Quarante ans après

J'ai dû fréquenter les frères P. pendant trois ou quatre ans lorsque j'avais quatorze ou quinze ans, je ne sais plus très bien. C'était les fils d'un pharmacien de ma petite ville. Leurs parents étaient jeunes, modernes, et aisés. J'allais souvent chez eux, ils habitaient un appartement immense sur trois étages au-dessus de la pharmacie. F. avait une collection de pièces de monnaies anciennes qui lui venait de son père, une pièce de la maison était consacrée à l'exposition de la collection. JB. apprenait à jouer de la guitare et il devint, avec les années, un très bon guitariste. Je ne sais pas trop pourquoi nos relations se sont distendues à une certaine époque. Ils fréquentaient le même lycée que moi mais nous n'étions pas dans la même classe, F. était dans une classe scientifique et JB. était plus jeune.

Un jour, tous les trois étions allés en vélo en expédition dans la campagne, c'était le printemps, nous avions chipé des cerises. Pour rentrer nous devions descendre une côte très abrupte et sinueuse, la route de Tours. F. était en tête, JB. venait ensuite et je fermais la marche. Dans la descente. F. roulait à toute vitesse en baissant la tête pour être plus aérodynamique. Nous l'imitions bien sûr, ne serait-ce que pour n'être pas trop distancés. Les freins du vélo de JB. n'étaient pas très efficaces, dans un virage je le vis aller tout droit, heurter le trottoir, passer cul par dessus tête par dessus son guidon et s'écraser contre le mur d'une maison. Il était choqué, étourdi mais n'avait pas de blessures apparentes. Les cerises qu'il avait mises dans un sac qu'il portait contre son ventre avaient souffert de la chute, il avait une grosse tache pourpre sur son vêtement, des cerises noires et très mûres. Pendant quelques instants nous avons cru que la tache était du sang avant de nous rendre compte que ce n'était que des cerises écrasées. L'accident avait eu un témoin. Un homme âgé s'approcha et s'enquit de l'état de JB. Puis, voyant que JB. n'avait rien il commença à nous faire la morale : nous allions trop vite dans la descente et puis d'où venaient ces cerises ? Nos explications furent assez embrouillées, il réalisa que les cerises étaient probablement volées. Il nous demanda nos noms, nous les lui donnâmes. "Ah, c'est beau ça! Des enfants de notables ! Voleurs de cerises ! Je vais aller vous dénoncer à la gendarmerie moi ! C'est une honte ! Les enfants du pharmacien et celui de l'opticien !" Nous étions atterrés à l'idée qu'il appelle les gendarmes, nous le suppliâmes de n'en rien faire, avec les larmes aux yeux. L'homme se montra magnanime et nous laissa repartir, à pieds car le vélo de JB. avait une roue en huit.

Aujourd'hui JB est pharmacien dans notre petite ville d'origine. Il a quarante ans de plus. Je l'ai revu hier en allant à sa pharmacie, il ne m'a pas reconnu, même mon nom sur l'ordonnance n'a pas attiré son attention. Je ne me suis pas manifesté non plus, et peut-être m'a-t-il reconnu mais a eu la même attitude que moi. Au fond c'est mieux comme ça, qu'est-ce qu'on aurait pu se dire au dessus du comptoir? Je ne sais rien de ce qu'il a fait de ses trente cinq dernières années. À part le fait qu'il est devenu pharmacien et a pris la succession de son père. Je ne sais même pas ce qu'est devenu F., son frère. Je ne sais pas si ses parents sont toujours en vie.

Mais je suis un peu triste quand même, je suppose que c'est normal.

Brèves

Ballade en forêt, toujours la même, tout est beau et familier et peut-être que tout est beau parce que familier.

Comme tous les gens que personne ne peut voir en peinture il était au centre de toutes les conversations.

La capacité à nous décevoir, c'est à ça que l'on reconnaît les êtres qui nous sont chers.

Comic Sans

J'essayais de faire comprendre à ma soeur qu'il ne fallait pas utiliser Comic Sans mais elle me répetait que j'étais snob et que Comic Sans était une très jolie police et qu'il n'y avait aucun mal à écrire avec. Pourtant mes arguments étaient convaincants : laideur de cette police, utilisation excessive, conformisme, hypocrisie d'imiter l'écriture d'un enfant de cinq ans quand on est un adulte pour passer pour quelqu'un de simple et de familier ou pour atténuer le caractère sérieux d'un écrit. Rien n'y fit, même les arguments comparants l'utilisation de Comic Sans aux manières "communes" ou révélant une mauvaise éducation. Il y a de mauvaises polices comme il y a de mauvaises manières, déclarai-je, pensant avoir trouvé l'argument fatal. À mon grand dépit ma soeur, qui a bien des égards est attachée aux manières, aux traditions et à la politesse, comme le fait par exemple qu'on ne va pas rendre visite aux gens, même si les gens en question sont ses frères et soeurs, sans apporter un cadeau, ne voulu rien entendre de mes arguments. Heureusement elle n'utilise que la police par défaut des traitements de texte dont elle se sert et aucun jusqu'à présent n'a érigé Comic Sans en police par défaut.

