Elections israéliennes

Il semble bien que l'ère Netanyahou soit terminée en Israël. Le parti de centre-gauche Kahol Lavan (Bleu et Blanc) de Benjamin (Benny) Gantz a obtenu un siège de plus que le Likoud aux dernières élections. Toutefois les deux partis majeurs sont loins d'avoir obtenu les 61 sièges qui font la majorité absolue à la Knesset et il ne semble pas qu'il soit possible de faire des alliances. Reste donc deux solutions : de nouvelles élections ou un gouvernement d'union nationale avec Benny Gantz à sa tête. Il serait ridicule de recommencer les élections aussi rapidement. Bibi est très affaibli politiquement, usé par le pouvoir et poursuivi en justice pour plusieurs affaires. Il ne peut plus revendiquer d'être Premier Ministre d'autant que son parti à perdu 7 sièges lors de ces élections. Benny Gantz devrait logiquement devenir Premier Ministre d'Israël.

45

45ème jour d'immobilisation de la vertèbre Axis suite à la fracture.

Normalement elle doit être maintenant recollée mais pas encore complètement solidifiée.

Normalement aussi je ne risque plus que la fracture se déplace et me coince la moelle épinière au niveau du cou (vous pouvez imaginez les conséquences, moi je n'essaie pas). Encore quinze jours avant le scanner, à moins qu'on ne réussisse à l'avancer ce qui est peu probable, qui me dira si je peux me passer de cette minerve encombrante. L'immobilisation était prévue pour entre 6 et huit semaines, j'en suis à six semaines. Je me sens néanmoins assez rassuré de ne pas me retrouver tétraplégique.

Ici je me suis mis à faire des activités physiques avec l'aide d'un coach personnel que je vois une heure par jour (quel luxe !), du vélo d'appartement tous les jours, de la kinésithérapie pour déverrouiller les verrouillages musculaires que je ne savais même pas avoir (avant j'avais juste des douleurs ici et là, maintenant je sais ce que c'est, au moins).

Paris, Angers

J'ai fui Paris pour les raisons suivantes : trop de gens, trop de saleté, trop d'insécurité, trop d’agressivité, trop de bruit, trop d'agitation, pas assez de lieux de calme (à part les églises que, sans être croyant, je fréquentais beaucoup pour la seule raison qu'on y était au calme) et prix de l'immobilier à la limite de l'extorsion et du foutage de gueule.

 Je regrette la beauté des monuments et des immeubles et la variété des distractions et des spectacles (dont de toute façon je n'avais ni l'argent ni le temps de profiter).

Je ne regrette pas d'être allé habiter à Angers qui est l'exact inverse de Paris (à part l'architecture qui est très belle).

Pas dans les cases

Les célibataires, dont je suis, font partie de ces gens qui ne rentrent pas dans les cases prévues par le système social. Dès lors rien n’est prévu pour eux et ils se trouvent toujours entre plusieurs catégories et finalement on leur fait comprendre qu’ils posent des problèmes. En ce moment je cumule les situations qui me rendent marginal plutôt que «mainstream» :
- J’ai eu un accident mais ma fracture ne requiert aucun soin, juste de l’attente.
- Je suis quasiment autonome, mais pas assez pour vivre seul du moins sans beaucoup d’aide.
- Et néanmoins pour l’hôpital je ne rentre pas du tout dans les critères retenus pour une hospitalisation.
- L’hôpital aurait bien besoin de mon lit pour des gens beaucoup plus atteints que moi.
- Mais une hospitalisation à domicile demanderai beaucoup d’efforts d’organisation et de coordination d’autant que j’habite assez loin de mon lieu d’hospitalisation.
- Si j’avais des parents on pourrait me caser chez eux, ou si j’avais des enfants, ou bien sûr si j’étais marié ou en couple. Mais ce n’est pas le cas. Si ça avait été le cas (et croyez-moi beaucoup dans cet hôpital ont milité pour cette solution, qui était la seule faisable pour que je libère mon lit), je serai déjà en pension chez ma sœur ou mon frangin.
- Pour moi, tant que j’ai cette minerve encombrante il est beaucoup plus simple que je reste dans cet hôpital plutôt que j’aille habiter chez moi à Angers.
- Je gagne bien ma vie et ne suis pas un «cas social» (qu'on peut mettre dans une case et pour laquelle des choses sont prévues).
Résultat : je gène, j'ai bien la sensation de gêner parce que je ne suis pas "classable".

