jeudi 26 mars 2015

Germanwings 9525 : c'était le copilote

Le procureur de la République de Marseille a confirmé la nouvelle sortie cette nuit par le New York Times : c'est bien le copilote, Andreas Lübitz, de l'A320 de Germanwings qui s'est enfermé dans le poste de pilotage en l'absence du commandant de bord et a réglé le pilote automatique en position de descente pour faire écraser l'avion 8 minutes plus tard. D'après le procureur le copilote ne paraît pas avoir eu de malaise, a empêché l'ouverture de la porte du poste de pilotage et a réglé le PA sur descente avec un taux de 1km/minute de façon délibérée. Le commandant de bord a tenté d'ouvrir la porte de force (il y a toujours un pied de biche caché dans l'avion en cas de nécessité) mais n'a pas eu le temps de l'ouvrir (cette porte est blindée).

C'est donc l'une des hypothèses les plus farfelues qui se révèle être juste. Les bras m'en tombent !

Quelque chose me dit que c'est une circonstance du même ordre qui a envoyé MH770 par le fond dans l'Océan Indien.

mercredi 25 mars 2015

Germanwings 9525, mes deux centimes

D'abord expliquons comment est organisé le contrôle aérien en France :
  • Les Centres de Contrôle Régional (CCR) assurent la circulation aérienne des avions en croisière; En France il y en a 5 qui se répartissent les différents secteurs aériens français, ils sont situés à Reims, Brest, Bordeaux, Athis-Mons et Aix-en-Provence. Les contrôleurs de ces centres se partagent leur secteur en zones géographiques et en tranche d'altitude. Ils ne sont pas dans une "tour" mais dans une salle radar bien distincte. Les contrôleurs assignent caps, altitudes et vitesses des avions de façon à maintenir les séparations entre ceux-ci.
  • Les centres de contrôle d'approche (APP) sont chargés de la circulation aérienne aux abords d'un aérodrome dans une zone de contrôle de taille variable. Les contrôleurs régulent la circulation au départ et à l'arrivée de l'aérodrome. Les avions en général suivent une procédure arrivée et départ prévue, programmée et autorisée (clairance) à l'avance pour alléger le travail des contrôleurs.
  • Les tours de contrôle d'aérodrome (TWR) sont chargés de la circulation aérienne dans une zone restreinte autour d'un aérodrome. Le service est rendu depuis une tour de contrôle. Les TWR peuvent se partager le travail entre la régulation des atterrissages et des décollages, la circulation au sol sur les taxiways de l'aérodrome et le service des clairances, c'est à dire de la programmation des vols au départ. 
Pour travailler les contrôleurs aériens utilisent deux types de radars :
  • le radar primaire, qui détecte les avions mais pas leur identité telle qu'elle est donnée par leurs transpondeurs. Le radar primaire fournit généralement des indications sur le cap et la distance de l'avion, mais pas d'information sur son altitude, ni son identité.
  • le radar secondaire qui localise les avions identifiés par leurs transpondeurs, donc affiche le cap, l'altitude, la distance, la vitesse et l'identité de l'avion.
Le transpondeur d'un avion est l'équipement embarqué qui permet aux radars secondaires des stations de contrôle du trafic aérien au sol de déterminer la position de l'avion dans l'espace surveillé. Il permet également de donner une information de position aux autres avions se trouvant à proximité (40 milles nautiques, 8 700 pieds au dessus ou en dessous) si ces derniers sont équipés du système TCAS, c'est à dire un système anti-collision. Le transpondeur peut aussi transmettre un code, appelé "squawk" qui permet au contrôleur aérien d'identifier spécifiquement un avion sur le radar. Le squawk est attribué par le contrôle aérien mais dans certains cas peut être déclaré par un avion — quand celui-ci n'a plus d'autres moyens de communiquer par exemple.
Ainsi un avion en situation de détresse affichera le squawk 7700, en cas de panne radio il affichera le squawk 7600, s'il est détourné par un pirate de l'air il pourra afficher le squawk 7500.

Tout changement d'altitude ou de cap doit être autorisée par le contrôle aérien. Pour écouter souvent le CCR de Bordeaux et l'APP d'Orly sur LiveATC, je peux dire que si un pilote change d'altitude sans avoir obtenu l'autorisation du contrôleur il se fait sérieusement rappeler à l'ordre.