À L'Essart

[caption id="attachment_5497" align="aligncenter" width="600"] La remise, avec oie et poule.[/caption]

[caption id="attachment_5498" align="aligncenter" width="600"] La mare, avec nymphéas.[/caption]

Manger des tomates

Il ne se passe pas grand chose. Il fait beau, c’est calme, je mange des tomates, beaucoup de tomates que je vais chercher dans le jardin au fur et à mesure que j’en ai envie, je les lave et je les mange. Je ne mets pas de vinaigrette dans la salade de tomates, juste de l’huile d’olive, du sel et du poivre et un filet de sauce soja Kikoman (parfois aussi quelques gouttes de tabasco, j’ai une fâcheuse tendance à mettre du tabasco partout). Ces tomates sont délicieuses, mûries au soleil tourangeau.

Je suis de loin la convention Républicaine de Tampa, de loin parce que je ne supporte plus ce qu’est devenu le GOP, un parti d’extrême droite. Je lisais aujourd’hui je ne sais plus où (sinon je mettrai un lien) que la plate-forme du Parti Républicain au moment de l’élection de Ronald Reagan serait considérée maintenant par les membre du parti d’aujourd’hui comme un dangereux programme gauchiste ou du moins centriste (ce qui revient au même pour ces dingues). De plus il n’y a strictement rien à attendre de cette convention, Mitt Romney est désigné candidat et ce cinglé d’admirateur d’Ayn Rand, Paul Ryan, l’un des leaders de l’extrême droite du Parti Républicain est son co-listier. Le Parti Républicain a été complétement fagocité par ses élements les plus réactionnaires, le mouvement Tea Party, la Coalition Chrétienne, les néo-cons. L’élection de Mitt Romney à la présidence serait une catastrophe pour le monde entier et pas seulement les États-Unis.

Heureusement il y a à l’heure actuelle peu de chances qu’il gagne les élections, du moins si l’on en croit les projections faites par Nate Silver du blog FiveThirtyEight du New York Times. Il faut se rappeler que les élections présidentielles se jouent État par État puisque c’est le nombre de grands électeurs qui compte. Si un candidat gagne dans un État il gagne aussi tous les grands électeurs de cet État. Dès lors les résultats nationaux en pourcentage des votants comptent moins que le nombre de grands électeurs gagnés. D’après les projections de Nate Silver (qui sont assez fiables) Barack Obama gagnerait 298 grands électeurs (il en faut 270 pour gagner) et Romney 240. Obama aurait 68,7% de chances de gagner et ce avec seulement 50,6% des voix.

C’était nos nouvelles de ce pays qui m’est cher, les US of A., pour aujourd’hui. Je suis soulagé apparemment Isaac ait été beaucoup moins destructeur et meurtrier que Katrina et que La Nouvelle Orléans soit mieux préparée à subir l’assaut des ouragans. Je suis cependant à l’écoute de mes amis virtuels de là-bas, James et Slimbo.

Isaac encore

[caption id="attachment_5491" align="aligncenter" width="600"] Photo d'Isaac la nuit alors qu'il aborde les côtes américaines.
Photo NASA[/caption]

Isaac suite

La situation semble à peu près maîtrisée à La Nouvelle Orléans malgré une marée de tempête assez forte, des vents violents et surtout des trombes d'eau depuis plusieurs heures. Il y a cependant des inondations dans les paroisses environnantes comme à Plaquemine Parrish où l'eau est passée par-dessus les levées.

Isaac

Je ne voudrais pas être alarmiste mais 7 ans jour pour jour après Katrina un ouragan nommé Isaac se dirige vers La Nouvelle Orléans. Il semble qu'il soit nettement moins puissant que Katrina, toutefois. Pensées pour NOLA aujourd'hui.

On sait comme j'aime les photos satellitaires d'ouragans, alors voici celle de cet Isaac, prise aujourd'hui :

[caption id="attachment_5472" align="aligncenter" width="600"] Ouragan Isaac - Crédit NOAA[/caption]

Cauchemard

Reveillé cette nuit par des bruits de mastication dans ma chambre. J'allume. Le chat était en train de manger une souris dont il ne restait déjà plus que la moitié arrière. À coté de mon lit, à vingt centimètres de ma tête. Il a tout mangé même la queue, même les os (qui craquaient dans sa gueule). C'était un spectacle un peu cauchemardesque mais je me suis rendormi sans difficultés. Le chat est venu se lover contre moi après son repas. J'avais peur qu'il ne me vomisse dessus, mais non, il a bien digéré sa souris.

Twit stats

Je twitte le week-end et le soir, jamais le matin.

[caption id="attachment_5465" align="aligncenter" width="600"] Visualisation de mon utilisation de Twitter.[/caption]

Courtesy of Xefer.

Godspeed Neil Armstrong

En 2008 j'ai visité le Johnson Space Center à Houston et j'ai pu voir la fusée Saturn V, la fusée qui a propulsé dans l'espace les diverses missions Apollo vers la lune. Gigantesque fusée exposée couchée pour qu'on puisse en faire le tour, dans un hangar long comme un terrain de football. Je m'étais dit alors qu'il avait fallu un sacré courage aux astronautes de l'époque pour se glisser dans leur minuscule vaisseau spatial (on appelait cela une capsule, c'est dire…) au sommet de l'immense Saturn V pour être projeté dans l'espace et voyager vers la lune. Un peu après, la même journée, au musée du Space Center, j'ai pu examiner l'intérieur d'un LEM comme celui qui avait aluni la première fois avec Buzz Aldrin et Neil Armstrong à son bord. Et là je me suis dit qu'il fallait que ces hommes, ces astronautes, aient eu des qualités extraordinaires et un courage inouï pour accomplir l'exploit de se poser sur la lune avec une telle trapanelle !

