Genre

Le concept de genre s'est développé comme une réflexion autour de la notion de sexe et du rapport homme/femme. Loin de nier la différence entre le sexe féminin et le sexe masculin, le genre est utilisé par les chercheurs comme un outil permettant de penser le sexe biologique (homme ou femme) indépendamment de l'identité sexuelle (masculin ou féminin). Il ne s'agit donc pas de dire que l'homme et la femme sont identiques, mais d'interroger la manière dont chacun et chacune peut construire son identité sexuelle, aussi bien à travers son éducation que son orientation sexuelle (hétérosexuelle, homosexuelle, etc.).

En dissociant intellectuellement le culturel et le biologique, le concept de genre interroge les clichés liés au sexe. Par exemple, l'idée selon laquelle les femmes sont plus naturellement enclines à s'atteler aux tâches domestiques que les hommes est de l'ordre de la construction sociale et historique, et non pas liée au fait que la femme dispose d'un vagin et d'ovaires.

Pour les détracteurs du genre, la construction d'une personne en tant qu'individu se fait dans l'assujettissement à des normes dites "naturelles" et "immuables" : d'un côté les femmes, de l'autre les hommes. Mais certains travaux de biologiste, tels ceux de l'Américaine Anne Fausto-Sterling, montrent que l'opposition entre nature et culture est vaine, les deux étant inextricables et participant d'un même mouvement. Il ne suffit pas de dire que quelque chose est biologique pour dire que c'est immuable. C'est l'exemple du cerveau humain : il évolue avec le temps, et de génération en génération.

[Masculin-féminin : cinq idées reçues sur les études de genre - Le Monde]

Les cathos-réacs parlent sans savoir de la "théorie du gender" en caricaturant outrageusement (dire "gender" ça fait "anglo-saxon", ça fait appel aux bons vieux sentiments anti-américains bien répandus à droite comme à gauche). Or il n'existe pas de théorie du genre mais d'études sur le genre et d'un concept discutés dans les milieux universitaires.

Ground Control to Major Tom

Commander Chris Hadfield covered David Bowie's Space Oddity on board the International Space Station:

(Je ne m'en lasse pas! D'abord j'aime beaucoup cette chanson, les images sont belles et puis de savoir que ça a été enregistré à bord de l'ISS...)



Et puis il y a la question des droits d'auteur (en). Où l'on se rend compte qu'il est plus simple de chanter avec une guitare en orbite à 400 km autour de la terre que de gérer les droits de la chanson.

Un suicide à Notre-Dame

Dominique Venner était contre l'islam, parce que l'islam était la religion des arabes et des asiatiques qu'il identifiait comme étrangers à sa race. Parmi ses partisans, on retrouve et des activistes anti-islam et des activistes pro-islam car différentialistes et antisémites. Des opposants aux constructions de mosquées et des lobbyistes au service de l'Iran. Dominique Venner était contre le mariage pour tous, pas en vertu de la tradition catholique qu'il abhorrait, mais parce que l'élargissement de l'adoption aurait intégré au pays, des enfants d'autres "origines". Sans parler de tous ces couples de femmes infécondées par le mâle de son camp. Hanté par le fait d'être submergé par l'immigration du Sud, c'était un grand lecteur du "Camp des saints" de Jean Raspail. Et il était de ceux qui refusent tout apport exogène qui pourrait mettre en péril sa définition particulière de son identité.
(...)
Etre pour le droit à la différence à toujours été le moyen d'affirmer la supériorité d'un groupe intellectuellement socialement construit sur un autre lui aussi socialement construit, que ce soit dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, dans l'Iran des mollahs, dans l'ex-empire britannique ou dans l'Inde qui n'a pas aboli les castes dans ses moeurs. Le réseaux sociaux qui servent de mégaphone à un état d'esprit marginal, l'enlisement du libéralisme, la chute du mur ont favorisé cet état d'esprit.
(...)
Mais l'histoire n'est pas faite que pour panser, elle est écrite par les vivants et Dominique Venner n'en fait plus partie. Il n'avait pas non plus d'espoir dans une autre vie comme il le rappelle dans une de ses lettres d'adieu : "J'aime la vie et n'attend rien au-delà, sinon la perpétuation de ma race et de mon esprit. " Les races n'existant pas, contrairement au racisme, le problème est réglé. En revanche l'apport intellectuel nous a submergé. "Différence" donc "inégalité" est préféré à "égalité" où "universalisme". L'apologie des crimes contre l'humanité est considéré comme une opinion comme une autre. D'anciens militants d'Occident (qui ne se renient pas) peuvent passer pour des mentors. Une droite aux abois qui préfère se raccrocher au seul mouvement social qu'elle a vu depuis 30 ans au risque d'éliminer tout barrage républicain. Un groupe socialement construit qui n'avait aucun problème à être minoritaire mais supérieur dans un empire colonial, se sent menacé par une mixité issue de ces ex-colonies.
[Dominique Venner, intello, septuagénaire, extrémiste et kamikaze - Fiammeta Venner - Huffington Post]

Saturé


Passé le weekend de la Pentecôte à la campagne. Il a plu tout le temps, pendant trois jours.

