jeudi 5 janvier 2017

La langue anglaise et moi


J’aime la langue anglaise. Je ne l’ai vraiment connue que très tard dans ma vie. C’est en 1993, bien longtemps après le lycée et le bac, que je me suis mis vraiment à apprendre l’anglais. Mais apprendre cette langue au collège et au lycée m’a donné les bases sur lesquelles je me suis appuyé pour l’étudier.

J’avais déjà séjourné en Angleterre, en “immersion” dans une famille Anglaise du Devon en 1974, pendant 3 mois. Quand j’en suis revenu, enchanté et anglophile, il me semble que je ne parlais pas trop mal. Mais en 1993 j’avais quasiment tout oublié, par manque de pratique. Cette année là j’ai fait mon premier voyage aux États-Unis. Je me suis rendu compte que je parlais mal et que je ne comprenais rien. Comme j’étais revenu d’Amérique ébloui et carrément amoureux, je n’ai eu, dès lors, de cesse d’apprendre l’anglais.

J’ai appris l’anglais en lisant et en recherchant les mots que je ne comprenais pas dans le dictionnaire. Je notais ces mots dans un petit carnet et à mes moments perdus j’en relisais les pages mais je n’apprenais rien par cœur. Ensuite en lisant, je retombais sur ces mots inconnus et petit à petit j’ai fini par lire couramment. Au début je ne lisais que le journal ou des articles de magazines. Puis je me suis mis à lire des livres en anglais, des essais tout d’abord et enfin des romans. Il y a eu des étapes importantes : quand je me suis rendu compte que je comprenais les paroles des chansons, quand j’ai eu fini mon premier roman un peu difficile, ou quand je me suis rendu compte que je comprenais ce dont on parlait sur CNN.

Parler et écrire en anglais de façon courante a été beaucoup plus difficile et plus lent à venir et aujourd’hui encore, si je comprends parfaitement ce qu’on me dit en anglais et si je comprends parfaitement ce que je lis sans aide du dictionnaire (ou alors très rarement) j’ai encore du mal écrire correctement (disons que j’y arrive mais que ça me demande beaucoup d’efforts, ça ne coule pas directement de mon cerveau à mes doigts comme en français) et j’ai encore plus de mal à parler couramment (mais j’y arrive, j’ai même suivi, sans difficultés, deux semaines de cours à l’UCL à Londres, et j’ai fait plusieurs présentations en anglais). C’est que je lis beaucoup en anglais (sur Internet essentiellement), que j’écoute beaucoup de choses aussi (la radio, la télé, des podcasts) mais que je parle et j’écris peu. Chaque fois que j’ai fait un séjour en Angleterre ou aux États-Unis j’ai, en peu de temps, réussi à parler de plus en plus facilement au fil du séjour. Preuve que ce qui me manque c’est de l’entraînement.

J’ai longtemps cru qu’il fallait avoir un bon accent, mais je suis revenu de cette idée. Ce qu’on appelle le bon accent en France est l’accent de l’anglais de la BBC, le Southern English, et les accents en anglais sont vraiment très divers. Il y a des accents très différents selon les pays et à l’intérieur de ces pays selon les régions ou même les classes sociales. J’ai connu un Anglais du Yorkshire que j’avais beaucoup de mal à comprendre et certains Texans m’ont déjà parlé sans que je comprenne quoi que ce soit à ce qu’ils me disaient. Et puis j’ai écouté mon neveu parler anglais. Il est totalement bilingue, travaille dans une boite internationale ou tous les rapports sont forcément en anglais. Il a, quand il parle anglais, un accent français à couper au couteau, tout le monde le comprend parfaitement et personne ne se plaint. Donc ce n’est pas important d’imiter l’accent des présentateurs de la BBC, on peut très bien parler anglais avec un accent français, l’essentiel est de prononcer les mots correctement, de respecter quelques règles de syntaxe et de grammaire (comme les verbes irréguliers ou les prépositions). Il y a, cependant, certains mots qui sont bizarrement souvent incompris que vous les prononciez d’une manière ou d’une autre, comme “water”, qui se prononcera “wâdeuh” en certaines régions de l’Amérique ou “woteuh”, ou “wateuh”, ou “water” !

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