Ni Buzz Aldrin, ni Neil Armstrong, ni ceux qui leur ont succédé sur la lune n'étaient des surhommes mais des pilotes et ingénieurs, des découvreurs, des hommes qui participaient à une des plus extraordinaires aventures de l'humanité. Neil Armstrong était le pilote du LEM Eagle lorsque celui-ci se posa sur la lune le 20 juillet 1969 et fut le premier homme à mettre le pied sur notre satellite, le premier homme à mettre un pied sur une autre planète. La mission Apollo 11 fut un succès total pour la NASA, non seulement elle permit à deux astronautes de mettre les pieds sur la lune mais elle les ramena sains et saufs sur terre.

Aujourd'hui j'ai appris que Neil Armstrong était mort, à 82 ans. Tristesse. Neil Armstrong n'avait aucun goût pour la célébrité, après sa mission sur la lune il était resté très humble, taiseux, préservant sa vie privée. Neil Armstrong est et restera un exemple pour nous tous, un homme qui avait accompli le plus grand des exploits et pourtant n'en réclamait aucune gloire.

Godspeed Neil Armstrong.

[caption id="attachment_5460" align="aligncenter" width="589"] Neil Armstrong - Photo NASA[/caption]

en bref

Pas vraiment le temps de bloguer, ni le jeudi soir ni le vendredi soir, parce que je regarde Forbrydelsen (The Killing) sur Arte. Trois épisodes par soirée. Quelle excellente série ! Le scénario et les dialogues sont parfaits, des modèles du genre je crois bien. L'actrice principale Sofie Gråbøl est fascinante.

Révision

Imaginez que 2001, L'Odyssée de l'espace sorte cette semaine, comment serait montée la bande annonce à la mode d'aujourd'hui :

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=ZSGsh9so_dA]

Gaspacho

Observer le trafic aérien ne suffit pas à m'occuper, du moins pas très longtemps. Alors que la chaleur était peut-être à son zénith il a fallu sortir. Non, il n'y avait aucune véritable obligation à le faire. Juste peut-être s'imposait de descendre les poubelles. Pas tout à fait une expédition aventureuse, malgré la chaleur. Par ailleurs les courses pour l'ensemble du weekend avaient été faites et il n'y avait aucun ravitaillement à entreprendre. Il fallait sortir quand même parce que ça faisait trois jours qu'on n'avait pas mis le nez dehors, ou presque (les courses mentionnées plus haut). On se demandait si ce n'était pas mauvais pour la santé de rester assis ou couché toute la journée. Pour la santé ou pour le moral. Donc tentons une sortie. Peu de choses sur soi, une chemise, un pantalon, mais déjà mettre des chaussettes se révélait pénible. Pas de sac, tout dans les poches, un peu d'argent liquide, le téléphone. Et puis, en sortant, l'expérience de l'air brûlant. Mais courage ! Où aller ? Pourquoi pas sur les rives de la Seine, peut-être nous y trouverons-nous un peu de fraicheur?

Mais non, après un court voyage en métro — pas si étouffant que ça — les rives de la Seine, à Saint-Michel, ne se révèlerent pas plus fraîches qu'ailleurs. 37°C dit la météo. Mais c'est une température prise sous abri, c'est à dire à l'ombre. Je pense qu'on était plus proche de 40°C dans les rues. Je m'en fus donc me réfugier chez Gibert bleu. Il y a deux librairies Gibert dans le même quartier, Gibert Jeune et Joseph Gibert. Je les ai toujours distingué par la couleur de leurs auvents : Gibert jaune pour Gibert Jeune et Gibert bleu pour Joseph Gibert. En d'autres temps une visite chez Gibert (l'un ou l'autre) avec de l'argent dans les poches aurait été couteuse, c'était le temps où j'étais un peu névrosé des livres. J'ai pu constater que cette névrose était passée — une de moins — car je suis ressorti d'une bonne heure à feuilleter chez Gibert avec les mains dans les poches comme j'étais entré. Et pour tester ma résolution je suis passé à la librairie Compagnie et j'en suis ressorti dans le même état financier que j'étais entré. Je n'ai plus envie de m'acheter des livres, ou du moins si j'en éprouve brièvement le désir celui-ci me passe immédiatement sans que je fasse le moindre effort moral. Ici il faut préciser que j'achète encore quelques livres de temps en temps mais uniquement en version Kindle ou ePub (je viens de m'acheter le Rolling Stones de François Bon, par exemple chez publie.net). Cependant, et c'est satisfaisant, je n'ai pas perdu le goût de flâner dans une librairie, de feuilleter les livres, d'en lire des passages, de contempler les couvertures et les images. Simplement le désir de les posséder n'existe quasiment plus. Evidemment c'est une très mauvaise nouvelle pour les éditeurs et les libraires. Pardonnez-moi mais j'ai donné à la cause, plus que de raison même.

