Les vrais raisons du limogeage

Les vrais raisons du limogeage du patron du FBI, James Comey, sont avouées, et par Trump lui-même, ce qui est extraordinaire. Il ne peut s'en empêcher : là où un autre essaierait d'étouffer le problème en parlant d'autre chose, Trump en fait se vante et dévoile sa façon de penser (si j'ose dire).

En fait, donc, Comey a été limogé pour les raisons suivantes :
- il a refusé d'arrêter ou d'étouffer l'enquête du FBI sur les liens entre l'équipe de campagne de Trump (et Trump lui-même) et la Russie,
- il n'a pas considéré juste de faire inculper Hillary Clinton pour son serveur de courriels privé, et ce, en pleine campagne électorale.
- il n'a pas accepté de prêter serment de loyalisme envers Trump (il ne doit d'ailleurs pas le faire, séparation des pouvoirs et tout ça...)
Ce qui se passe en ce moment aux États-Unis est inouï. Trump est en train de dégommer les institutions américaines une par une, et personne, au Congrès, n'est en mesure de, ou ne veux, réagir.

Trump et les media

Trump se plaint que la presse fasse beaucoup d'audience grâce à lui mais le traite finalement assez mal. Il n'a rien compris à ce que doit être l'éthique des media. Il croit que c'est donnant-donnant. Vous avez de bons chiffres d'audience et vous faites de bons tirages avec moi donc vous devez me renvoyer l'ascenseur.

Pour éviter les couacs de communication et que ses porte-paroles soient accusés de mentir il prévoit de remplacer les conférences de presse quotidiennes de la Maison Blanche par un simple communiqué de presse. Sans laisser aux media la possibilité de poser des questions gênantes, bien sûr.

Trump suggests big changes may be coming for journalists who cover the White House

Absurdité

L'interdiction des ordinateurs portables en cabine va être étendue à tous les vols venant de l'Europe vers les Etats-Unis. Il faudra mettre les ordinateurs et les tablettes en soute. Les batteries Lithium-ion des ordinateurs entassées dans la soute des avions présentent un risque reconnu d'incendie spontané. Les extincteurs au halon sont en général insuffisants pour éteindre les incendies de batteries en cabine, il faut en général combiner des extincteurs à eau et au halon et en grande quantité. Mais ça c'est en cabine, dans la soute il n'y a que des extincteurs au halon et si l'incendie d'une batterie se communique aux autres laptops en soute l'avion ne tiendra pas bien longtemps. On vit une époque formidable.

Le naufrage de Michel Onfray

Je viens d'écouter la dernière vidéo de Michel Onfray. C'est un délire complotiste et venimeux qui dure 20 minutes dans lequel il insulte tous les candidats à l'élection présidentielle en réservant la quintessence de sa malveillance morbide à Jean-Luc Mélenchon et à Emmanuel Macron. C'est incroyable.

D'une manière générale ces gens qui dépeignent Macron comme ultralibéral, cupide, manipulé par le grand capital, stupide, inculte, technocrate, ne se souciant pas d'écologie (et autres gracieusetés) procèdent toujours par assertion c'est à dire par énonciation catégorique d'une vérité dont les preuves ne sont pas fournies en même temps (définition de l'assertion). Aucun argument, aucune preuve, juste de la réprobation et du dégoût.

Limogeage du patron du FBI

Donald Trump a limogé le patron du FBI. C’est inattendu. Il est extrêmement rare qu’un président renvoie le patron du FBI, qui est nommé par lui, certes, mais qui doit traditionnellement rester non-partisan et donc ne pas dépendre de l’autorité politique.

Le motif pour lequel le patron du FBI est renvoyé est étrange et ressemble plus à une ruse (je dirais même une roublardise) qu’autre chose. Il est accusé d’avoir induit le Congrès en erreur sur l’enquête concernant les mails d’Hillary Clinton et donc d’avoir influencé les élections (en faveur de Trump) ! James Comey se serait rendu coupable de déclarations erronées en citant un nombre de mails contenant des informations confidentielles retrouvées auprès de Huma Abedin (principale aide d’Hillary Clinton) nettement supérieur à la réalité.

Bien entendu c’est un faux prétexte, ce dont Trump a peur c’est de l’enquête du FBI en cours. En effet James Comey supervisait une autre enquête portant sur des liens possibles entre l’équipe de campagne de Trump et les hackers russes voire avec le gouvernement russe.

