18 mai 2008

joueurs de pétanque

joueurs de boulles

mon Mai 68

Mai 68, j'ai onze ans. Je suis en 7ème avec Monsieur Guitton, le meilleur instituteur de ma scolarité. J'habite à Chinon, une petite ville de province bien loin de Paris et de ses manifestations. L'école a fermé peu de temps après le début des évènements. Je ne me rends pas bien compte pourquoi, mais je trouve l'époque extraordinairement intéressante. Je regarde à la télé les bagarres à Paris. Je passe mes journées à la Belle Laveuse, la plage de Chinon, avec les frères Pion, mes copains, et sur mon vélo. Je suis beaucoup plus intéressé par l'évolution de la guerre du Vietnam et par l'actualité américaine (déjà!), l'assassinat de Bob Kennedy par exemple, que par l'actualité française... Mon père écoute la radio toute la journée, il n'est pas très rassuré, il a un peu la crainte du "grand soir". Mon beau-frère qui est militaire se voit déjà en train de casser du gaucho à Paris. Bientôt il n'y a plus d'essence pour les voitures, plus de trains, plus moyen de quitter la ville. Chinon est bien calme, il y a bien quelques lycéens qui chahutent un peu mais c'est tout, et une manifestation, une fois, surtout des employés de l'EDF, de la centrale nucléaire qui fait notre fierté dans la région. Et puis un jour De Gaulle disparait. Léger début de panique parmi les notables chinonais : ce coup là ça y est, c'est la révolution. Heureusement le Général réapparait et fait un discours marquant, à la télé et à la radio et c'est fini, Mai 68 c'est fini, une grande manif' gaulliste à Paris met fin à la révolution. On souffle. L'école reprend. Je n'étais pas un très bon élève et au moins Mai 68 aura permis que je passe en 6ème sans problèmes...

ombres

shadows

près du boulevard St Michel

banlieues, ici où là-bas

J'adore le StreetView de Google Maps. Juste pour le fun, la première fois que je suis allé à Los Angeles j'ai résidé ici :

Un petit immeuble d'appartements (derrière le gros arbre au centre) dans le quartier de Palms.

La seconde fois c'était dans le conté d'Orange, à Fullerton, ici :

Le quartier était plus chic mais les deux étaient vraiment typiques de l'habitation suburbaine américaine mise en scène dans tant de films et de séries. Larges rues avec des arbres, trottoirs quasiment inexistants (personne ne marche) mais avec pistes cyclables, vastes pelouses devant les maisons la plupart sans clôtures en façade, succession de pavillons sans style et sans unité ou de petits immeubles d'appartements d'un étage ou deux. La banlieue française tend à imiter l'américaine avec des différences : les clôtures, les Français aiment avoir leurs chez-eux entièrement clôturés, haies, grillages ou murs, avec presque toujours un portail et les maisons sont en parpaings alors qu'aux USA les maisons sont en bois (souvent recouvert de fausses pierres ou de fausses briques) ou en espèce de préfabriqué très léger. Pour le style le pavillon français tend à être moins voyant et plus simple, quoique de moins en moins par ces temps. La vie n'y est guère différente, à ceci près que les américains ont tendance à plus voisiner que les français. Odeurs : barbecues et chlore des piscines. Bruits : tchactchac des arroseurs, grondement des tondeuses. Ah! une différence qui n'est pas prêt de se combler : jamais un Français n'accrocherait le drapeau à sa porte encore moins à un mat planté dans le sol devant la maison!

17 mai 2008

la semaine en 5 points

lion's head

1. iMac!
2. cours réussi
3. pas assez de blogage
4. signes de reconnaissances et d'appréciations
5. pas assez de sommeil

13 mai 2008

le meilleur des guides et rois des éléphants

Paris, rue Marcadet (cropped, levels)

La passante de la rue Marcadet

Il fait chaud! Ça va mal finir. Les orages arrivent.
Ce matin je suis allé à pieds, à l'endroit où je devais donner un cours , une demie-heure de marche bien agréable dans le matin encore doux, à travers le quartier indien de Paris, parmi les étals de fruits exotiques et colorés, les enseignes écrites en hindi (ou peut-être en tamoul), les magasins d'objets pieux aux multiples statuettes de Ganesh à tête d'éléphant et de sa mère, Shiva au grand nombre de bras, les boutiques de saris et celles qui vendent des produits étranges, de l'encens (je crois). Le cours fut donné et je crois que j'ai été encore meilleur que la dernière fois, en tout cas j'en ai eu l'impression. Retour à la Base Secrète pour un après-midi studieux après une sorte de pique-nique dans les Jardins Atlantiques, suspendus au dessus des trains de la Gare Montparnasse.
Calme.
Ce soir un peu fatigué, la nuit dernière presque pas dormis, je ne sais pourquoi.
Il faudrait que je me trouve une jolie petite statuette de Ganesh, je le trouve sympathique avec sa hache pour trancher le désir et l'attachement et donc l'agitation et le chagrin, Ganesh appelé aussi Ighneshvara, le maître des obstacles, Vinâyaka, le meilleur des guides, Gajânana, face d’éléphant, Gajâdhipa, roi des éléphants.
(Wikipedia n'est pas fait pour les chiens, ni pour les éléphants)

12 mai 2008

Nord Sud

Circle

Station de métro Gare Saint-Lazare

end of the road

Philippe Gélie du Figaro a raison, dans ce billet il énumère les dix raisons de s'effacer d'Hillary Clinton. Mathématiquement il semble qu'elle ne peut plus gagner la course aux délégués et aux super-délégués. Aujourd'hui sa campagne déclare qu'ils sont en déficit de $20 millions. C'est fini. Il est probable qu'elle attende le résultat des primaires de Virginie Occidentale, demain, un petit état rural qu'elle est assurée de gagner, pour déclarer qu'elle se retire. Il est temps maintenant que les Démocrates se regroupent derrière Obama pour entamer la vraie campagne, celle qui compte, que McCain a déjà entamé depuis un moment. Peut-être qu'Obama demandera à Hillary de se présenter à la vice-présidence, ça aurait de la gueule, j'aimerais bien.