Il faut dire qu'il ne faisait pas beaucoup plus frais à l'intérieur de ces deux librairies que dehors dans la rue. Air conditionné? Non, rien. Je me souviens des librairies de New York lorsque j'y allais en été, au mois d'août : il y faisait si froid (et il faisait si chaud dehors par contraste) que j'avais toujours dans mon sac un petit pull pour mettre à l'intérieur.

Assez content de moi et détendu je pris le chemin du retour. Je m'arrêtai au Champion du boulevard Barbès (imaginez le boulevard Barbès le samedi du coté de Château Rouge par 40° et vous aurez une idée de l'Afrique) pour y acheter des fruits (raisin blanc, pêches de vigne), un pack de 6 litres de Perrier et un litre de gaspacho.

En rentrant, avant toute chose, douche froide, réparatrice. Puis dégustation du gaspacho, puis un melon, puis une pêche.

Saviez-vous que le gaspacho était meilleur si on y mettait quelques gouttes de Tabasco ?

Canicule et polar nordique

C’est le soir qu’il fait le plus chaud en fait, plus que dans la journée, et c’est normal parce que les murs en béton et le bitume noir des rues renvoient la chaleur emmagasinée pendant la journée. Alors qu’à la campagne la fraîcheur revient dès que la nuit tombe, en ville il fait chaud jusqu’à très tard dans la nuit. À Paris il fait donc 26°C. à une heure du matin dehors et 28°C. dans mon appartement. On a une situation de canicule, au sens météorologique du terme, si l’amplitude thermique entre le jour et la nuit est faible pendant au moins 72 heures de suite. Une amplitude thermique faible sous nos latitudes c’est quand la température minimale ne descend pas en dessous de 20°C. la nuit et la maximale monte à plus de 30°C. le jour. Si j’en crois Weather Underground, ce n’est que depuis aujourd’hui Vendredi 17 août, que nous sommes dans ce cas. Comme il est prévu que la vague de chaleur dure quelques jours nous serons en situation de canicule dimanche, probablement.

Canicule ou pas, il fait chaud, un peu trop même.

C’est quand il fait chaud comme ça qu’on se met à rêver de pays froids et humides. Et ça tombe bien parce que Arte rediffuse ces temps-ci Forbrydelsen (The Killing), une série policière danoise bien noire. C’est un thriller qui se passe à Copenhague. Au départ il y a un meurtre bien sûr, une jeune fille qui ressemble fort à la Laura Palmer de Twin Peaks est retrouvé morte, violée et torturée dans les environs de Copenhague. À partir de ce mystère initial l’histoire suit trois groupes de personnages: la police qui mène l’enquête, la famille de la victime et un politicien qui brigue la mairie de Copenhague et ses conseillers. Le meurtre initial lie ces trois groupes de personnages de façon assez astucieuse et pour corser le tout chacun se débat dans ses problèmes, drames et dilemmes personnels. C’est bien filmé, l’ambiance est très sombre, on ne s’attend pas trop aux diverses péripéties, le tout reste simple et facile à suivre malgré la complexité de l’histoire et le nombre de personnages. La musique constante ajoute à la pesanteur de l’ambiance, une musique qui rappelle, là encore, celle de Twin Peaks. Un sérieux thriller. On peut voir les épisodes déjà diffusés sur ArteTV.

Partir, revenir

Pour avoir des choses à raconter il faut sortir un peu de chez soi, or en ce moment il faut bien reconnaître que je sors très peu. J’ai pris deux jours de congé, et je les ai passé chez moi, quasiment sans mettre le nez dehors. Il fait une chaleur à crever et dès que je sors je suis en sueur. J’aime bien la chaleur mais il ne faut pas bouger car je déteste transpirer. Alors je fais quelques courses pour manger et ça suffit, je rentre, j’ouvre un livre, l’ordi, la télé, je suis bien, pas au frais mais à l’ombre, je bois un verre, je prends une douche pour laver les scories de la rue, tout est maintenu à une saine distance, avec internet je suis branché sur le monde mais il ne peut pas me blesser, le monde.

De plus en plus casanier j’ai renoncé, après bien des hésitations, à aller là où je devais me rendre, c’est à dire à l’autre extrémité de la France, parce que me manquait l’envie de me taper quatre heures de train, avec des gens dedans, plein de gens dedans car les trains sont bondés, quatre heures de dur avec la climat’ mal réglée (pas assez froide ou glaciale), même en première, avec pas assez de place pour mes longues jambes, aller à la gare en métro, aller là où il fait encore plus chaud qu’à Paris, quitter mon domicile tout simplement. J’aurai essayé pourtant mais le sort n’était pas avec moi et mercredi matin j’ai raté le train que je devais prendre pour des raisons qui tiennent à moi (inertie à quitter mon domicile) et aux transports en commun le quinze août à Paris le matin (presque pas de métros et des travaux qui le ralentissent). Je m’étais levé à six heures pourtant ce qui est un exploit et qui entraîne fatalement une nuit précédente sans sommeil ou quasiment. Cette épreuve a été de trop et j’ai décidé d’annuler mon voyage. Pour que je sorte de chez moi il faut que j’aille en Touraine (une heure et demie de train) ou bien que j’aille à New York (huit heures d’avion). Entre ces deux extrêmes, rien. Partir me provoque tellement d’anxiété qu’il faut que la destination soit totalement balisée (la campagne en Touraine, de préférence en mode ermite) ou extrêmement désirée (New York). Et encore, je suis toujours plus ou moins en transe avant de partir mais la motivation est supérieure (et il m’est arrivé plusieurs fois d’annuler des séjours en Touraine). Ne croyez pas que je m’ennuie chez moi, pas le moins du monde, je trouve même que le temps passe trop vite, comme quand je suis à la campagne (avec la nature et le calme en moins cela va sans dire).
Pourtant dès que je le pourrai je quitterai Paris sans regret, une fois pour toute. Après n’avoir eu de désirs des années durant, quand j’étais plus jeune, que d’habiter la capitale. Paris est pénible, pas invivable mais pénible. À cause de ses habitants. Dès que je sors dans la rue je suis agressé par le bruit, la crasse, la mauvaise humeur des gens ou leur impolitesse. Même au mois d’août où une partie de la population est partie polluer les plages ailleurs qu’à Paris-plage (où je n’ai jamais mis les pieds cela va sans dire). C’est une ville magnifique Paris, mais que les parisiens sont désagréables et sales. Ce n’est pas mieux ailleurs mais au moins les malappris sont en moins grande concentration. Ou bien, comme à Londres ou à New York sont bien moins incivils donc plus faciles à supporter.

