Un président sans autorité

Je discutais cette semaine avec un citoyen de Tulle, qui est aussi de ma famille, du fait que François Hollande manquait d'autorité, de fermeté et même de bon sens. Nous n'avons pas trouvé d'explications satisfaisantes à cet état de fait. Je me suis adressé à ce membre de ma famille parce qu'en sa qualité de Tulliste il aurait pu avoir une meilleure connaissance que moi de François Hollande, rien que pour en avoir entendu parler par des gens qui le connaissaient dans la ville où il était maire.

Ce qui me sidère c'est que François Hollande puisse prendre des décisions aussi désastreuses que celles qu'il a prise dans l'affaire Léonarda, n'importe qui se serait rendu compte, je crois, que prendre la parole dans cette affaire n'était pas le rôle du président et que proposer à Léonarda et à elle seule de revenir en France sans ses parents était absurde et de nature à ne satisfaire personne ni les partisans du retour ni les partisans de la fermeté. Il me semble que n'importe qui d'un peu sensé aurait pu prévoir ou seulement envisager la possibilité que les journalistes donnent la parole à la jeune fille juste après l'intervention télévisée présidentielle et que celle-ci l'aurait interpellé en direct, ce qui a fait complètement perdre la face au Président de la République et a été très mauvais pour son image et l'image de la France.

Depuis le début de son mandat Hollande fait preuve d'une bien piètre autorité qui s'ajoute au manque d'autorité de son premier ministre. On peut ainsi voir les ministres se chicaner à n'en plus finir à la première occasion. N'aurait-il été pas possible de faire rentrer Montebourg dans le rang dès le début, en le virant du gouvernement à la première grosse incartade, prévenant ainsi les autres qu'ils seraient bien avisés de suivre le précepte : "un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne"? Et sans omettre que François Hollande a bien peu de charisme, je dirai même de charme ou simplement d'élégance. Il voulait être un président normal mais les Français, je crois, ne veulent pas d'un président normal mais d'une figure d'autorité et de prestige qui reflète en sa personne, son port, son attitude, son comportement, l'idée que les gens se font d'une grande nation comme la France. Tout est dans la symbolique.

La constitution de la 5ème République donne au président des pouvoirs quasi-régaliens, elle a été pensée et voulue ainsi par le Général De Gaulle qui ne manquait ni d'autorité ni de charisme, lui, et qui savait parfaitement combien l'air d'autorité et le charisme sont nécessaires à un chef pour commander. Sous cet aspect les présidents qui lui ont succédé ont été à la hauteur, bien sûr surtout Mitterrand mais même Sarkozy. Hollande pas du tout. Il est normal, un peu rond, il a de bons yeux gentils et un sourire un peu niais, il parle un Français un peu meilleur que celui de Sarko mais avec bien peu de talents d'éloquence. Il est probablement très intelligent et sa campagne présidentielle prouve qu'il est un bon stratège et qu'il a la volonté de forcer le destin et de prendre sa chance quand elle se présente, mais il est possible qu'il plafonne en compétence en tant que Président de la République.

Il est possible que l'ampleur des problèmes auxquels il se heurte inhibe son bon sens. Il est possible qu'il ait mérité le surnom de "pépère" dont il paraît qu'on l'affuble et que devant les problèmes il panique et prenne des décisions hâtives et mal raisonnées. Et son entourage et le même que n'importe quel entourage présidentiel : on ne contredit pas le patron de peur de tomber en disgrâce ou de perdre son poste.

Du temps de Mitterrand, le seul qui donnait de la voix et qui contredisait le président quand il n'était pas d'accord avec lui, c'était Michel Charasse. Avec le recul il s'avère qu'il a évité une ou deux mauvaises décisions à François Mitterrand. Qui tient le rôle d'un Michel Charasse à l'Élysée aujourd'hui?

1 commentaire:

Sylvain a dit…

Parfaite analyse.
L'affaire de l'écotaxe est un autre exemple de décision incohérente. Il est sûr que les RG avaient rapporté que cet impôt allait provoquer une guerilla en Bretagne, région la plus touchée et en pleine crise de l'emploi. Pourquoi avoir maintenu néanmoins la mise en place du système au lieu de la différer prudemment ? Pourquoi prétendre qu'on va discuter maintenant alors qu'on n'a pas voulu le faire plus tôt ?
Voilà quelque chose de nécessaire et de raisonnable qui va tomber à l'eau et un trou énorme dans le budget de l'Etat, sans compter les dépenses engagées pour rien et les emplois liés à la perception qui vont disparaître. C'est absolument navrant de sottise et de démagogie.