Airbus A380 - cockpit panorama: j'aime bien le papier méchamment scotché sur la porte! En dehors de ça, awesome, just awesome!
mardi 10 novembre 2009
lundi 9 novembre 2009
discipline de vote
Via Phersv, le blog Uggabugga donne la liste des 25 Démocrates qui ont voté pour l'amendement Stupak et contre la loi sur l'assurance maladie. Alors que tous les Républicains sauf un ont voté en bloc et logiquement, 25 députés Démocrates n'ont respecté ni les consignes de vote de leur parti ni même le marché qui avait été passé avec le député Bart Stupak (Démocrate, première circonscription du Michigan)!
L'amendement Stupak était sensé faire une concession aux Démocrates pro-vie (anti avortement) afin qu'ils votent la loi finale. Un compromis rendu nécessaire parce que le scrutin était extrêmement serré et que Pelosi ne pouvait se permettre de perdre aucune voix de plus que celles des membres de son groupe, opposés (pour des raisons électoralistes surtout) à la proposition de loi.
grippe, paranoïa, bêtise
À entendre les gens autour de moi la paranoïa est le désordre mental le mieux partagé de nos jours. Entre les complotistes et les soupçonneux en tous genres, ceux qui ne font pas confiance aux agents de l'État et ceux qui ne font pas confiance aux médias, ceux qui doute de l'existence même de la grippe A et du bien fondé de son vaccin (voire de tous les vaccins), je me sens entouré de paranos. On me traitera sans doute de naïf parce que je fais d'emblée confiance à ceux qui nous gouvernent, je dirais que je possède le moyen de les rendre prudents et honnêtes au moins pour les grandes questions: mon droit de vote. En outre je ne vois pas pourquoi sous prétexte de "ne pas croire tout ce qu'on me dit" comme le clamait fièrement Marion Cotillard à l'occasion des attentats du 11 septembre 2001, je devrais me méfier par principe de ce que me disent les gens qui nous gouvernent et pas du tout de ce que déclarent les complotistes de tous poils. À dire vrai ceux-ci me semblent bien moins dignes de confiance que ceux-là. Je trouve qu'il y a quelque étrange folie à toujours soupçonner derrière les faits de la vie la présence d'une main invisible, non seulement cachée mais mal intentionnée à notre égard. Je ne dis pas que les complots néfastes n'arrivent pas quelque fois mais de là à ce que derrière tout se cachent les intentions malignes de certains (qui d'ailleurs? c'est un grand mystère) il y a un pas qui me semble relever de la paranoïa bénigne, ordinaire pourrait-on dire. C'est que, je pense, les gens ne se satisfont pas des causes complexes et de l'absence de coupable. Qu'une catastrophe arrive il nous faut un responsable et un responsable non seulement coupable de négligence mais surtout d'une intention mauvaise. Et plus grande ou plus frappante la catastrophe, plus la méfiance envers les explications forcément imparfaites ou partielles et émanants d'un détenteur de pouvoir sera grande. Et l'on remontra la chaîne de commandement ou la chaîne alimentaire au plus haut, jusqu'à inculper le PDG d'une multinationale pour la négligence d'un de ses employés dans une entreprise périphérique qu'il n'a jamais même visité et dont il ignorait peut-être même l'existence. Il y a là quelque chose comme un déni de la réalité, celle-ci étant complexe, emmêlée, répondant à un faisceau de facteurs plutôt qu'à une cause unique et évidente.
