mardi 27 juillet 2010

Les Américains à Saint-Benoit-La-Forêt et à Chinon

Sautons rapidement en 1951 année où l'armée Américaine décida d'installer dans les bois à proximité immédiate du village de Saint-Benoit-La Forêt, un dépôt de matériel et un camp militaire et un peu plus loin de construire un grand hôpital militaire: le Chinon Engineer Depot et le Chinon US Military Hospital. Il y avait environ 1500 soldats et officiers et pas loin de 1000 civils Français travaillèrent de 1951 à 1967 pour l'armée US. Les Français du coin découvrirent la vie américaine et les soldats américains. Les officiers et leurs familles louèrent chez l'habitant parfois, avant que l'US Army leur construise leurs petits villages comme au pays avec des maisons typiques de la suburbia américaine des années 50 et un terrain pour le softball. Ils avaient dans le camp leur banque, leur supermarché, leur bowling, leur école, leur cinéma et leur hôpital, leur mess self-service (le PX). Certains officiers supérieurs venaient avec leurs voitures, je me rappelle des énormes caisses rutilantes qui avaient du mal à prendre nos petites rues.

Les soldats allaient parfois dépenser leur paye le jour du "pay day", dans les bars des villes du coin. La MP (Military Police) qui était autorisée à patrouiller dans la ville de Chinon était crainte par tout le monde, soldats et civils. Quand j'étais enfant j'étais particulièrement impressionné par les MP, mon souvenir en est très vif. Je les revois encore aujourd'hui, assis dans leur jeep au coin de ma rue à Chinon, des gros noirs très costauds qui mâchaient du chewing-gum d'un air nonchalant en reluquant les filles, avec un casque vert foncé et brillant sur lequel étaient peintes les lettres MP et deux bandes blanches qui faisaient le tour du casque et le colt à la ceinture.

Certains soldats US sont restés en France, d'autres ont marié une fille du coin et l'ont emmené aux States, d'autres ont fait des enfants aux filles du coin mais ne les ont pas toujours reconnus (j'avais en classe avec moi au lycée un métis qui s'appelait Jones de son nom de famille, j'ai connu aussi dans mon jeune temps un Franky Lee Pierce qui vivait avec sa mère qui était Française mais s'appelait d'un autre nom de famille, son père était retourné aux US mais l'avait reconnu).

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