Pour illustrer mon propos par une anecdote, mardi j’étais en train de retirer mon billet de train pour le lendemain, à la Gare du Nord, la machine à billet était lente, sans doute à cause de l’affluence. Un jeune type derrière moi qui attendait son tour m’a engueulé parce que je n’allais pas assez vite. Un petit mec, un mètre soixante, quarante kilos tout mouillé, qui me gueule dessus parce que selon lui je prends trop de temps à retirer mes billets de train au distributeur ! Incroyable.

Les gens sont fous.

Liens du jour

Subway Odyssey - Paul Theroux (NYTimes) [eng.]
"New Yorkers say some terrible things about the subway - that they hate it, or are scared stiff of it, or that it deserves to go broke. ''I haven't been down there in years,'' is a common enough remark from a city dweller. Even people who ride it seem to agree that there is more original sin among subway passengers. And more desperation, too, making you think of choruses of ''O dark dark dark. They all go into the dark. ..."

Tunneling Below Second Avenue (NYTimes) [eng.]
"In Manhattan, where street traffic tends to stall, only one subway runs the length of the East Side. Every weekday, 1.3 million passengers — more than are carried in 24 hours by the transit systems of Boston, Chicago and San Francisco combined — cram onto the Lexington Avenue line. Yet the chaos above and below has inspired afeat: about 475 laborers are now removing 15 million cubic feet of rock and 6 million cubic feet of soil — more than half an Empire State Building by volume — out from under two miles of metropolis."

Way Down in the Hole - Slide Show (NYTimes) [eng.]
"In December 2016, a new tunnel will make its debut as a portion of the Second Avenue subway — the great failed track New York City has been postponing, restarting, debating, financing, definancing and otherwise meaning to get in the ground since 1929. Kim Tingley and Richard Barnes went underground to document the progress."

Argentina Offers Its Aging Writers a Little Security (NYTimes) [eng.]
"The city of Buenos Aires now gives pensions to published writers in a program that attempts to strengthen the “vertebral column of society,” as drafters of the law described their goal. Since its enactment recently, more than 80 writers have been awarded pensions, which can reach almost $900 a month, supplementing often meager retirement income."

Atlantic Plastic Gyre Science - Plastic Pollution in Oceans (Popular Mechanics) [eng.]
"A recently released 22-year-long study provides a clear look into the huge problem of plastic pollution in the Atlantic Ocean, but raises an important question: After it enters the water, where is it all going?"

Pot-pourri

Adam Gopnik: Mormonism’s History and Meanings : (The New Yorker) [eng.]
Adam Gopnick in a brillant piece about Mormonism and its meaning.

Insight: The greatest Olympian and his coach (Reuters) [eng.]
"When a teenage Michael Phelps started splashing the girls at the end of a particularly tough training session, his coach Bob Bowman tried to discipline him.
"I said, 'you should be very tired, that's the hardest practice you've ever done,'" the coach recalled.
"I'll never forget. He looked me straight in the eye and said 'I don't get tired.' So I made that my life goal, to see if I could accomplish that.""

Israel’s Fading Democracy (NYTimes) [eng.]
"Listening to today’s political discourse, one can’t help but notice the radical change in tone. My children have watched their prime minister, Benjamin Netanyahu, kowtow to a fundamentalist coalition in Israel. They are convinced that what ties Israel and America today is not a covenant of humanistic values but rather a new set of mutual interests: war, bombs, threats, fear and trauma. How did this happen? Where is that righteous America? Whatever happened to the good old Israel? "

The Subway Map That Rattled New Yorkers (NYTimes) [eng.]
"No sooner had the Metropolitan Transportation Authority introduced a new map of the New York subway system on Aug. 7, 1972, than complaints flooded in. Many stations seemed to be in the wrong places. The water surrounding the city was colored beige, not blue. As for Central Park, it appeared to be almost square, rather than an elongated rectangle, three times bigger than the map suggested, and was depicted in a dreary shade of gray."