Prenez par exemple le vaccin contre la grippe H1N1. Madame Bachelot n'est certes pas une flèche mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir pris au sérieux les menaces qu'était sensé faire peser la maladie sur les citoyens. Dans l'état des connaissances du virus avant l'été, elle a agit avec célérité et prudence. Voilà qu'on lui reproche d'en avoir trop fait, d'avoir acheté trop de vaccins trop chers (et donc d'avoir dilapidé l'argent du contribuable), d'avoir même voulu vacciner en masse les Français pour détourner l'attention de turpitudes gouvernementales ou pour des desseins encore plus noirs, pour un petit virus de rien du tout qui rend malade, certes, mais auquel la plupart des gens survivent sans séquelles. J'en connais même qui dans le délire de généralisation qui leur est coutumier et qui devient même une forme courante d'argumentation, déclarent la pandémie imaginaire! Je serais Madame Bachelot (Dieu m'en préserve) je serais quelque peu amer d'une telle ingratitude. Car si le virus de la grippe A s'était révélé aussi méchant que celui de la grippe espagnole des années 1910 et avait tué des dizaines de milliers de personnes comme alors et qu'on n'ai fait aucune réserve de vaccins ni de médicaments et qu'on n'ai pris aucune mesure préventive pour éviter la pandémie, qu'aurait-on entendu comme accusations d'irresponsabilité voire d'intentions coupables de la part de ceux qui, aujourd'hui, se plaignent de la gabegie de l'État! Maintenant j'entends qu'une grande majorité des gens refusent de se faire vacciner contre la grippe A. Dans un sens c'est qu'ils ne sentent pas menacés par le virus et c'est tant mieux, mais c'est aussi parce qu'ils n'ont pas confiance dans le vaccin, celui-ci, dit-on, pourrait entraîner des séquelles plus graves que le virus de la grippe. Au nom du principe de précaution on refuse de prendre des précautions! Réfléchissons : en se faisant injecter le vaccin on prend un risque, un tout petit risque, celui de contracter une maladie iatrogène assez peu probable, mais comparé avec le risque d'être malade de la grippe si l'on ne se fait pas vacciner c'est négligeable, surtout si, de par son activité quotidienne, on est susceptible de refiler facilement le virus à d'autres plus fragiles ou plus vulnérables à une infection que nous. Personnellement je vais me faire vacciner dès que possible, pas pour faire plaisir à Madame Bachelot, mais pour ne pas être malade parce que je trouve extrêmement désagréable d'être cloué au lit une semaine et quinze jours à m'en remettre pour un virus pour lequel un vaccin existe et est gratuit.
dimanche 8 novembre 2009
le vote de la Chambre des Représentants
Un seul Républicain a voté Yes à la loi sur l'assurance santé de la Chambre des Représentants: le député Anh "Joseph" Quang Cao de la deuxième circonscription de Louisiane, qui contient la ville de New Orleans. C'est aussi l'un des députés qui a reçu la plus faible contribution financière des assureurs et qui a 24% de la population de sa circonscription sans assurance maladie. La deuxième circonscription de Louisiane est très pauvre avec 26,8% des habitants en dessous du seuil de pauvreté (contre 12,4% pour les États-Unis) et le député Cao vote fréquemment contre son parti à la Chambre. Tous ses collègues de Louisiane à la chambre ont voté Non, y compris le député de la troisième circonscription, un Démocrate qui représente le pays Cajun et qui s'appelle Charlie Melancon!
Par contre, 39 Démocrates ont voté Non. Nancy Pelosi, la présidente Démocrate de la Chambre, a donc passé sa loi d'extrême justesse et contre une minorité de ses députés. Parmi les 39 Démocrates qui ont rejeté la loi, 31 sont ceux dont les circonscriptions ont voté majoritairement pour McCain en 2008. 14 représentent des circonscriptions gagnées sur les Républicains en 2008 et dont les sièges sont considérées comme vulnérables en 2010. C'est donc clairement les députés qui sont en danger électoral qui ont eut les pieds froids. Voilà ce que c'est que de faire des élections tous les deux ans.
À noter que l'amendement Stupak (un Démocrate de la première circonscription du Michigan), soumettant à de sérieuses restrictions la couverture par l'État des avortements, est passé avec toutes les voix Républicaines et 64 voix Démocrates.
Maintenant le Sénat doit encore débattre de sa propre loi et les deux chambres doivent se mettre d'accord et éventuellement approuver une loi finale.
un premier pas pour le "health care"
C'est un premier pas: la loi sur l'assurance santé est passée cette nuit à la Chambre des Représentants des États-Unis par 220 voix contre 215. Juste-juste. C'est bien, mais il y a encore du chemin à faire avant l'adoption finale d'une loi sur l'assurance santé des américains. Le Sénat doit maintenant voter son propre texte et les deux chambres se mettre d'accord sur un texte de loi commun. Il y a encore du pain sur la planche.
