Des réactions à Ferguson

Les tweets de Madame Taubira sur le verdict du Grand Jury du comté de Saint Louis, me laissent perplexe. En tant que citoyenne elle a le droit de dire qu'elle est indignée (pour employer un mot connoté par les temps) mais en tant que Ministre de la Justice de la République française elle ferait mieux de se taire plutôt que de critiquer une décision de justice d'un pays étranger, d'autant qu'elle n'a pas exprimé la même indignation face à la mort du jeune Rémi Fraisse ou face au traitement indigne des prisonniers dans les prisons françaises dont elle a la charge. Elle laisse ainsi penser qu'elle se voit plus comme icône et incarnation, pour ainsi dire, de la gauche antiraciste que comme ministre de la République.

Par ailleurs je suis très énervé, une fois de plus, par les commentateurs du journal Le Monde sur Ferguson. Comme d'habitude c'est un torrent de haine partisane et de rage anti-américaine mêlé à des justifications boiteuses, racistes et réactionnaires. il n'y a rien à tirer de ces commentaires qui n'existent et ne sont ouverts par le journal, semble-t-il, que pour permettre aux abrutis d'exprimer leur violence, leurs idées fixes ou leurs opinions préconçues et sommaires.

Comment le procureur a manipulé le Grand Jury de Ferguson

Jeffrey Toobin dans le New Yorker explique bien la tactique du procureur McCulloch pour obtenir que l’agent de police Darren Wilson ne soit pas inculpé par le Grand Jury. M. McCulloch, le procureur, a  donné aux grands jurés, en vrac pour ainsi dire, du moins de manière indiscriminée, des preuves disculpatoires et accusatrices, essentielles et accessoires, rendues par cette présentation indiscernables, de façon à les confondre tout en se donnant un air d’impartialité qu’il n’avait pas à s’arroger dans une telle procédure. Lors d’un Grand Jury en général un procureur sélectionne les preuves et interroge les témoins de manière à diriger la décision dans le sens qui lui convient. Les procédures devant un Grand Jury ne sont d’ordinaire pas impartiales, elles se font sans juge ni avocat de la défense et sous la seule direction d’un procureur; techniquement un Grand Jury est libre de décider contre l’avis du procureur mais pratiquement cela arrive très rarement. Dans le cas qui nous occupe les grands jurés se sont trouvés dans l’incapacité de se former une idée nette de la vérité et donc ont fini par se laisser guider par les préjugés pro-police et sécuritaires de bons citoyens effrayés par la délinquance, et décider qu’ils ne pouvaient pas inculper l’agent de police Darren Wilson.

Noirs et blancs

Qu'est-ce qu'un Grand Jury aux États-Unis ? C'est une institution judiciaire composé de citoyens tirés au sort qui a pour mission  de déterminer si des accusations criminelles doivent être portées contre une ou plusieurs personnes. Le Grand Jury a donc pour mission d'évaluer les preuves permettant d'inculper ou non un prévenu potentiel. Les Grands Jurys comprennent généralement un plus grand nombre de membres que les jurys criminels (jusqu’à 23 dans certains comtés). Les grands jurés prennent leurs décisions à la majorité simple. Les séances sont secrètes et se tiennent à huis-clos. Il n'y a ni juge ni avocat de la défense devant un Grand Jury, seulement le procureur qui présente ses preuves et interroge les témoins qu'il a convoqué. Les preuves qui seraient illégales au procès sont recevables devant un Grand Jury, celui-ci se prononçant seulement sur l'inculpation sans prononcer de culpabilité. Les grands jurés peuvent questionner les témoins, ce que ne peuvent pas faire les jurés d'un procès. Dans la pratique les Grands Jurys sont presque toujours largement manipulés par les procureurs.

Dans l'affaire de Ferguson le Grand Jury du comté de Saint Louis dans le Missouri avait à se prononcer sur l'inculpation ou non de l'agent de police blanc Darren Wilson qui avait tiré sur et tué un jeune noir, Michael Brown. Le meurtre de Michael Brown a déclenché, cet été, une longue série de manifestations populaires et d'émeutes dans la ville de Ferguson mettant au devant de la scène des problèmes de discriminations raciales et de méthodes policières allant bien au delà de la ville de Ferguson, Missouri.

Le Grand Jury a rendu son verdict hier soir : il a conclu qu'il n'y avait pas assez de preuves pour inculper le policier Darren Wilson du meurtre de Michael Brown. L'émotion créée par cette décision a été grande aux États-Unis en général et de nouvelles émeutes nocturnes ont eu lieu à Ferguson.

On sait que les grands jurés sont généralement largement manipulés par le procureur qui dirige leurs débats. La décision des grands jurés du comté de Saint Louis a donc été fortement téléguidée par le procureur chargé de l'affaire, par ailleurs le cadre légal pour inculper un policier de meurtre est très restrictif. Il est rare qu'un meurtre commis dans l'exercice de ses fonctions par un policier ne soit pas justifié d'une manière ou d'une autre. Je ne reviendrai pas ici sur les détails de l'affaire, il suffit simplement de savoir que le jeune Michael Brown venait de dérober des cigarillos dans une épicerie voisine, ce dont l'agent Wilson était au courant et que les témoignages sur échauffourée sont divergents ou parfois peu crédibles, bref que les choses, comme il est souvent de règle dans ces cas là, sont assez embrouillées pour que la vérité ne puisse jamais être connue. Comme dans l'affaire Trayvon Martin en Floride il y a donc peu de chance que justice soit faite à Ferguson, d'où la colère de la population.