Racisme, homophobie, paranoïa identitaire, délire obsidional, anti-démocratie, forces politiques rétrogrades : la France me déprime. Je me remonte le moral en me disant que les réacs sont minoritaires mais seulement un peu bruyants en ce moment ou un peu excités. Ou que je passe trop de temps à me tenir au courant de leurs conneries. De nouveau j'ai envie de quitter ce pays, de mettre un océan entre la crétinerie de mes compatriotes et moi.

Fin des vacances

Here we go again. Dernier jour de vacances. Même pas le trac de retourner au travail demain (sans doute parce que j'aime bien mon job), content de retrouver mes petites affaires, même, mais un peu embêté de retrouver Paris et mon appartement quelque peu vétuste (la réfection générale des appartements promise par le propriétaire se fait attendre et les appartements tombent en ruine, littéralement : isolation défectueuse, garde-corps rouillés, infiltrations d'eau, installation électrique plus aux normes (et probablement dangereuses), installations sanitaires vieillissantes et même carrément obsolètes pour certaines, peintures vétustes, etc.)

J'ai quand même une chance extraordinaire de pouvoir bénéficier gratuitement d'une maison rien que pour moi à la campagne au moins deux fois par ans. Une maison avec tout le confort et Internet en WiFi tout en étant loin de toutes les nuisances de la ville et tout près d'une forêt.

En plus j'ai un job qui me plait beaucoup avec des collègues sympathiques.

De quoi je me plaindrais, hein ? De rien.

Okay, ça fait un peu silver lining, non ? Ça fait celui qui n'a pas le moral et qui cherche toutes les raisons de se le remonter. Mais c'est ce que je fais tout le temps, et je n'ai pas lu ça dans les livres de self-help (que je ne lis pas). Non, ça va, vraiment...

J'ai décidé de partir à la retraite en février 2015. Dans vingt-deux mois. Et probablement d'aller m'installer dans mon douar d'origine : Chinon. Oui c'est un trou, mais c'est mon trou, à la différence de toutes les autres villes de France c'est là que je suis né et c'est chez moi. Je m'y sens bien quand j'y vais. Je connais les rues. Je connais la mentalité des gens. C'est difficile à expliquer ce sentiment d'appartenance à un lieu qui fait qu'on a le sentiment dans ce lieu d'être chez soi. Par exemple à Chinon j'ai une réelle affection pour les bords de la rivière, ce qu'on appelle Les Quais, j'aime le coteau et ses maisons troglodytes, j'aime le château que je connais par coeur depuis l'enfance. J'aime la vue de tout ça.

Du Bellay et son petit Liré. Oui c'est un peu ça.

Je ne supporte plus le bordel parisien. Le bruit, la crasse, les gens. Je n'ai pas besoin de Paris pour vivre, surtout avec Internet. D'ailleurs à Paris je ne fais rien d'autre que d'aller au travail. La vie parisienne me stresse et j'ai horreur du métro (heureusement depuis un an je vais au travail à pieds, je peux vous dire que c'est vraiment bon), je déteste les trains de banlieue, les bagnoles puantes, etc.

Bref, dernier jour de vacances oui, mais pas du tout triste, j'en ai bien profité, j'ai passé un excellent séjour et je n'ai pas vu le temps passer, je suis en pleine forme. 

Temps variable avec des grains

J'ai rangé Petit Mac et je n'utilise plus que l'iPad avec mon petit clavier Logitech qui est parfait. Petit Mac (MacBook équipé de Snow Leopard) se fait vieux, il a 6 ans, il est devenu très lent, il manque terriblement de mémoire vive (à tel point que je n'ai pu ni installer Lion ni —encore moins —Mountain Lion.

D'un autre coté l'iPad est génial et quasiment indispensable. Muni du petit clavier Logitech je peux écrire comme avec un ordinateur normal. L'écran est juste à la bonne dimension. Je peux écrire, lire mes livres (Kindle ou iBooks), suivre mes feeds RSS avec Mr Reader ou Reeder (je préfère Mr Reader pour certaines raisons assez peu objectives), suivre mes réseaux sociaux favoris, consulter et répondre à mes mails, écouter des podcasts en faisant aurtre chose, lire Le Monde, Le New York Times et le Washington Post sur leurs apps dédiées respectives. Et ce, en étant relié à Internet presque partout, c'est à dire là où il y a du WiFi ou du 3G et bien sûr sans connexion. Bref, j'adore mon iPad. 

