mardi 18 septembre 2018

Agacements

Je viens de voir une vidéo d'un type qui s'appelle Aurélien Barrau, un astrophysicien spécialisé dans la physique des astroparticules, des trous noirs et en cosmologie, qui a par ailleurs fait des études de philosophie (mais pas d'économie et ça se voit !) qui prône des mesures draconiennes et autoritaires, "restreignant les libertés individuelles" pour l'écologie (sans les énoncer toutefois, il ne faut pas trop se mouiller). Comment il veut les faire appliquer ses mesures ? Avec la police qu'il méprise ? L'armée qu'il veut sans doute abolir ? Et quand il aura sur le dos des bonnets rouges ou des agriculteurs mécontents il leur fera tirer dessus ? Non, parce que les mesures draconiennes limitant les libertés individuelles il faut avoir les moyens de les imposer, hein, c'est pas suffisant de venir sur un plateau de télé fringué comme un punk à chien et dire qu'il faut faire pression sur le gouvernement pour que celui-ci interdise les feux dans les cheminées, les poêles à bois et les touillettes en plastique !

vendredi 7 septembre 2018

Transition énergétique

Les principales transitions énergétiques mondiales - du bois au charbon au pétrole ont pris 50 à 60 ans. Et encore seulement pour atteindre 50% de la production d'énergie mondiale.

Il n’y a aucune raison de croire qu’une transition énergétique vers les énergies renouvelables sera plus rapide. Dans les pays riches les «anciennes» énergies renouvelables telles que l'hydroélectricité sont maximisées, donc la croissance devra venir des énergies renouvelables telles que l’énergie éolienne, l’énergie solaire et les biocarburants, qui ont fourni seulement 3,35% de l’offre américaine en 2011.

Les dérèglements du climat exigent pourtant que la transition énergétique vers les productions d’énergie pauvres en émission de carbone se fasse rapidement.

D'où l'idée qu'il faut maintenir les sources d'énergies bas carbone existantes, comme le nucléaire, en prolongeant la durée de vie des centrales existantes par exemple, voire en en construisant d'autres.

C'est ça ou bien on ne fera pas baisser les émissions de carbone, ou bien on retourne à un niveau de vie et à une utilisation d'électricité d'avant la deuxième guerre mondiale (au mieux).

Bien entendu l'accent doit être mis, parallèlement, sur le développement des sources d'énergie renouvelables, pour, qu'à terme, on puisse arrêter la production nucléaire.

mercredi 5 septembre 2018

Une tribune bizarre paraît dans le New York Times

Le New York Times publie aujourd'hui une tribune émanant d'un membre haut placé de l'administration Trump (qui reste anonyme, et pour cause) expliquant que les membres de l'administration sont aux commandes pour modérer les pires pulsions du président !

C'est absolument inouï de lire cela. On peut compter qu'une publication aussi sérieuse que le New York Times, qui a elle aussi une réputation à défendre, a vérifié que l'auteur était bien un membre de l'administration Trump.

Je ne résiste pas à l'envie de vous traduire certains passages de la tribune :

"Pour être clair, notre résistance n'est pas la «résistance» populaire de la gauche. Nous voulons que l’administration réussisse et beaucoup de ses politiques ont déjà rendu l’Amérique plus sûre et plus prospère.

Mais nous croyons que notre premier devoir concerne ce pays et que le président continue d'agir d'une manière qui nuit à la santé de notre république.

C’est la raison pour laquelle de nombreuses personnes nommées par Trump se sont engagées à faire ce qu'elles pouvaient pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus erronées de M. Trump jusqu’à ce qu’il ne soit plus en fonction."

ou encore :

"De la Maison-Blanche aux départements et agences de la branche exécutive, les hauts fonctionnaires reconnaîtront en privé leur incrédulité quotidienne face aux commentaires et aux actions du commandant en chef. La plupart travaillent pour isoler leurs opérations de ses caprices.

Les rencontres avec lui tournent autour du sujet et hors des sentiers battus, il se livre à des rituels répétitifs, et son impulsivité se traduit par des décisions à moitié réfléchies, mal informées et parfois imprudentes, sur lesquelles il faut revenir.