samedi 7 novembre 2009
Massacre à Fort Hood
Fort Hood est une immense base de l'US Army, au sud de Dallas, à 100km entre Austin et Waco, dans les plaines du centre Texas, aux confins de la ville de Killeen. C’est au coeur du Texas et au coeur de l’Amérique. Un décor de western. La base fait 640 km2, le tiers d'un département français, elle abrite le 3ème Corps d'Armée avec une division de cavalerie blindée et une division d'infanterie et d'autres régiments, un vaste terrain de manoeuvres et un centre de préparation au combat pour les troupes déployées en Irak et en Afghanistan. Fort Hood compte environ 35000 résidents, les familles des soldats dans des villes pavillonnaires, des entrepôts, des casernements, des bureaux et aussi des écoles, des hôpitaux et des collèges. Le 5 novembre un psychiatre militaire nommé Nidal Malik Hasan a sorti deux pistolets automatiques de ses poches et a tiré dans une foule de soldats qui attendaient de passer une visite médicale avant de partir en Irak ou en Afghanistan. 13 morts, 30 blessés, le major Hasan n’a pas fait de quartier, dans le grand style des shooting rampages américains. Une femme policier de la base, appelée sur les lieux, a descendu le major Hasan. Celui-ci n’a pas été tué, toutefois gravement blessé, il a été évacué sous bonne garde vers un hôpital de San Antonio.
C'est le deuxième massacre dans l'histoire de la ville de Killeen. En 1991 un dénommé George Jo Hennard avait ouvert le feu à l'intérieur d'une cafétéria et avait tué 23 personnes et blessé 20 autres avec un Glock et un Ruger avant de se suicider. Ce jour là, Suzanna Hupp était dans la cafétéria avec ses parents. En ce temps là, la loi texane interdisait de porter une arme non apparente sans permis. Elle n'avait pas de permis et avait laissé son flingue dans la voiture plutôt que de le mettre dans son sac à main, ce qu'elle avait beaucoup regretté après. Hennard descendit son père d'une balle dans la poitrine et sa mère d'une balle dans le crâne à bout portant. Hupp fit campagne pour que la loi texane sur le port des armes non apparentes soit modifiée, ce qu'elle obtint en 1995. C'est tout de même un drôle de coin, où l'on se demande si on met son pistolet dans son sac à main où si on le laisse dans la voiture quand on va au bistrot.
On en sait encore peu sur le drame de Fort Hood et l'armée laisse filtrer les informations avec parcimonie. Tout ce qu'on croit savoir c'est que le major Hasan ne voulait pas aller en Irak ou en Afghanistan où il allait être envoyé pourtant prochainement, il détestait l’idée d’être envoyé là-bas et il aurait tout fait légalement pour l’éviter, mais son tour était venu, il allait partir. Il paraît qu'il était un dévot musulman, originaire de Palestine mais né aux USA. Il disait avoir été harcelé ou moqué par ses collègues parce qu’il était arabe. Il semble qu’il ait prémédité son geste, donnant à sa voisine la veille du jour fatal la plupart de ses maigres possessions. Psychiatre, il avait assisté les soldats traumatisés de retour de guerre. Quand un étudiant d’origine coréenne avait descendu 32 personnes à l’université de Virginia Tech en 2007, les coréens-américains ne s’étaient pas sentis particulièrement visés par l’opinion publique. Là, les musulmans américains multiplient les déclarations pour déplorer le drame et les “wingnuts”, les cinglés d’extrême droite qui sévissent sur Fox et sur les talk-radios commencent à s’agiter.
Le lendemain c'est à Orlando, Floride qu'un grincheux a tué une personne et blessé six autres sur les lieux de son ancien travail.
à la Cité des Sciences
Mercredi dernier j’ai emmené mes petits neveux, Clémence, 9 ans et Guillaume 6 ans, à la Cité des Sciences de La Villette. Nous sommes allé à La Géode voir un film en IMAX sur les fonds marins puis au petit aquarium; après nous être restauré au Quick du coin nous avons visité trois expositions permanentes, une sur l'image, une sur les sons et une autre sur la géologie et les origines de la terre, enfin nous avons visité la Cité des Enfants et, sur le chemin du retour dans le parc de La Villette, admiré le sous-marin L'Argonaute. Je crois que cette journée leur a bien plût, sans compter le trajet aller-retour en métro et RER qui était pour eux assez dépaysants (ce sont des petits parisiens qui ne prennent jamais les transports en commun comme bien souvent!).