Deux heures de promenade dans les bois cet après-midi. Mes chemins favoris sont plein d'ornières remplies d'eau ce qui rend parfois le passage un peu difficile. L'hiver a été très humide et le printemps quasiment pas moins. 

Le temps est à grains et assez frais (on n'a jamais dû dépassser les 16°C aujourd'hui et il y a un peu de soleil, plus qu'hier tout de même).


Apéro

Il nous a semblé que boire un verre de vin blanc au terme d'une journée aussi grisâtre (la météo) et fraîche (la température extérieure) ne pouvais pas nous faire du mal, bien au contraire.

Nous avons trouvé du Ligré dans le réfrigérateur. Ça ira pour cette fois, mais il faut savoir que nous n'hésiterons pas à lancer un raid contre la cave à vin si le besoin s'en faisait sentir. Nous avons open bar. Cette cave à vin a bonne réputation. So beware...

Moment culturel : Ligré est une petite bourgade dans le sud de Chinon où l'on fait du vin comme dans quasiment toutes les bourgades de ce coin de Touraine.

Hé oui, je suis né dans un pays où le vin est la première production locale. Ça marque.

Diversion

Je garde l'oie.

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By the way, la canne est revenue.

Matin gris

Inquiétude : la petite canne a disparu. On a beau savoir que ce n'est pas rare qu'elle disparaisse, qu'elle revient le soir, on est inquiet. Elle était dans le poulailler ce matin, mais aucun moyen de l'empêcher d'en sortir, c'est une canne colvert, elle vole, on ne lui a pas coupé les ailes. Donc à un moment pendant la matinée elle est partie se balader et depuis je ne l'ai pas revu. Je l'ai cherché partout dans le terrain et appelé. Il n'y a plus qu'à attendre qu'elle revienne.

Le voisin bricole dans son jardin, on se croirait chez le dentiste, en plein air.

Mis un CD de Soeur Marie Keyrouz. Le ciel est gris et le fond de l'air est frais. Il pleut des pétales de fleurs de pommier à chaque légère rafale de vent. Soeur Marie K. chante magnifiquement ses hymnes byzantins. Sérénité, ou quelque chose s'en approchant.

Hier soir en allant me coucher j'ai passé un bon moment à admirer les étoiles. Ici pas de lumière parasite la nuit. Il fait noir. Les étoiles brillent très fort. À Paris on ne voit les étoiles qu'aux deux planétariums, celui de La Vilette et celui du Palais de la Découverte. Ici pas de planétarium, les commentaires manquent mais le spectacle est plus beau.

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Un peu frais

Bon, hé bien il a fait nettement plus frais aujourd'hui, ici en brousse. Pas de pluie mais des nuages et... plus frais. Et dans la maison il fait un peu frais aussi, on supporte, le matin et le soir, un pull supplémentaire. Ceci dit je suis frileux, habitué à la chaleur de mon appartement parisien au bilan énergétique désastreux.

Suis allé déjeuner chez le frangin. En vélo électrique. Une trentaine de kilomètres aller-retour, quand même.

Ce matin levé à huit heures pour ouvrir aux poules, comateux toute la matinée après...

Ah! Et aussi le chat s'est débrouillé pour mettre du sable dans mon lit. Je le laisse aller et venir la nuit, il fait un petit somme puis va faire un tour dehors et reviens faire un petit roupillon. J'ai eu le tort de lui donner cette habitude lors de mes premiers séjours et depuis il se rappelle très bien que quand je suis là il peut venir me casser les pieds (normalement il passe la nuit dehors dans une petite cabane en bois dans le terrain près de la maison). Bon mais ce soir il fait froid et je ne laisserai pas ma porte ouverte. Il va me réveiller plusieurs fois pour que je lui ouvre, c'est sûr.

Mangé un oeuf d'oie. C'est à peu près gros comme deux oeufs de poule. Ça se mange dur. Il faut le faire bouillir pendant vingt minutes. C'est très bon, il y a beaucoup de jaune et presque pas de blanc.