L'Amérique n'a pas encore résolu le racisme et la discrimination raciale qui frappe les noirs dans ce pays. Certes les choses s'améliorent lentement depuis le mouvement des droits civiques des années 60-70, mais, et bien qu'un noir ai été élu à la présidence des États-Unis, il reste encore beaucoup à faire pour parler d'égalité raciale. Les choses sont très complexes toutefois. Pour avoir été plusieurs fois aux USA je peux témoigner d'avoir été sidéré par la réalisation que les noirs et les blancs vivent complètement séparés (dans une ville comme New York par exemple) et la simple consultation de ces cartes très bien faites permet de constater que c'est partout le même phénomène. Voir la carte ci-dessous du comté de Saint Louis, justement, les points verts représentent les noirs, les points bleus représentent les blancs.  Les inégalités sont aussi économiques, dans le domaine de la santé, celui du travail et dans le système judiciaire et pénal.

1 point vert = 1 habitant noir, 1 point bleu = 1 habitant blanc

Pourquoi parfois en Anglais ?

De temps à autres je parle Anglais sur ce blog ou sur Facebook. Pour cela, certains m'ont accusé de snobisme. Mais je m'en défends. J'écris en Anglais de temps en temps, quand ça me chante, parce que j'éprouve simplement du plaisir et de l'excitation à écrire en Anglais. Du plaisir, oui, et la satisfaction d'avoir écrit en Anglais en faisant de mon mieux pour que ça soit en Anglais correct. J'aime beaucoup la langue anglaise. Il m'arrive de lire des formules, des usages dans cette langue qui me remplissent de joie, au point parfois de m'arrêter dans ma lecture pour les noter quelque part. Pour moi, écrire en Anglais, c'est accomplir un exercice encore plus difficile que d'écrire dans ma langue maternelle, mais parfois plus gratifiant, parce que c'est beaucoup plus de travail pour trouver la bonne formule ou le bon mot, parce que je suis forcé de plus réfléchir à ce que je veux dire, parce que je suis forcé de compenser mon manque de vocabulaire dans cette langue (du moins en thème) par des recherches dans les dictionnaires qui souvent m'emmènent plus loin qu'où je voulais aller et me font découvrir, par sérendipité, des mots et des tournures de phrase qui me plaisent ou que j'ignorais. Et par un phénomène que je n'explique pas j'en viens à être plus clair dans mon expression, plus fluide, et en fait à mieux dire ce que je voulais dire, enfin telle est mon impression, à tel point que dans les bons jours l'expression toute entière "coule" mieux en Anglais qu'en Français. C'est étrange mais c'est ainsi. Le fait est, aussi, que d'une certaine façon je ressens moins d'inhibitions à écrire en Anglais qu'en Français. Moins d'inhibition, mais plus de travail et plus de réflexion, plus de plaisir et de satisfaction à la fin de l'exercice car c'est toujours une sorte d'exercice.

Foxes

I stumbled upon a dead fox during my walk in the woods today. It was probably killed by hunters and left there as an example. It was a beautiful adult fox its body already returning to nature. I snapped a picture but won't post it here, it's awful. People here have a deep hatred of foxes. It's ancestral and rooted in old prejudices. Foxes are killer of poultry and one says that they break havoc in chicken coops becoming berserk at the view of hens and at the smell of blood. They are believed to carry rabies, too. Scientists say that they don't kill so many chickens after all and rabies kill them rapidly, so they are not so much a nuisance. Instead they have a role in the ecosystem of the woods, killing many rabbits and preventing them to proliferate and eventually spread myxomatosis. They kill also many country mouses, without this predation mouses would proliferate and attack crops. But what to do against ignorance and hatred? In this parts even to be red-haired can attract suspicion, because it's the same colour than the foxes, you know.

Map addict

Un jour dans le village de Huismes, près de l'endroit où je réside quand je suis à la campagne, j'ai rencontré des randonneurs à vélo qui m'ont demandé leur chemin. Ils n'étaient pas perdus et proches de leur destination (un gite rural) mais ce sont toujours les derniers kilomètres sur les petites routes de campagne sans guère d'indications qui sont les plus difficiles. Afin de mieux leur indiquer leur chemin je leur ai demandé de me prêter leur carte, et là, surprise, ils n'en avaient pas. Ils traversaient quasiment la France à bicyclette et n'avaient pas la moindre carte ! Aujourd'hui je lisais un livre en Anglais dont le titre "Map Addict" résume bien le propos, et j'ai trouvé exactement la réaction que j'ai eu alors.

What I wanted to say was, ‘You mean, you moved here from over a hundred miles away without buying a map first? Without taking it out on a nightly basis, stroking its contours, gently murmuring the unfamiliar names, idly following with your finger footpaths and streams, back lanes and bridleways, feeling faintly, randomly intimidated by the angular blocks of plantation forestry and sumps of squelchy moorland, excited by the wide beaches, towering peaks, limpid lakes and nestled market towns, all spread beguilingly across the paper? Without enjoying the thrill of anticipation of your impending move to a whole new world? Without checking out that whole new world, as captured by the gods of the Ordnance Survey? Are you mad? What in bejesus’ name is the matter with you?’ Extrait de : "Map Addict" by Mike Parker.

