737 Max du monde entier pour les avertir de ce dysfonctionnement éventuel et des moyens d'y parer.

Est-ce que c'est ce qui est arrivé à Ethiopian Airlines ? Pour le moment il est impossible de le dire avec certitude mais les similitudes entre les deux accidents ont conduit les différentes autorités aériennes à appliquer le principe de précaution.

Pour ET302 on peut se demander si la procédure préconisée pour débrancher le MCAS a bien été appliquée, ou est-ce que cette procédure a fonctionné, ou est-ce que les pilotes n'ont pas identifié la source du comportement aberrant de l'avion, ou est-ce que ce n'est pas carrément autre chose qui a causé le crash ?

Ethiopian Airlines est une excellente compagnie aérienne, avec des avions neufs, des pilotes bien entrainés et un excellent bilan de sécurité. Le commandant de bord était expérimenté avec 8000 heures de vol, son copilote par contre n'avait que 200 heures de vol. 200 heures d'expérience c'est très peu, ça veut dire qu'il était juste sorti de l'école de pilotage. Est-ce que le manque d'expérience du copilote a été un facteur de l'accident, pour le moment on ne sait pas.

Cette interdiction de vol ne veut pas dire que l'avion le plus répandu dans le monde, le Boeing 737 est dangereux. Seul les 737 Max sont concernés, et il n'y en a, à l'heure actuelle, que 371 en service dans le monde.

(1) La portance d'une aile est en relation directe avec son angle d'incidence, plus l'angle d'incidence est important plus la portance est grande (et plus la traînée augmente). Ceci reste vrai jusqu'au point de décrochage, où la portance commence à décroître à cause de la séparation des flux d'air sur l'extrados. Pour conserver une portance donnée, l'angle d'incidence doit être augmenté au fur et à mesure de la chute de la vitesse, à l'atterrissage par exemple. Lorsqu'un avion vole avec un angle d'incidence important, il peut décrocher soudainement si, par exemple, une bourrasque de vent change la direction du vent relatif. C'est pourquoi le décrochage se produit le plus souvent à basse vitesse (bien qu'à n'importe quelle vitesse puisse survenir un décrochage « dynamique », lorsqu'on sollicite une augmentation excessive de la portance). (Wikipedia=

Texte largement inspiré par ce billet de blog.

Mar 8, 2019

New Cat


A new cat in the house in St Benoit. It's a she, her name is Tullia.

Why is walking help us think ?

What is it about walking, in particular, that makes it so amenable to thinking and writing? The answer begins with changes to our chemistry. When we go for a walk, the heart pumps faster, circulating more blood and oxygen not just to the muscles but to all the organs—including the brain. Many experiments have shown that after or during exercise, even very mild exertion, people perform better on tests of memory and attention. Walking on a regular basis also promotes new connections between brain cells, staves off the usual withering of brain tissue that comes with age, increases the volume of the hippocampus (a brain region crucial for memory), and elevates levels of molecules that both stimulate the growth of new neurons and transmit messages between them.

The way we move our bodies further changes the nature of our thoughts, and vice versa. Psychologists who specialize in exercise music have quantified what many of us already know: listening to songs with high tempos motivates us to run faster, and the swifter we move, the quicker we prefer our music. Likewise, when drivers hear loud, fast music, they unconsciously step a bit harder on the gas pedal. Walking at our own pace creates an unadulterated feedback loop between the rhythm of our bodies and our mental state that we cannot experience as easily when we’re jogging at the gym, steering a car, biking, or during any other kind of locomotion. When we stroll, the pace of our feet naturally vacillates with our moods and the cadence of our inner speech; at the same time, we can actively change the pace of our thoughts by deliberately walking more briskly or by slowing down.
Why is walking help us think ? (The New Yorker) 

Shitty AI

Shitty automation usually, but not always, comes about when new user-facing technology is adopted by a company or institution for the ostensible reason of minimizing labor and cutting costs. Nobody likes wading through an interminable phone menu to try to address a suspect charge on a phone bill—literally, everyone would rather speak with a customer service rep. But that’s the system we’re stuck with because a corporation decided that the inconvenience to the user is well worth the savings in labor costs.