My Life as a Telecommuting Robot (WSJ) [eng.]
"Thus went my short, eventful life as QB-82, a wheeled, skinny robot that can reach a height of more than six feet. On the QB-82, my face and voice appeared via the robot's 3.5-inch video screen. Using my laptop's arrow keys, I navigated around the Journal's headquarters—becoming a kind of chatty, whirring, stick-figure colleague."

How The "Internet Of Things" Is Turning Cities Into Living Organisms (Fast Company) [eng.]
"With a little help from what's called the Internet of Things, engineers are transforming cities from passive conduits for water into dynamic systems that store and manage it like the tissues of desert animals. By using the Internet to connect real-world sensors and control mechanisms to cloud-based control systems that can pull in streams from any other data source, including weather reports, these efforts enable conservation and money-saving measures that would have been impossible without this virtual nervous system."

Faking insanity: Forensic psychologists detect signs of malingering. (Slate Magazine) [eng.]
"When someone commits a horrific, inexplicable crime, we naturally wonder whether he’s mentally ill: Who but a crazy person could do such a thing? But when a killer acts crazy after his arrest, we also might wonder whether he’s preparing for his trial. That’s the speculation around Colorado shooter James Holmes, whose psychiatric treatment and bizarre behavior in court and prison make people wonder whether he’s truly insane or building a case for an insanity defense. It leads to the question: Can a criminal get away with faking insanity?"

Water Light Graffiti

Water Light Graffiti by Antonin Fourneau, created in the Digitalarti Artlab[vimeo http://www.vimeo.com/47095462 w=400&h=225] on Vimeo
The "Water Light Graffiti" is a surface made of thousands of LED illuminated by the contact of water. You can use a paintbrush, a water atomizer, your fingers or anything damp to sketch a brightness message or just to draw. Water Light Graffiti is a wall for ephemeral messages in the urban space without deterioration. A wall to communicate and share magically in the city.

via

Pot-pourri

All Work and No Play Make the Baining the "Dullest Culture on Earth" (Psychology Today) [eng.]
"According to Fajans, the Baining eschew everything that they see as “natural” and value activities and products that come from “work,” which they view as the opposite of play. Work, to them, is effort expended to overcome or resist the natural. To behave naturally is to them tantamount to behaving as an animal. The Baining say, “We are human because we work.” The tasks that make them human, in their view, are those of turning natural products (plants, animals, and babies) into human products (crops, livestock, and civilized human beings) through effortful work (cultivation, domestication, and disciplined childrearing).

The Baining believe, quite correctly, that play is the natural activity of children, and precisely for that reason they do what they can to discourage or prevent it."

My Kind of Town  (Architecture Today) [eng.]
"London is the city I know best. I grew up in its unlovely suburbs, in a 1930s Romford semi. Later I was fortunate enough to study (and then teach) in one of the city’s most beautiful areas: Bloomsbury. Sigfried Giedion has said it is an architectural composition the equal of St Peter’s Square in Rome. I agree. Its garden squares form green islands of tranquility amidst the clamour of the modern city. One of my favourites is Russell Square Gardens, a regular way station for me en route to the area’s research libraries. With its green spaces and elegant terraces designed on an impeccably human scale, Bloomsbury is one of my favourite districts in any city."

The Land of Big Groceries, Big God, and Smooth Traffic: What Surprises First-Time Visitors to America (The Atlantic) [eng.]
Foreigners on their first trip to this much-storied country might expect it to be like an episode of Friends but find something quite different.

The Square And The Flair (The New Republic) [eng.]
Interesting portrait of Stuart Stevens, Mitt Romney’s top strategist is a steroid-dabbling, screenwriting bon vivant.

Beach Volley, le sport décadent

London 2012: Beach volleyball turns Horse Guards Parade into a disco (Guardian) [eng.].

Le beach volley est sport olympique, en fait le stade est une discothèque à ciel ouvert, diffusant de la musique à volume douloureux et affichant des pompom-girls lascives sur Horse Guards Parade en plein centre de Londres, à quelques mètres du 10 Downing Street et des principaux ministères... David Cameron is not amused ! Stephen Moss du Guardian rapporte :
Clive of India's statue presides over Horse Guards; the Churchill War Rooms are just next door; you can't help wondering what they would make of it. Three hundred years of imperial history; countless Trooping the Colours; and Horse Guards has come to this, a terrifying vision of 21st-century sport.

(...)

All sport will probably be like this in a couple of decades – extreme entertainment. "Beach volleyball has been the rock-and-roll success of the 2012 Games," my evangelist tells me. But that cuts both ways. Are people enjoying the sport or the experience? Does it matter? Is sport a celebration of the moment, or something deeper? Does sport exist for players or spectators? Should packaging for the public be allowed to compromise its purity and authenticity? Ridiculously profound questions for 10.30 in the morning. The sand has to be raked every so often, and the brilliance – or do I mean crassness? – of the presentation is that they even make this a moment for celebration, demanding – and getting – applause for the "guardians of the sand". Cricket must surely take note. Give groundsmen star status – "the protectors of the pitch, the talismen of the turf, the warriors of the wicket, the swamis of the sward – and turn the bringing on of the heavy roller into an event.