Je suis, moi aussi, un map addict, depuis tout petit je peux passer des heures entières sur des cartes, et aujourd'hui sur Google Maps, Géoportail, Ordnance Survey Getamap (où je paye même un abonnement annuel pour les voir en plus grand!), ou sur ACME Mapper. Quand j'étais gamin j'avais un Grand Atlas Mondial qui était mon livre de chevet et je me souviens encore de la découverte émue du Grand Atlas de l'Encyclopédie Universalis, un jour chez mon frère. J'avais une passion coûteuse pour les cartes au 1:25000 de l'IGN, la série bleue, qu'on appelait les cartes d'état major.

Aujourd'hui j'ai réalisé un de mes rêves de jeunesse : je dessine des cartes pour gagner ma vie; pas des cartes topographiques mais des cartes de géographie et j'adore ça. En plus j'aide à l'arrestation de malfaiteurs avec mes cartes, c'est quasiment un rêve de gosse!

Noir et blanc

Il y a quelques temps j’ai répondu à un défi qui m’avait été lancé par mon amie blogueuse et photographe Nina Tovish, il fallait poster sur Facebook une photo en noir et blanc par jour pendant cinq jours. J’ai été chercher quelques photos en couleur jamais publiées ailleurs et je les ai recadrées et transformées en noir et blanc avec Lightroom.


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À ma grande surprise ces images ont eu un grand succès auprès de mes contacts sur Facebook. Du coup j’ai continué, après la fin du défi, à publier sur mon mur FB une photo en noir et blanc par jour. Pour ce faire je suis allé puiser sur Flickr d’anciennes images que j’avais faites pour le livre “Nestor Burma” des Moutons électriques, la maison d’édition de mon neveu.


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Et voilà que je suis mis à trouver, moi qui suis toujours aussi insatisfait de mes photos, ces images excellentes (en toute modestie!). Et voilà aussi que je me suis mis à avoir envie, de nouveau, de faire des photos, mais en noir et blanc exclusivement. Et des projets photographiques de naître dans ma tête… Le noir et blanc ça tombe bien puisque nous sommes en hiver et que la monochromie va bien à cette saison.

Je ne peux que remercier sincèrement Nina de m’avoir lancé.

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Pour terminer ce billet cette photo que j’aime beaucoup, faite avec mon iPhone dans le métro, du temps où je prenais le métro tous les jours.

Affaire Jouyet - Fillion

Je ne comprends pas pourquoi Le Monde s’est assis sur cette révélation pendant près de deux mois et qu’ils la sortent à quinze jours des élections à la présidence de l’UMP. À qui profite le crime finalement: à Juppé, Le Maire ou à Sarkozy lui-même ? Sûrement pas à Fillion ni à Jouyet, donc à Hollande. Dans ce cas on se demande pourquoi Jouyet à fait ses révélations à deux journalistes d’investigation du Monde. Qu’avait-il en tête? Pourquoi le journal Le Monde titre-t-il fréquemment et depuis plusieurs semaines sur les turpitudes supposées de Sarkozy? Ça ressemble à une campagne pour l’empêcher d’accéder à la présidence de l’UMP, mais qui a toutes les chances de favoriser Sarkozy chez les militants UMP, au contraire du but apparemment recherché. Cette histoire révèle en fait magouilles sur magouilles et ne peux que profiter in fine à Marine Le Pen. Ceux qui veulent faire croire aux complots pour empêcher Sarkozy de revenir doivent se frotter les mains. C’est désolant, pour ne pas dire plus.

Des bêtises télévisuelles

C'est avec incrédulité que j'ai entendu, hier soir, Léa Salamé, nouvelle chroniqueuse de l'émission "On n'est pas couché"sur France 2 dire : "Barack Obama a affaibli l'Amérique, il en a fait une puissance qui ne fait plus peur au monde entier". Le tout dit sur le ton de reproche accusateur et péremptoire dont cette dame est coutumière. Un tel déploiement d'ignorance et de bêtise m'a fait immédiatement zapper sur une autre chaîne (où l'on passait un magnifique et passionnant reportage sur les travaux engagés à la Nouvelle Orléans pour mettre cette ville à l'abri des eaux de tempêtes). On peut certes reprocher beaucoup de choses à M. Obama mais certainement pas d'avoir affaibli son pays en choisissant plutôt que la force brutale, l'exercice rusé de la force (le soft power) tout en rétablissant l'influence des États-Unis dans le monde en améliorant les relations de son pays avec ses alliés. On ne peut pas lui reprocher non plus d'avoir choisi la négociation patiente plutôt que la guerre pour arriver à ses fins (comme avec l'Iran en ce moment par exemple). On ne peut pas lui reprocher d'avoir mis fin à deux guerres longues, coûteuses et sanglantes pour les États-Unis, certes avec des résultats mitigés (pour le moins) dans les pays concernés, mais sans avoir affaibli l'armée de son pays.