A savoir : en tant que célibataire je paye des impôts plein pot, pas loin de deux mois de salaire. De même j’ai cotisé à la Sécurité Sociale et à une Assurance Mutuelle toute ma vie active, c’est à dire depuis 38 ans. Tout est plus cher pour un célibataire (je peux vous le démontrer sans problème). Essayez d’acheter une maison sans apport personnel en étant célibataire…

"Aidants"

Donc ce qu'il faut retenir c'est qu'en France le système de santé est gratuit et qu'on ne lésinera sur aucun moyen, aussi onéreux soit-il, pour essayer de bien vous soigner et, éventuellement, vous sauver la vie.

Mais qu'ensuite il se pourra qu'on essaie de vous soigner chez vous parce qu'on n'a pas assez de lit pour vous hospitaliser (en payant dérisoirement les gens dévoués qui viendront vous aider à vivre à domicile), ou même qu'on essaiera de vous confier à votre famille (épouse, époux, parents, voire frère ou sœur) pour faire le travail que l'hôpital est censé faire. Paradoxal !

Et maintenant j'apprends que les "aidants" (c'est à dire les gens de votre famille qui font le travail de l'hôpital à sa place seront payés 40€ net par jour, c'est vous dire si on en a besoin pour pallier aux carences du système de santé).

Jungle fire

Je jure sur ce que vous voulez que je n'ai aucune affection pour Bolsonaro l'actuel président du Brésil. Je suis bien d'accord que c'est un facho et je n'ai aucune sympathie, mais alors aucune, pour l'extrême droite où qu'elle sévisse. Mais j'ai quand même du mal à le rendre responsable, et lui seul, des incendies qui ravagent actuellement la forêt amazonienne, même si on dénonce avec raison la mansuétude dont Bolsonaro ferait preuve envers les latifundistes et autres exploitants de la jungle pour des raisons pécuniaires. Je note par ailleurs que la Sibérie est aussi la proie des flammes mais que personne à ma connaissance ne songe à blâmer Vladimir Poutine (et même il me semble que par un bizarre phénomène d'attention indivisible on ne parle plus du tout dans les media de ces incendies en Sibérie alors que ceux en Amazonie font l'objet d'un véritable matraquage médiatique). D'ailleurs en cette même Russie s'est déroulé un incident qui me semble à moi bien plus important que les incendies de forêt : une explosion nucléaire aux conséquences non-maîtrisées et en partie cachée par les autorités russes près d'Arkhangelsk dans le Nord de la Russie. Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas parce qu'un président d'un pays est d'extrême droite qu'il est responsable de toutes les catastrophes qui affectent le monde et que ce n'est pas parce qu'un autre président est néo-communiste nationaliste russe qu'il faut le ménager.

Signe des temps : une pétition en ligne dénommée "Stoppons l'incendie de la forêt amazonienne" vient de recueillir 2 millions de signatures. C'est sûr que ça va aider à stopper l'incendie !

Borgen, un épisode rejeté pour invraisemblance

["Le président Trump a déclaré mercredi que le nouveau Premier ministre danois était "méchant" pour lui lorsqu'il a rejeté son intention d'acheter le Groenland, expliquant pourquoi il avait brusquement annulé un voyage dans la nation européenne le mois prochain.

M. Trump a fait cette déclaration à des journalistes à l'extérieur de la Maison Blanche alors qu'il se rendait au Kentucky pour un événement officiel.

Dans sa déclaration, la première ministre danoise Mette Frederiksen, âgée de 41 ans, a qualifié "d'absurde" l'espoir de Trump d'acheter le Groenland, ce que le président a qualifié de "vilain".

"Je pensais que c'était une très mauvaise façon de dire quelque chose", a déclaré Trump aux journalistes. "Mais tout ce qu'ils avaient à faire était de dire non, nous préférerions ne pas le faire ou en parler."]

