Houston

Les gens qui ne connaissent des US que New York, et surtout Manhattan, ont tendance à penser que les villes Américaines sont des étendues bétonnées à mort. En fait la plupart des villes sont de vastes banlieues de maisons individuelles et de petits immeubles d'habitation collectif mélangés. Les villes ont ainsi l'air d'être construites à la campagne et elles s'étendent sur des surfaces très dépaysantes pour un Européen. Les circonférences de ces villes sont en perpétuelle expansion, ce qui ne manque pas de poser des problèmes d'envahissement des espaces naturels. Les villes sont parcourues par un réseau d'autoroutes qui se croisent en des entassements vertigineux de bretelles d'autoroutes. Le long des ces autoroutes s'étendent à perte de vue des centres commerciaux offrant assez peu de choix en matière de marques (ce sont toujours les mêmes qu'on retrouve de loin en loin). Le centre, quand il n'y en n'a pas plusieurs, est en général très petit, occupé par quelques gratte-ciels de bureau, il n'est habité la nuit que par une population hétéroclite de SDF, punks à chiens, junkies et dealers. Les lotissements qui entourent ce centre sont très ségrégués socialement (très riches, riches, moyens, pauvres, très pauvres) et ethniquement (noirs, blancs, hispaniques, asiatiques). Ces lotissements (appelés parfois "subdivisions") ont, pour les plus cossus, des rues longées d'arbres ce qui donne l'impression d'être dans une ville très verte, finalement.


Entassement de bretelles d'autoroutes, à Houston

Houston est typique de ce genre de ville Américaine, mais elle a la particularité d'avoir été construite sur des zones forestières, des marais ou des prairies, que l'on peut encore voir dans les environs. Le sol est très meuble, voire spongieux (à tel point qu'il n'est pas possible de creuser de caves sous les maisons et à plus forte raison un métro souterrain). Houston s'est agrandi de manière assez désordonnée. Là où s'étendent maintenant des lotissements s'étendaient jadis (mais il n'y a pas si longtemps en fait) des rizières ou de plantations de cotton, ce qui donne une idée du genre de terrains sur lesquels on a construit. Les nappes souterraines ont été pompées jusqu’à épuisement pour irriguer le cotton (qui demande beaucoup d'eau), à tel point que par endroit le sol s'est enfoncé au dessous du niveau de la mer et continue à s'enfoncer.

Une rue typique dans un quartier cossu, de Houston

Le climat est subtropical humide avec des étés très chauds voire torrides et humides et des hivers doux. La hauteur des précipitations annuelles moyennes oscille entre 914 et 1 263,9 mm. C'est beaucoup. Les orages sont fréquents en été et apportent des pluies diluviennes qui provoquent des crues surprises (des flash floods). Pour parer aux crues subites on a pensé à transformer les autoroutes et les principales artères en conduits de drainage en cas de besoin.

Une rue de Houston.

La principale rivière, qui coule d'ouest vers l'est et se jette dans le Houston Ship Channel et dans le Golfe du Mexique est le Buffalo Bayou. Le Bayou est alimenté par une multitude de petits ruisseaux. Vers l'ouest de la ville on a construit dans les années 60 deux vastes bassins de retenue : les réservoirs Addicks et Barker. Ces bassins sont des cuvettes enfermées par des digues, qui retiennent les eaux d'affluents du Buffalo Bayou et relâchent progressivement ces eaux dans le Buffalo Bayou quand la crue est terminée. Addicks a une capacité de 248,000,000 m3, Barker de 258 000 000 m3. Petit à petit des lotissements ont été développés jusqu'aux rives de ses bassins, ils sont aujourd'hui en grand danger.
Aujourd'hui on nous annonce que les ingénieurs ont commencé à ouvrir les vannes des réservoirs Addicks et Barker pour ne pas qu'ils débordent sur les lotissements environnants mais il semble que cette mesure ne soit pas suffisante et que les eaux d'Addicks commencent à passer par dessus ses digues.

Cercle vicieux

Hurricane Harvey: Why Is It So Extreme?