Un beau mois de mai

J’ai passé un excellent moi de mai 68. Il faisait beau, l’école était fermée, d’ailleurs plus rien ne fonctionnait dans le pays, c’était le bordel et c’était génial. Nos parents étaient verts de trouille, c’était marrant. Avec mes copains les frères Pion (fils du pharmacien, révolution ou non on ne fréquentait pas les prolos), on passait nos journées à la plage (oui, le long de la Vienne, lieu dit La Belle Laveuse), on mitraillait les canards avec des cailloux en disant que c’était des flics et puis on faisait des ricochets. On regardait à la télé les émeutes à Paris. À Chinon la révolution était modérée: je me souviens d’une manifs’ des agents d’EDF (la centrale nucléaire d’à coté) et d’un lycéen qui se baladait dans les rues, tout seul, avec un drapeau rouge.

Ça a duré trois semaines et puis De Gaulle a disparu, jour de panique, mon père avait mis la radio dans le magasin pour être tenu au courant, minute par minute, du “coup de torchon” qui n’allait pas manquer d’arriver. Et puis De Gaulle est revenu, a fait un discours retentissant à la télé (“Alors, mon cher et vieux pays”…), il y a eu une grosse manif’ de droite à Paris sur les Champs Elysées (Malraux et Debré en tête, hâves, échevelés, au milieu des tempêtes), et puis tout le monde est parti en vacances. Terminée “la chienlit”.

C’était un beau mois de mai, quand même.

Prochaine manche en 2016

Encore quelques pensées sur les élections américaines d’hier. 

Comme je l’écrivais dans le post précédent la majorité du GOP au Sénat est de 54, c’est une majorité confortable mais pas suffisante pour contrer un véto du président. Il est probable que si les lois votées par les deux chambres ne soient pas acceptables par le président Obama il refuse de les signer mettant ainsi son véto à leur application. Ce qui signifie que ce ne sera plus le Congrès qui fera obstruction, comme ces quatre dernières années, mais la Maison Blanche.

Obama n’a plus d’élections à assurer, il est dans son deuxième et dernier mandat, il peut donc sans arrière pensées repousser toutes les initiatives des Républicains qui ne lui plairaient pas. Et quelque chose me dit qu’il n’hésitera pas à le faire si l’occasion se présente.

Tout ce que ces élections montrent, selon moi, est que les Républicains ne sont pas près de disparaître et qu’ils disposent d’une base solide (même si ces élections au Sénat avaient lieu dans des régions où Obama est particulièrement détesté et non dans des régions où la démographie lui était plus favorable). Cette victoire va leur suggérer de ne rien changer à leur doctrine politique, puisque ça a très bien marché cette fois-ci, et c’est exactement ce qui pourra les faire battre une prochaine fois.

Je pense aussi que les Démocrates n’ont pas très bien mobilisé et c’est sans doute parce que ce parti manque d’idées neuves et motivantes pour les Américains, c’est la rançon de l’exercice du pouvoir et la fin d’un cycle pour le parti Démocrate.

Mais deux ans c’est long en politique et nous l’avons vu maintes et maintes fois par le passé, les majorités alternent assez facilement dans ce pays. Il y a de quoi rester optimiste pour 2016.

Le Sénat US passe à droite

Donc les Républicains ont reconquis le Sénat et conservé la Chambre des représentants. Il eut fallu un miracle pour que les Démocrates l'emportent au Sénat, le tiers renouvelable était en majorité dans des Etats conservateurs ou en balance précaire entre les deux et les midterms ne mobilisent pas autant les électeurs que les présidentielles, d'où l'abstention massive, de surcroit les Etats où les sénateurs étaient renouvelables étaient les plus traditionnellement hostiles à Obama. En plus un certain nombre de sénateurs Démocrates avaient pris leur retraite à l'occasion de ces élections et leur successeurs potentiels n'ont pas fait aussi bien qu'eux. Quant à la Chambre, l'actuel découpage des circonscriptions assure une majorité aux Républicains, au moins jusqu'au prochain découpage.

Les stratèges du parti Républicain ont bien joué leur coup cette fois-ci. Ils ont bien pris garde à faire éliminer dès les primaires les candidats les plus problématiques, c'est à dire les plus éxtrémistes, pour ne garder que les modérés, les plus électables, les moins susceptibles de faire de grosses gaffes (à l'exception de l'élimination d'Eric Cantor dès sa primaire) pour lesquels ils ont fait de gros efforts d'entraînements. Les candidats Républicains ont béneficié de fonds sans précedents pour leurs campagnes, résultat des efforts demandés aux riches soutiens conservateurs (les super PAC). Enfin, la campagne a été polluée par des problèmes nationaux et internationaux très défavorables au pouvoir en place (Ebola, EIS en Irak...).

Bon, le Congrès est donc entièrement aux mains des Républicains. Je ne pense pas que ça soit si mauvais que ça puisque Obama est toujours au pouvoir, sans espoir de réelection, donc avec les mains un peu plus libres de ce coté là et avec toujours son droit de véto. Par contre la pression va être maintenant sur les Républicains pour que le Congrès réalise enfin quelque chose après quasiment 6 ans d'obstruction et d'immobilisme. Ils vont devoir trouver des compromis avec les Démocrates et ces compromis ont une bonne chance de faire éclater leur majorité entre les extrémistes du genre Cruz et Rubio et les modérés.