Trump Says Danish Prime Minister Was ‘Nasty’ in Rejecting Greenland Offer

Trump est cinglé (et ce n'est pas nouveau)

Le président Trump parle mardi d'une réduction des charges sociales. Un porte-parole de la Maison Blanche déclare qu'il n'en est pas question pour le moment. Trump aussitôt le contredit en déclarant qu'il y pense de plus en plus.

Après avoir déclaré qu'il envisageait d'acheter le Groenland aux Danois et que le premier ministre de ce pays ait dit qu'il n'en était pas question, Trump décide de repousser sine die son voyage officiel au Danemark prévu dans quinze jours.

Deux semaines après s'être déclaré favorable à la vérification des antécédent pour les acheteurs d'armes à feu Trump change d'avis après un coup de fil de Wayne LaPierre l'ancien président de la NRA.

Douze jours après avoir décidé de nouveaux droits de douanes sur les importations de produits chinois, Trump se ravise et annule sa décision.

Alors que son attaché de presse nie que le président a conseillé à Benjamin Netanyahou de refuser l'entrée en Israel des députés à la Chambre des Représentants Ilhan Omar et Rashida Tlaib, Trump tweete une heure après que ce serait une grande faiblesse de la part du gouvernement israélien d’accepter la visite de ces deux députées américaines.

Trump fait une déclaration dans laquelle il suggère que les Juifs Américains qui votent Démocrate font preuve de déloyauté (contre le parti Républicain suppose-t-on).

Je crois qu'on vient d'atteindre un point important dans la dinguerie de ce président. C'est très inquiétant.

Et c'est d'autant plus inquiétant que des nuages s’amoncellent sur l'économie américaine.

Le comportement erratique de Trump deviendrait un facteur de risque en période de difficultés économiques. Lorsque l'économie tourne moins bien, la confiance, la stabilité et les certitudes prennent une importance considérables. Trump et ses conseillers de la Maison Blanche n’inspirent ni confiance ni certitude. Le penchant de Trump pour se contredire lui-même et pour couper l'herbe sous les pieds de ses collaborateurs, ainsi que pour changer d’avis rapidement, contribue à creuser un déficit de crédibilité, ce qui poserait problème en cas de crise financière. Les investisseurs veulent avoir un capitaine qui a une main ferme sur la barre du navire de l’État. C’est ainsi qu'on évite les faillites bancaires, les chutes brutales irrationnelles des marchés boursiers et le gel des investissements des entreprises. De la même façon que l'abaissement prématuré des taux d'intérêt prive les décideurs de toute flexibilité lorsque les temps deviennent plus difficiles, l'appauvrissement du capital de confiance en Donald Trump peut finir par lui poser de très graves problèmes.

Et nous avec.

Les jours passent

Il commence à faire chaud, les jours prochains je pense que ça va s’aggraver, mais je ne vais pas en plus me plaindre de ça.

A part moi il n’y a que des vieillards dans ce service, le seul jeune a été libéré hier après deux mois de résidence. Et non seulement il n’y a que des vieillards mais la plupart n’ont pas toute leur tête ou simplement sont gagas.

Vu le médecin ce matin, il me dit qu’il n’y a rien à faire d’autre qu’a attendre que la vertèbre se recolle toute seule en faisant attention à ne pas trop la bouger. Je vais à la kiné tous les jours mais c’est surtout pour l’entretien des muscles des bras, des épaules et des jambes, le kiné n’a bien entendu pas le droit de toucher à ma nuque.

Quand je lui ai demandé combien il fallait de temps pour que la vertèbre se recolle et que je puisse être un peu plus autonome, le médecin à répondu entre un mois et demi et deux mois, peut-être trois.

Ce qui m’étonne un peu, et je lui en ai fait part, c’est qu’on n’avait pas vérifié la fracture depuis quinze jours par un scanner. Il m’a répondu que ça ne servait à rien de faire un scanner puisque je n’avais pas mal, pas de problèmes neurologiques et qu’il ne s’était pas passé assez de temps depuis le jour de mon accident.

