J'ai essayé d'analyser la défaite de Kamala Harris et l'absence du Parti démocrate dans l'opposition à Trump.
Les Démocrates sont sortis éprouvés de l’élection présidentielle. Leur défaite résulte avant tout de la candidature de Biden, qui avait promis de ne servir qu’un seul mandat. En conséquence, aucune primaire n’a eu lieu, les dirigeants démocrates ayant unanimement soutenu Biden. Toutefois, face à son incapacité à rivaliser avec Trump, ces mêmes dirigeants l’ont finalement contraint à se retirer, désignant Kamala Harris pour lui succéder. Cette décision est survenue trop tard, et Harris n’était pas perçue comme une candidate crédible, d’autant plus qu’aucune autre option n’était envisageable en l’absence de primaires.
Kamala Harris a respecté les consignes de Biden, lui demandant de ne pas critiquer son bilan, qu’elle partageait en tant que vice-présidente. Or, les sondages montrent clairement que les électeurs s’inquiètent avant tout de l’inflation et de leur niveau de vie. Harris n’a pas su expliquer en quoi la politique de Biden avait échoué sur ce plan ni proposer des solutions convaincantes. Ainsi, la campagne démocrate a manqué d’un message économique crédible, précisément là où les attentes des électeurs étaient les plus fortes.
Les manœuvres des Démocrates pour écarter Biden, devenu inapte à gouverner, ont été perçues comme de simples jeux politiciens, éloignés des préoccupations réelles. Face à la méfiance croissante envers les responsables politiques, les efforts insistants de la Maison-Blanche pour prétendre que Biden était en pleine possession de ses moyens ont été perçus comme une tentative de tromperie.
La conséquence de tout cela a été la défaite de Kamala Harris et la victoire de justesse de Donald Trump. Par ailleurs, plusieurs candidats issus de partis non traditionnels ont participé au scrutin. Bien que leurs scores individuels soient restés modestes, leur présence a eu des répercussions notables sur la dynamique électorale. Ils ont contribué à fragmenter le paysage électoral. En détournant une partie des voix des candidats des deux principaux partis, ils ont influencé les stratégies de campagne et, dans certains cas, les résultats dans des États clés.
Aujourd'hui, les sondages révèlent une impopularité démocrate historique : 29 % d’approbation selon CNN, 27 % selon NBC News. Les dirigeants démocrates au Congrès, déjà affaiblis, adoptent donc une posture prudente, pour préserver leur carrière dans les districts ou les États dans lesquels ils se trouvent en danger aux prochaines élections. Cette réserve explique leur silence lors du discours sur l’état de l’Union prononcé par Trump et leur vote en faveur de la loi évitant un « shutdown » fédéral.
Par ailleurs, le parti perd rapidement le soutien des électeurs hispaniques, afro-américains et jeunes, déçus par les promesses non tenues en matière de justice sociale, d’économie et d’immigration. Enfin, le réalignement des électeurs—intellectuels à gauche, ouvriers à droite—incite les Démocrates à éviter tout bouleversement supplémentaire, espérant que la politique économique de Trump finira par se retourner contre lui.