Adieu à Paris

Dans trois mois j’habiterai Angers. Je quitte Paris sans regret aucun. Je considère ce changement d’adresse comme une nouvelle vie, un nouveau départ. Ça fait vingt ans que j’habite dans ce quartier, dans cet appartement, dans cette ville. Je n’en peux plus. Je ne peux pas dire que le quartier où j’habite s’est dégradé mais en vingt ans il ne s’est pas arrangé. Il est toujours aussi sale, aussi puant. Les prostituées africaines au coin des boulevards, depuis vingt ans. Les bagarres dans la rue tard le soir quand les bars ferment.

Et l’appartement où j’habite n’a vu aucune réfection depuis vingt ans. L’isolation étant nulle il y faut une chaleur à crever en été et il y fait froid en hiver, que dis-je, dès que l’automne arrive. Le chauffage est insuffisant pour compenser la déperdition de chaleur. Tout se délabre progressivement.

Paris est invivable, sauf si on est bien logé, donc aisé. Le bruit, la pollution, la foule tout le temps partout, c’est accablant. Paris est une ville sale. Les prix, des logements sont de l’extorsion, pure et simple. Tout est cher, ici, les restaurants, les cafés, les transports en communs.

Donc je fuis. J’ai beaucoup aimé Paris les dix premières années, mais maintenant je n’aspire plus qu’au calme des villes de province, surtout dans la vallée de la Loire.

Même le café mocha du Café Lomi, qui coûte un bras, je ne vais pas le regretter.