Fascinant : la raison pour laquelle Harvey produit autant de pluie est qu'il se nourrit des zones humides qu'il a lui même créées en restant sur place ! Normalement un ouragan dépose sur terre (sous forme de pluies diluviennes) l'humidité qu'il a absorbé au dessus de l'océan, puis il "sèche" peu à peu et les pluies diminuent en intensité car une fois arrivé au-dessus des terres il ne peut plus absorber d'humidité et il se déplace en général rapidement. Mais aujourd'hui Harvey a produit tellement de pluie qu'il a inondé une très grande surface de sol et comme il est coincé entre deux zones de hautes pressions il ne bouge presque plus, il absorbe donc de nouveau l'humidité qu'il a lui même versé au sol et la reverse ensuite sur ce même sol. En théorie ce phénomène très rare, une sorte de cercle vicieux, pourrait donc durer longtemps.

Harvey

Le vent a presque cessé de souffler sur le passage de l'ouragan Harvey mais pas les chutes de pluie. Un déluge invraisemblable (63 centimètres de pluie par endroit en 24 heures) s'est abattu sur l'ensemble du sud-est du Texas et en particulier sur la métropole de Houston. L'ouragan Harvey a touché terre à Corpus Christi à 400 km au sud de Houston, il a causé beaucoup de dégâts sur la côte et a commencé à perdre de sa puissance éolienne en s'enfonçant dans les terres. Mais il n'est pas allé très loin, il a été repoussé vers le Golfe du Mexique par un front froid situé au centre du Texas. Harvey a perdu ses vents en devenant une dépression tropicale mais toute l'humidité engrangée au-dessus du Golfe s'est mise à tomber sur terre en pluies diluviennes. Maintenant Harvey chemine lentement en direction de la côte, il pourrait même reprendre la mer pour un temps et se renforcer, puis il remontera vers le nord et s’affaiblira mais pas avant la fin de la semaine. Le déluge n'a donc pas fini de s'abattre sur cette région du Texas.

C'est un plat pays, presque toujours au niveau de la mer et parcouru de nombreuses petites rivières côtières qu'on appelle là-bas des bayous. Les bayous sortent donc de leurs lits et étalent leurs eaux vaseuses sur toute la ville et la campagne environnante. L'écoulement des eaux de pluie se fait par ces rivières dans le Golfe du Mexique, mais la marée de tempête soulevée par le cyclone empêche cet écoulement et de toute façon les pluies sont gigantesques. Je connais un peu Houston pour y avoir séjourné trois fois pendant de courtes périodes. La maison individuelle de plein pied est le plus fréquent mode d'habitation. La ville s'étend sur une très vaste surface plane, les quartiers sont reliés entre-eux et au centre-ville par un immense réseau d'autoroutes. Un terrain rêvé pour une inondation catastrophique.

On parle, et je crois avec raison, d'une catastrophe de l'ordre de l'ouragan Katrina qui avait ravagé la Nouvelle Orléans en 2005. Sauf que Houston n'est pas NOLA et à plusieurs titres. C'est une métropole de 6 millions d'habitants alors que NOLA n'en comptait que 300 000. Et puis New Orleans est une ville assez pauvre, où le laisser-aller et la corruption des autorités publiques est légendaire. Houston est une ville riche, plutôt bien gérée, avec une industrie pétrochimique très importante. Houston est considérée comme la capitale mondiale de l’énergie. L'industrie métallurgique, l'électronique, l'industrie aérospatiale, les biotechnologies, les installations portuaires sont les principaux employeurs de la métropole après l'industrie du pétrole. On y trouve le fameux Johnson Space Center, le plus grand centre de la NASA (18 000 employés) et le siège d'United Space Alliance, qui fait travailler plus de 10 000 personnes. Les hôpitaux et cliniques de Houston sont très réputés. C'est pourquoi je pense que même si le bilan humain est plus lourd que pour Katrina, les secours et les efforts pour retourner à une situation normale seront bien mieux organisés et bien plus efficaces que pour Katrina à la Nouvelle Orléans.

Noms d'Amérique

Montagnes : Adirondack, Allegheny, Blue Ridge, Chinati, Mammoth, Mesabi, Ozark, Pocono, Rainier, Shasta, Shenandoah, Shiprock.

Rivières : Atchafalaya, Menominee, Maumee, Nodaway, Sangamon, Scioto, Susquehanna, Trinity, Willimantic, Missouri, Mississippi, Arkansas.

Régions : Big Thicket, Firelands, Tidewater, Maine, Vermont.

Rivages : Casco, Tampa Bay, Canaveral, Mendocino, Throgs Neck, Cape Fear, Cape Cod.

Villes : Atlanta, Chicago, Columbia, Detroit, Houston, Los Angeles, Miami, New York, Newark, Philadelphia, Phoenix, Washington, Manhattan.

