Sable rouge


Paris, Passage Choiseul.

Un message de service

Ecoutez, végétariens, protecteur de la nature, anti-nucléaire et tout le reste, vous êtes gentil mais j'aimerais que vous arrêtiez de me faire la morale à longueur de temps. Je sais, vous vous considérez moralement supérieur à moi parce que vous ne bouffez pas de viande, vous mangez bio et vous pensez très fort à la planète mais croyez vous que me faire remarquer tout le temps que je suis un malfaisant consommateur d'animal mort, pollueur et irresponsable sois le meilleur moyen de me faire changer d'avis et épouser vos convictions. Non, parce que là, vous voyez, votre discours me donne envie de me taper un bon vieux steak de cheval avec purée d'échalote industrielle en augmentant la température de mon appartement de deux degrés comme le permet mon excellent chauffage électrique. Si vous aviez vraiment comme soucis la conversion des incroyants comme moi pour le bien de notre monde vous essayeriez autre chose, je sais pas moi, comme essayer des arguments rationnels, pour changer de vos leçons de morale bien-pensante.

Boulevard de La Chapelle


Des ombres glissent et disparaissent, Boulevard de La Chapelle. Le métro passe dans un fracas de métal qui couvre le son de l'autoradio qui joue Nirvana "Smell Like Teen Spirit". Le feu passe au vert. La femme dans le taxi n'a pas un regard pour les squelettes qui tentent de s'abriter sous les piliers du métro aérien. Il est trois heures du matin.

Chimpanzés


La température tombe dans les abîmes. Boulevard St-Germain les passants se hâtent sous le regard de pixels extraordinairement humain d'un chimpanzé affiché sur une colonne Morris.

Viande de cheval

Cette histoire de viande de cheval frauduleusement introduite dans du boeuf (pour des raisons économiques) fait un scandale en Grande-Bretagne mais pas beaucoup de bruit en France. Au delà de la tromperie sur la marchandise, nous sommes en France bien moins scandalisés à l'idée de manger du cheval (en toute petite quantité, mélangé à du boeuf, il faut le dire). En France nous avons toujours trouvé des boucheries qui vendaient de la viande de cheval, des "boucheries chevalines". Il y en avait une juste à coté du magasin de mon père à Chinon, elle y est toujours. En général les boucheries chevalines se signalent par une enseigne lumineuse en forme de tête de cheval entourée de néon, un peu comme les pharmacies se signalent par une croix verte lumineuse ou entourée de néon (et clignotante). La viande de cheval est une viande bien moins grasse que le boeuf et d'un goût très différent. J'en mangeai au moins une fois par semaine quand j'étais petit, avec une petite purée d'échalotes, comme l'onglet.

Je ne suis pas végétarien, j'aime le goût de la viande, de toutes les viandes. Pourtant j'ai beaucoup d'affection pour les animaux, tous les animaux. Mais mon cerveau ne fait pas la relation entre l'animal vivant et la viande dans mon assiette, même quand la pièce de viande rappelle par sa forme l'animal d'où elle est issue. A partir du moment ou vous faite cette relation et que vous aimez les animaux vous avez beaucoup plus de mal à en manger. C'est ma théorie. Je trouve ça un peu trop sentimental mais je peux le comprendre. Je crois qu'on peut parfaitement être végétarien et bien se porter mais je ne crois pas à la supériorité du végétarianisme sur les autres modes d'alimentation. Disons que je n'en ai pas encore trouvé les preuves rationnelles. Etre végétarien est, pour moi, une position éthique respectable plus qu'une solution diététique pour une meilleure santé. 

Ce scandale de la viande de cheval devrait pourtant nous faire réfléchir sur la qualité de ce que nous mangeons. Comment s'étonner que l'on trouve de la viande de mauvaise qualité (le fameux "minerai" de cheval) dans de la nourriture d'usine parce que de toute façon personne ne s'en rendra compte étant donné que le goût et l'aspect sont complètement artificiels. Là est le scandale à mes yeux. Quand on se rendra compte qu'une usine agro-alimentaire a collé de la viande de chèvre ou de porc dans du boeuf parce que c'est moins cher et que personne ne peut s'en rendre compte on verra l'outrage… 

Un petit tour et puis revient

Un petit soucis pour British Airways 049, un 747 sensé faire Londres - Seattle cet après-midi. Après avoir décollé il s'est mis en holding puis est allé larguer du fuel au-dessus de la mer avant de retourner à Heathrow. Raison inconnue, probablement mécanique.

