Est-ce que Trump peut empêcher NBC de diffuser ?


Trump, dans ce tweet, menace la chaîne de télé NBC et d'autres de supprimer leurs licences de diffusion. Inquiétant, non ? Question : peut-il le faire ? En fait d'après cet article, non.

(1) Le premier amendement de la Constitution garanti la liberté de la presse. Pour mémoire :

Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l'établissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu'a le peuple de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre.

Trump peut donc attaquer la chaîne pour diffamation mais ne peut pas l'interdire d'émettre au prétexte qu'il pense qu'elle ment.

(2) La Commission fédérale des communications n'accorde pas de licence aux réseaux de télévision comme NBC, mais à chacune des sociétés affiliées au réseau. NBC est la propriété de Comcast qui diffuse les programmes de NBC sur plus de 200 filiales. Seulement 10 de ces filiales sont la propriété de Comcast, les autres sont des sociétés privées. Les licences sont accordées pour une durée de huit ans renouvelable. Pour empêcher la diffusion de NBC, Trump devrait essayer de faire révoquer toutes les licences de ses filiales. De plus NBC c'est aussi MSNBC, une chaîne câblée, et les chaines câblées n'ont pas besoin de licence de diffusion.

Un point de droit constitutionnel américain

On parle de virer Trump quasiment depuis son entrée en fonction. Ces jours derniers de nombreuses voix s'élèvent pour dire que le président des Etats-Unis est au bord de l'explosion caractérielle et qu'il pourrait facilement faire une grosse bêtise sur un coup de sang. Alors comment peut-on, légalement et constitutionnellement démettre un président des USA de ses fonctions ?

Pour empêcher un président des Etats-Unis d'exercer ses fonctions il y a deux moyens selon la Constitution : la destitution en cas de "trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs" et l'application du vingt-cinquième amendement de la Constitution.
Que dit cet amendement dans sa section quatre, la section qui nous intéresse aujourd'hui :
Section 4.
Si le vice-président, ainsi qu'une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs ou de tel autre organisme désigné par une loi promulguée par le Congrès, font parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les avisant que le président est dans l'incapacité d'exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président assumera immédiatement ces fonctions en qualité de président par intérim. Par la suite, si le président fait parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les informant qu'aucune incapacité n'existe, il reprendra ses fonctions, à moins que le vice-président et une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs ou de tel autre organisme désigné par une loi promulguée par le Congrès ne fassent parvenir dans les quatre jours au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite affirmant que le président est incapable d'exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge. Le Congrès devra alors prendre une décision ; s'il ne siège pas, il se réunira dans ce but dans un délai de 48 heures. Si, dans les 21 jours qui suivront la réception par le Congrès de cette dernière déclaration écrite, ou dans les 21 jours qui suivront la date de la réunion du Congrès, si le Congrès n'est pas en session, ce dernier décide par un vote des deux tiers des deux Chambres que le président est incapable d'exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président continuera à exercer ces fonctions en qualité de président par intérim ; dans le cas contraire, le président reprendra l'exercice desdites fonctions.
[proposé par le Congrès le 6 juillet 1965, déclaré ratifié le 25 février 1967]
En clair : si le vice-président et une majorité des membres du cabinet (le cabinet est aux États-Unis la réunion des membres les plus importants de l'exécutif du gouvernement fédéral) font une déclaration par écrit au président pro-tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants comme quoi le président n'est plus en mesure d'exercer ses fonctions (la raison n'est pas précisée) c'est le vice-président qui devient président.

Aujourd'hui le vice-président est Mike Pence, un extrémiste de droite mais sain d'esprit (plus que Trump, mais c'est facile !). Le président pro-tempore du Sénat est le sénateur Orrin Hatch (Utah, R). Le président de la Chambre des représentants est Paul Ryan (Wisconsin, R). Il y a quelques poids lourds dans le cabinet qui sont des gens sensés et qui ne sont pas des admirateurs béats de Trump (Rex Tillerson, James Mattis, John Kelly, Nikki Haley et d'autres).

Donc si, mettons, Trump pète les plombs et prend une décision gravissime comme déclencher une guerre atomique non provoquée contre la Corée du Nord, il y a toujours la possibilité d'une réaction des membres du cabinet. Ne doutons pas un instant, néanmoins, que les conséquences d'un tel coup d'état constitutionnel seraient dramatiques.