1) La Géode: très beau film de plongée en IMAX, Deep Sea, un peu court cependant. Il n'y avait pas grand monde parce que nous sommes allé à la séance de 10h30, donc nous avons pu nous placer parfaitement, en haut et au milieu, ce qui ne doit pas être évident pour les séances suivantes vu l'affluence qui se présentait alors que nous sortions.
2) L'Aquarium: tout petit et pas vraiment intéressant, des poissons méditerranéens très communs, comme des sars, des rougets, un bar, des dorades et des mulets en veux-tu en voilà. Strictement réservé aux parisiens qui n'ont jamais vu de mulet autrement que mort sur l'étal du poissonnier.
3) Les expos permanentes: un endroit passionnant mais qui réclame beaucoup de patience à visiter. Il n'y a pas trop de monde mais il faut de la patience et de l'attention parce que les expositions sont faites de petits ateliers, d'une succession de petites animations qu'il faut expérimenter une à une avec beaucoup de choses à lire et à écouter. Bien sûr c'est très bien fait, classé par thèmes et on apprend quelque chose à chaque pas mais ça demande une capacité d'attention et de patience que les enfants n'ont pas.
4) La Cité des Enfants: bien qu'ayant réservé et payé à l'avance il faut faire la queue pour entrer. Il y a des expos par thèmes (ici, l'industrie, le corps humain, l'eau, la télévision, le jardin) comme dans la partie permanente du musée mais adaptées aux enfants. Le nombre de visiteurs est limité donc la foule reste supportable, l'espace est clos ce qui permet aux parents ou aux accompagnateurs de se reposer pendant que leurs rejetons jouent avec les accessoires. par contre le coté éducatif est nettement sacrifié au ludique, et je ne pense pas que les gamins apprennent grand-chose. Bon ils s'amusent c'est l'essentiel, non?
Au passage j'ai remarqué que la journée pour deux enfants et un adulte revenait à pas loin de 100 euros, repas de midi compris. Ce n'est pas à la portée de tous. Et si vous voulez déjeuner pointez vous de bonne heure (avant midi) dans les restaurants du site sinon c'est l'enfer. J'ai bien calculé mon coup, mais ce n'était pas le cas pour beaucoup.
à lire ou voir sur le web
- Ansel Adams in color {en} (Smithsonian Magazine) : le grand photographe américain du noir et blanc a fait aussi des photos en couleurs, mais il ne les aimais pas trop, c'était souvent des commandes. Il préférait de loin le noir et blanc et de son aveux même ne comprenait rien aux pionniers de la couleur comme Eggleston.
- Edit This Page {en} (Boston Review) : un long article sur Wikipédia.
Can you trust Wikipedia? Most of us have stopped asking and simply bookmarked it. That makes sense when you consider the alternatives: you can explore the first dozen or so Google search results, or you can go straight to the occasionally erroneous Wikipedia entry, typically culled from the very same search results. If you are looking for fast, up-to-date information, it is Wikipedia or Google (not Wikipedia or Britannica), and Wikipedia wins on speed.
- Truth and Reconciliation {en} (Granta) : peut-on pardonner aux bourreaux? est-ce que ceux-ci ne sont pas aussi des victimes d'un régime inhumain? Le processus de réconciliation est en cours au Cambodge.
- Cell size and scale {en}: une animation qui vous permet de zoomer d'un grain de café à un atome de carbone. Remet les choses en perspective dans l'infiniment petit.
à l'écoute en ce moment
Quasiment en boucle chez moi.

Pat Metheny - One Quiet Night
Metheny est en guitare solo et en acoustique sur ce disque, l'humeur est contemplative, les airs joués sont légers, souvent des standards, la virtuosité de Pat Metheny élève ce disque au-dessus du easy listening auquel on aurait pu le classer.

Un vieux Metheny (1977): Watercolors qui recèle des sublimes mélodies, mélange de jazz, country, folk et pop. La musique flotte, coule, glisse. Accompagné par ses compères Lyle Mays au piano, Danny Gottlieb à la batterie, Eberhard Weber à la guitare basse et à la contrebasse, Pat Metheny offre là une musique d'une grande élégance.
lundi 2 novembre 2009
Du chèque-cadeau
Dernièrement un collègue est parti du service (il a changé de poste) et comme il est de rigueur dans notre entreprise nous lui avons offert un cadeau de départ. Il s’agit d’un échange un peu comme la cérémonie du mariage: l’heureux (ou malheureux) élu paye un verre, c’est à dire amène des boissons et parfois des gâteaux ou des amuses gueules et ses collègues lui offre un petit cadeau-souvenir acheté grâce à une quête ou chacun a mis son obole. L’échange donne lieu à une petite réunion prise sur le temps de travail, où, pour accompagner l’échange matériel s’échangent aussi quelques mots aimables.