Germanwings 9525 décolle vers 09:00:00 UTC (10 h locales) de l'aéroport international de Barcelone-El Prat à destination de Düsseldorf. Il atteint vers 09:26:00 UTC son altitude de croisière d'environ 38 000 pieds (12 km) et une vitesse de près de 480 nœuds (900 km/h). Il est alors près de Marseille. Vers 09:31:00 UTC, l'avion débute une descente d'environ un kilomètre d'altitude par minute, avec toujours le même cap et la même vitesse. Le transpondeur n'est pas modifié. Personne ne contacte le CCR ni aucune autre station pour demander un changement d'altitude. Le contrôleur de Marseille essaye alors d'entrer en contact avec l'avion mais n'y parvenant pas, il déclenche l'alerte. A  09:38:00 UTC, l'appareil est à 11 400 pieds (3 474 m), à une vitesse de 417 nœuds (772 km/h). Peu après, il percute à 1 600 mètres d'altitude le massif des Trois-Évêchés des Alpes françaises, sur le territoire de la commune de Prads-Haute-Bléone, entre Digne et Barcelonnette, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Un avion de chasse de l'armée de l'air française, lancé pour l'intercepter ne parviens pas à repérer la zone du crash, c'est une demie heure après qu'un hélicoptère repère les débris de l'avion qui a été littéralement pulvérisé par le choc.

Il est trop tôt pour comprendre ce qui s'est passé, mais je m'avance un peu quand même en disant que tout cela ressemble fort à une perte de pressurisation lente, donc non détectée, entraînant une hypoxie donc perte de connaissance des pilotes et des passagers. Lorsqu'une dépressurisation soudaine survient les masques à oxygène des passagers tombent du plafond et les pilotes enfilent les leurs. Ensuite les pilotes font descendre très rapidement l'avion à une altitude qui permette une respiration normale. C'est un accident qui arrive de temps en temps. La réserve d'oxygène des passagers est de quelques minutes seulement, celle des pilotes un peu plus longue. Sans oxygène et sans descente rapide tout le monde tombe dans les pommes et meurt par hypoxie assez rapidement. Je parie que c'est ce qui est arrivé à cet avion. Toutefois, si une dépressurisation et une hypoxie des pilotes expliqueraient pourquoi personne dans l'avion n'a appelé à l'aide ni modifié le transpondeur et pourquoi celui-ci à continué à la même vitesse sur le même cap,  elle n'expliquent pas pourquoi l'avion s'est mis à descendre à une allure assez lente, bien plus lente que si les pilotes l'avaient lancé dans une descente d'urgence. Des accidents similaires mais pas exactement les mêmes se sont déjà produits (voir Helios Airways Flight 522 ). Bizarrement un accident apparemment similaire mais avec une fin plus heureuse était arrivé chez Germanwings en 2010 (voir Accident: Germanwings A319 near Cologne on Dec 19th 2010, smoke in cockpit, both pilots nearly incapacitated).

jeudi 19 mars 2015

Le Général

Vu à la télévision un documentaire sur la vie intime du Général de Gaulle ne dévoilant paradoxalement que peu de choses sur l'intimité du Général car celui-ci, sa famille et ses amis les plus proches se sont toujours montrés très discrets sur ce sujet. Le documentaire s'efforce de retracer la vie de Charles de Gaulle plutôt que celle du Général. Celui-ci cloisonnait d'ailleurs soigneusement ses deux existences. On y apprend tout de même quelques aspects de son caractère et quelques unes de ses habitudes et marottes, par exemple qu'il adorait faire des expéditions en voiture sur les routes de France (on dirait des road trips de nos jours) et qu'il les préparait soigneusement sur ses cartes routières; qu'il faisait des réussites pour se détendre; qu'il avait fait construire un mini-golf pour ses petits-enfants dans le parc de La Boisserie à Colombey; qu'il aimait la nature et se promener dans les bois, qu'il était complètement indifférent à l'argent — il n'était pas très riche d'ailleurs et après la guerre il était couvert de dettes; qu'il avait beaucoup d'humour; qu'il rédigeait lui-même ses discours et qu'il les apprenait par cœur, qu'il avait un talent inné d'écriture; qu'il aimait profondément une "certaine idée de la France" mais qu'il était fréquemment déçu par les Français. Les membres de la famille qui livrent leurs souvenirs du Général dans ce documentaire ont tous un coté "vieille France" et une certaine dignité bourgeoise qui me plaît beaucoup. J'aime particulièrement qu'ils parlent tous en faisant des phrases à la syntaxe parfaite et font les liaisons, ce que l'on n'entend presque plus jamais, hélas !