"Il est littéralement impossible de savoir s'il peut changer d'avis d'une minute à l'autre", s'est plaint un haut responsable récemment, exaspéré par une réunion du bureau ovale au cours de laquelle le président est revenu sur une décision politique importante qu'il avait prise. seulement une semaine plus tôt."

ou bien :

"Compte tenu de l’instabilité dont beaucoup d’entre nous ont été témoins, il y a eu des rumeurs au sein du cabinet pour invoquer le 25e amendement, ce qui amorcerait un processus complexe de révocation du président. Mais personne ne voulait précipiter une crise constitutionnelle. Nous ferons donc tout notre possible pour orienter l’administration dans la bonne direction jusqu’à ce que, d’une manière ou d’une autre, elle soit terminée."

MAIS :

Je trouve que ça sent le coup d'état, cette tribune, vous ne pensez pas ?

Qui peut bien vouloir dévoiler aussi franchement les efforts de résistance de certains membres de l'administration Trump au risque de déclencher une chasse aux sorcières majeure dans le gouvernement, la révocation de tous les tièdes et l'embauche de fanatiques (encore que les principaux postes doivent être confirmés par le Sénat). D'un autre côté si le New York Times s'est fait avoir ils sont finis. Je suppose (et j'espère) qu'ils ont pris leurs précautions.

C'est le président qui dirige, il a été élu pour ça, même si on ne l'aime pas le système démocratique veut que ça soit le président élu qui dirige le pays. De quel droit des membres du gouvernement dirigent en sous-main le pays ? Parce que le président en est incapable ? Dans ce cas là il faut évoquer le 25ème amendement et le démettre de ses fonctions.

Et si cette tribune n'était tout simplement pas publiée comme on a mis le feu au Reichstag ? Pour donner des raisons à Trump de concentrer tous les pouvoirs.

Et si cette tribune était une tentative de l'administration de forcer le déclenchement de l'invocation du 25éme amendement ?

Bref ça sent très mauvais.

La folie du président

Ce qui semble ressortir du livre de Woodward, à travers les extraits publiés dans la presse, c'est que Trump est complètement dingue. Un sociopathe stupide, ignorant, narcissique, vindicatif, versatile et irrationnel. Ce type à la présidence du pays le plus puissant du monde a la possibilité de faire beaucoup de mal, même si les membres de son administration semblent le retenir dans ses plus graves délires. Une chose m'a frappé à la lecture du livre de Michael Wolf, qui semble être confirmé par Woodward : les employés de l'administration Trump se sentent obligés de rester à la Maison Blanche non pas pour servir ou aider le président ni même pour le protéger mais pour protéger les États-Unis de la folie du président.

"Fear"

La Maison Blanche va avoir beaucoup de mal à faire croire que le livre de Woodward est une "complète fiction". Parce que Woodward a une réputation à tenir et on le voit mal se jeter sur son épée pour enfoncer Trump. Il a écrit un très grand nombre de livres sur les divers gouvernements américains et bien qu'il ne cite jamais ses sources il n'a jamais été pris en flagrant délit d'invention ou de mensonge, ni même d'exagération. Mieux : toutes les révélations qu'il a pu faire par le passé se sont révélées exactes avec le recul. Ce qu'il raconte dans son dernier livre (à paraître le 11) sur Trump et son administration est donc vraisemblable, ce que toute personne qui lit jour après jour les tweets de Trump peut parfaitement deviner. D'ailleurs la Maison Blanche a fait un démenti très prudent en mentionnant que le président avait un mode de gouvernance "non conventionnel".

Contrairement au livre de Michael Wolff on peut être sûr que Woodward a fait des efforts démesurés pour obtenir la meilleure version disponible de la vérité. Il sera difficile de rejeter cela de manière crédible en tant que "fake news".

samedi 1 septembre 2018

Destituer Trump ? Aucune chance.