C'est moi qui, exceptionnellement, me suis chargé de la "tinche" (la quête) et de l'achat du cadeau. Comme je savais que ledit collègue était amateur de sport et de pêche, je suis allé chez Décathlon et j'ai acheté un chèque-cadeau du montant exact de la quête. Affaire réglé le plus simplement possible et à la satisfaction de tous.
À chaque fois qu’on me demande mon avis sur le choix d'un cadeau à offrir je suggère l’achat d’un chèque-cadeau. Il arrive qu’on se range à mon avis mais en général on y voit mon absence d’empathie et de sens du décorum voire des valeurs. Pourtant je suis persuadé que l’achat de chèque-cadeaux, voire le don d’un chèque tout court est une solution beaucoup plus rationnelle et satisfaisante que l’achat d’un objet. Certes, ça a moins de gueule mais c’est bien son seul défaut.
En effet combien en avons nous eu de ces cadeaux sensés nous faire plaisir ou nous laisser un agréable souvenir et qui ne nous ont tiré qu’un sourire amer et déçu plutôt que la satisfaction et le plaisir escompté. Combien il est plus satisfaisant d’aller dans un magasin avec un chèque-cadeau et de s’offrir quelque chose qui nous fasse vraiment envie. Avez-vous vu ses files de gens venus le lendemain de Noël dans les magasins pour échanger leurs cadeaux de la veille contre quelque chose dont ils ont vraiment envie (ou qu’il n’ont pas déjà)?
Pour Noël prochain pensez-y! Plutôt que de vous casser la nénette à essayer de trouver le cadeau idéal pour chaque membre de la famille, plutôt que de courir les magasins pour acheter le dernier truc à la mode qui finira le lendemain sur eBay, plutôt que de passer pour un imbécile en offrant un cadeau complètement inadapté à la personnalité du récepteur, offrez un chèque-cadeau, c’est le plus sûr moyen de faire plaisir et d’éviter le monstrueux gaspillage de biens de consommation qui se produit tous les ans à Noël.
samedi 31 octobre 2009
Halloween
Halloween 3: les Têtes à claques continuent leur série de clips pour Halloween avec leurs deux petits monstres et le chauffeur de bus "qu'est ben cheap"! Cette année le chauffeur de bus leur joue un bon tour.
Il me semble qu'Halloween — allo'inne dit-on ici où l'on n'aspire pas le "h" et où l'on ne prononce pas les "w"— ne soit guère un succès en France, c'était une opération commerciale montée de toute pièce il y a quelques années qui a vu les enfants suivre cette tradition importée pendant quelques temps, acheter des citrouilles, des habits de sorcières, des masques et maquillages hideux et aller faire du porte à porte ("trick or treat" — une friandise ou un tour de cochon — c'est difficile dire pour un français et était remplacé par le "on veut des bonbons" des Têtes à claques!). Mais plus guère désormais. L'église catholique s'était inquiété de cette mode et avait même monté une sorte d'anti-fête: "Holly Win". C'était bien ridicule, c'est dommage que ça n'existe plus!
Sur pilote automatique
La raison pour laquelle les pilotes de Northwest Airline dont je parlais la semaine dernière dans ce billet n'ont pas répondu pendant plus de 91 minutes aux appels des ATC et ont laissé leur avion suivre sa route bien au delà de sa destination est qu'il "avaient ouvert leurs ordinateurs portables et étaient penchés sur leurs emplois du temps". Ils faisaient de la paperasserie en quelque sorte, ou naviguaient sur le web pour passer le temps. Ils ne dormaient pas comme ça s'était déjà produit sur un vol différent, mais comme ça nous est sûrement arrivé à tous, étaient plongés dans leurs ordis et ne voyaient ni n'entendaient plus rien autour.