À propos de "C'est de l'eau"

Envie de prolonger le billet précedent en donnant quelques explications en Français

David Foster Wallace, pour ceux qui ne le sauraient pas, est un écrivain américain, qui s'est suicidé en 2008 à 46 ans . Je le connais depuis longtemps et j'adore son oeuvre aux multiples facettes, allant du reportage "gonzo" aux nouvelles et aux romans "post-modernes". Invité à la remise des diplômes du Kenyon College, David Foster Wallace a livré un discours inattendu aux étudiants, titré "This is water" (C'est de l'eau)

Ce n'est pas un speech moralisateur, bien qu'il s'adresse à des étudiants sur le point d'entrer dans la vie active, ce qui, reconnaissons-le serait l'occasion rêvée de pontifier. Ce n'est pas non plus un prêche comme savent si bien le faire les Américains. Non, c'est un court texte qui ne dit que des choses que l'on sait déjà mais qui les présente comme une libération, un affranchissement positif à la portée de chacun d'entre nous.

OK, quel est le message ? Hé bien nous sommes simplement invité par David Foster Wallace à choisir de voir le monde avec un peu plus d'humilité et de compassion. Grosse banalité ? Pas si vite, l'essentiel est dans le mot choisir. Nous pouvons tous choisir de voir le monde autrement qu'avec la configuration de notre esprit par défaut, cette configuration qui nous pousse à réagir par la frustration et l'agacement à tout ce qui perturbe notre vie bien réglée, à tout ce qui nous entrave ou entrave notre désir (d'argent, de pouvoir, d'amour ou d'admiration, etc.) et à mettre notre moi au centre de tout. David Foster Wallace nous dit : OK, on est fait comme ça, on est conditionné comme ça mais on n'est pas condamné à cette course du rat destructrice, à cette frustration permanente, nous avons le choix. Le choix de vivre dans la frustration et l'agacement perpétuel ou de regarder notre monde avec d'autres yeux, avec attention aux détails, avec humilité et avec compassion pour les autres. Et David Foster Wallace de nous conter cette petite parabole, il s'agit d'un type qui se retrouve dans la file d'attente interminable d'un supermarché à la fin d'une journée de travail:

Regardez-les, ils sont presque tous moches dans la file d'attente, avec leur air bête et bovin, l'oeil vide, à peine humains, et ils sont pénibles et mal élevés, ces gens qui hurlent dans leur téléphone au milieu de la file, et tout ça c'est une injustice profonde et personnelle : j'ai travaillé dur toute la journée, je meurs de faim, je suis fatigué et je ne peux même pas rentrer chez moi pour manger et me détendre à cause de tous ces connards de gens.

Ou je peux choisir de me forcer à envisager la probabilité que tout le monde dans la file d'attente au supermarché connaisse le même ennui et la même frustration que moi et que certaines de ces personnes aient en réalité des vies plus difficiles, plus pénibles que la mienne.

Il est bon parfois de se laisser rappeler quelques banalités, essentielles pourtant, surtout sous une forme amusante et pleine de génie littéraire.

Si vous le pouvez achetez et lisez le petit livre qui reprends ce discours traduit en Français : C'est de l'eau, édité Au Diable Vauvert.

C'est de l'eau (This Is Water)

Le magnifique discours de David Foster Wallace à l'Université Kenyon, illustré en vidéo.


The so-called real world will not discourage you from operating on your default settings, because the so-called real world of men and money and power hums merrily along in a pool of fear and anger and frustration and craving and worship of self. Our own present culture has harnessed these forces in ways that have yielded extraordinary wealth and comfort and personal freedom. The freedom all to be lords of our tiny skull-sized kingdoms, alone at the centre of all creation. This kind of freedom has much to recommend it. But of course there are all different kinds of freedom, and the kind that is most precious you will not hear much talk about much in the great outside world of wanting and achieving.... The really important kind of freedom involves attention and awareness and discipline, and being able truly to care about other people and to sacrifice for them over and over in myriad petty, unsexy ways every day.
That is real freedom. That is being educated, and understanding how to think. The alternative is unconsciousness, the default setting, the rat race, the constant gnawing sense of having had, and lost, some infinite thing.

David Foster Wallace, This is water.

Bailler aux corneilles

En me promenant dans les bois je me suis souvenu qu'on pouvait s'isoler du monde mais pas de soi-même, de ses inquiétudes et de ses soucis. Ne pas laisser les pensées divaguer pendant qu'on marche dans la beauté de la nature, au contraire il faut se concentrer et prêter attention à tout ce qui vous entoure. Une souche couverte de mousse. Un rocher posé là par une moraine millénaire. Un fossile de coquillage sur le chemin. Des pousses de fougères naissantes. Une bande de choucas. Un pin abattu exposant ses racines. Le jeu de la lumière du soleil dans les jeunes feuilles des frênes. Une pomme de pin évidée. Une flaque dans une ornière au milieu du chemin couverte du pollen jaune des pins.

