Grexit, oui ou non.

En gros les Grecs, dimanche prochain, auront le choix entre souffrir et souffrir. S'ils votent non au plan d'austérité de l'UE ce sera le chaos : les banques seront fermées (si elles ne font pas faillite), il faudra que le gouvernement instaure un contrôle des retraits bancaires (déjà en cours depuis hier) pour éviter que les banques ne fassent faillite, les épargnants perdront bien sûr leurs économies, et les pensions régresseront fortement. La sortie de l'Euro et le retour à la Drachme seront sans doute obligatoires avec à la clé une forte augmentation des prix sur les produits importés, s'il y en a encore, etc. A long terme les Grecs auront une bonne chance de se refaire mais ça demandera longtemps. Si les Grecs votent oui, Tsipras sera forcé de démissionner et il faudra organiser de nouvelles élections. Le plan d'austérité de l'UE sera appliqué et il sera aussi douloureux que les autres sinon pire, et il y a peu de chances qu'il soit plus efficace que les précédents dans un pays où il n'y a pas de cadastre et où on n'arrive pas à faire rentrer plus de 50% de la TVA. Beaucoup de gens, par ici, semblent approuver et trouver exemplairement démocratique la décision de M. Tsipras de proposer aux Grecs un référendum sur le nouveau plan d'austérité exigé par l'Union Européenne. Je suis moins enthousiaste tout en reconnaissant qu'il a fait preuve d'une certain panache et de pas mal de courage. Un référendum c'est une arme qui peut se révéler à double tranchant, pour un gouvernement. Et je ne suis pas sûr que ça soit si démocratique que ça. Les Grecs auront eu une semaine pour se décider sur un sujet très complexe et qui engage fortement leur avenir. Et puis je vois mal comment le gouvernement grec va pouvoir organiser le scrutin dans de bonnes conditions de régularité en une semaine dans un pays à la géographie comportant pleins d'îles éparpillées sur une surface immense, d'autant que l'administration grecque n'a pas montré jusqu'à maintenant d'extraordinaires capacités d'organisation.

L'UE et l'Allemagne en particulier s'obstine à exiger que la Grèce se saigne aux quatre veines. On ne peut pas tondre un œuf, on ne peut pas humilier tout un peuple sans conséquences tragiques. Rappelez-vous les accords de paix de Versailles en 1919 qui ruinaient l'Allemagne sous les dommages de guerre. Au bout il y eu Hitler et la seconde guerre mondiale. Oui, je sais, la Grèce ce n'est pas pareil, mais je vois quand même une certaine ressemblance entre les deux époques, avec le parti néo-nazi grec l'Aube Dorée en embuscade.

La seule solution, à mon avis, serait de trouver un compromis comme un ré-échelonnement de la dette grecque sur une très longue période et probablement l'effacement d'une partie à condition que les Grecs améliorent leur système fiscal afin de mieux faire rentrer les impôts et en particulier la TVA.  Ce n'est pas la peine d'augmenter la TVA, comme le demande l'UE, si on ne la fait pas rentrer dans les caisses. Je ne vois pas bien en quoi l'UE serait avancée en mettant les Grecs la tête sous l'eau, au contraire. Pour la troïka comme pour M. Tsipras il est dangereux de s'entêter.

Un rêve déprimant

J'ai fait cette nuit un rêve très déprimant. Je n'ai pas l'habitude de raconter mes rêves ici, d'ailleurs je m'en souviens rarement, mais celui-ci m'a marqué et je m'en souviens très bien. Voici donc : j'étais invité au mariage d'un de mes anciens amis, un coureur de jupon mémorable dans la réalité, cet ancien ami avait les traits de Philippe Val dans mon rêve (je suis en train de lire "Malaise dans l'inculture" de celui-ci, un livre que j'apprécie beaucoup), la mariée avait les traits d'une fille qui habitait dans l'appartement au-dessus de chez moi dans les années 80 à Poitiers et qui, dans la réalité, a fini par se marier avec un copain de l'époque qui venait fréquemment chez moi. Tous des gens avec qui j'étais très lié dans les années 80/90 et dont je me suis détaché (à moins que ça soit eux qui se sont détachés de moi) avec le temps. Le mariage avait lieu en Italie, dans une ancienne abbaye dont le cloître servait de salle de bal, très isolée, sur une île au milieu d'un lac étrange et brumeux et pour aller dans cette abbaye on devait prendre l'avion depuis la ville où les invités étaient logés dans des hôtels. Je devais partager ma chambre d'hôtel avec un ex-collègue  — un type que j'aimais bien dans la réalité, qui est parti en retraite en 2012 et dont j'ai appris la mort il y a quelques jours. Pendant la soirée qui suivait le mariage je devais prendre la parole à un certain moment pour faire ce qu'on appelle maintenant un stand-up et qu'on appelait dans le temps un sketch. Ce sketch devait être, à la demande du marié, une suite de gags, de one-liners, à la Jerry Seinfeld, mais à l'humour très aseptisé. Cependant, au moment de prendre la parole je me rendais compte que tout le monde était couché, en tas, par terre, dans la salle de bal du mariage et que personne ne pouvait m'écouter, peut-être même étaient ils tous morts. Mon camarade de chambrée avait disparu et cette disparition nous inquiétait beaucoup le marié et moi. Nous discutions de la possibilité que son avion se soit écrasé dans les montagnes environnantes. Je me suis réveillé à ce point avec un sentiment de poignante tristesse et de nostalgie.