Ouest : Tule, Yerba Buena. Mojave, Escalante, Moab, Arapaho, Pecos, Amarillo, Santa Fe, Kiowa, Santee, Taos, Shawnee, Sequoia, Apache.

Animaux : Racoon, Armadillo, Oppossum, Alligator, Coyote, Moose.

Sud : Ouachita, Memphis, Plaquemine, Tchoupitoulas, Bayou, Pascagoula, Chattahoochee, Seminole, Savannah, Charleston, Topekah, Chattanooga. Midwest : Wichita, Kalamazoo, Elkhart, Michigan, Ogalalla, Sioux, Cheyenne.

Nord Ouest : Cimarron, Monterey, Humbolt, Redwood, Palouse, Yakima, Spokane, Kootenai, Muskegon.

Nord Est : Monongahela, Chesapeake, Great Dismal, Hudson, Poughkeepsie, Mohawk, Walden, Nantucket, Mount Desert.

Chaos

Le nouveau DirCom de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci (tout droit sorti d'un épisode des Sopranos) vient publiquement de dénigrer le Secrétaire Général de la présidence Reince Priebus et de dire qu'il (Priebus) était responsable des fuites à la presse; quand on lui a demandé s'il avait l'aval de Trump pour dire cela il a répondu "oui, tout à fait" !

A suivre, mais à mon avis les jours de Priebus sont comptés !

Collusion

Trump est en rage à l'idée que le "special counsel" (procureur spécial désigné par le ministre de la justice adjoint pour enquêter sur l'affaire de collusion entre Trump et les services Russes), Robert Mueller, puisse voir ses déclarations d'impôts. Qu'il y a t'il de si incriminant dans ces fameuses déclarations pour que Trump envisage sérieusement de limoger Robert Mueller, ce qui serait presque un coup d'état, en tout cas susceptible de déclencher une crise constitutionnelle aiguë ? Ces déclarations dont personne n'a vu la couleur jusqu'à maintenant.

Dans sa rage et sans doute sa terreur de voir le "special counsel" voir et décortiquer ses déclarations d'impôts, Donald Trump critique très vivement son propre ministre de la justice (Attorney General) et ancien allié de la première heure, Jeff Session. Il le pousse à la démission parce que Session s'est récusé dans l'affaire Russe, laissant à l'adjoint de Session au ministère de la Justice la décision de désigner un "special counsel". Trump pourrait très bien limoger Session tout de suite mais il préfère le pousser à la démission à coup de tweets malveillants.

Le but est bien de remplacer Jeff Session par une personnalité plus à la botte de Trump qui limogerait alors le special counsel ou n'aurait pas d'états d'âme à le faire sur ordre de Trump.

Parallèlement il se dit que l'équipe de Trump chercherait par tous les moyens à discréditer les procureurs qui travaillent pour Robert Mueller et Mueller lui-même, en fouillant leur passé et en cherchant tous signes de conflits d’intérêts.

Il y a donc péril en la demeure. Qui pourrait croire maintenant qu'il n'y a rien de compromettant pour Trump dans l'affaire Russe ? Pourquoi la Maison Blanche ferait-elle autant d'efforts pour discréditer et éventuellement mettre fin à l'enquête du "special counsel" si Trump était blanc comme neige dans cette affaire ?

Relaxation avec Planet Earth II

Dix heures de sons et d'images de nature empruntés à la série de la BBC "Planet Earth II".



As part of the Real Happiness Project we want to take you on a journey over some of the most rugged islandscapes on earth. as you glide over where land meets ocean immerse yourself in this vivid habitat. All footage used was filmed by the Planet Earth II camera teams whilst out on location.
Ils ont aussi fait La Montagne, La Jungle, L'Île, Le Désert.

Visite de Donald Trump en France

Je ne comprends pas la polémique sur la visite de Trump pour le 14 juillet. Comme on le sait je suis totalement opposé à Donald Trump. Je n'ai aucune admiration ni aucun respect pour ce démagogue, roublard, inculte, grossier, réactionnaire, puérile et sans vergogne. Mais Trump, qu'on le veuille ou non, est le légitime président des États-Unis, à ce titre il représente son pays et ce qu'on fête en ce 14 juillet c'est l'arrivée des troupes Américaines en France pour nous aider à gagner la première guerre mondiale. Macron a eu raison de l'inviter, pour célébrer l'amitié entre la France et les États-Unis. Par ailleurs, en l'invitant avec bienveillance, il montre à Trump — qu'il n'apprécie pas plus que la plupart de Français et à qui il s'est plusieurs fois opposé de façon très claire — une hauteur de vue qui ne pourra que donner au Donald une leçon de diplomatie et de leadership.