Si les Démocrates gagnent les élections en novembre, à la Chambre des Représentants au moins, ils seront en position d'entamer une procédure de destitution contre Trump.

Je pense que le faire serait une perte de temps et une erreur.

Mais tout d'abord il y a un problème de vocabulaire et de traduction : en français "impeachment" peut se traduire par "destitution" mais ce n'est pas exactement la même signification. Nous allons donc garder le mot "impeachment" plutôt que destitution, vous allez voir pourquoi.

L'"impeachment" signifie que la Chambre des Représentants inculpe le président pour un crime commis. C'est tout. Une fois qu'il a été "impeached" le président reste en place et continue d'agir comme il le faisait avant. L'"impeachment" lui-même ne suffit pas à écarter le président du pouvoir. Il faut, en plus, qu'il soit jugé et reconnu coupable par le Sénat. Accrochez-vous : il faut pour cela que la majorité des 2/3 des sénateurs votent en faveur de sa culpabilité et la procédure, le procès du président au Sénat, dure des mois et empêche tous les travaux législatifs pendant ce temps. Seulement au moment où il est reconnu coupable par les 2/3 des sénateurs le président doit alors partir, il est alors aussitôt remplacé par le Vice-Président, en l'occurrence Mike Pence.

L'"impeachment" est une honte et un sacré problème pour le Président, surtout s'il est certain d'être reconnu coupable par le Sénat. C'est pourquoi Nixon avait démissionné avant d'être définitivement inculpé par la Chambre. La certitude de ne pas être reconnu coupable par le Sénat c'est au contraire ce qui avait poussé Clinton à rester après son "impeachment" par la Chambre et on a vu qu'il avait eu raison, in fine, puisqu'il n'avait pas été reconnu coupable par le Sénat.

Si les Démocrates sont majoritaires à la Chambre des Représentants ils n'auront aucune difficulté à "impeach" Trump pour une raison ou une autre, avec l'aide du procureur Mueller, probablement.

Mais il faudra alors faire le procès du président Trump devant le Sénat et obtenir sa conviction par les 2/3 des sénateurs, ce qui, en l'état actuel des forces politiques aux États-Unis et vu la polarisation des opinions politiques n'a aucune chance d'arriver.

L'"impeachment" n'aura aucune importance pour Trump. Cela lui donnera juste un moyen de dominer le discours pendant encore six mois, et à la fin il sera toujours président.

Si on lit bien la Constitution et en prenant en compte les précédentes procédures, on se rend compte qu'il faut un soutien écrasant de l'opinion publique et de l'électorat pour qu'un président soit démis de ses fonctions. L'"impeachment" tout seul n'est que symbolique. Il faudrait que les Républicains craignent de ne pas être réélus avec Trump comme président. Aujourd'hui Trump a le soutien de 80% des électeurs Républicains. Les sénateurs Républicains, même s'il sont en minorité au Sénat (ce qui est peu probable, en fait), ne voterons jamais pour faire sauter Trump. Oubliez donc l'impeachment de celui-ci. Cela n'arrivera pas. Ça serait une perte de temps et des polémiques sans fin pour un résultat nul.

mercredi 29 août 2018

Un vol à l'arraché

Hier soir sortie après le travail avec des collègues, nous allons dîner dans un restaurant, rue Lepic, à Montmartre. Vers vingt-deux heures trente on se décide à rentrer. L'un des collègues prend le métro. Trois autres, dont moi-même, décidons de rentrer à pieds, il fait beau et la température est douce et agréable. Moi j'habite pas très loin de la Gare du Nord, l'autre collègue habite en banlieue mais prend le train pour rentrer à la Gare du Nord et ma collègue (la seule femme du groupe) habite près de la Gare de l'Est. Nous nous séparons en haut de la rue de Maubeuge, aux pieds des bureaux où nous travaillons chaque jour. J'étais décidé à accompagner ma collègue jusqu'à chez elle, mais elle insiste pour que je rentre chez moi tout de suite (je n'habite pas loin) et continuer seule (environ un kilomètre) jusqu'à son domicile. Il est vingt trois heures, on est boulevard de la Chapelle, les seuls personnes présentent dans la rue sont des hommes, assez louches d'aspects.