Je suis inquiet pour l'Amérique (et le monde)

“I Hate Everyone in the White House!”: Trump Seethes as Advisers Fear the President Is “Unraveling” (Vanity Fair)

Even before Corker’s remarks, some West Wing advisers were worried that Trump’s behavior could cause the Cabinet to take extraordinary Constitutional measures to remove him from office. Several months ago, according to two sources with knowledge of the conversation, former chief strategist Steve Bannon told Trump that the risk to his presidency wasn’t impeachment, but the 25th Amendment—the provision by which a majority of the Cabinet can vote to remove the president. When Bannon mentioned the 25th Amendment, Trump said, “What’s that?” According to a source, Bannon has told people he thinks Trump has only a 30 percent chance of making it the full term.

Toddler in Chief

Encore un jour où la presse américaine s'inquiète pour la santé mentale de son président. Il faut dire qu'il y a de quoi. Un article du Washington Post nous apprend que Trump est une "cocotte-minute sous pression" qui n'est empêché d'exploser que par la diligence et la modération de son entourage. Un article similaire de Politico nous explique que l'entourage de Trump a le plus grand mal à le retenir de prendre des décisions irraisonnées et a constamment recours à des stratagèmes pour lui changer les idées.

Dès ce matin à 6 heures Trump s'en est pris sur Twitter à la Ligue Nationale de Football, à une journaliste d'ESPN, à un membre Républicain du Congrès ("Liddle Bob Corker") qui possède un énorme pouvoir de nuisance contre Trump, et aux Démocrates.

Bob Corker (Rep.) sénateur du Tennessee au Congrès des États-Unis depuis 2007, est président du Comité des Affaires Etrangères du Sénat. Le sénateur Corker est l'un des rares sénateurs Républicain a avoir fait des déclarations quelque peu critiques à l'égard du Président. Il a décidé récemment de ne pas se représenter aux prochaines élections. Cette décision et ses critiques n'ont pas plu à Trump qui n'a rien trouvé de mieux que d''insulter Corker dans une série de tweets dimanche matin. Le sénateur Corker a alors répondu à Trump sur Twitter en comparant la Maison Blanche à une crèche maternelle dont le personnel aurait raté l'heure de l'embauche ce matin là, et plus encore en accordant un entretien au New York Times dans lequel il taille littéralement Trump en pièces.

Enfin, dans un entretien avec le magazine Forbes, paru aujourd'hui, Trump s'en prend à son Ministre des Affaires Etrangères (Secretary of States) Rex Tillerson qui l'aurait, selon la presse, traité de "débile". Trump propose à Tillerson un test de QI pour savoir qui est le plus intelligent des deux en laissant entendre que Tillerson serait sûr de perdre.

Il y a lieu, comme on peut le voir, de douter de la santé mentale de Donald Trump.

Trump et Porto-Rico

Trump s'est réveillé ce matin dans son golf dans le New Jersey et n'a pas du tout aimé ce que CNN disait de Porto-Rico. CNN disait que la réponse fédérale aux dégâts matériels et humains qu'avait provoqué le passage de l'ouragan Maria sur l'île était dérisoire et ressemblait beaucoup à ce qui s'était passé après Katrina. Trump a donc immédiatement twitté :
"Fake News CNN and NBC are going out of their way to disparage our great First Responders as a way to "get Trump." Not fair to FR or effort!"

Ensuite il a bien entendu pris pour lui personnellement les critiques de la maire de la ville de San Juan qui appelle à l'aide en dénonçant la lenteur avec laquelle les services fédéraux interviennent. Très en colère il a répondu sur Twitter :
"The Mayor of San Juan, who was very complimentary only a few days ago, has now been told by the Democrats that you must be nasty to Trump.
.Such poor leadership ability by the Mayor of San Juan, and others in Puerto Rico, who are not able to get their workers to help. They..
want everything to be done for them when it should be a community effort. 10,000 Federal workers now on Island doing a fantastic job."

Notez bien le "Il veulent (les Porto-Ricains) qu'on fasse tout pour eux alors que ça devrait être un effort de leur communauté".

Il faut savoir que Porto-Rico a été complètement ravagé par l'ouragan Maria, qu'il ne reste quasiment rien des infrastructures de l'île, que les habitants sont privés de tout et d'eau potable en particulier et qu'ils n'ont nulle part ou aller ou se réfugier.

