






Dans quelques heures je m'envole pour ce qui sera mon dixième voyage vers les États-Unis. Je vous retrouve de l'autre coté.
Dans le métro le type à coté de moi écoutait de la musique dans ses écouteurs à un tel volume que j'en était gêné, pourtant à un mètre de ses oreilles et que je suis descendu pour monter dans une autre voiture. C'était insupportable ce bruit. Il écoutait du metal ou quelque chose comme ça, en tout cas un truc de cinglé qui ressemblait de loin à un tir de mitrailleuse continu. Une horreur.
Je me rends compte que j'écoute de moins en moins de musique en vieillissant et que celle-ci m'intéresse de moins en moins les années passant. Quand je suis chez moi je mets plutôt la radio. J'aime beaucoup la radio et en particulier NPR sur iTunes ou une émission en podcast. Plus la radio parle mieux c'est, et en anglais c'est encore mieux!
J'aime les voix, elles me restent plus en mémoire que les autres sons, que les airs. J'aime qu'on parle. A tel point qu'il m'arrive fréquemment de mettre sur mon ordi les voix en direct des contrôleurs aériens et des pilotes d'aéroports très fréquentés comme Kennedy à New York ou Boston ou O'Hare à Chicago. Ces voix déformées par la radio qui échangent des informations nécessaires, cabalistiques, impénétrables et urgentes, parsemées de chiffres et avec un accent américain à couper au couteau, m'enchantent, je ne m'en lasse pas et je ne me lasse pas du miracle qui fait que je puisse les écouter de mon appartement à Paris comme si j'étais juste à coté d'eux dans la tour de contrôle. Magie d'Internet le merveilleux! Voix des pilotes à la nonchalance calculée. Voix des ATC, rapides, pressées, impératives.
Les voix américaines nasillent, roulent des galets ronds avec leurs molaires, elles sont chaleureuses, le plus souvent très graves — même chez les femmes — et puissantes. Les voix anglaises sont mouillées, flutées, elles semblent glisser et se heurter aux incisives, elles sont fricatives et hachées et un peu dédaigneuses.
J'aime entendre déclamer de la poésie et entendre raconter une histoire. Les voix sont ma musique préférée.
Edwige Antier, pédiatre et députée, prétend déposer une loi pour interdire les châtiments corporels dont la fessée, aux motifs que "plus on lève la main sur un enfant, plus il devient agressif". Une telle loi me paraitrais ridicule, inopportune et inadaptée et serait, selon moi, dangereuse pour les libertés individuelles. Qui viserait-on par une loi générale qui s'appliquerait à toutes les familles, des plus équilibrées au plus abusives? Sanctionnerions-nous la fessée occasionnelle et bénigne, acte de réprimande qui arrive dans toutes les familles, et qui, appliquée avec discernement et affection ne présente aucun danger pour l'enfant et vient le rappeler à l'ordre et au respect des règles de bonne vie domestique? Ou viseraient-on la violence familiale, scandaleuse et profondément traumatisante, mais qui est déjà par ailleurs sanctionnée par la loi? À tout mélanger, à ne plus rien distinguer du bénin ou du grave tout échappe et devient flou. À trop vouloir embrasser on fini par ne plus rien saisir. À tout vouloir réglementer on s'immisce dans la vie privée des gens, là où est censé s'exercer encore un peu de leur liberté. On est tenté de mettre chacun de leurs actes, même les plus élémentaires et naturels, sous tutelle. Les normes pédiatriques du jour ne doivent rester qu'au titre de conseil et de préconisation, pas de loi. Qu'on continue comme cela et on finira peut-être par interdire de réprimander verbalement les enfants ou par imposer l'absorption de deux litres d'eau par jour et par personne et une demi-heure d'exercice obligatoire par jour pour tout le monde, ou par interdire des pratiques sexuelles réputées déviantes selon la mode du moment ou les préjugés de la société.