Promenade à pieds dans la forêt, pendant près de deux heures. Vu un chevreuil ou une biche détaler dans les fourrés sur mon passage, pas eu le temps de bien l'identifier. J'ai tiré parti d'une éclaircie dans l'après-midi, nous avons toujours des averses. Temps à grains.

Je n'ai pas vu passer la journée et pourtant je ne peux pas dire que j'ai fait grand chose. Mais c'est toujours comme ça ici, on arrive avec de grands projets de lecture et d'écriture et puis on passe son temps à bailler aux corneilles.

J'ai repris mon habitude d'écouter France Inter en mangeant. Le "Jeu des milles francs" existe toujours, maintenant il s'appelle le "Jeu des milles euros", hé bien ça c'est une augmentation! Aujourd'hui j'ai eu la bonne réponse au Super-Banco. Quand j'étais petit on écoutait déjà le Jeu des milles francs. Cette émission n'a plus d'âge. Ou plutôt elle est plus vieille que moi. Après le Jeu des milles euros donc, les nouvelles (oui on disait comme ça aussi de mon temps : les nouvelles). Cleveland, le SRAS etc. Il paraît que la majorité des jeunes ne savent pas à quoi correspond le 8 mai. Bon, je n'écoute plus les nouvelles, c'est démoralisant, à la fin.

Sur Twitter je suis abonné aux tweets de Fabienne Sintès, la correspondante de Radio France aux États-Unis. Ses tweets m'amusent et m'informent, et ce midi j'ai entendu sa voix pour la première fois, une belle voix assez grave (bizarrement à lire ses tweets je ne m'imaginais pas du tout cette voix là). Son reportage sur l'affaire de Cleveland était sérieux, calme et sobre. Ça fait plaisir.

Je tombe de sommeil. Au pieu mon vieux!

Ce calme !

Oh les amis ce calme, ce calme!

En fait il y a des bruits mais qui ne dérangent pas le calme ambiant. Le vent dans les branches des arbres par exemple, les cris des animaux de la basse cour (de temps en temps), une voiture qui passe sur la route au loin, le chant des oiseaux, les ronflements du chat.

Ou la pluie.




Depuis ce matin il pleut par intermittences, et entre les averses un rayon de soleil parvient à s'infiltrer entre les nuages. La canne est toujours vaillante, elle adore ce temps, elle vadrouille toute la journée autour de la maison, parfois je la vois passer, clopin-clopant (elle boite) devant les portes-fenêtres. Pourvu qu'elle ne fasse pas de mauvaises rencontres, elle est bien grasse et ronde.

Hier soir j'entendais dans la forêt les cris d'alarme de merles, des "piiip" répétés. Quelques instants plus tard sort de la forêt une grosse chouette, qui passe silencieusement au dessus de moi et disparaît dans le crépuscule. Les merles se calment, l'ennemi est parti.



Le silence, épais comme une couette d'hiver, perturbé par le claquement d'une portière de voiture, chez les voisins.

L'affaire des filles séquestrées de Cleveland. Le Monde, ce matin, se fait l'écho de rumeurs qui me paraissent hautement fantaisistes, et que la police a d'ailleurs démenti. Ce qui n'empêche pas le journaliste de les rapporter avec juste le conditionnel qui convient. Certains lecteurs laissent des commentaires affligeants de bêtise, comme toujours. Policiers incapables, peine de mort, tout y est. Il y a quand même énormément de cons en plus des dingues, des incompétents, des ignorants et des abrutis.

Qu'est-ce qu'il reste?

Enfin, je m'isole à la campagne pour ne pas avoir à les supporter mais je ne peux m'empêcher de lire le journal.

J'irais bien me promener mais j'ai peur de prendre la flotte.

En fleurs

Premier jour de vacances. En partant de Paris à la station Marcadet-Poissonnier j'ai vu une quinzaine de toxicos / dealers sur le quai de la ligne 12 se préparant des pipes de crack sous les yeux incrédules des voyageurs. J'étais content de quitter ce coin pourri. Deux heures et demie après j'étais à la campagne, en Touraine. J'ai eu l'impression de m'échapper d'un monde en déreliction.



Il y a des fleurs partout, les pommiers, les cerisiers sont en fleurs, les iris pointent leurs boutons, l'herbe est couverte de pâquerettes. Le chat réclâme dèjà des câlins. Il faut que j'aille fermer les poules.

Printemps

Dernière image depuis la fenêtre du bureau, avant les vacances.