That’s just one example. But it gets at what makes spending some time wading through the world of shitty automation worthwhile—it often doesn’t even matter if automation improves anything at all for the customer, for the user, for anyone. If some enterprise solutions pitchman or government contractor can sell the top brass on the idea that a half-baked bit of automation will save it some money, the cashier, clerk, call center employee might be replaced by ill-functioning machinery, or see their hours cut to make space for it, the users will be made to suffer through garbage interfaces that waste hours of their day or make them want to hellscream into the receiver—and no one wins. Not even, sometimes, the company or organization seeking the savings, which can suffer reputational damage.
Gizmodo

Oct 15, 2018

Chronique campagnarde

Il fait gris et humide mais le soleil se pointe un peu et la météo indique qu’on va avoir de belles éclaircies. J’ai rempli mes tâches ménagères matutinales en ne me levant qu’à 9 heures un quart. Je me suis levé à 8 heures pour me rendre compte que le jour n’en avait pas fait autant. Je me suis recouché jusqu’à 9 heures. Les feuilles mortes partout par terre, en plus des pommes tombées à certains endroits, m’agacent. Je trouve que ça fait moche. Et triste. Je n’ai pas le temps de les ramasser ou de les ratisser, pendant ce séjour. Je veille au bien être des animaux qui me sont confiés : les trois moutons d’Ouessant, les deux poules et le coq nain, l’oie et les chats. C’est la raison de ma présence ici. C’est un troc, je profite de la maison à la campagne, en pour je veille aux bien-être de la ménagerie. Je m’acquitte de cette mission avec soins. Les moutons n’ont pas grand-chose à brouter dans leur pré, à cause de la sécheresse, l’herbe ne pousse guère. Hier je les ai vu croquer des glands tombés. Je leur donne des feuilles de charmes, de noisetiers et de tilleuls. Des branches entières que je coupe à la scie et que je dépiaute ensuite pour leur donner à manger les rameaux et les feuilles. Je leur distribue aussi, un par un, du pain dur. Et des pommes tombées coupées en petits morceaux. Je me suis rendu compte que la brebis n’aimait pas certaines pommes. Les autres, le bélier et son fils sont moins difficiles. Sauf pour le pain dur, les moutons ont le goût très délicat. Ils reniflent d’abord longuement ce que je leur donne et le goûtent du bout des lèvres. Quand je leur donne des feuilles ils en mangent une par-ci par-là, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus, mais jamais ils ne mangent toutes les feuilles d’un rameau systématiquement. Ils font ça pour tout, l’herbe, les glands, les quartiers de pommes. Ils ne sont pas du genre à désertifier un secteur de leur pré, non, ils ont le broutage ambulatoire, ils broutent en se baladant. La volaille demande peu de travail. Les poules ont l’air d’être à l’aise, elles pondent régulièrement, c’est tout ce qu’on leur demande. J’aime bien le petit coq. Il est tout petit et il a des plumes aux pattes, presque plus de voix (il est très vieux). Il est craintif et très peu actif. Il sort du poulailler une heure après tous les autres et il retourne se coucher à trois heures de l’après-midi. Il pousse de petits cris plaintifs dès qu’on fait mine de s’approcher de lui. Je le dérange tous les jours pour prendre les œufs, car il a élu domicile dans le nichoir, c’est son lit. Il me laisse faire sans autre réaction que ses petits cris plaintifs. Le vieux chat a beaucoup de besoins. Sa pâtée matin et soir, ses médicaments (l’un pour son arthrose le matin, l’autre pour sa tension le soir), ses cacas à nettoyer quand il s’oublie sur le carrelage, et les câlins exigés deux fois par jour, au moins. L’autre chat est jeune et à moitié sauvage, il ne vient que pour manger. Ce soir retour à Paris, les proprios reviennent.

Oct 14, 2018

Déreglements

Je viens de dégommer un frelon asiatique avec un livre d'Amin Maalouf. En général je ne tue pas les animaux sauf les moustiques, les mouches, les taons, les tiques et les frelons (et parfois les guêpes). J'ai sauvé trois abeilles, un papillon et un bourdon. J'ai été piqué plusieurs fois au bras gauche par une bestiole non identifiée. Une drosophile vient de se noyer dans ma bière. Au mois d'octobre. En Touraine. Et aujourd'hui comme hier la température était de 26°. Va comprendre.