La loi doit se tenir à l'écart de l'intime et du domestique et n'en sanctionner que les faits les plus scandaleux (brutaliser son conjoint par exemple ou abuser de ses enfants), elle ne doit pas vouloir tout régenter sauf à tomber dans une forme de totalitarisme. La bonne conscience appliquée avec dogmatisme fait souvent des ravages, méfions-nous de la dictature du Bien. Si Madame Antier est un peu raisonnable elle reconnaîtra que ses intentions, toutes vertueuses qu'elles soient, ne doivent pas être soutenues par la loi.
Sarah Palin dans son livre Going Rogue:
I love meat. I eat pork chops, thick bacon burgers, and the seared fatty edges of a medium-well-done steak. But I especially love moose and caribou. I always remind people from outside our state that there’s plenty of room for all Alaska’s animals—right next to the mashed potatoes.Ça me rappelle la chanson de Bobby Lapointe:
Only three links today, I'm very tired, had a rough day at work and can barely understand what I read...
¶ How Mr. Q Manufactured Emotion Dustin Curtis:
Mr Q begins to teach me about theme park philosophy as we fly off the coast of South Carolina. Disney World is a manufactured experience. Its environment is more ‘real’ than reality, and that’s part of why it’s such an exciting place. Everything in the park -- from leaves stapled onto trees for covering up empty holes to artificial rocks in the planters -- has been carefully and deliberately designed and placed for the sole pursuit of achieving the perfect environment. When a visitor’s eyes scan the park and see everything in perfect harmony with his expectations, he is overcome with the feeling of bliss. “This is what makes Disneyland the happiest place on Earth,” Mr Q tells me, “This is why people love Disney parks.”
[Internet]
¶ Word Magazine: Album Covers Map: a world interactive map showing where iconic music album cover photographs were taken. (via).
¶ Interactive Map Showing Immigration Data Since 1880 (NYTimes): this infography is awesome.
¶ NSFW: ‘Tis Pity She’s A Success – Belle de Jour and the Impossibility of Anonymous Blogging (TechCrunch): Belle De Jour, anonymous and very famous blogger in the Uk outed herself in the Sunday Times, in her blog ( and successful book and film), she wrote stories of her days as a call girl when she ran out of money to pay for her studies. TechCrunch ponders about anonymous successful blogging and the impossibility of remaining unknown.
[humanities]
¶ Pinker on Malcolm Gladwell (NYTimes):
The common thread in Gladwell’s writing is a kind of populism, which seeks to undermine the ideals of talent, intelligence and analytical prowess in favor of luck, opportunity, experience and intuition. For an apolitical writer like Gladwell, this has the advantage of appealing both to the Horatio Alger right and to the egalitarian left. Unfortunately he wildly overstates his empirical case. It is simply not true that a quarterback’s rank in the draft is uncorrelated with his success in the pros, that cognitive skills don’t predict a teacher’s effectiveness, that intelligence scores are poorly related to job performance or (the major claim in “Outliers”) that above a minimum I.Q. of 120, higher intelligence does not bring greater intellectual achievements.[politics]
By not overreacting, by not responding to movie-plot threats, and by not becoming defensive, we demonstrate the resilience of our society, in our laws, our culture, our freedoms. There is a difference between indomitability and arrogant "bring 'em on" rhetoric. There's a difference between accepting the inherent risk that comes with a free and open society, and hyping the threats.[miscellanies]
We should treat terrorists like common criminals and give them all the benefits of true and open justice -- not merely because it demonstrates our indomitability, but because it makes us all safer. Once a society starts circumventing its own laws, the risks to its future stability are much greater than terrorism.
Despite fearful rhetoric to the contrary, terrorism is not a transcendent threat. A terrorist attack cannot possibly destroy a country's way of life; it's only our reaction to that attack that can do that kind of damage. The more we undermine our own laws, the more we convert our buildings into fortresses, the more we reduce the freedoms and liberties at the foundation of our societies, the more we're doing the terrorists' job for them.
Les mémoires de Sarah Palin, Going Rogue, sortent mardi aux États-Unis et les médias ont réussi à s'en procurer les bonnes feuilles. Les controverses sur les révélations de Palin à propos de la campagne pour les présidentielles en 2008 commencent à s'accumuler.
D'après le New York Times, Palin revient sur l'interview catastrophique avec Katie Couric , et parodié par Tina Fey dans le Saturday Night Live:
She writes that she sat down with Katie Couric in part because she felt sorry for her, after Nicolle Wallace, a McCain aide, said Ms. Couric suffered from low self-esteem.
