Quand je suis allé me coucher dans ma chambre sous les toits de la petite écurie, j'ai trouvé le chat Samba couché dans mon sac, sur mes vêtements. Ce chat aime beaucoup mon sac et à chaque fois il se couche dedans. Je ne l'ai qu'un petit peu dérangé pour prendre quelques affaires. À trois heures du matin il est venu ronronner dans mon oreille, il voulait sortir. Je lui ai ouvert la porte que j'ai laissé entre-ouverte, Alphonse, l'autre chat, bien vieux et perclus de douleurs est entré alors pour finir sa nuit sur ma couette.
Ce matin j'ai été faire un tour en forêt avec les enfants, jusqu'à la maison abandonnée. P. a eu l'idée de frapper à la porte. Je lui ai demandé ce qu'il dirait si quelqu'un lui répondait et ouvrait la porte à ce moment là! Cette photo est prise juste au moment où je lui disait ça.
En général, je trouve la nature un peu inquiétante, je ne peux me débarrasser de l'impression de me sentir observé par des milliers de petits yeux inquisiteurs, écouté par des milliers d'oreilles en alerte. Dans les buissons les bruits d'entités invisibles sont étranges. Des choses rampes, Ici des traces de bave sur la mousse. Ça grouille, la végétation se livre à une croissance sauvage, les ronces envahissent les espaces éclairés et les bords des fossés, les Digitales étendent leurs clochettes pourpres et toxiques, les racines sous terre cherchent l'eau avec une force invisible que seul le roc arrête. Mieux vaut ne pas frapper aux portes des masures abandonnées, envahie par les orties et recouvertes de lierre, qui sait ce qui se tient derrière?