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Comment adhérer au KKK

Wade Michael Page applied for KKK membership: What’s on a Klan application? (Slate) [eng.].
Comment adhérer au Klu-Klux-Klan ? Eh bien c'est très facile :
After Wade Michael Page, the suspect in the Wisconsin Sikh temple shooting, was fired from a Harley Davidson shop in 2004, he left behind an application to join the Ku Klux Klan. What's on the KKK application form?Name, address, and information about membership in secret orders. Klan applications vary by chapter, but most begin with the same information required for a drugstore discount card contact information, age, marital status, etc.. Then there’s information specific to white extremist groups. Applicants usually have to disclose whether they’ve ever worked in law enforcement or for the government in any capacity. They must affirm that they are white Christians, and that they don’t belong to other secret orders like the freemasons. Conspiracy theorists—Klansmen chief among them—believe the masons are plotting to take over government and subvert Christianity. Some applications include the question “Do you believe all men are created equal?” The correct answer, if you’re a prospective Klansman, is “no.” Extremist websites sometimes use the same technique, popping up this question and diverting those who answer “yes” away from the site.

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The Inscrutable Life And Death Of Marilyn Monroe

The Inscrutable Life And Death Of Marilyn Monroe (TNR) [eng.]: est l'évocation lyrique de la "légende" Marylin après sa mort, par David Thomson.
But none of that explains why, 50 years after her death, she is latent, current, mysterious yet known. When she died, the popular explanation was suicide, and it has always been easy to believe that lovely, uneducated kids often get found out by fame and stardom. But any examination of her death teaches the lesson that hers is the first death in that haunting line of the ’60s that includes the Kennedy brothers, Malcolm X, Martin Luther King, and Lee Harvey Oswald. How can such notable people die in uncertainty? Are there really infinite intrigues in the world, or do we refuse to accept simple and obvious answers? It is a kind of religion. So the collection of stories attending her death are more potent than her films, and they provide an occult explanation for that gorgeous, plaintive look she had: “What do you think happened to me?”

We tell ourselves now that we are known in so many oppressive ways: Our identity is laid out in numbers ready to be stolen; all our e-mails are retrievable; increasingly, we are subject to surveillance, all meant for our “security,” but all contributing to its opposite. Monroe stands for this unlikely possibility: that in an age of mounting data and information storage, it is possible for someone beautiful and famous to be unknowable. She is our “rosebud,” a word or a look that never finds answer but which provokes so much speculation, a kind of lyric paranoia or plot-making. If you look at that face, “rosebud” falls into place, along with a modern realization: Beauty is not truth, but the remoteness of ever finding truth, no matter that you can’t take your eyes off the face. Film—still or movie—is not a record of reality or the truth 24 times a second. It is a revelation, or a show, that defies fixed meaning.

Conseils pour écrivains

Colson Whitehead’s Rules for Writing (New York Times) [eng.]

L'écrivain Colson Whitehead donne ses conseils d'écriture.
Rule No. 1: Show and Tell. Most people say, “Show, don’t tell,” but I stand by Show and Tell, because when writers put their work out into the world, they’re like kids bringing their broken unicorns and chewed-up teddy bears into class in the sad hope that someone else will love them as much as they do. “And what do you have for us today, Marcy?” “A penetrating psychological study of a young med student who receives disturbing news from a former lover.” “How marvelous! Timmy, what are you holding there?” “It’s a Calvinoesque romp through an unnamed metropolis much like New York, narrated by an armadillo.” “Such imagination!” Show and Tell, followed by a good nap.

Athlètes génétiquement modifiés

Testers fear reality of genetically modified Olympians. (NewsDaily) [eng.]

Les athlètes génétiquement modifiés pour améliorer leurs performances n'existent probablement pas encore, mais des expériences sur les animaux prouvent qu'on peut le faire, donc ça se fera un jour ou l'autre.

Piraté

How Apple and Amazon Security Flaws Led to My Epic Hacking (Wired) [eng.].

Comment Mat Honan, journaliste et professionnel du web, s'est fait "hacker". Si ça peut arriver à lui ça peut vous arriver à vous. Il y a des leçons à tirer de cette aventure inouïe.
In the space of one hour, my entire digital life was destroyed. First my Google account was taken over, then deleted. Next my Twitter account was compromised, and used as a platform to broadcast racist and homophobic messages. And worst of all, my AppleID account was broken into, and my hackers used it to remotely erase all of the data on my iPhone, iPad, and MacBook.

In many ways, this was all my fault. My accounts were daisy-chained together. Getting into Amazon let my hackers get into my Apple ID account, which helped them get into Gmail, which gave them access to Twitter. Had I used two-factor authentication for my Google account, it’s possible that none of this would have happened, because their ultimate goal was always to take over my Twitter account and wreak havoc. Lulz.

Santé à la chaîne

Can Hospital Chains Improve the Medical Industry? (The New Yorker) [eng.]

Est-ce que le système de santé et en particulier l'hôpital public ne devrait pas s'inspirer des grandes chaînes de restaurants comme la Cheesecake Factory (chaine de restaurants américaine assez réputée pour la qualité de ses plats et pour l'ampleur du choix offert à ses clients) ? Un article très intéressant du docteur Atul Gawande dans le New Yorker.

Call in sick

Je le note pour l'avenir :

Manger du chili con carne très épicé, suivi d'une soirée entière à manger des noix sans faire attention à la quantité ingurgitée produit des dérangements intestinaux assez spectaculaires.