lundi 16 mars 2015

Le retour

Le retour de la campagne ne s’est bien sûr pas passé sans mal. Après quinze jours de calme, de solitude et de sérénité dans la nature, j’ai retrouvé Paris et son bruit, sa propreté douteuse et son activité trépidante, j’ai aussi retrouvé mon travail, ses contraintes et ses frustrations.

D’abord en arrivant dimanche soir la chaleur à l’intérieur de mon appartement, après quinze jours à vivre à 19° maximum (et souvent plutôt 18°) à l’intérieur je m’étais habitué. Quand je suis rentré dans mon appartement parisien il y faisait 26°. J’ai ouvert les fenêtres et fermé les radiateurs mais alors une autre nuisance est apparue : le bruit, un bruit de soufflerie intense et permanent émanant des frigos et conditionneurs d’air du restaurant administratif situé en bas de chez moi (et peut-être même des extracteurs de fumées qui se déclenchent de façon intempestive assez souvent).  J’ai choisi d’avoir moins chaud et de garder les fenêtres ouvertes, cependant j’ai très mal dormi cette première nuit chez moi car non seulement j’ai continué à avoir trop chaud mais en plus j’ai dû supporter ce bruit toute la nuit, moi qui arrivait d’un endroit où, la nuit, on aurait pu entendre une fourmi pisser à 200 mètres.

Le lendemain et la semaine qui a suivi ça a été le retour au travail avec les nouvelles des uns et des autres et du service. Quelqu’un m’a été préféré pour une promotion que j’espérai, sans aucune explication et les projets en cours stagnent désespérément.

Tant et si bien que  dès le mercredi qui suivit je n’avais plus qu’une envie : repartir à la campagne, définitivement. Problème : aucune chance que ça se fasse. Je suis coincé à Paris pour plusieurs années à venir. Il va falloir subir et serrer les dents.  Je sais pertinemment que cette réadaptation à la ville va se produire après quelques jours, mais il en est de cette réadaptation comme du jetlag : plus le temps qu'on a passé dans l'autre dimension est long plus le temps passé à se réadapter est, lui aussi, long.

mardi 3 mars 2015

Sérénité


Cela fait donc plus d'une semaine (11 jours exactement) que je suis ici, à la campagne, en quasi-solitude waldenesque et en hiver. En dix jours je n'ai pas eu un seul instant d'ennui, pas un seul instant de mélancolie ou de cafard. Depuis onze jours je suis d'excellente humeur et j'ai même de fréquents accès de joie gratuite. Je n'ai pas regardé la télévision une seule fois, par contre j'ai lu le journal et les infos sur Internet et j'ai écouté la radio. Mes deux sources principales d'agacement, d'énervement voire même de colère : les infos et mes contemporains, ne m'ont posé aucun problème depuis onze jours. Je suis serein et en forme. Ça fait donc onze jours que je n'ai pas eu envie d'envoyer quelqu'un aux pelotes (même sur le Web). Bref, cette vie relativement isolée (relativement car j'ai été trois fois déjeuner chez mon frère et une fois prendre l'apéritif chez les voisins) à la campagne me convient parfaitement. Je trouve que les journées, même celles où le temps est tellement mauvais que la promenade est impossible (comme aujourd'hui) me semblent toutes trop courtes. Le temps passe à une vitesse phénoménale. Je n'étais jamais resté aussi longtemps seul à la campagne et en hiver et j'avais un peu peur de déprimer avant d'arriver ici (la campagne en hiver à la réputation d'être un peu "boulifiante"), mais aucune déprime, bien au contraire. Je vais finir par être persuadé que je vivrais mieux si je vivais sur mon terroir d'origine et un peu à l'écart du monde.Toutefois je ne pense pas prendre ma retraite tout de suite et j'aime bien mon job (je n’appréhende pas d'y retourner lundi prochain et même je serai content de retrouver mon travail et mon bureau).