Oct 12, 2018

Vaches, oiseaux

Il n’y a plus autant d’oiseaux qu’avant. C’est une certitude. Il y a moins d’insectes aussi. Dans le temps, vous rouliez la nuit en voiture votre pare-brise était constellé d’insectes écrasés. Plus maintenant. Traversez la forêt de Chinon la nuit, vous en ressortez intact, tout propre, pas un insecte collé au pare-brise. C’est pour cela qu’il y a de moins en moins d’oiseaux, ils ne peuvent plus se nourrir, la population décroît. Aussi, peut-être, les oiseaux migrateurs sont déjà repartis. Il reste des mésanges, à ce que je vois, des geais, des rapaces (buses, faucons crécerelles), des freux ou des corneilles (je ne fais pas bien la différence). Il y a toujours des escargots (les escargots sont de la nourriture à disposition des prédateurs, les grives en sont friandes ainsi que les hérissons, par exemple). Après l'orage de jeudi dernier il y avait plein d'escargots partout, malgré la sécheresse. Une petite rincée et les voilà tous en ballade. Je n’ai pas entendu de cerf bramer, jusqu'à maintenant, cette année. Il faut dire que je n’entends rien la nuit, je suis bien isolé de l’extérieur. Les années précédentes on entendait souvent les cerfs bramer toute la nuit et même souvent jusqu’au petit matin. J’espère que les cerfs n’ont pas quitté ces contrées, ou qu’ils vont revenir. On voit beaucoup de chevreuils et de biches mais rarement de cerfs. Il n’y a plus non plus de vaches dans les champs. C’est fini les vaches dans les prés, au moins dans la région. Je suppose qu’il y a de moins en moins de vaches laitières et que les vaches destinées à faire de la viande sont élevées à l’intérieur de stabulations. Dans les champs on cultive du fourrage à la place. Pour nourrir les vaches enfermées. On fait de l’ensilage qu’on donne aux vaches. Elles ne mangent jamais d’herbe grasse. Sauf à un endroit du côté du Néman où un éleveur fait de l’élevage extensif. Il met ses vaches dans les prés bas au bord de l’Indre, ou dans le marais de Huismes. De belles limousines blondes. C’est les seules vaches que l’on peut voir dans les champs par ici. C’est beau un troupeau de vaches paissant tranquillement dans l’herbe grasse des terrains inondables de l’Indre. Il paraît qu’il faut beaucoup d’hectares d’herbe (et de bonne herbe) pour nourrir un troupeau rentable. Mais la viande est bien meilleure que la viande de vaches élevées en batterie qui ne mangent que du foin ou de l’ensilage (ou même des granulés, la civilisation occidentale a commencé à se barrer en couille quand on a commencé à donner du granulé aux vaches plutôt que de les élever dans les champs, d’autant qu’avant l’interdiction due à la maladie de la vache folle on mettait des déchets de viande (d’os en particulier) dans les granulés qu’on donnait aux vaches).

Oct 1, 2018

Adieu à Paris

Dans trois mois j’habiterai Angers. Je quitte Paris sans regret aucun. Je considère ce changement d’adresse comme une nouvelle vie, un nouveau départ. Ça fait vingt ans que j’habite dans ce quartier, dans cet appartement, dans cette ville. Je n’en peux plus. Je ne peux pas dire que le quartier où j’habite s’est dégradé mais en vingt ans il ne s’est pas arrangé. Il est toujours aussi sale, aussi puant. Les prostituées africaines au coin des boulevards, depuis vingt ans. Les bagarres dans la rue tard le soir quand les bars ferment.

Et l’appartement où j’habite n’a vu aucune réfection depuis vingt ans. L’isolation étant nulle il y faut une chaleur à crever en été et il y fait froid en hiver, que dis-je, dès que l’automne arrive. Le chauffage est insuffisant pour compenser la déperdition de chaleur. Tout se délabre progressivement.

Paris est invivable, sauf si on est bien logé, donc aisé. Le bruit, la pollution, la foule tout le temps partout, c’est accablant. Paris est une ville sale. Les prix, des logements sont de l’extorsion, pure et simple. Tout est cher, ici, les restaurants, les cafés, les transports en communs.