Pourquoi je préfère la politique américaine

Je me rends compte que je m'intéresse plus à la politique américaine qu'à la politique française. Deux raisons à cela. La première et principale est que les péripéties de la politique américaine m'affectent moins que les turbulences de la politique française. Ma relation avec l'Amérique est moins affective qu'avec la France. J'ai donc un regard plus éloigné, plus froid et plus serein sur ce qui se passe là-bas, alors que ce qui se passe dans le domaine politique en France a vite fait de me faire perdre mon calme. La seconde est que j'aime (ce n'est pas nouveaux) les États-Unis mais d'une façon moins passionnelle que ma patrie (en même temps, pendant longtemps, toute manifestation d'antiaméricanisme, même minime, me mettait en colère, plus maintenant, j'ai, sur ce point, mis de la distance affective entre l'Amérique et moi).

Les insanités "trumpiennes" m'indignent donc moins. Comme je ne regarde pas la télé américaine je n'ai pas l'occasion de me scandaliser devant Fox News ou Infowar. Je me sens concerné par les événements politiques américains, je suis inquiet pour mes amis là-bas et j'ai été réellement affecté (je le suis d'ailleurs toujours) par l'élection de Donald Trump, je m'enthousiasme parfois toujours pour ce pays mais à un niveau plus bas que tout ce qui m'inquiète ou m'indigne, voire m'enthousiasme ici en France ou même en Europe.

Par ailleurs parler de la politique américaine m'expose moins à des polémiques inutiles autant que passionnées.

J.O.

Donc Paris et Los Angeles organiseront les prochains Jeux Olympiques, en 2024 et/ou en 2028 ! Plus aucune ville ne veut organiser les Jeux Olympiques et balancer par les fenêtres des milliards d'Euros ou de Dollars, sauf deux benêts : Paris et Los Angeles, donc ce sera ces deux villes qui s'y colleront ! Bravo !

Loyauté mal placée

On peut poser la question : quand les Républicains du Congrès lâcheront-ils Donald Trump ? Ma réponse est : probablement jamais, ou alors en dernière extrémité. Il faut savoir que les élus GOP sont grandement inféodés à leurs pourvoyeurs de fonds. Les richissimes financiers du GOP l'ont quasiment à leurs bottes en particulier grâce aux lois permissives sur le financement des campagnes électorales.Tant que ces donateurs soutiendront Trump il ne sera pas question de ne pas le soutenir, et les donateurs soutiendront Trump tant que celui-ci leur garantira les avantages fiscaux qu'ils réclament. Quant à leurs électeurs ils sont en majorité plus trumpistes que Trump et en cas de trahison de leur député sont capables de la lui faire payer cher. Et puis il y a le risque toujours présent d'un "primary challenge" c'est à dire qu'un candidat plus trumpiste que le député félon se présente contre lui lors des primaires obligatoires avant chaque élection (et pour les Représentants, les élections c'est tous les deux ans) !

Donald Jr. est dans la panade !

¶ Russian Dirt on Clinton? ‘I Love It’ Donald Trump Jr. Said (The New York Times)

Et vlan ! Le New York Times a eu connaissance aujourd'hui du contenu du courriel envoyé par un homme d'affaire à Donald Trump Junior. Dans ce courriel le correspondant de Donald Jr. lui écrit que, lors du rendez-vous demandé, il lui remettrait des documents compromettant sur Hillary Clinton et que ces documents faisaient partie des efforts du gouvernement russe en faveur de Donald Trump.

Jr. répondit aussitôt qu'il serait ravi d'avoir connaissance de ces documents !

Dans une première version de ses déclarations Donald Jr. a dit qu'il était bien allé au rendez-vous, accompagné de Jared Kushner (son beau-frère) et de Paul Manafort (à l'époque directeur de campagne électorale) mais qu'il ne connaissait pas, au moment où il est allé au rendez-vous, la raison de celui-ci. Dans un deuxième temps, Donald Jr. a déclaré qu'il connaissait la raison de ce rendez-vous (recueillir des informations compromettantes contre Hillary) mais affirmait qu'il ne savait pas si le gouvernement russe était impliqué dans l'affaire.