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Vacances de Pâques

Il paraît qu'on ne dit plus "vacances de Pâques" mais "vacances de printemps". Pour être plus laïque. Mais je suis né à une autre époque et dans ce temps là on disait "vacances de Pâques" même si elles n'avaient pas lieu autour de Pâques. Qu'on le veuille ou non, nous, salariés, sommes encore soumis aux jours fériés religieux et laïques, et cette semaine tombe un jour pour chaque catégorie : le 8 mai pour la Victoire des Alliés en Europe en 1945 et le 9 mai pour l’Ascension, fête catholique fériée de notre république laïque. Les vacances de l’Ascension n'existent pas ce sera donc les vacances de Pâques.

Quand on était petit on allait à St-Brévin pour les vacances de Pâques. L'air y était humide et saturé de jaune pollen de pin. C'était la saison des chenilles processionnaires que l'on était autorisé à exterminer pour la bonne cause, celle des pins que ces chenilles menaçaient. Horribles ces chenilles: elles diffusaient dans l'air leurs poils urticants et se déplaçaient au sol en longues processions pour aller s'enterrer dans un sol sablonneux propice à leur transformation en papillon.

Encore une journée de travail avant les vacances, les premières de 2013. Oh, pas longtemps, juste une semaine mais nous allons, ô combien, les apprécier. Ce début d'année a été excellent quant au travail principal — le day job — avec beaucoup de perspectives intéressantes, de nouvelles idées à mettre en oeuvre et de bons retours (une équipe extrêmement agréable à vivre aussi et ce n'est pas rien). Rien à voir avec le début de 2012 où nous nous languissions.

Donc vacances, à la campagne, avec la nature et les animaux. Espérons ne pas trop subir le rhume des foins (ça se tasse en ce moment).

Imagerie lenticulaire

Cette affiche de pub utilise l'imagerie lenticulaire pour envoyer un message différent aux adultes et aux enfants. Selon la hauteur de laquelle on regarde cette affiche — celle d'un enfant de dix ans environ et celle d'un adulte — on ne voit pas la même chose. Ici elle est utilisée pour avertir les enfants maltraités qu'il existe un numéro de téléphone gratuit pour se plaindre de mauvais traitement alors que les adultes ne voient pas ce numéro mais un message qui leur est destiné.

Voir cette vidéo explicative :

Does cloud computing have weather?

How we guffawed a mist of flat white coffee onto our iPads when a survey said that half of Americans think that stormy weather affects cloud computing. But they were right. The infrastructure running cloud computing both suffers and generates its own weather. Facebook kept servers heated so that clouds of water wouldn’t condense on them as they were brought across the humidity gradient from truck to a new cold-air server farm inside the Arctic Circle. Data centres have long been air conditioned, climate-controlled and Halon-protected caves, and recently water cooling is making a come back — rivers irritating server farms, carrying their heat safely away. Fire control is provided by gaseous suppression systems, whose alien atmospheres drive the oxygen from a burning room, or by water mist systems (with meteorological names like AquaFog) which smother fire in a cooling mist.

There is weather, too, beyond the physical infrastructure. Our “likes” and “favourites” are small prayers to the social network gods to keep safe the photos, spreadsheets and status updates we entrust to their cloudy crypts. (Not all precipitation makes it back to the ground: virga is rain that evaporates (or hail that sublimes) before reaching the ground — the observable spinning bar that never results in a file being displayed on our screens. Our status updates may not suffice as offerings: if we didn’t pay for the cloud service, we’re making a wish.) Service uptime websites are the weather charts. A database fails, creating a ripple of low data pressure.

[Does cloud computing have weather? - rodcorp]

Des routes, des rues, des chemins

À voir en grand ici : une carte où n'apparaissent que les routes et uniquement les routes, des États-Unis. C'est magnifique !

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Un petit mystère

Voici ce qui m'est arrivé l'autre jour : j'ai reçu un e-mail d'une boite américaine de vente de produits pour cycles que je ne connaissais absolument pas, m'avisant que "ma commande était partie" et me signalant qu'elle allait m'être livrée dans les meilleurs délais... à une adresse au Brésil.

Surpris, je suis aussitôt allé sur le site de cette entreprise et je me suis loggé avec mon adresse e-mail, puis j'ai réclamé mon mot de passe -- j'ai dit l'avoir oublié pour l'occasion. Muni de mon mot de passe j'ai découvert qu'une personne au Brésil avait utilisé mon adresse e-mail pour commander un dérailleur à ce vendeur américain. Heureusement le prix de ce dérailleur n'avait pas été débité sur ma carte bancaire. L'imposteur avait seulement utilisé mon adresse e-mail.

J'a changé le mot de passe afin que l'imposteur ne puisse plus utiliser le compte qu'il avait ouvert. Je me demande encore pourquoi ce type au Brésil a uitilisé mon adresse e-mail au lieu de la sienne pour commander son dérailleur et aussi où il l'a trouvé. J'ai quelques visiteurs réguliers en provenance du Brésil sur ce blog, est-ce que ça ne serait pas l'un d'entre eux?

