juste une opinion

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Rocher à Balanec, Finistère.

Comme mon ami RJ Keefe, je suis plutôt matérialiste, c'est-à-dire que je ne crois pas qu'il y ait quelque chose qui n'existe pas matériellement. Ce qui ne veut pas dire que je pense que tout ce que n'explique pas la science n'existe pas mais que ce qui n'est pas enraciné matériellement n'existe pas. La pensée, consciente et inconsciente, existe car elle est le produit émergent de mes neurones et mes connexions synaptiques et de l'interaction de tous les produits chimiques que mon corps sécrète et de l'énergie qu'il puise dans l'environnement. Par contre, Dieu n'ayant pas d'incarnation physique et n'étant le produit d'aucune entité matérielle j'en conclus qu'à priori il n'existe sous aucune forme que ce soit, et ce, avant même toute considération d'ordre métaphysique. Ce matérialisme est assez pratique pour séparer la paille du grain, n'est-ce pas? Tout comme RJ je ne pense pas faire de la philosophie en écrivant cela, je pense que j'exprime une opinion. La différence entre une opinion et la philosophie c'est que l'opinion n'est basée que sur pas grand-chose de solide, des impressions, des faits partiels, la couleur du ciel et le taux de sucre ou de sérotonine dans mon cerveau, bien souvent. Alors que la philosophie est basée sur des recherches, une longue réflexion structurée et conduite, la lecture réfléchie des sages qui nous ont précédé et qui se sont penchés doctement sur le sujet. Je ne suis pas très fort pour la philosophie mais j'ai beaucoup d'opinions. J'essaie de ne pas trop les étaler ici car je crains de ressembler à ces commentateurs d'articles de journaux qui sont une véritable plaie d'Internet à mon avis. Oui, les commentaires d'articles de journaux c'est affreux la plupart du temps, ils sont mal écrits, sommaires, souvent fielleux, sentent la joie mauvaise (la Schadenfreude, un mot allemand passé dans la langue anglaise il me semble mais pas encore dans la langue française) ou bien excessivement sentimental, de cette sentimentalité bien pensante et dégoulinante bien de notre époque. Vous avez remarqué cette sentimentalité envahissante de nos jours, le triomphe du cucul-la-praline? C'est presque aussi insupportable que les torrents de haine qui se déversent sur Internet, à coté des torrents de détestation qui se déversent sur Internet il y a des torrents de sentiments qui se déversent sur Internet, à coté l'un de l'autre, c'est ahurissant. Finkielkraut est à coté de la plaque quand il dénonce "les foules lyncheuses qui se déchaînent sur Internet" mais pas complètement à coté de la plaque. Il et à coté de la plaque parce qu'il jette le bébé avec l'eau du bain, pour ainsi dire, parce qu'il déteste Internet qu'il assimile à un nivellement de la pensée, pour Finkielkraut seules les élites ont le droit et le devoir de s'exprimer et d'exprimer leurs opinions, les élites éclairées par la connaissance et la culture, que le péquenot de base puisse exprimer son opinion sur une sujet tout comme et à l'égal de Finkielkraut, alors que le péquenot de base n'a aucune autorité ni connaissance ni culture pour s'exprimer sur un sujet à l'égal de Finkielkraut, ça le révolte, ça l'affole et ça l'horrifie, Finkielkraut. Mais là où il n'a pas tort c'est que les foules lyncheuses existent bel et bien et qu'avec Internet elles ont un moyen très pratique de s'exprimer et de déverser leur fiel et d'exiger des folies lyncheuses de foules lyncheuses. Ce qu'il oublie c'est que sur Internet au milieu d'un grand nombre de conneries et de saletés repoussantes, horrifiantes et inquiétantes il y a des choses passionnantes, des choses magnifiques et des choses intelligentes et des possibilités de se cultiver extraordinaires et des choses pratiques et qui vous facilitent l'existence et des centaines de millions de tonnes de données qui vous permettent d'être mieux informé et d'être moins ignorant et de belles personnalités qui se montrent et qu'on ne rencontrerait jamais autrement. Clairement les commentaires au bas des article de journaux sur Internet ne font pas partie ou alors très exceptionnellement de ces choses magnifiques, c'est même de mon point de vue une plaie, une pollution, un parasite et une nocivité. Bien sûr je pourrais ne pas les lire et c'est d'ailleurs ce que je fais la plupart du temps, ne pas les lire, mais leur présence même, que je sais à la base de l'article, et parfois même en page d'accueil du journal, suffit à m'agacer et à polluer l'information donnée par l'article, qui, bien souvent, il faut bien le dire, présente l'opinion du journaliste et non les faits, ou les faits mais présentés de telle façon qu'ils traduisent ou confirment l'opinion du journaliste, et par là m'agace suffisamment comme ça.

Il faisait aujourd'hui un temps affreux, gris, froid et humide, pas pluvieux ni même crachineux, humide, l'air était humide et froid. C'est reparti pour 6 mois de froid et d'humidité. On vient de remettre le chauffage dans mon immeuble. Les gens ont remis manteaux et cache-nez. La semaine prochaine on repasse à l'heure d'hiver.

Je ne regarde plus Koh Lanta. J'ai pris cette décision à la suite de l'avant dernier épisode qui relatait la trahison monumentale de l'un des candidat et l'élimination du candidat le plus doué sur le plan de la survie. C'est totalement immoral, me suis-je dit, que les traîtres, les malins, les roublards, les égoïstes, les madrés, les stratèges, les roués soient avantagés par les règles du jeu aux dépends de candidats qui se révèlent les plus performants quant à la survie, les plus à cheval sur les principes, les moins chanceux, les plus loyaux, les moins stratèges. Je n'en peux plus de voir les commerciaux gagner sur les ingénieurs grâce à leur baratin. Les roublard et les hypocrites gagner sur les francs comme l'or. Cette émission véhicule de mauvaises valeurs sous couvert d'en véhiculer de bonnes et c'est assez dégoutant comme ça. Donc exit Koh Lanta et bon vent.

1 commentaire:

Sylvain a dit…

Il n'y a pas si longtemps, tu disais, me semble-t-il, exatement le contraire, à propos de Koh-Lanta. Mais tu as bien fait de changer d'opinion.

Pour le reste, je partage fraternellement ta réflexion.