AWOL


Je crois bien qu'une des deux canes sauvages qui vivent sur la mare a disparu. La mare est clôturée et l'une des deux canes ne peut pas voler et donc reste tout le temps autour de ou sur la mare, mais l'autre a pris l'habitude de se balader toute la journée dans la propriété et occasionnellement au-delà. C'est cette cane là qui a disparu, depuis hier (enfin je m'en suis rendu compte hier). Je ne sais pas ce qu'il lui est arrivé, a-t-elle été tuée par un prédateur ou un chien (je n'ai pas retrouvé de traces de lutte ni de cadavres) ou a-t-elle décidé d'aller voir ailleurs (ça se pourrait c'est une cane colvert, donc sauvage, après tout, et le printemps arrivant il est possible qu'elle ait décidé de se trouver un mâle quelque part et donc de quitter la mare originelle). Je me sens vaguement coupable, mais je n'étais pas chargé, et je ne peux pas, surveiller les bêtes qui vadrouillent en liberté. Je suis un peu embêté quand même.

vendredi 27 février 2015

Beau et frais

Vivre dans une cabane à la campagne, à proximité des bois, avoir des chiens et des chats, voilà tout à fait mon idée du paradis terrestre (il faudrait tout de même un minimum de confort moderne et Internet, mais désormais, dans nos pays, c'est possible). En attendant la réalisation éventuelle (mais peu probable) de ce rêve je passe une grande partie de mes congés payés dans la maison de ma sœur et de mon beau-frère, je garde la maison et les bêtes quand il sont partis en voyages ou sur leur péniche (oui, ils possèdent aussi une péniche habitable, amarrée à Nantes, dans laquelle je ne mets jamais les pieds); maison qui se trouve dans la campagne tourangelle, à la lisière de la Forêt de Chinon, et qui possède tout le confort qu'on peut souhaiter de nos jours. Ce lieu de villégiature ressemble donc, à s'y méprendre, à la cabane de mes rêves, sauf que c'est une maison en pierre et plus spacieuse qu'une cabane. J'ai beaucoup de chance, je sais.

Ce désir de résidence bucolique est assez récent chez moi. J'ai, pendant longtemps, été un inconditionnel de la ville, ne jurant que par la vie à Paris. Ce qu'il faut bien comprendre c'est que je ne renie pas du tout la ville, non, j'aime autant l'une que l'autre, la campagne et la ville. Simplement quand je suis longtemps en ville (en fait à Paris, disons deux ou trois mois) je n'ai plus qu'une envie c'est de filer dans ma campagne tourangelle et je suppose (mais je n'en ai pas encore fait l'expérience) que si je restais longtemps à la campagne (disons deux mois) je n'aurais qu'un désir, celui de retrouver les lumières de la ville. J'aime à la fois contempler la forêt, le paysage des champs et les douces collines de mon pays natal et voir les cafés et brasseries s'allumer à la tombée de la nuit à Paris. J'aime le calme de la nature et l'agitation de la grande ville (je ne les aime pas au même moment, c'est tout). Ma vie à Paris est d'ailleurs bien plus agréable maintenant que je ne prend plus le métro pour aller au travail, rien de tel que les transports en commun pour vous faire détester l'humanité.

Aujourd'hui il fait beau et toujours frais, ce matin j'ai nettoyé le poulailler (enlevé la paille souillée et les merdes des poules, remis de la paille propre à la place, échangé un baril de blé vide contre un baril de blé plein pour nourrir la volaille, nettoyé et rempli les bassines d'eau). Cet après-midi, balade. Le temps passe à une vitesse folle, déjà une semaine que je suis ici.

