Au revoir Sylvette



Ce matin j'ai rendu visite pour la dernière fois à mon médecin, elle prend sa retraite vendredi prochain. J'avais une relation particulière avec elle, c'était plus un psy qu'un médecin généraliste, pour moi. Je l'aimais beaucoup. Je n'allais pas la voir très souvent mais chaque fois c'était un bon moment, nous discutions longuement, elle prenait le temps d'écouter. Certes, on patientait un peu longuement dans sa salle d'attente du fait que ses consultations duraient.

En la quittant je lui ai dit qu'elle était une grande soignante, respectueuse de ses patients, de leur dignité et de leurs points de vue. Elle était toujours d'une grande douceur et ne culpabilisait jamais les gens, elle compatissait, puis soignait, d'autant efficacement qu'elle avait permis au patient de se sentir psychologiquement moins mal. Son diagnostic était toujours prudent mais juste. Elle ne prescrivait que ce qui était nécessaire et ne poussait jamais à la consommation ni de médicaments ni d'examens inutiles. Elle était toujours rassurante.

Elle était l'antithèse parfaite de ces médecins qui accordent dix minutes montre en main aux patients, qui les engueulent, les culpabilisent ou les traite avec condescendance, qui ne les écoutent pas, qui ne respectent pas leur dignité et qui, parce qu'ils doutent secrètement de leur diagnostic, leur prescrivent des masses d'examens complémentaires inutiles et des tonnes de médicaments.

Elle va me manquer.