Enfin, d'une part les élections de 2016 se présentent théoriquement mieux pour les Démocrates, aussi bien géographiquement que démographiquement et seront des élections présidentielles donc avec une plus grande participation ce qui leur est toujours favorable. D'autre part les Républicains ne font rien pour gagner les suffrages des minorités ethniques qui sont fortement portées sur leurs adversaires de gauche.

Midterm

C'est jour d'élection aujourd'hui aux États-Unis.

Toute la Chambre des représentants des USA est renouvelée, le mandant des représentants est de deux ans renouvelable. Il y a 435 représentants.

Un tiers du Sénat des USA est renouvelé, le mandat des sénateurs est de six ans, et le Sénat est renouvelé par tiers tous les deux ans. Il y a deux sénateurs par État soit 100 sénateurs. Ces élections se déroulant la deuxième année du mandat du président (de quatre ans), on les appelle les midterm, les élections de mi-mandat (du président).

Ça c'est au niveau fédéral.

Car en même temps se déroulent dans tous les États-Unis les élections locales de l'État et du Comté de l'électeur. Il y a parfois un nombre effarant de postes à pourvoir et les bulletins de vote sont très longs. Par exemple l'électeur de l'État lambda va voter, en plus des gens cités ci-dessus, pour son Gouverneur et son Lieutenant-gouverneur (le vice-gouverneur), pour une dizaine de postes officiels de l'État, pour quelques juges d'État et quelques juges du Comté, pour un sénateur au Sénat de l'État et un représentant à la Chambre des représentants de l'État, et pour les candidats à divers mandats locaux, comme celui du shérif ou du maire. Enfin il peut avoir à voter à un ou plusieurs référendums d'initiative populaire.

Les élections, au moins pour les postes fédéraux, sont uninominaux, majoritaires, à un tour. Pour les autres c'est également le cas sauf exceptions.

Le Congrès élu aujourd'hui ne sera formé que le 20 janvier 2015. En attendant les sénateurs et les représentants battus gardent leurs postes jusqu'à la fin de la session, aux vacances de Noël, c'est ce qu'on appelle un congrès "canard-boiteux" (lame duck).

Au Congrès d'aujourd'hui les Démocrates ne sont majoritaires qu'au Sénat, et encore d'une voix seulement. Depuis deux ans (et même en fait quatre ans), la Chambre des représentants a bloqué systématiquement toutes les initiatives et presque toutes les nominations du président Obama et des Démocrates. Les pronostiqueurs politiques pensent que le Sénat va basculer à droite (que les Démocrates vont perdre leur courte majorité) lors des élections d'aujourd'hui. Si cela arrive en fait ça ne changera pas grand-chose et Obama pourra toujours mettre son véto aux tentatives de supprimer Obamacare, par exemple.

Quelques images


C'est L'Essart en automne.


C'est la forêt de Chinon en début d'automne, encore très vert.


C'est le chat Samba, de la maison ci-dessus, dans la lumière du soir.

Le bonheur c'était la plage

Le bonheur, pour moi, a longtemps été une plage au bord de l'océan. C'était la plage de mon enfance à Saint-Brévin : une longue bande de sable blanc très fin qui s'étendait de Mindin, au Nord, aux rochers de la Roussellerie, au Sud. Mais mon domaine, ma plage, c' était la plage des Rochelets, d'une longueur d'à peu près 200 m. entre l'Allée de la Combe des Bondres et l'Avenue Alexandre Bernard. Nous ne nous aventurions jamais au-delà de ces frontières imaginaires. J'ai encore dans la tête le son de la plage, le murmure des vagues se mêlant aux cris d'enfants et le bruit du vent dans les pins maritimes. Le matin le sable était froid à nos pieds nus et à midi brûlant à tel point qu'il nous fallait remettre nos sandales quand nous remontions de la plage pour aller déjeuner. L'après-midi, la succession de bains et de plongées dans les vagues, et de séchage au soleil, traces de sel sur la peau bronzée et brûlante, gout du sel sur les lèvres. Le soir, la contemplation du coucher de soleil et l'allumage des phares à l'horizon, qu'il nous était un jeu d'identifier : La Truie, Le Grand Charpentier, Le Petit Charpentier, Le Pointeau, Saint-Gildas... Je passais tout mon temps à la plage, avec mes copains et ceux de ma grande soeur, nous nous baignions dans les vagues, construisions des châteaux de sable, façonnions des boules de sable mouillé en vue de combats d'artillerie futurs. Quand il y avait du vent nous nous réfugions dans les creux de dunes pour lire. Nous passions des journées merveilleuses dans l'arrière plage, à jouer dans les dunes, à grimper dans les pins à demi-enfouis dans le sable, à explorer les blockhaus. A marée basse on allait à la recherche de vers de vase pour servir d'appat à la pêche au bar du soir. Ou bien on allait à la pêche à la crevette grise avec nos épuisettes (il fallait arpenter la plage, de long en large, avec de l'eau jusqu'aux genoux, en poussant l'épuisette devant soi, raclant le sol et capturant les crevettes, les petits crabes, les mollusques, tous les habitants de la vase à marée basse, qu'il fallait ensuite trier, soit mettre dans la musette, soit rejeter à l'eau : trop petit, mangeable, pas mangeable... ). Parfois l'on montait une expédition en bateau, ou à pieds lors des grandes marées, pour aller chiper des moules sur les bouchots en face de la plage. Nous marchions nu-pieds, dans la vase tièdie au soleil, dans vingt centimètres d'eau, et nos pieds s'enfonçaient dans la vase si fine qu'elle remontait entre les orteils en chatouillant légèrement. De Saint-Brévin j'ai gardé cette sensation de bonheur sans nuage, de jubilation de la liberté, que m'accordaient ces journées entières, que dis-je, ces semaines entières sur la plage.