lundi 23 février 2015

Froid et humide


Une journée de grisaille et de giboulées. Le sol est spongieux, partout, des gouttes s'accrochent aux rameaux des arbustes. Ce soir il faisait bien froid. J'ai oublié d'aller chercher le courrier, je m'en suis rendu compte vers sept heures du soir, j'y suis allé quand même, la boite aux lettres est au bout du chemin, j'étais glacé en rentrant à la maison. Je suis ressorti une demi-heure après pour aller enfermer les poules. Je n'aime pas les enfermer trop tôt quand il fait encore un peu jour, enfin les poules ça leur importe peu parce qu'elles sont déjà couchées depuis longtemps quand la nuit tombe vraiment (vers sept heures un quart), mais les palmipèdes c'est autre chose, ils ne rentrent que si on les pousse, veulent encore profiter de la moindre lueur du jour. Ça a été une bonne journée pour les canards, c'était leur temps, ils se sont baladés toute la journée autour de la maison, ont cancané joyeusement tout le temps.

Le chat s'est blessé à l’œil la semaine dernière, le vétérinaire a prescrit une goutte de collyre trois fois par jour pendant dix jours et a demandé à le revoir cette semaine. Donc c'est moi qui m'y colle. Et mon frère doit nous véhiculer. Téléphoné ce matin au vétérinaire, pas de rendez-vous avant mercredi 16 heures. Bien, mercredi ce sera. Je me suis souvenu que mon arrière grand-père était vétérinaire à Chinon. Il a eu trois filles, ma grand-mère, ma tante Jeanne et ma tante Lucie. En fait mon frère a découvert qu'il avait eu une quatrième fille, morte en bas âge. Personne n'en connaissait l'existence ou alors se gardait bien d'en parler. C'est bien mystérieux.

Ce que je mange. Hier midi : magret de canard avec des épinards, hier soir : deux oeufs sur le plat avec une salade d'endives et un demi oignon, ce midi : escalope de dinde avec des haricots verts du jardin, ce soir ; une tranche d'andouille de Vire avec des pommes de terres grillées et une salade d'endives et un demi oignon.

Giboulées


La pluie tombe par intermittence, ce sont des grains appelés aussi giboulées, le ciel s'assombrit, le vent se lève, il tombe une grosse pluie et même parfois de la grêle. Les poules se mettent à l'abri, l'oie et les canards sont indifférents à la pluie. J'entends l'averse crépiter légèrement sur le vasistas. Le chat s'est collé au radiateur, à un endroit d'où il peut à la fois me surveiller et surveiller sa gamelle et où il a bien chaud. J'hésite à sortir faire une promenade, l'air est froid et humide et je n'ai pas envie de me faire doucher par un grain. Alors se faire un thé, plutôt.

dimanche 22 février 2015

Promenade avec Bouba


La nuit a été froide, le thermomètre est descendu à -6°C. Ce matin quand j'ai ouvert aux poules il y avait une pellicule de glace sur l'eau de leur abreuvoir, un demi centimètre environ. J'ai cassé la glace avec un bâton et j'ai changé l'eau. Le chat a dormi à coté de moi, sur la couette, à un moment il s'est blotti contre moi pour avoir plus chaud, c'est agréable de dormir avec un chat blotti contre soi, sentir sa chaleur. Le chat s'est levé à cinq heures, je me suis levé pour lui ouvrir, il s'est jeté dehors, tout content d'entamer une nouvelle journée. Je me suis recouché et j'ai dormi jusqu'à neuf heures. Les champs étaient recouverts de gelée blanche, le ciel bleu. Sur la mare il n'y avait qu'une jeune cane, mais l'autre est arrivé aussitôt, elle aime se balader, les deux canes ont entamé une petite danse de joie de se revoir, hochement de têtes répétés et cancanements très brefs. La surface de la mare n'était pas gelée, la troisième cane, celle qui dort dans le poulailler, est venu rejoindre ses deux copines sauvages, sur la mare.

Il n'y a pas de bruit dans la maison, je n'écoute pas de musique, je ne mets la radio que pendant les repas, je ne regarde jamais la télé. Je fais une cure de silence. J'écoute la pluie tomber sur le vasistas et sur le toit, j'écoute les rafales de vent, les cris de l'oie, du coq et l’occasionnel cancanement des palmipèdes. Le chat miaule pour réclamer son déjeuner, la maison craque de temps en temps. Tout ça sont de bruits familiers et agréables. Il n'y en a presque pas d'autres (le bruit de la hotte qu'il faut démarrer quand on prépare les repas est très désagréable, lui, mais ça ne dure pas longtemps et quand on l'arrête on apprécie le silence qui suit).