Ce véritable motif transparaît même à la lecture de la lettre de limogeage qu’a adressé Trump au chef du FBI, puisque il y est écrit que ce dernier aurait fait part à Trump "en trois occasions distinctes", du fait qu’il (Trump) ne faisait pas l’objet d’une enquête. On se demande bien pourquoi Trump a tenu à ajouter cette phrase qui, à certains égards, ressemble un peu à un avertissement, voire à une menace.

C’est donc bien à une sorte de coup d’état auquel nous sommes en train d’assister. Espérons qu’il entraîne le contraire de l’objectif pour lequel il a été conçu et qu’on assiste à une accentuation de l’enquête sur les liens entre Trump et les Russes, avec la nomination d’un juge enquêteur spécial (special counsel) par exemple.

Le deuil de la "France Insoumise"

On connait les étapes du deuil. Déni, Colère, Marchandage, Dépression, Acceptation. Je crois que les membres de la "France Insoumise" sont en plein deuil, de leurs espoirs, de leur chef. Et d'autant plus que cette année leurs espoirs, alimentés par les sondages, étaient grands. Dimanche soir ils étaient dans le déni ("on ne croit pas aux estimations, attendons les résultats définitifs"), hier ils étaient clairement dans la colère (en témoigne nombre de statuts FB et Twitter, mon mur Facebook s'en remet à peine). Aujourd'hui ?

Dimanche soir leur leader aurait pu, avec un discours de concession digne d'un grand dirigeant, leur permettre d’accélérer le processus. Il ne l'a pas fait parce que lui-même était dans les deux premières étapes et n'a pas su les dépasser pour s'adresser à ses troupes.

Macron et moi

Depuis le début de la matinée je lis avec intérêt les critiques de gauche sur Macron et je me dis qu'en creux (sans jeu de mot) elles présentent exactement les raisons pour lesquelles je soutiens Macron et je vote pour lui.

- C'est le candidat du libéralisme (économique) voire de l'ultra-libéralisme. Encore heureux, je suis aussi pour le libéralisme économique, à fond même. Et je pense qu'ultra-libéral est très caricatural.

- Il n'a pas d'idéologie. Ça tombe bien : j'ai horreur des idéologues, je préfère le pragmatisme, voire l'utilitarisme !

- C'est le candidat de la finance. Je ne pense pas que ça soit exact (mais ce n'est que mon opinion) et je suis bien persuadé que sans investissements financiers nous n'irions pas très loin. Attention, je fais la différence entre la spéculation et les investissements financiers, la première est en général néfaste pour l'économie alors que les seconds sont nécessaires.

- Il est vide, creux, sans substance. Je pense qu'il manque un peu d'épaisseur et d'expérience politique et quelques tics de langages m'agacent un peu mais en dehors de ça cette critique me semble très caricaturale, aussi. Ce n'est pas un brillant orateur et ces discours mériteraient une plume un peu plus pointue, okay, mais tout ça c'est corrigeable et secondaire.

- Il n'est ni de droite ni de gauche, c'est douteux. Il est centriste, ce que je suis aussi, et depuis très longtemps. Par ailleurs je suis persuadé que le clivage gauche droite doit être dépassé parce qu'il est réducteur. En ce qui me concerne je me reconnais dans certaines idées de gauche ET dans certaines idées de droite.

- C'est la continuation de François Hollande. Je ne crois pas mais même si c'est vrai je crois qu'on verra un jour que Hollande a fait beaucoup de réformes intéressantes et efficaces à long terme, mais qu'il n'a pas eu la bonne méthode et pédagogie pour qu'on le reconnaisse.

- C'est un technocrate. Oui mais pas que. Et je n'ai, personnellement, pas trop de ressentiments contre les technocrates, si vous voulez tout savoir (normal, d'une certaine manière j'en suis un peu !)

- La bourse a fait un bon de 4% et quelques aujourd'hui, c'est le candidat des patrons ! Vous auriez préféré un krach ?

Une France divisée géographiquement

La France est divisée en deux. Je suis fier d'être à l'Ouest !



Les résultats des élections dans mon coin de Touraine

Les résultats dans trois communes qui me sont chères sont étonnants. St Benoit est un petit bourg rural bien tranquille et peuplé en majorité d'employés et de retraités, le revenu moyen et le taux de chômage y sont dans la moyenne française et pourtant les extrêmes, Mélenchon et Le Pen y font un maximum de voix. Les résultats de Beaumont-en-Véron sont plus explicables pour une commune qui vit essentiellement de la centrale nucléaire qui la jouxte (avec la commune voisine : Avoine) et pourtant un candidat antinucléaire y arrive en tête.




Impeachment ?

On peut rêver de la destitution (impeachment) de Trvmp mais je crois que c'est se faire des illusions. La destitution ne peut se faire que si le président est condamné pour "trahison, corruption ou autres crimes et délits" (Constitution, article deux, section 4).