Texas

Traitez moi de gros lourd si vous voulez mais j'avoue que j'aime ZZ Top, Lyle Lovett, Townes Van Zandt, Stevie Ray Vaughan, Roy Orbison, Johnny Winter, Doug Sahm, David Lindley et Lightning Hopkins... Bref la musique populaire et le blues du Texas.

D'ailleurs il faut bien reconnaître que j'aime le Texas. J'y suis allé trois fois, quoique uniquement dans le sud, Houston et ses environs. Le Texas est grand comme une fois et demie la France (cependant comme il est moins peuplé et depuis mon longtemps il est plus homogène que la France). Dire que je suis allé trois fois à Houston et dans ses environs ça ne veut pas dire que je connais le Texas, c'est un peu comme si je disais que je connaissais la France en n'ayant été que trois fois à Marseille ! Cependant, ce que j'ai vu du Texas, en gros Houston, Austin, un petit secteur du Hill Country, Galveston, et un peu vers le Nord, du coté de College Station, m'a bien plu.

C'est sans doute parce que ce que j'y ai vu était proche de mes rêves d'Amérique, images mentales marquées par les Westerns et le film de Wim Wenders : Paris, Texas (vu et revu de nombreuses fois). J'ai fait un reportage photographique sur l'architecture de la "suburbia" américaine à Houston, on peut le voir sur Flickr. J'ai eu beaucoup de joie à photographier ces pavillons de banlieue banals et pourtant très exotiques. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être que l'image de la suburbia américaine vu à travers les films et les séries a marqué mon imaginaire. Et puis ces pavillons bas, ressemblants à des maisons de vacances, plantés dans la pinède, les chênes verts et les eucalyptus, n'était-ce pas le paysage de mon enfance, à St Brévin ? Probablement.

Lakeside Estate - Houston, TX

Lakeside Estate - Houston, TX

Point météo

Un front froid se forme au bord d'une masse d'air froid. Quand cette masse d'air froid rencontre une masse d'air chaud elle se glisse en dessous (car elle est plus dense que la masse d'air chaud) et soulève cette masse d'air chaud qui se refroidit à son tour. S'il y a assez d'humidité dans l'air au passage du front froid cette humidité se condense. L'humidité retombe alors sur terre sous forme de pluie, une bande de pluie, parfois forte, se crée souvent au passage d'un front froid. Le vent vire du sud-ouest au nord-ouest (sous nos latitudes). Au passage et après le passage du front froid la température au niveau du sol baisse sensiblement. Un front froid apparaît en général dans le sillage d'une dépression extratropicale, en l'occurence c'est l'ex-ouragan Gonzalo qui nous l'a amené. Car c'est exactement ce qui s'est passé aujourd'hui, ici, à Paris. Un front froid est passé dans l'après-midi sur la capitale, il nous a amené de l'air océanique plus frais et plus humide, d'où les pluies de l'après-midi et la chute nette de la température.

Mais ce n'est pas fini, un deuxième front froid s'amène qui va donner encore de la pluie, un coup de vent en Bretagne, en Normandie et surtout en Manche et une bonne chute des températures.

Samedi c'est photo de chat

Samedi. Les lecteurs de ce blog auront droit à une photo de chat. Parce que j'ai envie.


Ebola

Je ne comprends pas la décision française de vérifier la température des passagers en provenance de Guinée et pas les autres.
"Seul ce vol quotidien en provenance directe de la capitale guinéenne va être soumis au contrôle. Les passagers qui transitent par Casablanca, avec Royal Air Maroc, ou par Bruxelles, avec la compagnie Brussels Airlines, ne seront pas testés, alors que ces compagnies assurent des vols en provenance des trois capitales les plus touchées, Freetown, Monrovia et Conakry. De même, les vols atterrissant à Orly ou dans tout autre aéroport national ne seront pas surveillés." Le Monde.
C'est complètement idiot. Si l'on veut vérifier les passagers en provenance des pays où le virus Ebola est actif on le fait complètement. Pas sûr d'ailleurs que ça soit une bonne méthode parce que les gens seront tentés de cacher leur provenance (quoique à la vérification des passeports ce n'est pas sûr que ça soit possible).

Quelque chose m'échappe ?

Yosemite

Hier soir installation de Yosemite sur mon "vieil" iMac de 2008. Installation encore possible mais je pense que ça sera la dernière. Le téléchargement et l'installation ont pris environ 5 heures, mais j'ai gagné environ 20 Giga sur mon disque dur, ce qui n'est pas rien.