Je suis dans mon état d'esprit typique de mes séjours seuls à la campagne, serein, simplement joyeux d'être là et d'y être seul. Hier j'étais encore en état de transition, pas encore adapté, encore un peu soucieux des soucis parisiens. Aujourd'hui ça va parfaitement bien.

Bouba est un jeune chien mélange de Labrador et de Braque (et peut-être d'autre chose, on n'en sait rien), il est plein de vitalité, très amical, pas agressif pour deux ronds malgré sa taille et obéissant quand on l'appelle, il adore les caresses, sa queue fouette l'air en permanence tant la joie qui l'anime est constante. Il appartient à une voisine qui est partie en vacances et qu'il l'a confié à d'autres voisins. Aujourd'hui il a tenu à venir en balade dans les bois avec moi, nous avons fait notre tour habituel (pour moi comme pour lui) il a gambadé joyeusement sans jamais me perdre de vue, cette balade était pour lui une fête. J'ai réalisé combien la joie d'un chien et son enthousiasme pour la banalité d'une balade était communicatif, combien le compagnonnage d'un chien était tonique et vivifiant. Au cours de notre balade nous avons croisé un joggeur, j'ai rappelé Bouba et l'ai tenu par son collier pour ne pas qu'il l'effraie, le jogger nous a dis bonjour en nous croisant et m'a complimenté pour mon beau chien, ajoutant : "c'est quelle race ?", je lui ai dit que c'était un croisement assez obscur, le type a rigolé et a continué sa course. Etant donné que presque tout le monde aime les chiens les gens que vous rencontrez sont plus aimables et amicaux.

samedi 21 février 2015

ISS


Première journée de vacances à la campagne. La famille est partie vers 9 heures et demie pour leur voyage en Namibie, une journée et une nuit de voyage les attendent. 

Passé la fin de la matinée à regarder NASA TV sur le Web. Il y avait une sortie dans l'espace prévue pour deux membres de l'équipage de l'ISS. Je suis un enfant des sixties, j'ai vécu, étant gamin, la conquête spatiale, les programmes Gemini, puis Apollo, l'alunissage d'Apollo 11 en 1969 et les premiers pas des astronautes américains, Neil Armstrong et "Buzz" Aldrin sur la lune, avant il y avait eu Apollo 8 et la première orbite lunaire, et puis la catastrophe évitée de justesse d'Apollo 13. Je suivais tous ça à la télé et dans les journaux. J'en ai encore un souvenir très vif. Aujourd'hui je suis encore comme un gamin devant les exploits des astronautes, même si les journaux ni la télé n'en parlent plus que rarement. Il y a une chose formidable qui se passe au dessus de nos têtes, en orbite terrestre, dans l’indifférence générale : une station spatiale internationale tourne autour de la terre à une altitude de 420 km, elle abrite cinq astronautes (en ce moment) qui y vivent et y travaillent, qui font des sorties dans l'espace pour faire des travaux sur leur machine. Il y a deux Russes, deux Américains et une Italienne en ce moment, c'est l'un des deux Américain le commandant de bord. Ils vivent en bonne entente. Ils parlent anglais et russe. Ils vivent (travaillent, mangent, dorment) en apesanteur. L’électricité est fournie par d'immenses panneaux solaires. Ils sont ravitaillés par des vaisseaux spatiaux automatiques envoyés là haut par des fusées lancées de Cap Canaveral en Floride ou de Baïkonour au Kazakhstan. Tous les trois ou six mois ils sont relevés par un autre équipage envoyé aussi en orbite par une fusée. C'est pas génial ça ? Et personne ou quasiment n'y fait plus attention.

