Deepwater Horizon

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Un membre de ma famille qui m'est très cher travaille pour une compagnie de forage pétrolier qui fait le même travail, exactement le même, qu'accomplissait la Deepwater Horizon avant la tragédie qui l'a vu prendre feu et couler dans les eaux du golfe du Mexique, où travaille justement ce membre de ma famille proche qui m'est cher. Aujourd'hui il travaille à terre mais ses responsabilités font qu'ils est fréquemment en visite sur ces engins. C'est pourquoi cette tragédie m'a particulièrement choqué.

On l'a vu, un rien peut faire exploser ces incroyables machines plantées sur les eaux, positionnées par satellites et stabilisées par des hélices permettant de ne pas bouger d'un centimètre sur l'océan hostile. Un rien. Quand on fore un trou à des milliers de mètres sous terre dans le sol des océans profonds on rencontre parfois des monstres enfouis là depuis des millénaires. Ces monstres n'ont rien de mythiques ou de fantastiques mais ils n'en sont pas moins extrêmement dangereux pour les petits hommes et leurs machines qui vont les réveiller. Ces monstres sont des gaz inflammables que la plus petite étincelle fait s'enflammer. Quand l'outil de forage, dans son exploration chthonienne aveugle, rencontre une de ces bulles il libère des milliers de tonnes de gaz sous extrême pression. Pour éviter que ces gaz ne remontent à une vitesse effrayante et létale vers la surface on injecte en permanence de la boue dans le puis de forage et on installe des vannes qui se ferment hermétiquement à la moindre alerte. Mais si le gaz remonte et se répand sur la plate forme au-dessus du puis, c'est l'éruption, l'accident le plus redouté des pétroliers, en quelques instants le feu est partout et c'est le sauve qui peut. Deepwater Horizon c'est 11 morts, incroyable qu'il n'y en ait pas plus.

Aujourd'hui c'est la marée noire, le pétrole, qui se trouvait sous la bulle de gaz, gicle à gros bouillon du trou. Il n'aurait pas dû. Normalement des vannes referment le trou en cas de problème. Mais là non. Il faut trouver un moyen de boucher cette ouverture vers les profondeurs, ce volcan artificiel. Pas facile de colmater un volcan sous des kilomètres d'eau.

Il doit y avoir une exaltation particulière à forer les profondeurs. On ne va pas réveiller les démons enfouis sous les abysses, des démons de gaz bien réels, sans en payer un certain prix. Même avec des machines ultra sophistiquées, des machines énormes, il y a une part d'inconnu et de danger dans cette quête de l'or noir. Et le comportement des machines, comme celui des hommes qui les dirigent n'est pas toujours prévisible.

1 commentaire:

tony a dit…

Je vous conseille de lire "Là où était la mer" de Rick Bass...