On se sépare. A peu près trente secondes après l'avoir quitté j'entends des cris : ma collègue vient de se faire voler à l'arraché la petite chaîne en or qu'elle portait autour du cou ! Je n'ai rien vu et pourtant j'étais à vingt mètres d'elle mais séparé d'elle par les échafaudages des travaux du métro aérien. Je n'ai pas vu l'agresseur, il est parti en courant vers la Goutte d'Or. Ma collègue n'a rien, heureusement, juste le choc de s'être fait arracher son collier. Je l'accompagne jusqu'à chez elle et je crois que j'ai raison de le faire car tout le long des rues il n'y a que des hommes qui traînent, pas une seule femme, et la plupart semblent avoir l'air de truands. Tout se passe bien et après l'avoir laissé, cette fois-ci devant l'entrée de son immeuble, je rentre chez moi sans encombres.

mardi 28 août 2018

Chasseurs

Qu'on soit bien clair, je n'aime pas les chasseurs et je ne pense pas qu'ils aient une utilité quelconque, mais je refuse qu'on emmerde une minorité de gens qui pratiquent un loisir certes cruel mais traditionnel en milieu rural. C'est créer des problèmes là où il y en a peu, selon moi.

On dit que les chasseurs participent à la régulation des populations en surnombre. Dans ce cas ce sont les surnombres qu'ils ont eux-mêmes causés. Souvent les espèces en surnombre sont celles qui ont été relâchées dans la nature par les chasseurs eux-mêmes. Tels les sangliers par exemple, dont les portées ont été augmentées par l'élevage, et qui relâchés dans la campagne pour être chassés produisent tellement de petits qu'il y a surpopulation et au détriment d'espèces plus menacées.

On dit aussi que les chasseurs éliminent les nuisibles. Là encore je dis que ce n'est pas évident. Mon avis est que les nuisibles 'il n'y en a pas des masses et surtout pas ceux qu'on croit. Ainsi les lapins qui sont prisés des chasseurs sont en surnombre, c'est souvent dû au fait que les chasseurs tuent les renards, considérés comme nuisibles, indistinctement. Les blaireaux sont considérés à la campagne comme nuisibles alors qu'ils font peu de dégâts.

Bon débarras

Démission de Hulot : bon débarras. Un type qui est contre le nucléaire (source d'énergie bas carbone qui consomme le moins de ressources minérales et qui produit de grandes quantités d'électricité 24 heures sur 24) , pour l'interdiction du glyphosate (contre tout le consensus scientifique à l'exception d'une étude) et de la chasse (franchement il n'y a pas d'autres problèmes à régler avant d'emmerder une poignée de gens ?) .

Au delà du principe, auquel j'adhère, selon lequel on doit faire le moins de mal possible aux animaux, et si on y est obligé (pour se nourrir, ou s'en protéger par exemple) de le faire le moins cruellement possible, il y a la réalité. Les chasseurs sont une petite minorité de la population dont le loisir fait partie du mode de vie rural depuis très longtemps et qui prélève une toute petite partie de la faune (et pas les espèces les plus menacées). Il est donc inutile de se les mettre à dos. Il y a des choses plus urgentes à faire pour protéger les écosystèmes.

lundi 27 août 2018

Mélancolie parisienne



En me promenant samedi sur les bords de Seine, à Paris, je me suis dit qu'il devait être agréable d'y habiter. S'il y a un seul endroit où j'aimerais habiter dans Paris c'est là. Hélas, à moins de gagner à la loterie ou d'avoir beaucoup d'argent c'est absolument impossible aujourd'hui.

C'était une pensée fugitive, je me suis dit ensuite que ça devait être infernal en fait, avec tous ces touristes, cette foule constante, ce trafic automobile démentiel. Sans compter les nouvelles pissotières, hideuses.