J'aime beaucoup l'esthétique "flat" de Yosemite, c'est très joli et ça fait très moderne. À part ça je n'ai pas vu de changements majeurs par rapport à Maverick. Enfin si un quand même, et de taille, mais je ne sais pas s'il était intentionnel.

Après l'installation de Yosemite, Safari est devenu mon navigateur sur Mac. Il se trouve que Chrome n'est pas du tout adapté à Yosemite (très lent, plusieurs fonctionnalités inopérantes) et que Firefox ne se connecte plus ni à Gmail ni à Twitter! Finalement j'aime beaucoup l'esthétique hyper sobre de Safari et bien sûr il est vraiment bien adapté à Yosemite.

Donc Safari maintenant, ce qui me fait penser que ce n'est peut-être pas un hasard si le navigateur d'Apple est celui qui fonctionne le mieux avec l'OS d'Apple. Tout ça c'est de l'intégration horizontale et je ne serai pas surpris d'apprendre qu'Apple met des bâtons dans les roues des applications qui ne passent pas par sa boutique ou qui concurrencent sévèrement ses applications propres. Apple est un système très fermé. Je ne pense pas que ça soit très bon pour le Web.

5 A350 en vol, en même temps

Cette semaine Airbus a fait voler 5 Airbus A 350 en formation pour fêter la certification européenne de ce nouvel avion.

C'est un événement qui arrive très rarement, enjoy !


Langewiesche sur AF 447

Magnifique article de William Langewiesche dans Vanity Fair sur le crash d'Air France Rio - Paris, 447. J'attendais cet article avec une certaine impatience, Langewiesche est l'un des meilleurs reporters sur les accidents aériens. Il ne nous apporte pas d'explications nouvelles sur ce crash mais il apporte du contexte et une vision de l'évenement passionnant. On savait que c'était plusieurs erreurs de pilotage qui avaient envoyé AF 447 par le fond, on a lu et relu le rapport du BEA, mais Langewiesche nous apporte, dans cet article, une synthèse des évenements qui ont conduit à l'accident et des précisions importantes sur les pilotes et leur état d'esprit au moment de la panne.

Les pilotes : de nos jours il y en a beaucoup pour faire face à la demande, ce ne sont plus les meilleurs et les plus compétents qui sont au manche des avions de ligne mais des gens ordinaires. La compétence moyenne a baissé comme les qualités instinctives d'aviateur (l'airmanship). La formation aussi car on fait plus confiance aux instruments et aux ordinateurs pour rattrapper l'avion qu'aux personnes qui le pilotent — par exemple on n'apprend plus aux pilotes à rattrapper un décrochage à haute altitude puisqu'un Airbus n'est pas censé décrocher, en raison de ses protections informatiques. Les automatismes des instruments de bord font que les pilotes ne pilotent presque plus, d'ailleurs... et qu'ils s'ennuient.

À bord d'AF447 il y avait donc un commandant de bord très expérimenté mais fatigué par son escale à Rio où, semble-t-il, il avait bien fait la fête, qui est sorti du cockpit pour aller se reposer au moment le plus critique du vol en laissant le manche a un jeune beaucoup moins expérimenté, et dont il n'a pas su percevoir l'anxiété à passer la zone intertropicale et sans vraiment lui laisser d'instructions sur la marche à suivre en cas de problèmes dans cette zone intertropicale, pourtant reconnue comme dangereuse. Un commandant de bord qui n'a pas repris l'avion des mains du jeune pilote complêtement désorienté et paralysé par la peur, qui n'a pas entendu (du moins c'est ce qui transparaît des enregistrements) les avertissements de décrochage, qui n'a pas reconnu dans le "buffetage" (dont on dit pourtant que c'est un phénomène effrayant à subir), le signe que l'avion était en train de décrocher. Un jeune pilote relativement inexpérimenté qui a maintenu l'avion à cabrer, le faisant ainsi décrocher, pendant tout le temps, et même après avoir passé la main à son collègue de gauche, en dépit de toutes les procédures à appliquer en cas de décrochage et même en dépit des qualités d'aviateur de base. Un troisième pilote qui ne pilotait plus guère et faisait ce voyage pour s'assurer du maintien de sa licence, lui aussi dépassé par les évenements, n'y comprenant pas grand chose et donnant des instructions floues (mais pourtant bonnes et justifiées) à son collègue pilotant, qui n'y a rien compris.

Un concours de circonstances et un tout petit incident (le bouchage des sondes Pitot par la glace) et voilà un superbe engin, à la fiabilité irréprochable, à la sophistication technologique extrême, et ses 228 passagers au fond de l'Atlantique. Voilà ce qui fait froid dans le dos quand on prend l'avion ! Ah ! si l'on pouvait avoir comme pilote l'as de Qantas 32, Richard de Crespigny !