Je marche le plus possible pour faire de l’exercice et c’est le seul exercice qui me soit permis. Mais je n’ai pas le droit d’aller me balader dans les bois ou dans la campagne, pourtant j’en aurai bien besoin pour mon moral. Le problème qui reste le plus ennuyeux c’est que je ne peux pas choisir ce que je mange et que franchement j’en ai déjà marre de la bouffe de l’hôpital. Je dois dire que boire une bonne bière me manque aussi pas mal.

Épine dorsale

Bon alors où on en est côté santé ?

J'ai toujours la vertèbre C2 pétée et en quinze jours il y a peu de chances qu'elle se soit réparée.

Les gens de l'hôpital où je réside ne sont pas pressés de me voir partir. Ils m'ont programmé pour 45 jours de minerve solide (je ne sais pas comment l'appeler autrement), donc, puisque je suis là depuis quinze jours c'est encore trente jours à passer ici. Après ça on verra si la vertèbre s'est solidifiée et si oui on mettra une minerve plus souple et légère avec une rééducation du cou qui devrait durer un mois. Donc il est probable que j'ai encore deux mois à passer à l'hôpital François Rabelais de Chinon et du Chinonais, à Saint-Benoit-La-Forêt (et en forêt d'ailleurs).

Où il faut dire que je suis très bien traité. Chambre individuelle, séances de kiné, personnel sympa, serviable que je m'efforce de ménager au maximum et avec lequel je suis aimable (au sens propre du terme). Visites fréquentes de la famille et des copains du coin.

J'arrive à ne pas m'emmerder du tout (en me fritant un peu parfois sur les réseaux sociaux). Je lis, j'écris, j'apprends à programmer en Python à mes moments perdus. J'ai repris mon blog. J'observe les gens et les choses.

Ca va pas mal.

Hong Kong

Il est peu probable que les Chinois (les Chinois de Chine) interviennent militairement à Hong-Kong. Je ne dis pas qu'il ne peuvent pas le faire, hein, ils en ont les moyens et je vous fiche mon billet que personne ne lèvera le petit doigt pour défendre les hongkongais moulés dans l'asphalte par les chenilles des chars chinois. Mais XI Jinping a déjà son plateau bien plein avec le ralentissement économique de son pays et la guerre économique en cours avec Trump.

Les mouvements de troupe entrevus à Shenzen sont là pour faire peur aux dissidents hongkongais et les dissuader d'aller trop loin. Tant que le gouvernement hongkongais tiendra le coup une issue style Tien-An-Men est peu envisageable. Une répression militaire pourrait sonner le glas du rôle de Hong Kong en tant que centre financier international et par conséquent de la politique d'ouverture économique de la Chine au capitalisme sous le règne et l'autorité du PC Chinois.

Randonneur

A la suite du décès malheureux de ce randonneur Français en Italie, je vois apparaître des gens qui se scandalisent ou se plaignent que les téléphones GSM ne soient pas géolocalisables dans certains pays. Certains même sont prêts à réclamer que la géolocalisation des téléphones GSM (qui est possible techniquement) soit obligatoire.

Je me demande jusqu'où la demande de protection et de sécurité que réclame notre époque peut-elle aller ?

Jusqu'à quel point êtes-vous prêt à sacrifier votre vie privée et votre liberté pour vous sentir en sécurité ?

Ce type est parti en randonnée dans une région sauvage par des chemins très escarpés, il avait envie d'aventure. L'aventure c'est prendre des risques, non ? Sinon ce n'est plus de l'aventure. Est-ce encore de l'aventure si vous savez qu'en cas de moindre bobo vous pouvez faire intervenir la cavalerie sur un simple touché de bouton. "Send guns, lawyers and money, the shit has hit the fan"!

C'est très triste qu'il soit mort, mais avait-il au moins un GPS sur lui, ou bien si l'on veut faire old school, une carte, une boussole, bref l'équipement minimum du randonneur moyen du dimanche qui fait le tour de l'arrondissement ?

Est-ce que vous avez réfléchi à ce que pourraient révéler vos données de localisation si elles tombaient dans des mains moins bien intentionnées que les services de secours ?

Est-ce que vous n'en avez pas marre d'être pisté tout le temps, POUR VOTRE BIEN ?