Il faut d'abord qu'une enquête soit faite par un juge (special counsel) spécialement nommé par le Ministre de la Justice (Attorney General), que ce juge décide de porter son éventuelle accusation devant la Commission Juridique de la Chambre des Représentants, que cette chambre décide à la majorité des voix d'inculper le président et que celui-ci soit jugé par le Sénat puis condamné par une majorité des deux tiers des membres du Sénat.

Un seul président, Andrew Johnson a été destitué, en février 1868, il a été condamné pour abus de pouvoir (un abus de pouvoir véniel qui ne lui vaudrait probablement pas la destitution de nos jours). Bill Clinton a été inculpé pour parjure dans l'affaire Paula Jones / Lewinski mais pas condamné par le Sénat, donc pas destitué. Nixon a démissionné avant même son inculpation par la Chambre des Représentants.

Andrew Johnson : les circonstances étaient très spéciales, juste après la Guerre de Sécession, en pleine période de reconstruction et de réintégration des États Confédérés.

Richard Nixon : complètement embourbé dans l'affaire du Watergate et surtout accusé de multiples obstructions à la justice, il était fini politiquement, lâché par tout le monde et son inculpation et sa condamnation étaient certaines.

Bill Clinton : poursuivi pour avoir menti sous serment dans l'affaire Paula Jones et pour avoir caché sa relation avec Monica Lewinski, ses accusateurs n'ont jamais réussi à convaincre les Sénateurs, ses partisans ne l'ont jamais lâché et l'opinion publique était en sa faveur.

Les Républicains ont la majorité dans les deux chambres fédérales américaines et l'auront jusqu'en janvier 2019. Je les vois mal entamer le long processus de destitution du président avant les prochaines élections, et encore faudrait-il que Trvmp dépasse largement les bornes et menace leur majorité par ses actions.

Les Républicains peuvent perdre leur majorité au Sénat en 2018 (lors des élections de mi-mandat, les mid-terms) mais les Démocrates auront plus de mal à les déloger de leur majorité à la Chambre des Représentants car le découpage des circonscriptions électorales est très favorable aux Républicains.

Donc je crois qu'espérer la destitution, du moins prochainement, de Trvmp est contre-productif pour les luttes en cours.

Des raisons d'espérer ?

Nous devons nous rappeler que Trump n'a été élu que d'une courte tête et que ce n'est que grâce au système électoral américain qu'il est président aujourd'hui. Hillary Clinton a obtenu trois millions de voix de plus que lui, mais elle a perdu d'un très petit nombre de voix dans les États où il fallait absolument gagner. Trump n'a pas de mandat, il est légitime mais il n'a pas de mandat. Ce qui fait que son pouvoir est très fragile. Au Congrès le parti Républicain a la majorité dans les deux chambres. L'objectif des Républicains est de maintenir cette majorité, si Trump coule ils feront tout pour ne pas couler avec. Ce qui signifie que l'autorité et l'influence de Trump sur le Congrès est très fragile, aussi. Comme Trump a choisi d'être aussi diviseur, agressif et antagonique que pendant sa campagne électorale (pourquoi changer un comportement qui lui a permis de tout gagner jusqu'à présent ?) il va susciter une opposition virulente contre lui (qui déjà commence : voire la Marche des Femmes (Women's March), hier, qui a été un immense succès).

Il est clair qu'il va chercher à isoler les media qui lui sont hostiles et c'est ce à quoi il s'affaire ces derniers jours, en le coupant de leurs sources à la Maison Blanche et en essayant de susciter une hostilité de ses partisans contre eux. Ainsi, il espère mobiliser ses partisans et décrédibiliser, voire museler les media qui ne lui sont pas dévoués. Trump va continuer à balancer des âneries indignes d'un président sur Twitter pour satisfaire ses partisans les plus durs et amuser la galerie. Que ses ennemis et les media s'indignent de ses tweets ça fait toujours parler de lui et ça attise contre ceux-ci la haine de ses partisans. Pendant ce temps là son administration de ploutocrates pourra faire passer des décisions très dures pour les petites gens sans qu'on y prête trop d'attention. Ou bien la critique de ces décisions ne sera le fait que des media ennemis que Trump aura systématiquement écarté et désigné comme des menteurs, biaisés et hostiles au peuple.