pelouse interdite

Paris, jardins des tuileries

Jardins des Tuileries

vent d'est, vent d'ouest

Ciel bleu avec quelques petits cumulus de beau temps, 25°C, au sol le vent est de nord-est mais les nuages se déplacent en sens inverse. Les orages seront pour demain ou après-demain. Je pense à ce week-end de cinq jours qui s'achève aujourd'hui, les grands week-ends de mai comme on dit. Ces jours fériés supprimés puis réinstallés (le 8 mai, le lundi de Pentecôte). Cette année je n'aurais pas bougé pour ces grands week-ends, je suis resté chez moi à lire, faire des photos, dormir (beaucoup), bricoler des geekeries, calme mais un peu monotone. Je suis content de retourner au travail demain. Je commence par une séance de formation (c'est moi le formateur) que j'ai déjà faite deux fois. J'ai l'impression de m'améliorer à chaque séance. J'ai toujours aimé parler en public, et il paraît que je suis bon, alors que je suis plutôt introverti et solitaire, voire asocial. Mais c'est une chose très différente de parler à un public d'adultes plus ou moins attentifs — mais pas chahuteurs — et de socialiser. Lorsqu'après une formation nous prenons un pot ou un café avec les participants je me retrouve de nouveau emprunté, embarrassé, démuni de choses à dire, incapable d'entretenir une conversation faite de tout et de rien avec des gens que je ne connais pas. Ça me fait penser qu'il va falloir que je dise à tous les gens bien intentionnés qui vont me demander "qu'est-ce que tu as fait ce week-end, toi?" que je n'ai quasiment rien fait qui puisse les intéresser et que je vais une fois de plus être embarrassé par ces questions innocentes.

au cirque

Paris, arênes de Lutèce

Les arênes de Lutèce

The Ongoing Moment

J'ai relu ce week-end, pour la deuxième fois, le très bon livre de Geoff Dyer "The Ongoing Moment", que m'a offert R J lors de ma visite à New York. C'est sans nul doute le meilleur livre sur la photographie qu'il m'a été donné de lire, le moins prétentieux, le plus à la portée du commun des mortels. C'est une étude croisée des oeuvres des photographes Alfred Stieglitz, Paul Strand, Walker Evans, André Kertés, Edward Weston, Dorothea Lange, Diane Arbus, William Eggleston, Philip Lorca DiCorcia, Joel Meyerowitz, Stephen Shore, Michael Omerod, Peter Brown et bien d'autres (tous les photographes qui m'intéressent vraiment, ça tombe bien!). Dyer montre que ces photographes, avec leurs styles différents, vivants à des époques différentes et utilisant des techniques différentes, ont tous fait des oeuvres qui se parlent et se répondent sans cesse. Ce livre est à la fois une étude historique mais aussi une analyse du travail de chaque photographe et de leurs relations artistiques. C'est remplit d'anecdotes et de détails significatifs et très agréable à lire autant qu'intelligent et passionnant. "The Ongoing Moment" n'est pas encore publié en français et c'est dommage.

11 mai 2008

livres anciens et modernes

Paris, rue Lacépède

incivilité webesque

Je déteste aller sur un site web ou un blog et que celui-ci m'impose de la musique, ou qu'une musique se déclenche toute seule à l'affichage de la page. C'est une nuisance et dans le domaine du web c'est une incivilité. En général ça me fait refermer très rapidement l'onglet dans lequel j'ai ouvert la page en question sans même y jeter un coup d'oeil. Sauf quand j'ai une vingtaine d'onglets ouverts qui chargent gentiment dans leur coin et qu'il faut que je trouve ce damné site qui s'est mis à émettre des sons parmi les vingt, pour lui couper la chique. Les gens qui font ça (en général leurs sites sont ringards, tartignolles, ridicules, aussi, comme quoi les chats ne font pas des chiens) ne se rendent probablement pas compte des désagréments qu'ils génèrent ou que l'on ne surfe plus sur le web comme au siècle dernier, quand on n'avait pas en même temps de la musique sur iTunes ou la radio et qu'il fallait attendre que IE5 télécharge les pages une à une (mais déjà à l'époque c'était agaçant).

barré

Paris, arênes de Lutèce

la question

Je rencontre dans la rue un ancien collègue, parti à la retraite il y a déjà longtemps. Je le reconnais, il me reconnaît, nous bavardons. Il est là avec une autre personne pour faire un micro-trottoir. Ils demandent aux passant : qu'est-ce qui vous donne des raisons d'espérer aujourd'hui? Ils me posent la question, d'ailleurs. Je suis un peu ennuyé pour répondre, je flaire les bons sentiments à plein nez. Je leur dit que j'espère arrêter d'espérer. Ils sont étonnés, comme je m'y attendais. Ils me remercient et se détournent rapidement, je sens un peu le souffre, sûrement. Le désespoir et la solitude ont des connotations négatives, pourtant je les considère comme des vertus, ce sont les conditions principales de la sérénité et de la liberté. Mais qui suis-je pour dire ça, moi dont le mental espère tout le temps, pour tant de choses des plus essentielles au plus triviales. La sagesse est encore éloignée mais ce n'est pas une raison pour abandonner le chemin qui y mène.

gare d'Austerlitz

Paris, Gare d'Austerlitz