Chronique hospitalière

Je commence à perdre la notion du temps. Voyons : je suis arrivé à l’hôpital (aux urgences), mardi après midi le 6 août. Je suis resté aux urgences le mercredi et j’ai été transféré en SSR le jeudi 8 août. Première douche lundi 12, seconde douche mercredi 14. Nous sommes le 18. Je ne vois pas le temps passer. Dans un sens c’est plutôt bien, dans l’autre c’est un peu inquiétant, ça veut dire que je perds la notion du temps qui passe. J’ai établi une sorte de routine, le matin je me lève sur les coups de neuf heures, je prend mon petit déjeuner, je fais ma toilette (ce qui demande du temps quand je prends une douche), je vais à la kiné, je déjeune à midi. Après cela je fais une sieste dans mon fauteuil, d’une heure environ puis je m’installe à la cafétéria où je bois un café. et où j’écris, je réfléchis, je rêvasse, je lis un peu et écris encore quand je n’ai pas un visiteur. Vers 16 heures je mange un Magnum et je bois un soda ou de l’eau. A 18 heures c’est le dîner. La soirée est passée à lire et le coucher intervient vers 23 heures. Et le lendemain on recommence.

La pluie tombe, poussée en grands rideaux par un vent du sud-ouest. Je suis assis à ma place habituelle à la cafeteria face aux quatre pins de Tringuebrenilles, c’est ainsi que j’ai décidé de les appeler. Ces pins sont entourés par des feuillus plus petits aux feuilles d’un vert plus clair et plus jaune. Derrière on devine une forêt de pins sombres. C’est un beau spectacle dont je ne me lasse pas. L'armée américaine qui a décidé de construire cet hôpital en 1956 en plein milieu de la forêt a eu une riche idée de le faire là. Le cadre est magnifique. C'est bien un truc d'Américain de ne pas s'emmerder avec la nature et de défricher trente hectares de forêt à coup de bulldozer pour y mettre leur hôpital. Pourquoi là ? Pourquoi pas puisqu'on peut le faire. C'est avec une mentalité comme ça (que personnellement je trouve très amusante) qu'on construit une ville comme San Francisco en blocs carrés sans se soucier du relief complètement inadapté à ce genre d'urbanisation. "Tu as vu le bout de forêt au bord de la route de Tours, c'est là qu'on va mettre notre hosto" ! "Mais, patron c'est de la forêt bien épaisse là !" "M'en fous, c'est l'endroit idéal, tu as besoin de combien de bulldozers ?"

La dame qui a le bras en écharpe (mais rien d’autre qui semble ne pas aller) fais constamment la navette entre sa chambre (qu’elle partage avec une dame très âgée et manifestement à la dernière étape avant le cimetière) et un fauteuil du hall d’entrée. Elle s’assoit quelques minutes sans rien faire puis elle retourne à sa chambre, et ainsi de suite. Je la soupçonne de s’emmerder d’une force ! Quand on ne peut ni lire ni écrire, on doit s’emmerder fortement dans cet hôpital. La plupart des malades regardent la télé toute la journée ça les abrutis je pense et en plus on doit leur donner des médicaments pour calmer leurs douleurs ou leurs angoisses ce qui doit être à l’origine du regard hébété qu’ils ont la plupart du temps.

Bouvier Bernois

Je me sens tellement mieux que je commence à culpabiliser de dépenser l'argent de la Caisse de Prévoyance et de la Mutuelle Générale des Cheminots pour pas grand chose. Mais finalement un peu d'hypertension vient me donner une bonne raison d'être surveillé médicalement, sans compter tout un tas d'impossibilités de faire de simples actes de la vie courante sans l'aide de une voire deux personnes professionnellement qualifiées (des trucs comme me laver les pieds, les cheveux ou changer de tee-shirt, voyez). Pour le reste on est pas mal ici, les voisins sont hébétés la plupart du temps et donc n'emmerdent personne. La cafétéria est agréable et confortable. Je vais peut-être même me mettre au scrabble. Le Wifi est excellent. Ce matin j'ai noté que l'un des kinés faisait de le réadaptation fonctionnelle avec un gros chien, en l’occurrence une chienne, bouvier Bernois. J'ai aussitôt demandé à avoir cette thérapie (j'adore les chiens), on m'a répondu que seuls les traumatisés de la cervelle y avaient droit. D'un côté ça m'a rassuré de l'autre un peu déçu. Je me suis un peu attardé en salle de kiné pour voir ce que le type faisait avec son chien : il demande juste à une très vieille dame complètement gaga de caresser la tête de son chien ce que la dame en question a semble-t-il beaucoup de mal à faire (je me demande bien pourquoi, je suppose qu'elle est très traumatisée de la cervelle pour ne pas arriver à caresser la tête d'un bon gros chienchien comme ça). Moi à la kiné j'ai un adepte de la méthode Mézières qui tort et tire mes bras dans tous les sens. J'aimerais mieux le chien.

