Au bout du monde

L'océan est gris, à peu près de la même couleur que le ciel (le ciel a mis un peu plus de blanc dans son gris), la ligne d'horizon est quasiment invisible quand elle n'est pas soulignée par les îles qui font comme des traits noirs plus ou moins épais. Il fait 18° C., il y a une petite brise d'ouest qui fait frissonner les palmiers du jardin (oui, il y a des palmiers dans le jardin, le climat est clément car il y a peu de variations de température tout au long de l'année et il ne gèle jamais). Dans le cadre de la fenêtre qui donne sur l'océan passent des bateaux, une barge pleine de sable, des bateaux de pêcheurs de crustacés qui rentrent au port, le Fromveur ou l'Enez Eussa qui vont et viennent entre Ouessant, Molène et Le Conquet.

Je suis arrivé hier du pays où la canicule sévit, il faisait 30° à Paris et j'ai mis un pull pour la première fois depuis un mois. Les gens ici semblent être en manque de soleil et de chaleur, ils vous montrent avec envie les photos de leurs relations dans des régions brûlantes se pavanant dans leur piscine par 40° à l'ombre.

La pluie se remet à tomber, l'horizon et les îles disparaissent complètement dans le gris blanc de la brume. Je suis au Conquet, Finistère, à l'extrémité ouest du continent européen, la Bretagne occidentale.