J'en ai assez de Paris. J'aime toujours autant me promener sur les bords de Seine, j'aime toujours autant le Parc des Buttes Chaumont, mais y vivre comme je le fais depuis vingt ans, je ne peux plus. Trop de monde, trop sale, trop de bruit, trop de poussière.

J'ai donc pris la décision d'aller habiter en province, dans une ville de taille moyenne, pas trop loin de Paris par TGV pour aller travailler au moins trois fois par semaine (les deux autres jours en télétravail).

Je vieillis, rapidement, inexorablement. Il me faut du calme, la vie un peu lénifiante d'une ville de province. Et un loyer vivable.

mardi 17 juillet 2018

Conséquences d'Helsinki ?

Qu'est-ce que la prestation lamentable de Trump hier à Helsinki (qualifiée par certains de trahison) va changer ? Probablement rien dans l'immédiat. Les Républicains peuvent difficilement se détacher de Trump tant qu'il est populaire dans leur électorat. Ils vont donc blâmer le président du bout des lèvres et essayer de passer rapidement à autre chose. Les Démocrates et l'ensemble des media dit "libéraux" hurlent leur indignation mais ils ne prèchent que pour leur paroisse, ça n'entamera en rien la popularité de Trump dans l'opinion de la classe ouvrière blanche. On peut compter sur Trump pour contre-attaquer en mentant comme un arracheur de dents, en tentant de changer de sujet (déjà entamé aujourd'hui en vantant ses pseudo-succès au renforcement de l'OTAN) et en essayant de se justifier en attaquant les Démocrates, les "fake news" media, Obama, le "deep state", l'enquête du procureur spécial Mueller, etc.

La solution ne viendra que des élections de novembre si les Démocrates reprennent la majorité à la Chambre des représentants (ce qui est possible) et au Sénat (moins facile). Ils seront alors en mesure de sérieusement embarrasser Trump et le neutraliser. Pour que les Démocrates gagnent ses élections il faut qu'ils mobilisent leur électorat au maximum.

Entre aujourd'hui et les élections de mi-mandat le rapport d'enquête du procureur spécial Mueller sortira peut-être, il sera sûrement dommageable pour le président mais il est peu probable qu'il entraîne une action en justice contre lui et de toute façon il ne convaincra que les déjà convaincus, la base trumpienne n'est pas prête à changer d'opinion sur son idole.

samedi 14 juillet 2018

Ego

Psychologie de comptoir : il est impossible pour Trump de reconnaître l'ingérence des Russes en sa faveur dans le processus électoral parce que ça serait reconnaître que sa victoire est due à autre chose qu'à ses qualités et capacités personnelles. Son égo est tel que c'est impensable ! De même il ne peut admettre publiquement que le faible taux de participation (55%) et le système électoral particulier des États-Unis ont permis son élection (Hillary Clinton a recueilli 3 millions de voix de plus que lui mais trois États -- Michigan, Pennsylvania et Wisconsin -- lui ont fait défaut). D'où les affirmations qu'il y aurait eu des fraudes électorales organisées massivement dans les États qu'il n'a pas gagné.

vendredi 13 juillet 2018

Réalité alternative

Il est clair que Trump ne pense qu'à ses partisans, ceux qui viennent à ses meetings, les 40% qui ont encore une opinion favorable pour lui. Avec eux il communique de façon instinctive mais habile et ils l'adorent. Pour ces gens Trump crée sa propre réalité alternative. Ce que Trump dit la veille peut être réfuté par ce même Trump le lendemain et ses partisans n'y voient rien à redire. Et plus la presse hurle après Trump plus ses partisans l'adulent.

Hier, Donald Trump a donné une interview au tabloïd britannique «The Sun» de Rupert Murdoch, dans lequel il disait des choses très désagréables à l'égard de la politique de Theresa May (entre autres choses désagréables et insultantes, envers le Maire de Londres notamment). Aujourd'hui bien sûr, en conférence de presse avec Theresa May, il a menti effrontément en disant que ce qu'avait publié The Sun était des "fake news". Carrément ! Sans vergogne.