La preuve est donc indiscutable que des gens très proches du candidat Trump -- son fils, son gendre et son directeur de campagne -- étaient non seulement au courant mais ont encouragé les efforts du gouvernement Russe pour aider Trump à remporter la course à la Maison Blanche.

Et cette preuve change tout, car jusqu'à maintenant Trump et son entourage ont toujours déclaré n'être pas au courant d'une quelconque immixtion du gouvernement Russe dans les élections.

Ce qui est curieux c'est que le père de Donald Trump Jr. (le président), n'a, jusqu'à maintenant, pas du tout pris la défense de son fils.

Apparemment quelqu'un en veut particulièrement au fils de Trump pour organiser ces révélations à répétition. Donald Jr. n'est pas impliqué dans l'administration Trump mais garde la boutique de son père (avec son petit frère) pendant que Trump Sr. est à la Maison Blanche. Il a aussi la réputation bien établie d'être un sacré trouduc ! On se fait vite des ennemis mortels dans ce milieu !

Collusion, trahison ?

We are past the point of innocent explanations on Trump and Russia (Vox - Ezra Klein)

La maison Trump est en train de brûler. Tous les jours de nouvelles révélations apparaissent dans la presse sur la collusion entre les conseillers de Trump (et en particulier sa famille : son fils, son gendre) et les services secrets russes.

Aujourd'hui c'est Donald Jr. le fils aîné de DJT qui est sur la sellette pour avoir, apparemment en toute connaissance de cause, rencontré un envoyé des services russes pour recueillir des informations dommageables sur Hillary Clinton.

"Frequently individuals who go along a treasonous path do not even realize they are on that path until it gets to be a bit too late.” [Souvent les gens qui s'engagent sur la voie de la trahison ne réalisent pas qu'ils sont sur cette voie jusqu'à ce qu'il soit trop tard] -- John Brennan, ex-directeur de la CIA.

Si le New York Times parvient à publier de tels scoops imaginez ce que sait le procureur spécial Robert Mueller.

Constitutional Rot

¶ Constitutional Rot, by Jack Balkin

[ Balkin, Jack M., Constitutional Rot (June 14, 2017). Can It Happen Here?: Authoritarianism in America, Cass R. Sunstein, ed. (2018, Forthcoming). Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=2992961 ]

Excellent paper from Jack Balkin of Yale Law School. It's in English (I would translate it if I had the time and the rights to do it). It's a fourteen pages paper, very clearly and methodically written.

Here the abstract :

Constitutional rot refers to the decay of features of a constitutional system that maintain it as a healthy republic. Constitutional rot has been going on for some time in the United States, and it has generated the country's current state of dysfunctional national politics. Constitutional rot has made American politics increasingly less democratic, less republican, and more oligarchical.
The causes of constitutional rot are four interlocking phenomena, which we might call the Four Horsemen of Constitutional Rot:
(1) political polarization;
(2) loss of trust in government;
(3) increasing economic inequality; and
(4) policy disasters - important failures in decision-making by our representatives, such as the Vietnam War, the Iraq War and the 2008 financial crisis.
Each of these four phenomena exacerbates the others. In addition, America's inadequate response to globalization has hastened constitutional rot.
As a political system becomes increasingly oligarchical, it also becomes less equal, more polarized, and generates greater distrust, both of government in general and of political opponents. People not only lose trust in government, but in other people who disagree with them. Political opponents appear less as fellow citizens devoted to the common good and more like internal threats to the nation.
When people lose faith in government, they are likely to turn to demagogues who promise to make everything right and restore former glories. The rise of Donald Trump, who has many of the traits of a traditional demagogue, is a symptom of constitutional rot, rather than its cause.
Constitutional rot not only allowed Trump to gain power; he also has incentives to increase constitutional rot to stay in power; for example, by increasing polarization, and sowing distrust and confusion. Many of his actions as president—and his media strategy—make sense from this perspective.
Moreover, Trump, like many populist demagogues before him, has maintained populist rhetoric while abandoning any serious effort at pushing for genuinely populist policies. Once populist demagogues take power, they often discard the people who helped put them there; instead, they substitute new backers who are easier to deal with and/or pay off to stay in power.
The United States still retains many structural advantages that might allow it to halt and reverse constitutional rot, including an independent judiciary, a free press, and regular elections. In fact, Trump's presidency likely represents the end of an enervated political regime, and not the necessary future of politics. Although the present situation looks bleak, the next several election cycles offer the possibility of political renewal if Americans can rise to the challenge.