Donc je fuis. J’ai beaucoup aimé Paris les dix premières années, mais maintenant je n’aspire plus qu’au calme des villes de province, surtout dans la vallée de la Loire.

Même le café mocha du Café Lomi, qui coûte un bras, je ne vais pas le regretter.

Sep 24, 2018

Souvenir de la campagne


Près de Saint-Benoît-La-Forêt, en Touraine.

Sep 18, 2018

Agacements

Je viens de voir une vidéo d'un type qui s'appelle Aurélien Barrau, un astrophysicien spécialisé dans la physique des astroparticules, des trous noirs et en cosmologie, qui a par ailleurs fait des études de philosophie (mais pas d'économie et ça se voit !) qui prône des mesures draconiennes et autoritaires, "restreignant les libertés individuelles" pour l'écologie (sans les énoncer toutefois, il ne faut pas trop se mouiller). Comment il veut les faire appliquer ses mesures ? Avec la police qu'il méprise ? L'armée qu'il veut sans doute abolir ? Et quand il aura sur le dos des bonnets rouges ou des agriculteurs mécontents il leur fera tirer dessus ? Non, parce que les mesures draconiennes limitant les libertés individuelles il faut avoir les moyens de les imposer, hein, c'est pas suffisant de venir sur un plateau de télé fringué comme un punk à chien et dire qu'il faut faire pression sur le gouvernement pour que celui-ci interdise les feux dans les cheminées, les poêles à bois et les touillettes en plastique !

Sep 7, 2018

Transition énergétique

Les principales transitions énergétiques mondiales - du bois au charbon au pétrole ont pris 50 à 60 ans. Et encore seulement pour atteindre 50% de la production d'énergie mondiale.

Il n’y a aucune raison de croire qu’une transition énergétique vers les énergies renouvelables sera plus rapide. Dans les pays riches les «anciennes» énergies renouvelables telles que l'hydroélectricité sont maximisées, donc la croissance devra venir des énergies renouvelables telles que l’énergie éolienne, l’énergie solaire et les biocarburants, qui ont fourni seulement 3,35% de l’offre américaine en 2011.

Les dérèglements du climat exigent pourtant que la transition énergétique vers les productions d’énergie pauvres en émission de carbone se fasse rapidement.

D'où l'idée qu'il faut maintenir les sources d'énergies bas carbone existantes, comme le nucléaire, en prolongeant la durée de vie des centrales existantes par exemple, voire en en construisant d'autres.

C'est ça ou bien on ne fera pas baisser les émissions de carbone, ou bien on retourne à un niveau de vie et à une utilisation d'électricité d'avant la deuxième guerre mondiale (au mieux).

Bien entendu l'accent doit être mis, parallèlement, sur le développement des sources d'énergie renouvelables, pour, qu'à terme, on puisse arrêter la production nucléaire.

Sep 5, 2018

Une tribune bizarre paraît dans le New York Times

Le New York Times publie aujourd'hui une tribune émanant d'un membre haut placé de l'administration Trump (qui reste anonyme, et pour cause) expliquant que les membres de l'administration sont aux commandes pour modérer les pires pulsions du président !

C'est absolument inouï de lire cela. On peut compter qu'une publication aussi sérieuse que le New York Times, qui a elle aussi une réputation à défendre, a vérifié que l'auteur était bien un membre de l'administration Trump.

Je ne résiste pas à l'envie de vous traduire certains passages de la tribune :

"Pour être clair, notre résistance n'est pas la «résistance» populaire de la gauche. Nous voulons que l’administration réussisse et beaucoup de ses politiques ont déjà rendu l’Amérique plus sûre et plus prospère.

Mais nous croyons que notre premier devoir concerne ce pays et que le président continue d'agir d'une manière qui nuit à la santé de notre république.

C’est la raison pour laquelle de nombreuses personnes nommées par Trump se sont engagées à faire ce qu'elles pouvaient pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus erronées de M. Trump jusqu’à ce qu’il ne soit plus en fonction."

ou encore :

"De la Maison-Blanche aux départements et agences de la branche exécutive, les hauts fonctionnaires reconnaîtront en privé leur incrédulité quotidienne face aux commentaires et aux actions du commandant en chef. La plupart travaillent pour isoler leurs opérations de ses caprices.