Questions

Règle qui permet de gagner du temps :
Quand un titre de journal est rédigé comme une question la réponse à cette question est non, à 99%.
Et particulièrement au mois d'août quand les nouvelles sont rares et qu'il faut néanmoins des clics pour l'audience de la pub (ce qu'on appelle vulgairement des titres "putaclics").

Debout !

Evolution du jour : ce matin j'ai pris une douche debout (enfin non : en partie assis) grâce à une minerve allant sous l'eau ! Ensuite une bonne séance de kinésithérapie qui m'a bien dénoué tout un tas de nœuds musculaires et de tensions. je marche maintenant normalement et je fais beaucoup de choses sans aide. Mais pas tout encore, et surtout il faut que je fasse tout le temps attention à ne pas bouger ma nuque (le corset que j'ai autour m'y aide mais il faut quand même prendre quelques précautions). Je ne dors pas trop mal. J'ai d'excellentes relations avec le personnel soignant (je suis probablement leur malade le moins exigeant et le plus drôle). Bref, ça va pas mal, le travail à Paris ne me manque pas, je passe mes après-midi à la cafétéria de l'hôpital, qui est un lieu assez agréable. J'y fais une cure de Magnums Haegen-Dasz pour reprendre le poids que je ne sais pas avoir perdu !

Santé publique

Aujourd’hui je réfléchissais au système de santé public français. Voilà, je suis dans un service de rééducation d'un hôpital de province. J'ai une chambre individuelle (payée par mon assurance mutuelle, donc qui ne me coûte rien), je suis nourri (trois repas par jour) gratuitement, je prends peu de médicaments mais ils sont gratuits, il y a plein d'équipements qui doivent coûter très cher, comme des lits médicalisés, des déambulateurs, des accessoires pour la kinésithérapie, etc. Il y a plein de personnel : des médecins, des infirmières, des kinés, des ergothérapeutes, des aides soignantes, des brancardiers, etc. Je suis dans cet hôpital probablement pour une période qui se situe entre quarante-cinq jours et deux mois. Et je n'aurai rien à payer.

Alors oui, d'un autre côté l'hôpital a une utilité sociale indéniable. Il fournit des revenus directs et indirects à une foule de gens. Il rend des services évidents à toute la population.

Et puis j'ai cotisé à la la caisse d'assurance sociale depuis des dizaines d'années ainsi qu'à ma mutuelle. Mais on ne cotise jamais pour soi, on cotise pour ceux qui sont malades quand nous n'y sommes pas et en ce moment ce sont ceux qui ne sont pas malades qui payent pour mes soins.

Une autre chose que je trouve formidable dans notre système c'est que quoi que vous ayez fait pour vous retrouver à l'hôpital, quels que soient vos revenus (riche ou pauvre), vous bénéficierez des mêmes soins et des mêmes traitements et quel que soit le coût de ces traitements.
Si on invente une échelle de prise de risque dans les circonstances qui m'ont amenées à l'hôpital. J'aurai 10 sur 100, parce que si j'avais correctement rangé ce tuyau d'arrosage comme j'aurai dû le faire, je ne me serai pas cassé la gueule. Le pochtron complètement saoul qui prend sa voiture et qui se paye un arbre sur le bord de la route aura sur cette même échelle une prise de risque, disons, de 80/100. Le sportif qui fait du ski hors piste et qui se fait une double fracture ouverte tibia-péroné, qui nécessite un hélitreuillage dans des conditions exposées pour l'hélico des secours en montagne, aura une prise de risque sur la même échelle, de 90/100. Hé bien en France ils seront tous traités de la même façon. Je trouve ça juste et bon, même si ça coûte un pognon de dingue !

