Voltaire et la mort

Je crois, toute réflexion faite, qu'il ne faut jamais penser à la mort. Cette pensée n'est bonne qu'à empoisonner la vie. La grande affaire est de ne point souffrir car, pour la mort, on ne sent pas plus cet instant que celui du sommeil. Les gens qui l'annoncent en cérémonie sont les ennemis du genre humain. Il faut défendre qu'ils approchent jamais de nous. La mort n'est rien du tout. L'idée seule en est triste ; n'y songeons donc jamais, et vivons au jour la journée. Levons-nous en disant : "Que ferai-je aujourd'hui pour me procurer de la santé et de l'amusement ?" C'est à quoi tout se réduit à l'âge où nous sommes.

Voltaire. Lettre à Madame du Deffand. 18 novembre 1761.

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