Un article du Washington Post paru aujourd'hui est d'ailleurs très sévère sur le leadership de Trump dans cette affaire :
As Hurricane Maria made landfall on Wednesday, Sept. 20, there was a frenzy of activity publicly and privately. The next day, President Trump called local officials on the island, issued an emergency declaration and pledged that all federal resources would be directed to help.
But then for four days after that — as storm-ravaged Puerto Rico struggled for food and water amid the darkness of power outages — Trump and his top aides effectively went dark themselves.
Trump jetted to New Jersey that Thursday night to spend a long weekend at his private golf club there, save for a quick trip to Alabama for a political rally. Neither Trump nor any of his senior White House aides said a word publicly about the unfolding crisis.
Trump did hold a meeting at his golf club that Friday with half a dozen Cabinet officials — including acting Homeland Security secretary Elaine Duke, who oversees disaster response — but the gathering was to discuss his new travel ban, not the hurricane. Duke and Trump spoke briefly about Puerto Rico but did not talk again until Tuesday, an administration official said.
Administration officials would not say whether the president spoke with any other top officials involved in the storm response while in Bedminster, N.J. He spent much of his time over those four days fixated on his escalating public feuds with North Korean leader Kim Jong Un, with fellow Republicans in Congress and with the National Football League over protests during the national anthem.

Divergences

Hier a eu lieu la "marche contre le coup d'état social" de la France Insoumise. Le parcours de cette manifestation allait de la Place de la Bastille à la Place de le République et se terminait Place de la République par un meeting de la FI avec discours de Jean-Luc Mélenchon. Comme toujours le nombre de participants varie largement, selon les organisateurs (150 000 participants) ou selon la Préfecture de Police (officieusement, s'agissant d'une manifestation politique et non syndicale : 30 000 participants).

On peut s'étonner qu'à l'époque des Big Data, des Drones et des SIG, on ne parvienne jamais à se mettre d'accord sur le nombre de participants à une manifestation bien encadrée. Il faut dire que personne n'a intérêt à citer les nombres réels. Essayons tout-de-même !

Il existe une appli sur le Web qui s'appelle Map Checking, qui permet de faire varier la densité de personnes sur une surface donnée projetée sur une carte.

Utilisons cette appli et demandons lui de nous donner ce que serait la densité sur la surface de toute la Place de la République pour 150 000 personnes (image 1).


Il faudrait 5,2 personnes par mètre carré sur TOUTE la surface de la Place de la République pour atteindre le nombre de 150 000 participants. Déjà 5,2 personnes par mètre carré c'est très serré, alors 5,2 personnes par mètre carré sur toute la surface de la Place c'est impossible.

Donc le nombre de participants donné par la FI est faux, on s'en doutait un peu mais c'est mieux de le prouver.

D'après les images diffusées sur le Web, seule une partie de la Place de la République était remplie. Certains disent une moitié seulement. C'est difficile à dire en l'état de nos connaissances alors nous allons être généreux et dire que les trois-quarts de la Place étaient remplis. Et nous allons prendre une densité plus proche de ce qui est réalisable dans une foule, disons 3 personnes au mètre carré sur toute la surface.

On obtient, dans cette version plus réaliste, le nombre de 43 000 participants, ce qui est plus que les 30 000 comptés par la préfecture (image 2).


Je pense donc que la participations à cette manifestation était de 30 000 à 43 000 participants. Ce coup-ci Mélenchon n'était plus qu'à 107 000 personnes du bonheur !

DACA

Le Deferred Action for Childhood Arrivals ou DACA est un dispositif de politique migratoire des États-Unis mis en place par le gouvernement Obama en juin 2012. Le DACA permet à certains immigrants entrés illégalement sur le territoire américain quand ils étaient enfants, de bénéficier d'un moratoire sur leur expulsion et à l'éligibilité d'un permis de travail.

La suppression du DACA est vraiment une dégueulasserie faite à 800 000 personnes. Des gens qui sont arrivés aux US tout jeunes et qui n'ont jamais rien connu d'autre que les US. Qui ont eu l'assurance qu'on ne les expulserait pas des US s'ils se déclaraient à l'Immigration et à qui on a donné des permis de travail. Qui sont donc intégrés à la société américaine et qui, s'ils ont des revenus, payent leurs impôts aux US.