Je suis prêt à parier est qu'une fois que Theresa May ne sera plus dans la même pièce que lui, Trump l'insultera à nouveau. J'ai du mal à me représenter ce qui se passe dans sa tête et comment 40 % des Américains en âge de voter lui font encore confiance.

Avec des amis pareils...

Que dire de la dernière sortie de Trump ? Dans un interview au Sun (journal dont le propriétaire est Rupert Murdoch, qui possède aussi Fox News aux USA), Trump dénonce le projet de Brexit de Theresa May, l'humilie au passage ("elle ne m'a pas écouté") et déclare que Boris Johnson ferait un excellent premier ministre. Tout ça avant d'être reçu par cette même Theresa May à Chequers aujourd'hui.

Cette déclaration est bien dans les (mauvaises) manières de Trump, c'est peut-être aussi une vengeance pour le bébé gonflable à l'effigie de Trump qui flotte dans le ciel de Londres aujourd'hui et qu'a autorisé le maire de Londres (que Trump insulte abondamment au passage, dans ce même interview).

Il est probable que Trump tente de minimiser aujourd'hui ses déclarations incendiaires au Sun, ça serait bien dans ses habitudes. On peut aussi constater que Trump, jusqu'à maintenant, s'est bien gardé de critiquer Poutine (qu'il rencontre lundi prochain). De là à dire qu'il ne respecte que la force et l'autorité... Quant à Theresa May : elle a pris un coup très dur de la part d'un supposé allié et ami, un réflexe patriotique de la part de l'opinion et des députés britanniques pourrait lui servir pendant un temps.

jeudi 12 juillet 2018

Nato is great again

« I believe in Nato » « Nato is very strong ». « I am a stable genius ». Trump ce matin à sa conférence de presse à Bruxelles. Les imprécations d'hier étaient pour impressionner la galerie, se faire passer pour quelqu'un qui tient la dragée haute à tous ces Européens arrogants et faire planer la menace de disloquer l'Alliance. L'essentiel est de rouler des mécaniques, déclarer la victoire totale et passer à autre chose, rien de plus ! De toute façon Trump s'en fiche, de l'OTAN comme du reste, seuls ses soutiens en Amérique comptent et comme ceux-ci ont la capacité d'attention d'une huître il n'est pas difficile de leur dire qu'il a gagné, qu'il gagne toujours, que les autres ont perdu et que l'Amérique est great again !

Enquête insolite

Rod Rosenstein, le Ministre de la Justice adjoint des États-Unis a demandé à ses 93 procureurs fédéraux de fournir 3 substituts chacun pour examiner l'immense quantité de documents que Brett Kavanaugh -- le juge à la Cour Suprême nommé lundi par Trump -- a produit pendant ses missions passées pour le gouvernement. Brett Kavanaugh a été dans l'équipe du procureur Starr qui a enquêté sur l'affaire Clinton - Lewinski, a travaillé sur le recompte des voix en Floride après l'élection présidentielle de 2000 et a été conseil du président George W. Bush. L'utilisation de substituts fédéraux pour faire une enquête non criminelle est insolite et fait lever quelques sourcils !

mercredi 11 juillet 2018

4% du PIB !

Trump vient de demander que les pays de l'OTAN consacrent 4% de leur PIB à leur défense, et non plus 2% comme demandé auparavant. Rappelons que l'objectif de 2% du PIB a été prévu en 2014 pour... 2024 ! C'est bien sûr impossible pour la plupart des pays d'atteindre ces 4%. Il est clair que Trump veut utiliser la participation des États-Unis à l'OTAN comme moyen de pression, voire comme levier de chantage, pour obtenir des concessions des Européens sur d'autres sujets. Ou bien il veut disloquer l'Alliance Atlantique.