Orages

Orage ce matin. La foudre est tombé très près de chez moi, j'ai vu l'éclair, très vif, et presque simultanément j'ai entendu l'explosion, comme si un marteau tapait sur une enclume avec une force titanesque. Bruit assourdissant et effrayant. Comme la vitesse du son est de 380 mètres à la seconde, l'impact de foudre était tout au plus à 100 ou 150 mètres de chez moi, peut-être moins. Ni l'électricité, ni Internet n'ont sautés. J'étais dans mon lit et j'ai écouté la pluie tomber en cascades, j'aime bien écouter la pluie.

Hier soir orage aussi, mais la foudre n'est pas tombée tout près de chez moi1 et dans mon quartier la pluie a été abondante sans jamais être le déluge décrit par les journaux ce matin. Il semble que dans le sud-ouest de Paris des pluies diluviales sont tombées, sous un orage stationnaire, alors que dans le nord de Paris (où j'habite) les pluies n'ont été que fortes et l'orage est passé très vite.


  1. D'après le site Lightningsmaps.org les plus proches impacts ont eu lieu entre 400 et 500 mètres. 

Shinjuku

Je reposte cette vidéo, car je la trouve remarquable et fascinante.


Petite phrase, grosse polémique

On sait tous que j'ai des opinions très favorables pour Macron, toutefois je pense qu'il devrait, de temps à autre, faire un peu attention à ce qu'il dit ou du moins à l'interprétation possible de certaines de ses phrases. La dernière en date est la phrase prononcée dans son discours à l'occasion de l' inauguration du campus de Station F : "une gare c'est un lieu où l'on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien". Je reconnais que je n'ai rien compris à cette phrase. J'ai écouté le reste du discours mais ça ne m'a pas éclairé. Je ne veux pas y voir l'expression d'un mépris de classe mais il faut bien reconnaître qu'on peut l'interpréter comme ça. Mon frère l’interprète ainsi : "Il y a des gens qui réussissent et qui se font un nom, une renommée, et d'autres, les plus nombreux, qui resteront anonymes." Je pense que c'est en effet ce qu'il a voulu dire mais ma crainte de le voir faire un impair de ce genre était telle que je n'avais pas compris, ou plutôt que j'avais pris cette phrase au premier degré. C'est donc au moins une phrase maladroite, qui vient après d'autres (les ouvrières bretonnes illettrées, le tee-shirt, les comoriens) et qui me met un peu mal à l'aise. Les adversaires de Macron ne vont pas manquer d'en faire des tonnes et ça me fatigue d'avance.

Les vrais raisons du limogeage

Les vrais raisons du limogeage du patron du FBI, James Comey, sont avouées, et par Trump lui-même, ce qui est extraordinaire. Il ne peut s'en empêcher : là où un autre essaierait d'étouffer le problème en parlant d'autre chose, Trump en fait se vante et dévoile sa façon de penser (si j'ose dire).

En fait, donc, Comey a été limogé pour les raisons suivantes :
- il a refusé d'arrêter ou d'étouffer l'enquête du FBI sur les liens entre l'équipe de campagne de Trump (et Trump lui-même) et la Russie,
- il n'a pas considéré juste de faire inculper Hillary Clinton pour son serveur de courriels privé, et ce, en pleine campagne électorale.
- il n'a pas accepté de prêter serment de loyalisme envers Trump (il ne doit d'ailleurs pas le faire, séparation des pouvoirs et tout ça...)
Ce qui se passe en ce moment aux États-Unis est inouï. Trump est en train de dégommer les institutions américaines une par une, et personne, au Congrès, n'est en mesure de, ou ne veux, réagir.

Trump et les media

Trump se plaint que la presse fasse beaucoup d'audience grâce à lui mais le traite finalement assez mal. Il n'a rien compris à ce que doit être l'éthique des media. Il croit que c'est donnant-donnant. Vous avez de bons chiffres d'audience et vous faites de bons tirages avec moi donc vous devez me renvoyer l'ascenseur.

Pour éviter les couacs de communication et que ses porte-paroles soient accusés de mentir il prévoit de remplacer les conférences de presse quotidiennes de la Maison Blanche par un simple communiqué de presse. Sans laisser aux media la possibilité de poser des questions gênantes, bien sûr.

Trump suggests big changes may be coming for journalists who cover the White House