Voilà qu'on leur dit qu'ils n'ont plus droit à rien et qu'ils pourront donc maintenant être expulsés des Etats-Unis (vers où, ces gens ne connaissent plus rien de leur pays d'origine ?). On leur dit que dans six mois on vous expulse et parce que vous vous êtes déclarés pour bénéficier du DACA on sait où vous trouver !

Cette décision est d'une cruauté et d'une iniquité incroyable, malheureusement ça ne m'étonne pas de ce salopard de Trump.

Bashing

L'acharnement de BFM contre Macron est assez visible quand on suit leur fil d'actualité sur Facebook, par exemple. Pas une seule info positive, toujours du négatif avec des titres très accrocheurs et à la limite de la mauvaise foi pour attirer les clics des anti-Macron. Pour une chaîne d'info qu'on accuse d'avoir excessivement soutenu Macron c'est étonnant. On dirait presque qu'ils cherchent à se rattraper en tirant dans l'autre sens. Je suppose que le biais anti-Macron de BFM est plutôt une démarche marketing, ils se sont rendus compte que faire du Macronbashing était plus vendeur, qu'ils avaient une meilleure audience dans ce créneau là.

Tribune

Dans le New York Times est parue une tribune d'opinion écrite par un universitaire britannique, Christopher Bickerton, dont je ne sais pas grand chose sinon qu'il était pro-brexit. Cette tribune est une violente charge anti-Macron, elle fait les délices de tous ceux qui à droite comme à gauche détestent Macron. Ce qu'il faut préciser c'est que ce n'est pas un article du New York Times mais une tribune d'opinion qui n'engage pas la rédaction du quotidien New Yorkais. Ainsi dire que le New York Times est anti-Macron est parfaitement malhonnête.

Houston

Les gens qui ne connaissent des US que New York, et surtout Manhattan, ont tendance à penser que les villes Américaines sont des étendues bétonnées à mort. En fait la plupart des villes sont de vastes banlieues de maisons individuelles et de petits immeubles d'habitation collectif mélangés. Les villes ont ainsi l'air d'être construites à la campagne et elles s'étendent sur des surfaces très dépaysantes pour un Européen. Les circonférences de ces villes sont en perpétuelle expansion, ce qui ne manque pas de poser des problèmes d'envahissement des espaces naturels. Les villes sont parcourues par un réseau d'autoroutes qui se croisent en des entassements vertigineux de bretelles d'autoroutes. Le long des ces autoroutes s'étendent à perte de vue des centres commerciaux offrant assez peu de choix en matière de marques (ce sont toujours les mêmes qu'on retrouve de loin en loin). Le centre, quand il n'y en n'a pas plusieurs, est en général très petit, occupé par quelques gratte-ciels de bureau, il n'est habité la nuit que par une population hétéroclite de SDF, punks à chiens, junkies et dealers. Les lotissements qui entourent ce centre sont très ségrégués socialement (très riches, riches, moyens, pauvres, très pauvres) et ethniquement (noirs, blancs, hispaniques, asiatiques). Ces lotissements (appelés parfois "subdivisions") ont, pour les plus cossus, des rues longées d'arbres ce qui donne l'impression d'être dans une ville très verte, finalement.


Entassement de bretelles d'autoroutes, à Houston

Houston est typique de ce genre de ville Américaine, mais elle a la particularité d'avoir été construite sur des zones forestières, des marais ou des prairies, que l'on peut encore voir dans les environs. Le sol est très meuble, voire spongieux (à tel point qu'il n'est pas possible de creuser de caves sous les maisons et à plus forte raison un métro souterrain). Houston s'est agrandi de manière assez désordonnée. Là où s'étendent maintenant des lotissements s'étendaient jadis (mais il n'y a pas si longtemps en fait) des rizières ou de plantations de cotton, ce qui donne une idée du genre de terrains sur lesquels on a construit. Les nappes souterraines ont été pompées jusqu’à épuisement pour irriguer le cotton (qui demande beaucoup d'eau), à tel point que par endroit le sol s'est enfoncé au dessous du niveau de la mer et continue à s'enfoncer.