Donc aujourd'hui j'ai regardé une partie de la sortie dans l'espace. Je me suis fait la cuisine en prenant tout mon temps, j'ai lu, j'ai fait une sieste et je suis allé me promener. Une bonne journée de vacances.

jeudi 19 février 2015

Procrastination

Quand j'ai à faire quelque chose, même un chose anodine, dans un avenir proche je me sens toujours nerveux et je ressens que l'obligation de faire ce que j'ai décidé de faire ou ce que je suis obligé de faire, me pèse. Ainsi je procrastine énormément. Cette tendance très forte à la procrastination est une réaction au sentiment de frustration devant l'obligation de faire quelque chose mélangé dans certains cas, mais pas tous, de crainte d'échouer. D'ailleurs quand je prends la décision de procrastiner quelque chose je ressens brièvement un soulagement qui peut être même parfois un bref moment d'euphorie ou tout au moins de joie. Mais aussi quand enfin je réalise quelque chose que j'ai repoussé au lendemain pendant longtemps je me sens aussi soulagé, voire content de l'avoir fait, comme si la tension qui s'était accumulée au cours du temps était soudain détendue par l'accomplissement de la tâche sans cesse repoussée au lendemain.

mercredi 18 février 2015

Que veut l'État Islamique ?

Une lecture essentielle pour qui veut essayer de comprendre le Daech (ou Etat Islamique), et se faire une idée du danger qu’il représente et de la façon de le contrer.
En anglais, j’espère que Courier International, par exemple, traduira cet article de Graeme Wood, paru dans The Atlantic.
Un extrait :
Given everything we know about the Islamic State, continuing to slowly bleed it, through air strikes and proxy warfare, appears the best of bad military options. Neither the Kurds nor the Shia will ever subdue and control the whole Sunni heartland of Syria and Iraq—they are hated there, and have no appetite for such an adventure anyway. But they can keep the Islamic State from fulfilling its duty to expand. And with every month that it fails to expand, it resembles less the conquering state of the Prophet Muhammad than yet another Middle Eastern government failing to bring prosperity to its people.
The humanitarian cost of the Islamic State’s existence is high. But its threat to the United States is smaller than its all too frequent conflation with al-Qaeda would suggest. Al-Qaeda’s core is rare among jihadist groups for its focus on the “far enemy” (the West); most jihadist groups’ main concerns lie closer to home. That’s especially true of the Islamic State, precisely because of its ideology. It sees enemies everywhere around it, and while its leadership wishes ill on the United States, the application of Sharia in the caliphate and the expansion to contiguous lands are paramount. Baghdadi has said as much directly: in November he told his Saudi agents to “deal with the rafida [Shia] first … then al-Sulul [Sunni supporters of the Saudi monarchy] … before the crusaders and their bases.”
The foreign fighters (and their wives and children) have been traveling to the caliphate on one-way tickets: they want to live under true Sharia, and many want martyrdom. Doctrine, recall, requires believers to reside in the caliphate if it is at all possible for them to do so. One of the Islamic State’s less bloody videos shows a group of jihadists burning their French, British, and Australian passports. This would be an eccentric act for someone intending to return to blow himself up in line at the Louvre or to hold another chocolate shop hostage in Sydney.A few “lone wolf” supporters of the Islamic State have attacked Western targets, and more attacks will come. But most of the attackers have been frustrated amateurs, unable to immigrate to the caliphate because of confiscated passports or other problems. Even if the Islamic State cheers these attacks—and it does in its propaganda—it hasn’t yet planned and financed one. (The Charlie Hebdo attack in Paris in January was principally an al‑Qaeda operation.) During his visit to Mosul in December, Jürgen Todenhöfer interviewed a portly German jihadist and asked whether any of his comrades had returned to Europe to carry out attacks. The jihadist seemed to regard returnees not as soldiers but as dropouts. “The fact is that the returnees from the Islamic State should repent from their return,” he said. “I hope they review their religion.”
Properly contained, the Islamic State is likely to be its own undoing. No country is its ally, and its ideology ensures that this will remain the case. The land it controls, while expansive, is mostly uninhabited and poor. As it stagnates or slowly shrinks, its claim that it is the engine of God’s will and the agent of apocalypse will weaken, and fewer believers will arrive. And as more reports of misery within it leak out, radical Islamist movements elsewhere will be discredited: No one has tried harder to implement strict Sharia by violence. This is what it looks like.
Even so, the death of the Islamic State is unlikely to be quick, and things could still go badly wrong: if the Islamic State obtained the allegiance of al‑Qaeda—increasing, in one swoop, the unity of its base—it could wax into a worse foe than we’ve yet seen. The rift between the Islamic State and al-Qaeda has, if anything, grown in the past few months; the December issue of Dabiq featured a long account of an al‑Qaeda defector who described his old group as corrupt and ineffectual, and Zawahiri as a distant and unfit leader. But we should watch carefully for a rapprochement.Without a catastrophe such as this, however, or perhaps the threat of the Islamic State’s storming Erbil, a vast ground invasion would certainly make the situation worse.