Il faut dire que quand un avion est parvenu à son altitude de croisière les pilotes n'ont plus qu'à régler le pilote automatique et n'ont plus grand chose à faire qu'à répondre à un ATC tous les quarts d'heures environ. La tentation est grande de faire autre chose pour s'occuper d'autant que les pilotes automatiques de nos jours sont extrêmement fiables. Northwest interdit à ses pilotes de consulter leurs ordis pendant les vols et les deux pilotes pourtant expérimentés du Vol 188 ont vu leurs licences de pilotage retirées par l'Autorité Fédérale de l'Aviation.
Tout de même cette inattention des pilotes nous donne une petite idée du niveau exceptionnel de sécurité avec lequel volent dorénavant les avions modernes. L'avion a continué sa route sans encombre pendant 91 minutes et les passagers ne risquaient absolument rien (sauf les intercepteurs de l'US Air Force, mais c'est une autre histoire) et ceci grâce à la qualité et au perfectionnement des pilotes automatiques. Dans Slate, William Saletan se demande {en} si les automobiles ne devraient pas être équipés de système automatiques de pilotage pour améliorer la circulation routière. Il y a, à mon avis aussi, une idée à creuser, là.
D'un vol à l'arraché raté
Amusant: j'ai été victime cette semaine d'une tentative de vol à l'arraché de téléphone portable, dans le métro, par un gamin de dix ans (au jugé c'est ce qu'il avait l'air). Moi dont le job est d'étudier et de tenter de comprendre les phénomènes criminels ou tout au moins l'insécurité dans les transports publics me voilà confronté physiquement à mes propres sujets d'études.
C'était Mercredi soir, je me suis assis sur un strapontin le long de la porte de la rame de métro et je jouais à ChainRxn sur mon iPhone. Je tenais celui-ci de la main droite donc la plus près de la porte et je ne le tenais que d'une main. À la station Jules-Joffrin sur la ligne 12 un petit gamin noir qui était sur le quai près des portes ouvertes de la rame de métro a essayé de m'arracher des mains le iPhone, mais il s'y est mal pris (les doigts en pince, pouce en dessous) et la forme du iPhone étant arrondie et le contact glissant il n'a pas pu me l'arracher. J'ai dû serrer ma main par réflexe aussi. Il s'est précipité vers la sortie après ça, avec son complice un enfant un peu plus grand qui faisait le guet ou qui l'aidait à repérer ses cibles. Je n'ai pas essayé de le rattraper, j'étais surpris mais pas du tout choqué ni en colère. Juste surpris.
Si je m'étais lancé à sa poursuite je n'aurai rien pu lui faire, à supposer que je sois parvenu à le rattraper, je ne suis pas sportif et ces petits drôles courent vite et se faufilent parmi les passants.
En fait j'avais, comme toujours dans ce cas là — c'est le criminologue qui parle — présenté une cible facile et vulnérable autant qu'attirante. La théorie des opportunités criminelles explique que pour qu'il y ait un acte criminel il faut qu'il y ait un délinquant potentiel et motivé, une cible vulnérable et attirante, et un lieu approprié au passage à l'acte. Le petit débutait manifestement dans sa carrière délinquante sous la supervision d'un plus grand, il ne maitrisait encore pas bien toutes les techniques ou peut-être ne les avaient-ils pas encore adaptées aux iPhones — les carrières délinquantes sont un autre concept de la criminologie moderne qui cherche à expliquer comment on devient délinquant, d'où on part, comment on progresse dans la carrière, comment on gère sa carrière (consciemment ou non). En gros la théorie des opportunités c'est "l'occasion fait le larron", les carrières délinquantes c'est "qui vole un oeuf vole un boeuf".
Mon iPhone est une cible attirante, c'est un téléphone qui fait tout et n'importe quoi en plus de téléphoner, c'est un bel objet, son prix est très élevé (pour un téléphone), par contre sa revente doit être problématique car il est difficile de le re-synchroniser, à moins de le déverrouiller ce qui demande quelques talents de geek.
Ma position, assis sur le strapontin, le long de la porte, tenant mon iPhone d'une seule main (le soutenant d'ailleurs plus que le tenant), de la main droite, la plus proche de la porte, faisait de moi et de mon iPhone une cible vulnérable, parfaitement bien placée pour permettre l'arrachage de l'objet des convoitises. Le fait que la rame de métro était à quai, portes ouvertes, ajoute à la disposition favorable des lieux.
Leçon apprise. Désormais je fais attention. On dit que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés!