Une rue typique dans un quartier cossu, de Houston

Le climat est subtropical humide avec des étés très chauds voire torrides et humides et des hivers doux. La hauteur des précipitations annuelles moyennes oscille entre 914 et 1 263,9 mm. C'est beaucoup. Les orages sont fréquents en été et apportent des pluies diluviennes qui provoquent des crues surprises (des flash floods). Pour parer aux crues subites on a pensé à transformer les autoroutes et les principales artères en conduits de drainage en cas de besoin.

Une rue de Houston.

La principale rivière, qui coule d'ouest vers l'est et se jette dans le Houston Ship Channel et dans le Golfe du Mexique est le Buffalo Bayou. Le Bayou est alimenté par une multitude de petits ruisseaux. Vers l'ouest de la ville on a construit dans les années 60 deux vastes bassins de retenue : les réservoirs Addicks et Barker. Ces bassins sont des cuvettes enfermées par des digues, qui retiennent les eaux d'affluents du Buffalo Bayou et relâchent progressivement ces eaux dans le Buffalo Bayou quand la crue est terminée. Addicks a une capacité de 248,000,000 m3, Barker de 258 000 000 m3. Petit à petit des lotissements ont été développés jusqu'aux rives de ses bassins, ils sont aujourd'hui en grand danger.
Aujourd'hui on nous annonce que les ingénieurs ont commencé à ouvrir les vannes des réservoirs Addicks et Barker pour ne pas qu'ils débordent sur les lotissements environnants mais il semble que cette mesure ne soit pas suffisante et que les eaux d'Addicks commencent à passer par dessus ses digues.

Cercle vicieux

Hurricane Harvey: Why Is It So Extreme?

Fascinant : la raison pour laquelle Harvey produit autant de pluie est qu'il se nourrit des zones humides qu'il a lui même créées en restant sur place ! Normalement un ouragan dépose sur terre (sous forme de pluies diluviennes) l'humidité qu'il a absorbé au dessus de l'océan, puis il "sèche" peu à peu et les pluies diminuent en intensité car une fois arrivé au-dessus des terres il ne peut plus absorber d'humidité et il se déplace en général rapidement. Mais aujourd'hui Harvey a produit tellement de pluie qu'il a inondé une très grande surface de sol et comme il est coincé entre deux zones de hautes pressions il ne bouge presque plus, il absorbe donc de nouveau l'humidité qu'il a lui même versé au sol et la reverse ensuite sur ce même sol. En théorie ce phénomène très rare, une sorte de cercle vicieux, pourrait donc durer longtemps.

Harvey

Le vent a presque cessé de souffler sur le passage de l'ouragan Harvey mais pas les chutes de pluie. Un déluge invraisemblable (63 centimètres de pluie par endroit en 24 heures) s'est abattu sur l'ensemble du sud-est du Texas et en particulier sur la métropole de Houston. L'ouragan Harvey a touché terre à Corpus Christi à 400 km au sud de Houston, il a causé beaucoup de dégâts sur la côte et a commencé à perdre de sa puissance éolienne en s'enfonçant dans les terres. Mais il n'est pas allé très loin, il a été repoussé vers le Golfe du Mexique par un front froid situé au centre du Texas. Harvey a perdu ses vents en devenant une dépression tropicale mais toute l'humidité engrangée au-dessus du Golfe s'est mise à tomber sur terre en pluies diluviennes. Maintenant Harvey chemine lentement en direction de la côte, il pourrait même reprendre la mer pour un temps et se renforcer, puis il remontera vers le nord et s’affaiblira mais pas avant la fin de la semaine. Le déluge n'a donc pas fini de s'abattre sur cette région du Texas.

C'est un plat pays, presque toujours au niveau de la mer et parcouru de nombreuses petites rivières côtières qu'on appelle là-bas des bayous. Les bayous sortent donc de leurs lits et étalent leurs eaux vaseuses sur toute la ville et la campagne environnante. L'écoulement des eaux de pluie se fait par ces rivières dans le Golfe du Mexique, mais la marée de tempête soulevée par le cyclone empêche cet écoulement et de toute façon les pluies sont gigantesques. Je connais un peu Houston pour y avoir séjourné trois fois pendant de courtes périodes. La maison individuelle de plein pied est le plus fréquent mode d'habitation. La ville s'étend sur une très vaste surface plane, les quartiers sont reliés entre-eux et au centre-ville par un immense réseau d'autoroutes. Un terrain rêvé pour une inondation catastrophique.