Résultat : mal aux tripes classique, très mauvaise nuit et matinée au lit pour essayer de récupérer, pas encore trop en forme à l'heure où j'écris. Diète aussi. Peut-être que ce soir je mangerai du riz!

Un robot sur Mars

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=P4boyXQuUIw]


Superbe dessin animée de l'atterrissage et de la mission de Curiosity.


Sont forts ces Américains ! Go NASA !

Déjà tout petit...

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Oui j'admets, ce n'est pas très raffiné mais au moins c'est drôle.


(Trouvé sur Facebook, auteur inconnu).

Entourés d'Aliens

Ian Bogost on understanding what it's like to be a thing (Design Observer) [eng.]

Très original livre de Ian Bogost : Alien Phenomenology. Ou comment se placer du point de vue des choses et non plus du point du vue anthropocentrique. Interview de l'auteur éclairante dans le Design Observer.

Lecteurs dans le métro

Underground New York Public Library

Ce n'est pas souvent qu'un photoblog attire mon attention par son originalité, et pourtant celui-ci est vraiment exceptionnel : il montre des photos de gens lisant des livres (et pas des liseuses) dans le métro de New York, avec un lien à chaque fois pour acheter ou emprunter le livre dans une bibliothèque.

Curiosity est sur Mars et communique

→ Mars Curiosity Rover Thrills with Landing on Red Planet  (Time) [eng.]

→ Les images de l'atterrissage de Curiosity (BBC) [eng.]

Foin des jeux olympiques ! La NASA a réalisé un exploit en réussissant à faire atterrir sur Mars un robot roulant grand comme une berline, au terme d'une procédure compliquée comprenant une grue, des rétro-fusées et un parachute gigantesque. Le robot a commencé à envoyer des images et va parcourir la planète rouge pendant au moins 98 semaines pour rechercher des traces anciennes de vie.

Michael Phelps

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Une photo qui n'a rien à voir mais que je trouve jolie.


Michael Phelps. Je ne suis pas un grand amateur de sports et de sportifs mais ce gars là, je l'admire. Il est beau et il est fort, le nageur le plus titré. 22 médailles olympiques dont 18 en or. Et une bonne brassée de championnats du monde et autres records. Modeste et simple dans la vie. Le voir nager la brasse papillon est un spectacle époustouflant, il dégage une puissance, une force et une efficacité incroyable. J'ai  fait un peu de natation quand j'étais petit. Pas longtemps. Nager en long dans une piscine à longueur de journée c'est incroyablement barbant, à se noyer d'ennui. Et pourtant c'est ce que s'imposent ces gars là, car en natation une grande part du succès est lié à l'entraînement. L'autre part, très importante, est la coordination et la technique et enfin il y a des morphologies qui sont plus adaptées que d'autres à la natation. Michael Phelps a une morphologie particulièrement bien adaptée à la natation : de grandes mains, de grands pieds, un peu vouté, des bras d'une longueur disproportionnée par rapport au tronc et des jambes courtes. Il faut en plus avoir une sacré volonté pour s'enquiller les milliers d'heures de piscine à nager comme un abruti. Chapeau l'artiste !

Jeudi

Journée ennuyeuse. Un collègue est mort. Ou plutôt on a appris sa mort ce matin. Un type que je ne connaissais pas bien, avec qui je n’avais jamais vraiment eu de conversation bien qu’il travaillait dans le même open-space que moi. Je ne suis même pas ému. Je ne m’attache pas du tout à mes collègues, qui ne deviennent jamais des amis d’ailleurs. Là, c’est le deuxième collègue de ce même bureau qui meurt. Le premier, curieusement, personne ne s’en était ému, le second ça remue les gens apparemment. Je pense que c’est au moins le dixième collègue qui meurt d’un cancer. En trente ans de carrière dans cette boite. Je ne les compte pas et je les ai oublié pour la plupart, j’ai oublié leurs noms, comme j’oublie très rapidement les noms des collègues avec qui je ne travaille plus. Au fond je pense qu’il y beaucoup d’émotion feinte dans les réactions des gens à cette nouvelle, deux ou trois sont réellement touchés mais le reste, je ne crois pas, il font semblant d’avoir la mine grave parce que c’est ce qui se fait dans ce cas là. C’est une attitude sociale, tout au plus, de conformité aux manières. Inutile de dire que je suis bien incapable d’une telle feinte normale.

Dans l’après midi je suis pris d’une grosse envie de dormir. Il fait un peu chaud dans le bureau et c’est très calme. J’essaie de dormir quelques secondes sans me faire remarquer. Je parviens à m’assoupir une ou deux minutes, assis, en faisant semblant de lire un papier, pas tout à fait à dormir profondément. Des éléments de rêves passés me traversent l’esprit et par moment je confond un peu la réalité et le rêve. Puis je me réveille, bois un verre d’eau fraîche et je pétille à nouveau. Il faut une grosse expérience pour faire ça sans se faire remarquer et j’ai cette expérience. J’en suis assez fier d’ailleurs. Pouvoir roupiller deux minutes ça vous requinque un homme. L’autre jour j’ai observé du coin de l’œil un collègue qui en faisait autant mais lui ça se voyait, pas assez de maîtrise.

Qu’est-ce que j’en ai marre de ce travail. Vivement que je prenne ma retraite.