Sarkozy 2, le retour

Sarkozy. On ne peut s'empêcher de lui reconnaître du courage et de l'obstination voire de l'opiniatreté, même si, comme moi, on ne peut pas le voir en peinture. Après avoir gouverné la France pendant cinq ans avec plus ou moins de succès, avoir été l'objet de toutes les insultes, railleries, rumeurs et médisances, avoir été battu aux présidentielles et après tous les déboires judiciaires qu'il a subi, le voilà qui se prépare à re-gravir tous les échelons — à commencer par la présidence de l'UMP — pour conquérir, sans nul doute, l'échelon suprême : la présidence de la république. Il faut quand même en vouloir ! À moins qu'il ne souffre d'addiction — le pouvoir, les feux de la rampe sont une drogue dont il est difficile de se départir. À moins qu'il soit sincère quand il dit qu'il n'a pas le choix, croyez-vous que c'est le devoir qui l'appelle où que c'est pour tenir à distance les diverses affaires judiciaires qui le menacent ? J'ai vu qu'il essayait de nous refaire le coup de "j'ai changé", qu'il a fait plusieurs fois sans jamais changer vraiment. Qui peut encore le croire ? Qui, à part quelques groupies umpistes pour lesquelles il reste l'homme providentiel, peut encore sincèrement lui faire confiance ?

Prendre la tête de l'UMP c'est une chose, et il va probablement y arriver. Après, s'y maintenir trois ans et gagner les primaires, ç'en est une autre. Et là il va avoir fort à faire. Une scission de l'UMP n'est pas exclue au cas où il s'imposerait avec une courte majorité dans ces primaires et encore plus sûrement s'il refusait d'organiser des primaires ou si, encore, les élections étaient (euphémisme) contestables. Et quand on connaît, comme on l'a vu en 2012, les pratiques électorales internes de l'UMP, où le bourrage des urnes et le comptage "à la grosse" sont monnaies courantes, cela pourrait bien arriver.

Le cauchemar, pire qu'en 2002, serait d'avoir à choisir au deuxième tour des élections présidentielles de 2017, entre Marine Le Pen et Sarkozy. Je voterai Sarkozy bien sûr, mais ça me ferait sacrément mal.

Réveiller ce blog

Septembre 2013 : 32 billets. Septembre 2014 : 2 billets.

Je néglige ce blog et ça ne cesse de me donner mauvaise conscience. Parce que quand je n'écris pas pour ce blog je n'écris pas beaucoup non plus ailleurs, et ça c'est mal. C'est mal parce que l'écriture c'est comme un muscle, quand on ne l'utilise plus il s'atrophie. C'est un exercice très difficile d'écrire, il ne faut pas perdre la main. Il faut s'exercer tout le temps et c'est à ça que me servait (ou plutot, j'espère, que me sert encore) ce blog. Quand on n'écrit plus rien, jamais, l'acte d'écrire devient encore plus difficile. Vous me direz: 90% des gens n'écrivent jamais rien et s'en portent très bien ! Mais moi non, quand je n'écris pas j'ai conscience de perdre petit à petit l'une des seules choses pour laquelle je suis un peu compétent. Et ça, c'est grave. Pour moi écrire c'est penser, je crois qu'on ne peut pas penser sans écrire. Je peux très bien écrire sans intention d'être lu, mais avoir l'impression qu'on va être lu accroît l'incitation à être clair et à écrire dans un style correct. Certes, je n'écris pas grand chose d'intéressant pour les lecteurs dans ce blog, j'en ai bien conscience, mais au moins j'écris, pour un auditoire, même très restreint. J'écris sur n'importe quoi, enfin sur les sujets qui m'intéressent, et c'est ce qui compte. J'écris pour moi, pour ne pas perdre la main.

Dont acte : réveiller ce blog qui ne sert à personne sauf à moi, qui ne sert à rien sauf à me permettre d'écrire pour un auditoire, un tout petit auditoire, virtuel, anonyme, mais un auditoire quand même.

Internet c'est magique !

Avez-vous fait quelque chose de prodigieux aujourd'hui ? Non, bien sûr, apparemment. Pourtant vous avez utilisé Internet, un ordinateur, vous avez utilisé votre smartphone ou votre tablette connectés à Internet par un réseau invisible; vous avez écouté de la musique sur votre téléphone, diffusée à la demande à des millions de personnes comme vous, depuis un ordinateur situé en Suède ou en Californie; vous avez envoyé et reçus des emails, certains avec une image comprimée attachée; vous avez regardé un film diffusé sur la toile; vous avez acheté des biens et des services; vous avez suivi en direct un avion se déplaçant à des milliers de kilomètres de là où vous êtes, etc. etc . Et vous avez fait tout cela sans penser à ce qu'il y avaient de prodigieux, d'ahurissant, dans le fait de trouver instantanément dans un milliard de données stockées sur des ordinateurs situés à de milliers de kilomètres de vous, celles, deux ou trois, qui correspondent à ce que vous cherchiez; d'avoir stocké ou envoyé ou reçu plusieurs millions de bouts d'informations, sans qu'une seule erreur soit commise dans ce stockage ou cette transmission; d'avoir affiché sur votre ordinateur / smartphone / tablette des informations stockées sur des serveurs distants, au même moment précis que des milliers d'autres personnes de par le monde; d'avoir envoyé des informations confidentielles (le numéro de votre carte bancaire, par exemple) en toute sécurité à travers un réseau auquel sont rattachés des centaines de milliers d'ordinateurs. Et d'avoir fait tout ça sans la moindre notion scientifique ou technologique, sans savoir comment ça fonctionne, sans avoir besoin de procédures complexes, simple comme bonjour.

Sans doute parce que je ne suis pas un "digital native", je ne cesse d'être émerveillé par Internet.