Partir c'est mourir un peu

Dans deux jours je pars en vacances pour une dizaine de jours à la campagne et évidemment, comme d'habitude, à deux jours du départ je n'ai plus du tout envie d'y aller. Bien sûr je vais partir quand même mais jusqu'à ce que je sois dans le train je vais ressentir cette envie de rester chez moi et ce désir d'inertie. Pourquoi ai-je pris la décision d'aller à la campagne ? Je suis complètement idiot, je vais me barber à mort, surtout qu'on est en hiver qu'il va faire froid, humide et triste, et la nuit qui tombe tôt (en réalité à chaque fois que j'ai été à la campagne, c'est à dire plusieurs fois par an, j'ai trouvé que mon séjour était trop court et que les journées passaient trop vite, et bien sûr, avant de rentrer à Paris, l'envie de rester à la campagne, voire même de changer de vie et d'y habiter toute l'année, envie totalement oubliée dès que j'arrive à la Gare Montparnasse !) Et puis je vais quitter le travail pendant quinze jours, les chefs vont peut-être se rendre compte à cette occasion que je ne suis pas indispensable (aucun risque en réalité, ils ne vont probablement même pas se rendre compte que je suis en congés !) Ça me fait cela à des degrés divers à chaque fois que je dois voyager un peu, même dans un endroit proche (genre de l'autre coté du périphérique si vous voyez ce que je veux dire), et plus l'absence est prévue longue et la destination lointaine plus l'envie d'y renoncer et de rester chez moi est forte. Même quand je pars en voyage aux États-Unis, ma terre d'élection, je suis dans un état d'anxiété et de cafard affreux et absurde jusqu'à ce je mette les pieds dans l'avion, peut-être même jusqu'à ce que j'arrive à l'aéroport, et après viens la douce euphorie de l'avoir fait, d'être parti, de voyager ou d'aller dans un endroit que j'aime (comme la campagne où je vais passer quelques jours la semaine prochaine). Aujourd'hui même l'idée de faire ma valise me tarabuste ! 

lundi 16 février 2015

Parler de sport

Le seul sport-spectacle auquel je m'intéresse et que je regarde quand je peux, c'est le Baseball. Pourquoi ? Parce que c'est Américain (!), que c'est complètement incompréhensible pour la plupart des Français et que c'est très impopulaire ici (je suis snob !), que c'est très ennuyeux à regarder pour quelqu'un qui n'est pas "tombé dedans quand il était petit", comme on dit, que les règles sont compliquées et un peu ésotériques (mais je les connais bien et j'en suis un peu fier), que tout dans ce jeu est mesuré et mesurable, donc traduit en nombre et propice à faire des statistiques, des classements et des calculs divers (les fameux sabermetrics) et que ce genre de chose m'amuse.

Autant dire que mes échanges avec les collègues sont plus que réduits, étant donnés qu'ils ne connaissent et ne parlent que de Foot, de Rugby, de Tennis et un peu de Basket. Tous sports-spectacles qui m'indiffèrent voire que je déteste. (J'écris sport-spectacle pour différencier le sport qu'on fait du sport qu'on regarde, et parce que ce sont beaucoup plus des spectacles que des sports).

En fait mes collègues parlent de sport en des termes très généraux ou pour répéter ce qu'ils ont entendu dire à la télé sur tel ou tel joueur ou sur telle ou telle équipe. Au fond ils parlent de Foot exactement comme ils parlent de politique, ou vice-versa. Mêmes idées générales, peu réfléchies, pré-pensées par les média et la télé en particulier, grande pourvoyeuse de lieux communs et d’approximations. Avec toujours cette envie de montrer qu'on en sait plus que les autres mais à peu de frais et au moindre effort possible pour essayer de comprendre ce qui se passe.