L'imposteur n'a rien commis d'illégal mais, en plus de m'avoir fait perdre mon temps il m'a un peu effrayé car pendant quelques instants je me suis demandé si cette machination n'était pas plus grave.

Naïvement je ne m'étais jamais rendu compte que tout le monde pouvaitt utiliser n'importe quelle adresse e-mail pour s'inscrire sur un site qui ne demande pas de confirmation d'inscription.

Les bonnes blagues de Barack

Hier soir comme chaque année avait lieu le Dîner de l'Association des Correspondants à la Maison Blanche. Il est d'usage à cette réception que le Président fasse un discours composé essentiellement de plaisanteries (concoctées par une plume spécialisée, en l'occurrence le scénariste du Daily Show, Kevin Bleyer) pour se moquer de lui-même et de ses invités.

Voici quelques une des meilleures blagues sorties par M. Obama hier soir, avec quelques explications pour mes lecteurs français.

I know Republicans are still sorting out what happened in 2012, but one thing they all agree on is they need to do a better job reaching out to minorities.  And look, call me self-centered, but I can think of one minority they could start with.  Hello?

La minorité en question est bien sûr la minorité afro-américaine dont le président fait partie.

These days, I look in the mirror, and I have to admit, I’m not the strapping young Muslim socialist that I used to be.

Allusion aux critiques outrancières du Tea Party.

Maureen Dowd said I could solve all my problems if I were just more like Michael Douglas in The American President. And I know Michael is here tonight. Michael, what’s your secret, man?  Could it be that you were an actor in an Aaron Sorkin liberal fantasy?

Maureen Dowd est une célèbre éditorialiste du New York Times. Aaron Sorkin est le producteur et scénariste de la série "The West Wing" qui raconte les tribulations d'un président Démocrate fictif et de son équipe.

Did you know that Sheldon Adelson spent $100 million of his own money last year on negative ads? You’ve got to really dislike me to spend that kind of money… Sheldon would have been better off offering me $100 million to drop out of the race. I probably wouldn’t have taken it, but I'd have thought about it. Michelle would have taken it.

Sheldon Adelson est un magnat des casinos dont le SuperPAC (groupe d'influence électoral) a soutenu la campagne de Mitt Romney.

Some folks still don’t think I spend enough time with Congress.  ‘Why don’t you get a drink with Mitch McConnell?’ they ask.  Really?  Why you don’t get a drink with Mitch McConnell?

Mitch McConnell est le leader de la minorité Républicaine au Sénat des États-Unis et il n'a pas la réputation d'être un joyeux drille.

I know CNN has taken some knocks lately, but the fact is I admire their commitment to cover all sides of a story, just in case one of them happens to be accurate.

Une pique contre CNN qui s'est illustré par sa couverture fantaisiste de la chasse à l'homme de Boston, la semaine dernière, annonçant en particulier que la police avait arrété le meurtrier alors qu'il n'en était rien.

I am not giving up.  In fact, I'm taking my charm offensive on the road — a Texas barbeque with Ted Cruz, a Kentucky bluegrass concert with Rand Paul, and a book-burning with Michele Bachmann. 

Ted Cruz et Rand Paul sont des opposants politiques radicaux, Michele Bachmann est une députée Républicaine de Minnesota, extrêmement réac et complêtement cinglée. Une Christine Boutin américaine, en pire.

I'm also hard at work on plans for the Obama Library.  And some have suggested that we put it in my birthplace, but I'd rather keep it in the United States.

Did anybody not see that joke coming?  Show of hands.  Only Gallup?  Maybe Dick Morris? 

Allusion fine à la polémique entourant l'acte de naissance de M. Obama et pique à l'intention de l'institut de sondage Gallup et du commentateur Républicain Dick Morris qui avaient prédit une large victoire à Mitt Romney en novembre 2012.

Facebook vs. Twitter

En gros Facebook est plein de gens que je connais personnellement ou bien des membres de ma famille et quand ils écrivent des choses qui m'agacent ou quand ils écrivent des choses qui m’indiffèrent ou bien quand ils "aiment" des statuts qui m’énervent je ne peux pas les virer (ou les "défriender") de peur de me brouiller avec eux pour un mouvement d'humeur, je suis donc plus ou moins obligé de les supporter. Parallèlement sur Twitter je ne connais personne personnellement et je ne suis que les gens qui écrivent des choses qui m'intéressent ou qui m'amusent. Vous devinez aisément quel réseau social je préfère.