Les rencontres avec lui tournent autour du sujet et hors des sentiers battus, il se livre à des rituels répétitifs, et son impulsivité se traduit par des décisions à moitié réfléchies, mal informées et parfois imprudentes, sur lesquelles il faut revenir.

"Il est littéralement impossible de savoir s'il peut changer d'avis d'une minute à l'autre", s'est plaint un haut responsable récemment, exaspéré par une réunion du bureau ovale au cours de laquelle le président est revenu sur une décision politique importante qu'il avait prise. seulement une semaine plus tôt."

ou bien :

"Compte tenu de l’instabilité dont beaucoup d’entre nous ont été témoins, il y a eu des rumeurs au sein du cabinet pour invoquer le 25e amendement, ce qui amorcerait un processus complexe de révocation du président. Mais personne ne voulait précipiter une crise constitutionnelle. Nous ferons donc tout notre possible pour orienter l’administration dans la bonne direction jusqu’à ce que, d’une manière ou d’une autre, elle soit terminée."

MAIS :

Je trouve que ça sent le coup d'état, cette tribune, vous ne pensez pas ?

Qui peut bien vouloir dévoiler aussi franchement les efforts de résistance de certains membres de l'administration Trump au risque de déclencher une chasse aux sorcières majeure dans le gouvernement, la révocation de tous les tièdes et l'embauche de fanatiques (encore que les principaux postes doivent être confirmés par le Sénat). D'un autre côté si le New York Times s'est fait avoir ils sont finis. Je suppose (et j'espère) qu'ils ont pris leurs précautions.

C'est le président qui dirige, il a été élu pour ça, même si on ne l'aime pas le système démocratique veut que ça soit le président élu qui dirige le pays. De quel droit des membres du gouvernement dirigent en sous-main le pays ? Parce que le président en est incapable ? Dans ce cas là il faut évoquer le 25ème amendement et le démettre de ses fonctions.

Et si cette tribune n'était tout simplement pas publiée comme on a mis le feu au Reichstag ? Pour donner des raisons à Trump de concentrer tous les pouvoirs.

Et si cette tribune était une tentative de l'administration de forcer le déclenchement de l'invocation du 25éme amendement ?

Bref ça sent très mauvais.

La folie du président

Ce qui semble ressortir du livre de Woodward, à travers les extraits publiés dans la presse, c'est que Trump est complètement dingue. Un sociopathe stupide, ignorant, narcissique, vindicatif, versatile et irrationnel. Ce type à la présidence du pays le plus puissant du monde a la possibilité de faire beaucoup de mal, même si les membres de son administration semblent le retenir dans ses plus graves délires. Une chose m'a frappé à la lecture du livre de Michael Wolf, qui semble être confirmé par Woodward : les employés de l'administration Trump se sentent obligés de rester à la Maison Blanche non pas pour servir ou aider le président ni même pour le protéger mais pour protéger les États-Unis de la folie du président.

"Fear"

La Maison Blanche va avoir beaucoup de mal à faire croire que le livre de Woodward est une "complète fiction". Parce que Woodward a une réputation à tenir et on le voit mal se jeter sur son épée pour enfoncer Trump. Il a écrit un très grand nombre de livres sur les divers gouvernements américains et bien qu'il ne cite jamais ses sources il n'a jamais été pris en flagrant délit d'invention ou de mensonge, ni même d'exagération. Mieux : toutes les révélations qu'il a pu faire par le passé se sont révélées exactes avec le recul. Ce qu'il raconte dans son dernier livre (à paraître le 11) sur Trump et son administration est donc vraisemblable, ce que toute personne qui lit jour après jour les tweets de Trump peut parfaitement deviner. D'ailleurs la Maison Blanche a fait un démenti très prudent en mentionnant que le président avait un mode de gouvernance "non conventionnel".

Contrairement au livre de Michael Wolff on peut être sûr que Woodward a fait des efforts démesurés pour obtenir la meilleure version disponible de la vérité. Il sera difficile de rejeter cela de manière crédible en tant que "fake news".