C'est une entreprise totalitaire qui doit être dénoncée comme telle. Je veux croire que ça ne fonctionnera pas ou pas exactement comme prévu. Comme je l'ai écrit plus haut, le pouvoir de Trump est fragile et l'opposition très mobilisée. Sa cote de popularité est très basse. Les Républicains du Congrès ne sont pas à sa botte, ils ne roulent que pour eux-mêmes et plusieurs figures majeures du Parti Républicain au Congrès lui ont toujours été hostiles. Les élections de mi-mandat (les mid-terms) sont en novembre 2018, tous les membres de la Chambre des Représentants seront renouvelés, un tiers des Sénateurs aussi. La stratégie antagonique de Trump pourrait bien se retourner contre lui.

La langue anglaise et moi


J’aime la langue anglaise. Je ne l’ai vraiment connue que très tard dans ma vie. C’est en 1993, bien longtemps après le lycée et le bac, que je me suis mis vraiment à apprendre l’anglais. Mais apprendre cette langue au collège et au lycée m’a donné les bases sur lesquelles je me suis appuyé pour l’étudier.

J’avais déjà séjourné en Angleterre, en “immersion” dans une famille Anglaise du Devon en 1974, pendant 3 mois. Quand j’en suis revenu, enchanté et anglophile, il me semble que je ne parlais pas trop mal. Mais en 1993 j’avais quasiment tout oublié, par manque de pratique. Cette année là j’ai fait mon premier voyage aux États-Unis. Je me suis rendu compte que je parlais mal et que je ne comprenais rien. Comme j’étais revenu d’Amérique ébloui et carrément amoureux, je n’ai eu, dès lors, de cesse d’apprendre l’anglais.

J’ai appris l’anglais en lisant et en recherchant les mots que je ne comprenais pas dans le dictionnaire. Je notais ces mots dans un petit carnet et à mes moments perdus j’en relisais les pages mais je n’apprenais rien par cœur. Ensuite en lisant, je retombais sur ces mots inconnus et petit à petit j’ai fini par lire couramment. Au début je ne lisais que le journal ou des articles de magazines. Puis je me suis mis à lire des livres en anglais, des essais tout d’abord et enfin des romans. Il y a eu des étapes importantes : quand je me suis rendu compte que je comprenais les paroles des chansons, quand j’ai eu fini mon premier roman un peu difficile, ou quand je me suis rendu compte que je comprenais ce dont on parlait sur CNN.

Parler et écrire en anglais de façon courante a été beaucoup plus difficile et plus lent à venir et aujourd’hui encore, si je comprends parfaitement ce qu’on me dit en anglais et si je comprends parfaitement ce que je lis sans aide du dictionnaire (ou alors très rarement) j’ai encore du mal écrire correctement (disons que j’y arrive mais que ça me demande beaucoup d’efforts, ça ne coule pas directement de mon cerveau à mes doigts comme en français) et j’ai encore plus de mal à parler couramment (mais j’y arrive, j’ai même suivi, sans difficultés, deux semaines de cours à l’UCL à Londres, et j’ai fait plusieurs présentations en anglais). C’est que je lis beaucoup en anglais (sur Internet essentiellement), que j’écoute beaucoup de choses aussi (la radio, la télé, des podcasts) mais que je parle et j’écris peu. Chaque fois que j’ai fait un séjour en Angleterre ou aux États-Unis j’ai, en peu de temps, réussi à parler de plus en plus facilement au fil du séjour. Preuve que ce qui me manque c’est de l’entraînement.

J’ai longtemps cru qu’il fallait avoir un bon accent, mais je suis revenu de cette idée. Ce qu’on appelle le bon accent en France est l’accent de l’anglais de la BBC, le Southern English, et les accents en anglais sont vraiment très divers. Il y a des accents très différents selon les pays et à l’intérieur de ces pays selon les régions ou même les classes sociales. J’ai connu un Anglais du Yorkshire que j’avais beaucoup de mal à comprendre et certains Texans m’ont déjà parlé sans que je comprenne quoi que ce soit à ce qu’ils me disaient. Et puis j’ai écouté mon neveu parler anglais. Il est totalement bilingue, travaille dans une boite internationale ou tous les rapports sont forcément en anglais. Il a, quand il parle anglais, un accent français à couper au couteau, tout le monde le comprend parfaitement et personne ne se plaint. Donc ce n’est pas important d’imiter l’accent des présentateurs de la BBC, on peut très bien parler anglais avec un accent français, l’essentiel est de prononcer les mots correctement, de respecter quelques règles de syntaxe et de grammaire (comme les verbes irréguliers ou les prépositions). Il y a, cependant, certains mots qui sont bizarrement souvent incompris que vous les prononciez d’une manière ou d’une autre, comme “water”, qui se prononcera “wâdeuh” en certaines régions de l’Amérique ou “woteuh”, ou “wateuh”, ou “water” !