Boom !

Échec du lancement de SpaceX Dragon, la fusée a explosé peu de temps après son décollage, il semble que le deuxième étage se soit allumé trop tôt, avant que le premier étage se soit détaché.

C'est quand même la deuxième mission de ravitaillement de l'ISS qui foire coup sur coup, je me demande ce qui va se passer, est-ce que les astronautes là-haut (ils sont trois en ce moment) vont pouvoir rester ? Est-ce que la mission prochaine qui va ajouter trois astronautes en plus va pouvoir avoir lieu ? Outre que c'est un revers pour SpaceX, c'est aussi très inquiétant pour la suite.

Les défauts des qualités du reporter

Je n'ai pas beaucoup d'idées, en tout cas pas régulièrement. Je n'ai pas énormément d'imagination non plus. Je rechigne encore davantage à théoriser, et c'est souvent un fiasco. Bref, tout me désignait pour devenir reporter.
Florence Aubenas — En France.
Hé mais c'est tout moi, ça ! Voilà la solution : il faut que je devienne reporter.

14 ans

Cela fait quatorze ans que j'écris dans un blogue personnel, il y a d'abord eu Douze Lunes puis L'Homme qui marche (disparu corps et biens) et enfin Mnémoglyphes. J'ai eu quelques périodes où j'ai peu écrit mais aucune où j'ai si peu écrit que ces mois-ci. Je blâme la concurrence que Facebook ou Twitter font peser sur les blogues. Une formule lapidaire sur Twitter, un partage de lien, c'est très vite fait et très aisé, un statut un peu plus long sur Facebook, une photo, c'est immédiat, on connait le public qui va le lire, on a un retour immédiat ou presque avec les "j'aime" et les commentaires. Alors que je partageais ici un lien qui m'avait plut ou intéressé, je le fais maintenant avec Twitter et Facebook, c'est plus simple, les réactions, quand il y en a, sont immédiates ou presque, je m'adresse à un public à peu près choisi.

En même temps je n'ai pas envie d'abandonner ce blogue, alors je reviens de temps en temps pour dire que j'ai été absent mais que je vais recommencer à bloguer. Quand ? On verra. Je ne peux rien promettre. En attendant cela fait toujours un billet de plus.

Mercredi trois juin deux mille quinze

Je reprends ce blogue en y copiant quelques paragraphes choisis de mon journal personnel, on verra si ça tient.

Commencé à lire Le Royaume d'Emmanuel Carrère. Relu le témoignage de Philippe Lançon sur le massacre de Charlie Hebdo et le texte du même, sorti ce jour. Attaque bienvenue contre Emmanuel Todd, ce vautour (j'aime les corbeaux, c'est pourquoi je ne qualifierai jamais cette ordure de Todd de corbeau). Ma rage contre Todd est telle que c'est l'une des rares personnes publiques que je pourrais agresser physiquement si je le croisais quelque part.

Colloque hier à la Direction de la G***. La plupart des intervenants viennent exposer leur travail ou l'organisme auquel ils appartiennent et qu'ils représentent. Peu de choses intéressantes pour moi, pas d'orateurs talentueux, pas de sujet ébouriffant, je m'ennuie en attendant le buffet ou les pauses café. Le buffet, par contre, est bon, dommage qu'il faille manger debout. Comme d'habitude tout le monde se congratule à la fin et dit sa satisfaction d'avoir assisté à un colloque aussi riche et plein d'enseignements. En fait les choses sérieuses et intéressantes se passent pendant les pauses : réseautage, prises de contact, on retrouve de vieux copains, on fait un peu de lèche aux experts invités dans l'espoir de profiter un peu de leur rayonnement (j'ai fait ça une fois avec Sebastian Roché, le criminologue, j'ai encore honte de ma maladresse). Comme je ne suis pas un as du réseautage et parfaitement inapte aux conversations de salon, je déjeune avec les humbles membres de l'organisation qui m'apprennent plein de choses matérielles et utiles sur l'organisation d'un colloque. À force d'aller dans ce genre de réunion j'ai compris qu'il suffisait de poser une question aux gens, sur eux ou leur travail, de laisser dévider la pelote et de relancer de temps en temps.

Voici le texte de Philippe Lançon. Cliquez dessus pour le voir en plus grand.