À lire:
The Geography of a Recession - Interactive Graphic - NYTimes {en}:
Une carte du chômage aux Etats Unis par contés (taux de chômage global: 9,1%), le Harris County (Houston) est à 6,9%, c'est moins que les contés de New York ou que Los Angeles, moins aussi que la Silicon Valley. Le Middle-West et la Nouvelle Angleterre ont l'air moins touchés par le chômage que l'Ouest ou le Sud-Est. Le Nord-Est industriel (Michigan, Ohio, Indiana) est durement affecté, comme le Deep South.
Placebos Are Getting More Effective. Drugmakers Are Desperate to Know Why. {en}: un article très fouillé de Wired sur l'effet inattendu des placebos.
La poste est en situation difficile (The Economist) {en} dans la plupart des pays industrialisés. Coupables: la récession qui force les entreprises a rogner sur leurs budgets postaux et le courrier électronique. Des analystes économiques estiment que les services postaux européens auront perdus la moitié de leur volume de courrier dans les dix ans qui viennent. En se diversifiant et en offrant des services financiers comme La Banque Postale, les services postaux des pays industrialisés tentent de s'en sortir. Certains mieux que d'autres. On n'a pas fini de parler de la Poste.
For the moment, the industry is sharply divided between slow-moving government-owned services which have mainly stayed at home, such as La Poste, and more efficient privatised firms which have aggressively expanded beyond their borders, such as TNT Post and Deutsche Post. Liberalisation in 2011 will help the latter, though they too are suffering from the decline of letters. Rain or shine, postal services around the world look certain to deliver lots of controversy in coming years.
vendredi 30 octobre 2009
Enfin, la réforme du système de santé américain
Nancy Pelosi a dévoilé ce que Paul Krugman appelle "the defining moment for health care reform", la nouvelle loi sur la réforme de la santé qui va être mise aux voix à la Chambre des Représentants. Une loi qui est un compromis et qu'il faudra faire accepter à ceux qui la trouvent trop timide et aux centristes (les conservateurs n'en veulent de toute façon pas). Avec cette loi la Maison Blanche estime que 96% des résidents légaux trop jeunes pour recevoir Medicare (l'assurance maladie gouvernementale destinée au plus de 65 ans) seront couvert par l'assurance maladie. Obama va donc tenir l'une de ces principales promesses électorales.
D'après le Washington Post:
Under the House bill, 36 million uninsured Americans would become eligible for coverage. About 15 million of the poorest children and adults would enroll in Medicaid. An additional 21 million would purchase coverage on a new national insurance exchange, where private plans would compete with a "public option" backed by the federal government.
An analysis of the House bill released late Thursday by the nonpartisan Congressional Budget Office estimated that 6 million people would choose a public plan, making it a relatively small player, despite the issue's outsize role in the health-care debate.
The House bill would require most individuals to buy insurance and would require employers to provide health coverage to their workers or face a penalty, although employers with payrolls of less than $500,000 annually would be exempt.
mercredi 28 octobre 2009
Texas!
Donc il s'avère que cette fois c'est sûr, je vais passer Thanksgiving (le 26 novembre prochain) à Houston Texas, gracieusement invité par ma petite famille là-bas. Merci C., merci Y., merci Air France et son programme "frequent flyer" et merci à la boite américaine de mon neveu qui le fait voler à travers le monde sur les compagnies de l'Alliance Skyteam. Je vais donc passer une dizaine de jours au sud Texas, ça sera mon premier Thanksgiving américain, je vais pouvoir me régaler de bonne dinde aux hormones et aux antibiotiques, énorme et juteuse à souhait! Je ne suis pas particulièrement un fan de Houston mais un petit séjour aux USA ça ne se refuse pas et j'estime avoir une sacré chance d'y être invité et de pouvoir y séjourner dans ma famille avec mes deux petits neveux et ma petite nièce qui sont adorables. Et puis elle est quand même intéressante cette ville du Texas à plus d'un titre, ne serait que par ses possibilités de shopping et par le cour de dollars qui reste assez avantageux pour nous, citoyens de la zone euro.
lundi 26 octobre 2009
dimanche 25 octobre 2009
The Cloisters (suite en images)

The "Lordly Hudson", Fort Tryon Park, Manhattan.

The Cloisters, Manhattan, vue sur Fort Tryon Park.

Chapiteau du XIIème siècle, cloître de Cuxa, The Cloisters, Manhattan.