Hôpital

Hôpital. Passons sur le jour un : attente, radio, scanner, attente, points de sutures, attente angoissante. Jour deux: on s’emmerde très fortement quand on ne souffre pas. Il n’y a rien a faire et peu à dire. Il fait beau dehors et on se languit d’être à l’intérieur. On se doute que les médecins pêchent par excès de prudence mais comment leur reprocher. On s’inquiète un peu pour cette tension et pour l’avenir. On a l’obligation de rester allongé en toute circonstance, donc toutes les choses de la vie qu’on fait sans y penser offrent soudain des difficultés nsoupçonnées. On va être arrêté pour au moins deux mois et on se demande un peu ce que l’on va devenir sans plus aucun lien social, sans personne à qui parler. La porte de la chambre est ouverte on entend l’interne de garde parler au téléphone toute la journée. On se rend compte que son job n’est pas une sinécure. C’est un jeune plutôt sympathique, je lui dis mon admiration devant son calme et son savoir faire. J’ai de la fièvre et de la tension. Difficultés à dormir la nuit.

Hôpital jour deux. Vive le système de santé français. Aux urgences ils sont tous aimables, gentils, serviables et … beaux. Je suis en chambre individuelle. Pas de wifi, pas de téléphone cependant et ça c’est très pénibles. Les médecins ne pêchaient pas par excès, j’ai une vilaine fissure de la troisième vertèbre cervicale. Un chouïa de plus et c’était couic, le coup du lapin. J’ai toujours de la tension et de la fièvre. Ça les inquiète un peu. Auraient-ils oubliés ce qu’ils appellent une entrée, c’est à dire une petite plaie par où ce seraient introduits des microbes. Inspection générale : pas de plaie cachée. Passons sur les petits tracas de la vie couchée.

Hôpital jour trois : mauvaise nuit. Mais le matin plus de fièvre et tension presque normale. Vers dix heures apparition du poseur de Minerve, compétent, efficace, je peux enfin m’assoir en toute sécurité. La Minerve est relativement confortable et peu encombrante. On peut enfin manger sans s’en foutre partout. Début d’après-midi : tension normale, plus de fièvre. Transfert au service SSR : Suivi de Soins et Réhabilitation. Je suis en Réhab ! Chambre individuelle et là WiFi du tonnerre et téléphone ! Personnel ultra sympa et aux petits soins. Apparition du médecin chef : type très aimable, obèse ! Évoque Dieu par deux fois ce qui me fait lever un sourcil. M’annonce que pour mon bien je devrais rester quelques temps dans son service. Je suis d’accord mais je réclame un lit à ma taille ! Jolie vue de ma chambre sur la campagne. Bon ben tout va bien !

Une mauvaise chute

Donc notre héros s’est cassé la gueule. Hôpital jour 3 avec une vertèbre cervicale cassée mais pas déplacée. A l’hosto de Chinon pendant quelques jours encore avant probablement maison de convalescence puis retour à domicile. Pas de douleurs insurmontables.

A Loaded Weapon To 4-Year-Olds

Photo by Darío Méndez on Unsplash


Cet article raconte la déconvenue de l'inventeur du bouton "retweet" devant son invention. Selon lui, en facilitant le partage de tweet dans sa propre TL, le bouton "retweet" a entraîné les attaques en meute et la diffusion virale rapide des infox ou des attaques.
(...)the button also changed Twitter in a way Wetherell and his colleagues didn’t anticipate. Copying and pasting made people look at what they shared, and think about it, at least for a moment. When the retweet button debuted, that friction diminished. Impulse superseded the at-least-minimal degree of thoughtfulness once baked into sharing. Before the retweet, Twitter was largely a convivial place. After, all hell broke loose — and spread. 
Man Who Built The Retweet: “We Handed A Loaded Weapon To 4-Year-Olds”