On parle, et je crois avec raison, d'une catastrophe de l'ordre de l'ouragan Katrina qui avait ravagé la Nouvelle Orléans en 2005. Sauf que Houston n'est pas NOLA et à plusieurs titres. C'est une métropole de 6 millions d'habitants alors que NOLA n'en comptait que 300 000. Et puis New Orleans est une ville assez pauvre, où le laisser-aller et la corruption des autorités publiques est légendaire. Houston est une ville riche, plutôt bien gérée, avec une industrie pétrochimique très importante. Houston est considérée comme la capitale mondiale de l’énergie. L'industrie métallurgique, l'électronique, l'industrie aérospatiale, les biotechnologies, les installations portuaires sont les principaux employeurs de la métropole après l'industrie du pétrole. On y trouve le fameux Johnson Space Center, le plus grand centre de la NASA (18 000 employés) et le siège d'United Space Alliance, qui fait travailler plus de 10 000 personnes. Les hôpitaux et cliniques de Houston sont très réputés. C'est pourquoi je pense que même si le bilan humain est plus lourd que pour Katrina, les secours et les efforts pour retourner à une situation normale seront bien mieux organisés et bien plus efficaces que pour Katrina à la Nouvelle Orléans.

Noms d'Amérique

Montagnes : Adirondack, Allegheny, Blue Ridge, Chinati, Mammoth, Mesabi, Ozark, Pocono, Rainier, Shasta, Shenandoah, Shiprock.

Rivières : Atchafalaya, Menominee, Maumee, Nodaway, Sangamon, Scioto, Susquehanna, Trinity, Willimantic, Missouri, Mississippi, Arkansas.

Régions : Big Thicket, Firelands, Tidewater, Maine, Vermont.

Rivages : Casco, Tampa Bay, Canaveral, Mendocino, Throgs Neck, Cape Fear, Cape Cod.

Villes : Atlanta, Chicago, Columbia, Detroit, Houston, Los Angeles, Miami, New York, Newark, Philadelphia, Phoenix, Washington, Manhattan.

Ouest : Tule, Yerba Buena. Mojave, Escalante, Moab, Arapaho, Pecos, Amarillo, Santa Fe, Kiowa, Santee, Taos, Shawnee, Sequoia, Apache.

Animaux : Racoon, Armadillo, Oppossum, Alligator, Coyote, Moose.

Sud : Ouachita, Memphis, Plaquemine, Tchoupitoulas, Bayou, Pascagoula, Chattahoochee, Seminole, Savannah, Charleston, Topekah, Chattanooga. Midwest : Wichita, Kalamazoo, Elkhart, Michigan, Ogalalla, Sioux, Cheyenne.

Nord Ouest : Cimarron, Monterey, Humbolt, Redwood, Palouse, Yakima, Spokane, Kootenai, Muskegon.

Nord Est : Monongahela, Chesapeake, Great Dismal, Hudson, Poughkeepsie, Mohawk, Walden, Nantucket, Mount Desert.

Crépuscule parisien


A Paris, le 2 août 2017.

Chaos

Le nouveau DirCom de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci (tout droit sorti d'un épisode des Sopranos) vient publiquement de dénigrer le Secrétaire Général de la présidence Reince Priebus et de dire qu'il (Priebus) était responsable des fuites à la presse; quand on lui a demandé s'il avait l'aval de Trump pour dire cela il a répondu "oui, tout à fait" !

A suivre, mais à mon avis les jours de Priebus sont comptés !

Collusion

Trump est en rage à l'idée que le "special counsel" (procureur spécial désigné par le ministre de la justice adjoint pour enquêter sur l'affaire de collusion entre Trump et les services Russes), Robert Mueller, puisse voir ses déclarations d'impôts. Qu'il y a t'il de si incriminant dans ces fameuses déclarations pour que Trump envisage sérieusement de limoger Robert Mueller, ce qui serait presque un coup d'état, en tout cas susceptible de déclencher une crise constitutionnelle aiguë ? Ces déclarations dont personne n'a vu la couleur jusqu'à maintenant.

Dans sa rage et sans doute sa terreur de voir le "special counsel" voir et décortiquer ses déclarations d'impôts, Donald Trump critique très vivement son propre ministre de la justice (Attorney General) et ancien allié de la première heure, Jeff Session. Il le pousse à la démission parce que Session s'est récusé dans l'affaire Russe, laissant à l'adjoint de Session au ministère de la Justice la décision de désigner un "special counsel". Trump pourrait très bien limoger Session tout de suite mais il préfère le pousser à la démission à coup de tweets malveillants.