Disproportions

Ils auraient pu faire beaucoup plus de victimes avec des fusils d'assaut qu'avec des bombes artisanales. En revanche ils n'auraient pas été accusé d'utilisation d'armes de destruction massives, une ville entière et sa banlieue n'aurait pas été mise sous couvre-feu toute une journée et les parlementaires n'auraient pas remis en cause les lois sur l'immigration. Par contre la loi sur le contrôle de la vente des armes à feu en vote quelques jours après au Sénat, serait probablement passée, alors qu'elle a lamentablement échouée.

Set off in a public space a couple of crude, homemade bombs that you appear to have made using a recipe on the Web, and the state will make you Public Enemy Number One. To insure that you are caught and punished, there are virtually no lengths to which the authorities won’t go. They’ll assemble a multi-agency task force overnight, calling on some of the enormous investments in hardware, intelligence, and manpower that have been made since 9/11. They’ll haul in anybody who might be remotely connected to the crime scene, and, if necessary, shut down an entire city. Once you’re caught, they’ll interview you in your hospital bed without reading you your legal rights and then charge you with using W.M.D.s. If you weren’t born in this country, there will even be talk about changing the immigration laws.

If you systematically shoot a classroom full of defenseless six-year-olds and blow off your own head, things proceed rather differently. To be sure, you, or your memory, will be hated and vilified. But the political system, in hock to the N.R.A., will classify you as a nut whose deadly actions have few or no policy implications. (With the demise of the gun-control legislation, that’s what it did with Adam Lanza.) Life and politics will go on as normal. The President will probably visit the scene of your outrage and say consoling things to the families of your victims. He’ll mean what he says, but he won’t be able to do much about it, and nobody will ask why the F.B.I. or the C.I.A. didn’t realize you were such a menace to society and lock you up preëmptively. Crazed shooters, after all, are something we’ve grown used to.

Because we have become inured to deaths from shootings, and because of the association of guns and liberty in the minds of many Americans—an association assiduously promoted by the gun lobby—the political system no longer responds to gun deaths. Terrorist acts, on the other hand, even ones masterminded by Mutt and Jeff from Cambridge rather than Osama and K.S.M. from Tora Bora, still have the power to spook the nation and swing the entire U.S. government into action.

[What if the Tsarnaevs Had Been the "Boston Shooters"? : The New Yorker]

La dernière cavale de meurtriers amateurs

The Boston Bombing Suspects' Final Day On The Run: A Reconstruction

Cet article fait le point sur les tribulations des frères Tsarnaev vendredi dernier dans la banlieue de Boston. On y apprends en particulier que:

  • Les frères Tsarnaev ont froidement éxecuté le policier Collier (de la police du MIT), alors qu'il était assis dans sa voiture de patrouille, une demie-heure avant la fin de son service, pour lui voler son arme. Ce qu'ils n'ont finalement pas réussi à faire.
  • Ils n'avaient donc qu'une arme, un pistolet, dont se servait Tamerlan Tsarnaev.
  • Ils ont sillonnés la banlieue de Boston avec une voiture volée dont ils avaient pris le conducteur en otage, pour retirer de l'argent à un distributeur avec la CB de l'otage, faire le plein de la voiture volée, et transférer des grenades et une bombe artisanale de leur voiture vers la voiture volée. Ils semblent avoir voulu se rendre à New York. 
  • L'otage a réussi a s'échapper et a donné l'alerte.
  • Les deux frères sont retournés à leur première voiture pour retransférer les explosifs de la voiture volée vers celle-ci. C'est là que les flics leur sont tombés dessus.
  • La fussillade qui a suivi a fait un blessé chez les flics et Tamerlan a été touché. Son frère Dhzokhar en s'enfuyant au volant de la voiture volée lui a roulé dessus et l'a traîné sur une certaine distance. Seul Tamerlan était armé a a tiré sur les policiers.
  • Dzhokhar a laissé la voiture volée peu après et s'est enfui à pieds pour se cacher dans un bateau qui se trouvait au sec, dans un jardin, toute la journée.
  • Quand le couvre-feu a été levé le propiétaire du bateau est sorti de chez lui pour aller en griller une à l'air libre et s'est rendu compte qu'il y avait quelqu'un caché dans son bateau.
  • Dzhokhar Tsarnaev n'était pas armé, la fusillade qui a eu lieu au moment de sa découverte a été le fait des flics et uniquement d'eux. Ils devaient être sacrément nerveux après une journée sous tension.

Tout cela me laisse penser que les frangins Tsarnaev devaient être assez stupides, non? Ce qui ne donne pas une très bonne image non plus des forces de police (Watertown, Boston, FBI, ATF, etc.) à leurs trousses.