Porte gothique, The Cloisters, Manhattan.

Ogive gothique, The Cloisters, Manhattan.

Tour de l'abbaye vue de Fort Tryon Park, The Cloisters, Manhattan.
The Cloisters

The Cloisters, Manhattan, chapiteau dans le cloître de Saint-Michel de Cuxa.
The Cloisters, Manhattan, New York City. On ne s’attend pas à trouver à Manhattan un monastère médiéval. Il en existe un pourtant, une réplique évidemment pas un monastère authentique. Mais ça y ressemble. Le principal défaut est visible dès qu’on s’approche un peu, c’est un peu trop neuf, mais les Cloisters ne prétendent pas être authentique, juste un cadre naturel, beau et approprié à une grande collection d’art médiéval. “Visit Medieval Europe in Upper Manhattan” disent les guides et même “A trip to the Cloisters museum allows New Yorkers to travel back to medieval Europe without ever leaving Manhattan”. RJ Keefe m’y emmène un beau jour de mai dernier. Nous prenons le métro new-yorkais à la hauteur de l’Université Columbia et filons vers l’extrême nord de Manhattan, la station de la 190ème rue. Le bâtiment des cloîtres est situé dans un parc en haut d’une colline un peu escarpée tombant doucement sur l’Hudson à l’ouest, une autoroute à ses pieds, Henry Hudson Parkway et abruptement sur Manhattan à l’est, Broadway, oui ce même Broadway qu’on peut suivre jusqu’à l’extrême sud de Manhattan. Fort Tryon Park s’appellent les jardins qui couronnent la colline, car il y a un ancien fort là, dont on peut voir les ruines. Beaux jardins, en ce mois de mai il y a partout des fleurs. Nous dominons le fleuve Hudson, dans mon esprit un mythe quasiment, l’Hudson, pour en avoir rêvé tant de fois et tant de fois désiré. Le fleuve glisse vers la baie dans une large vallée entre deux coteaux boisés. Au sud le George Washington Bridge qu’on aperçoit dans la brume de chaleur lumineuse, relie Manhattan à l’État du New Jersey. John D. Rockefeller Jr. qui fonda les Cloisters, acheta les terrains de l’autre rive de l’Hudson pour s’assurer que les bois de ses rives préserveront à jamais la vue de son musée. La vue est magnifique, en effet. Les Cloisters justement, à l’extrémité nord de Fort Tryon Park sont un musée du moyen-âge qui dépend maintenant du Metropolitan Museum. Construits dans les années 20 il rassemble, écrit le guide, plus de cinq mille pièces d’art médiéval provenant d’Europe. La réplique du monastère elle-même aurait été construite d’après les plans de cinq monastères médiévaux français. Image: le cloître de Cuxa, copié sur celui de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa en Catalogne française, où nous nous asseyons quelques instants sur un banc de pierre à l’ombre de la galerie, bas reliefs authentique du XIIème à chaque chapiteau de colonne, jardin de plantes exclusivement médiévales, une fontaine dont RJ m’annonce avec amusement que l’authenticité est douteuse et que les conservateurs se seraient fait avoir. Image: le cloître de Saint-Guilhem aménagé selon celui de l’abbaye de Saint-Guilhem le Désert dans l’Hérault, beauté de la pierre austère et jeu de lumière sur les murs. Image: le cloître de Bonnefont-en-Comminges où sont amoureusement préservées près de 250 espèces de plantes cultivées au Moyen-Age. Image: Le cloître de Trie avec sa fontaine centrale qui vient des Hautes Pyrénées aux rives de l’Hudson, où nous prenons un verre de Coca bien contemporain. Et aussi le Trésor de l’abbaye, beaux objets médiévaux en or, les ciboires, calices et crucifix en or. Et puis les tapisseries dont celle de La Licorne, les Livres d’Heures que j’aime tant, les reliquaires, les bas-reliefs, les tombes dans les chapelles gothiques et les vitraux. Tout vient d’Europe. Je trouve même une petite statuette en bois venant d’un petit village proche de ma ville natale. La provenance des objets est dûment notée. Et les terrasses de pierre dominent l’Hudson.

The Cloisters, Manhattan, cloître de Saint-Guilhem.

The Cloisters, Manhattan, cloître de Saint-Michel de Cuxa.