But in the interview, Ms. Palin writes, Ms. Couric was biased and "badgering".
YouTube - Flight 1549 3D Reconstruction, Hudson River Ditching Jan 15, 2009: reconstitution 3D absolument passionnante de l'amerrissage du vol 1549 depuis le décollage de l'avion jusqu'à son arrivée dans l'Hudson avec les voix réelles des contrôleurs et des pilotes et leur transcription en sous-titre ainsi que les dialogues dans le cockpit. Génial! À voir en HD, attention la vidéo est très longue à charger, il vaut mieux la laisser charger tranquillement avant de la jouer.
Dans une semaine exactement je serais en route pour Houston, Texas, ma deuxième visite dans cette ville (si l'on exclu la fois où je n'y ai fait qu'une escale sur ma route pour Los Angeles). Je prends Air France, un B777, normalement, et mon vol va durer dix ou onze heures sans escales. Je suis très content d'aller aux États-Unis ma patrie de coeur (et s'il n'y avait que cette perspective ça serait déjà beaucoup pour moi) et très content et impatient de revoir ma petite famille là-bas: Yves, Claire et Joel, Pol et Cécile. Je fourbis déjà mon imagination pour inventer des histoires à mes petits neveux qui en sont friands (je n'ai jamais vu d'enfants aimant autant les histoires et étant autant enthousiastes quand on leur en raconte une, Joel est passionné et Pol vit complètement l'histoire, leur émerveillement est super à voir) et qui aiment mes racontars, je veux être à la hauteur de ma réputation de conteur! Je passerai Thanksgiving avec eux et je me réjouis à l'idée de déguster une bonne dinde aux hormones bien juteuse (franchement les dindes américaines c'est quelque chose, ça n'a rien à voir avec les gallinacés d'ici!) avec des cranberries. Dans le temps quand je prenais l'avion pour aller aux States j'étais malade d'appréhension une semaine avant, mais désormais — sans doue aussi du fait que je serai l'hôte de ma famille — je suis complètement détendu à cette idée, ça ne me fait pas plus d'effets que si je prenais le train pour aller à Brest ou à Chinon. Que du bonheur! Quant à savoir ce que je vais faire pendant dix jours à Houston, eh bien: photos, promenades, un peu d'exotisme et de dépaysement et de plaisir de vivre l'Amérique et prendre plaisir à être avec mes neveux (petits et grands) ça me suffit.
¶ 9/11 Trial Poses Unparalleled Legal Obstacles for Both Sides (New York Times): indeed! Let's recognize that it will be a very interesting trial to follow. Let's consider the scope of the crimes, the intensity of the legal questions, the defense and prosecution's strategies, the choice of the venue (New York), the question of torture, the death penalty, the jury... (Will Mr. Khalid Sheik Mohammed be tried for 3000 counts of premeditated murder?)
¶ I agree with this Editorial in the New York Times.
Putting the five defendants on public trial a few blocks from the site of the former World Trade Center is entirely fitting. Experience shows that federal courts are capable of handling high-profile terrorism trials without comprising legitimate secrets, national security or the rule of law. Mr. Bush’s tribunals failed to hold a single trial.
(...)
The Obama administration has yet to completely figure out how to rectify the disgraceful Bush detention policies, but it is getting there.
As mayor, Giuliani was in a unique position to learn from the 1993 bombing and prepare his city for the next terrorist attack. He failed on both counts, with the most obvious evidence of his failure coming in the decision about where to place the city's emergency command center: He ultimately chose the World Trade Center, which had been bombed only a few years earlier. Giuliani has since tried to put the blame for this on his emergency management director, Jerome Hauer, but Hauer had fought for a site in Brooklyn before caving in to his boss.
Last year, the New York Times revealed a memo prepared by the New York Police Department that revealed the NYPD's strenuous objections to the choice. They had good reason to be concerned: On 9/11, the command center was useless, and -- despite what Giuliani says now -- it took hours for him to find a spot that could serve as a backup, Hauer's previous requests to build a secondary facility having been turned down.