Trump et l'OTAN

Si j'étais complotiste je dirai que ce n'est pas un hasard si Trump fait le jeu de Poutine en déstabilisant l'UE et l'OTAN, ce même Poutine qui a contribué à le faire élire par une campagne d'influence et de cyber-piratage. Je ne suis pas complotiste et donc je n'y vois que la confirmation de ce que je pense depuis l'élection de Trump : que c'est un nationaliste ignare qui ne voit la vie que comme un jeu à somme nulle, qui méprise les étrangers et en particulier les européens, qui n'admire que la force et les dictateurs, qui n'a aucune culture ni le moindre intérêt pour tout ce qui n'est pas sa personne. Un abruti fascisant. Il est probable que les services russes aient détecté ces traits dans le candidat Trump et en aient conclu que ces défauts pourraient tourner à leur avantage dans le cas où il serait élu.

samedi 16 juin 2018

À droite aux primaires

Aux États-Unis les élections primaires pour les élections de mi-mandat en novembre, pour chaque parti, ont eu lieu, dans la plupart des États, la semaine dernière. Rappelons rapidement qu'en novembre prochain toute la Chambre des Représentants des États-Unis et un tiers du Sénat sera renouvelé. Les candidats à chaque mandat électoral (et il y en a énormément) doivent se présenter aux primaires de leurs partis respectifs au préalable. A cette occasion on a pu noter que quelques types d'extrême droite avaient été élus aux primaires du parti Républicain. C'est le cas en Virginie où le siège du sénateur Démocrate Tim Kaine (ex-colistier d'Hillary Clinton en 2016) est en jeu.

Le problème est que beaucoup de Représentants et de Sénateurs Républicains modérés ne se représentent pas cette année, soit parce qu'ils craignent d'affronter et de perdre face à un candidat plus à droite qu'eux lors des primaires, soit parce qu'ils sont plus ou moins dégoûtés de la politique pratiquée en ce moment par Trump soutenu par le parti Républicain. Les électeurs Républicains modérés sont aussi détournés de se rendre aux urnes pour les mêmes raisons.

Ainsi, Corey Stewart, soutien avéré des néo-nazis, trumpiste de la première heure et héro du alt-right fasciste américain va pouvoir se présenter contre Tim Kaine en Virginie. Un grand nombre d'autres candidats aux références aussi troubles que Stewart vont aussi pouvoir se présenter dans diverses élections dans tout le pays.

Paradoxalement il est probable que cet afflux de candidats d'extrême droite favorise les candidats Démocrates un peu partout par la combinaison d'un sursaut des électeurs Démocrates et un délaissement des électeurs Républicains. La majorité à la Chambre des Représentants est à la portée des Démocrates, le Sénat sera plus difficile mais pas inatteignable.

Scandale à la frontière

À fin mai, près de 2000 enfants ont été séparés de leurs parents à la frontière avec le Mexique (Associated Press), depuis que le ministre de la Justice Jeff Sessions a annoncé la politique de «tolérance zéro» à la frontière sud. Les enfants ainsi enlevés à leurs parents sont parfois enfermés dans des camps, souvent dans des tentes, en attente de déportation.

Le New York Times nous apprend que (traduction) : "la protection des enfants à la frontière est compliquée, car il y a effectivement eu des cas de fraude. Des dizaines de milliers de migrants y arrivent chaque année et ceux qui ont des enfants sont souvent libérés aux États-Unis plus rapidement que les adultes qui viennent seuls, en raison des restrictions sur la durée de détention des mineurs. Certains migrants ont admis avoir emmené leurs enfants non seulement pour les soustraire au danger dans des pays comme l'Amérique centrale et l'Afrique, mais aussi parce qu'ils pensaient que cela amènerait les autorités à les libérer plus tôt.

D'autres ont admis être passé frauduleusement avec des enfants qui ne sont pas les leurs, et les responsables des patrouilles frontalières affirment que de tels cas de fraude augmentent."

Le président utilise cette stratégie infâme pour obtenir l'approbation de ses demandes au Congrès sur l'immigration (et son fameux mur) et rejette la responsabilité de ces pratiques scandaleuses sur les Démocrates qui s'opposent à ses demandes.

C'est une sorte de chantage qu'il exerce sur les Démocrates, et une politique indigne d'un grand pays démocratique qui se pratique à la frontière mexicaine. L'administration Trump s'enfonce dans l'infamie un peu plus chaque jour.