Le but est bien de remplacer Jeff Session par une personnalité plus à la botte de Trump qui limogerait alors le special counsel ou n'aurait pas d'états d'âme à le faire sur ordre de Trump.

Parallèlement il se dit que l'équipe de Trump chercherait par tous les moyens à discréditer les procureurs qui travaillent pour Robert Mueller et Mueller lui-même, en fouillant leur passé et en cherchant tous signes de conflits d’intérêts.

Il y a donc péril en la demeure. Qui pourrait croire maintenant qu'il n'y a rien de compromettant pour Trump dans l'affaire Russe ? Pourquoi la Maison Blanche ferait-elle autant d'efforts pour discréditer et éventuellement mettre fin à l'enquête du "special counsel" si Trump était blanc comme neige dans cette affaire ?

Relaxation avec Planet Earth II

Dix heures de sons et d'images de nature empruntés à la série de la BBC "Planet Earth II".



As part of the Real Happiness Project we want to take you on a journey over some of the most rugged islandscapes on earth. as you glide over where land meets ocean immerse yourself in this vivid habitat. All footage used was filmed by the Planet Earth II camera teams whilst out on location.
Ils ont aussi fait La Montagne, La Jungle, L'Île, Le Désert.

Visite de Donald Trump en France

Je ne comprends pas la polémique sur la visite de Trump pour le 14 juillet. Comme on le sait je suis totalement opposé à Donald Trump. Je n'ai aucune admiration ni aucun respect pour ce démagogue, roublard, inculte, grossier, réactionnaire, puérile et sans vergogne. Mais Trump, qu'on le veuille ou non, est le légitime président des États-Unis, à ce titre il représente son pays et ce qu'on fête en ce 14 juillet c'est l'arrivée des troupes Américaines en France pour nous aider à gagner la première guerre mondiale. Macron a eu raison de l'inviter, pour célébrer l'amitié entre la France et les États-Unis. Par ailleurs, en l'invitant avec bienveillance, il montre à Trump — qu'il n'apprécie pas plus que la plupart de Français et à qui il s'est plusieurs fois opposé de façon très claire — une hauteur de vue qui ne pourra que donner au Donald une leçon de diplomatie et de leadership.

Pourquoi je préfère la politique américaine

Je me rends compte que je m'intéresse plus à la politique américaine qu'à la politique française. Deux raisons à cela. La première et principale est que les péripéties de la politique américaine m'affectent moins que les turbulences de la politique française. Ma relation avec l'Amérique est moins affective qu'avec la France. J'ai donc un regard plus éloigné, plus froid et plus serein sur ce qui se passe là-bas, alors que ce qui se passe dans le domaine politique en France a vite fait de me faire perdre mon calme. La seconde est que j'aime (ce n'est pas nouveaux) les États-Unis mais d'une façon moins passionnelle que ma patrie (en même temps, pendant longtemps, toute manifestation d'antiaméricanisme, même minime, me mettait en colère, plus maintenant, j'ai, sur ce point, mis de la distance affective entre l'Amérique et moi).

Les insanités "trumpiennes" m'indignent donc moins. Comme je ne regarde pas la télé américaine je n'ai pas l'occasion de me scandaliser devant Fox News ou Infowar. Je me sens concerné par les événements politiques américains, je suis inquiet pour mes amis là-bas et j'ai été réellement affecté (je le suis d'ailleurs toujours) par l'élection de Donald Trump, je m'enthousiasme parfois toujours pour ce pays mais à un niveau plus bas que tout ce qui m'inquiète ou m'indigne, voire m'enthousiasme ici en France ou même en Europe.

Par ailleurs parler de la politique américaine m'expose moins à des polémiques inutiles autant que passionnées.

J.O.

Donc Paris et Los Angeles organiseront les prochains Jeux Olympiques, en 2024 et/ou en 2028 ! Plus aucune ville ne veut organiser les Jeux Olympiques et balancer par les fenêtres des milliards d'Euros ou de Dollars, sauf deux benêts : Paris et Los Angeles, donc ce sera ces deux villes qui s'y colleront ! Bravo !