Merci Flightradar 24.

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Question : pourquoi jeter le fuel avant d'atterrir ? Parce que les avions ont un poids maximum à respecter à l'atterrissage et l'excédent de poids est toujours le fuel que l'avion a chargé au départ pour faire sa longue route. Comme on n'a pas fait le voyage on se retrouve trop lourd pour atterrir, il faut donc larguer du fuel. Pour ce faire on va de préférence au-dessus d'un zone non-habitée (encore que le fuel s'évapore avant d'atteindre le sol). C'est pour ça que Speedbird 049 est allé cercler au-dessus de la Mer du Nord.

Mise à jour : problème de pressurisation, en prenant de l'altitude la cabine n'arrivait pas à pressuriser correctement, retour obligatoire à la maison, pas d'urgence et pas de blessés.

60 voix exigées

Voici une situation inédite : Chuck Hagel est un Républicain, ancien sénateur, vétéran du Vietnam et précédemment grand ami de John McCain (lui aussi célèbre vétéran du Vietnam). Il est nommé Secrétaire à la Défense par le président Obama en remplacement de Leon Panetta (un Démocrate). Parce qu’en son temps il s’est opposé à l’augmentation des effectifs en Irak décidée par Bush ("the Surge") et qu’il a émis quelques idées iconoclastes sur les relations entre les US et Israël, McCain et quelques Républicains ne peuvent plus le voir en peinture, pour eux il est pire qu’un Démocrate ! Ils ont décidé de "flibuster" sa confirmation par le Sénat, c’est-à-dire de faire de l’obstruction parlementaire au vote de confirmation. Que les Républicains s’opposent à la nomination d’un de leur congénère Républicain au sein d’un gouvernement Démocrate voilà qui est cocasse. Toutefois la flibuste devrait tourner court : il faut juste 60 voix pour la mettre en échec, les Démocrates (à condition qu’ils soient tous là) sont 55 et il se trouvera bien quelques Républicains (5 au moins, donc) pour voter en faveur de leur ancien collègue. En tout cas Panetta, pour sa part, a déjà réservé sa place dans l’avion qui va le ramener chez lui, dans sa ferme en Californie. Vote demain au Sénat.

Mise à jour : il a manqué une voix pour que Hagel soit confiné (59 pour seulement, il en fallait 60). On repasse dans une dizaine de jours. Panetta doit remettre à plus tard son départ en retraite.

50 equal states

Neil Freeman a eu l'idée de redessiner la carte des États-Unis de façon à former 50 États avec la même population. Dans cette configuration chaque État a à peu près 6 175 000 habitants.

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Pour voir cette carte en plus grand allez là.

Au passage il rebaptise ses nouveaux États grâce aux noms topographiques de l'Amérique, nous donnant un aperçu de la poésie de la toponymie américaine:

Les chaînes de montagnes, sommets et grottes : Adirondack, Allegheny, Blue Ridge, Chinati, Mammoth, Mesabi, Ozark, Pocono, Rainier, Shasta, Shenandoah, Shiprock.

Les fleuves et rivières : Atchafalaya, Menominee, Maumee, Nodaway, Sangamon, Scioto, Susquehanna, Trinity, Willimantic.

Les régions : Big Thicket, Firelands, Tidewater.

Les baies, les caps, les lacs et les nappes d'eau souterraines : Casco, Tampa Bay, Canaveral, Mendocino, Ogalalla, Throgs Neck.

Les grandes villes : Atlanta, Chicago, Columbia, Detroit, Houston, Los Angeles, Miami, New York, Newark, Philadelphia, Phoenix, Washington.

Les plantes : Tule, Yerba Buena.

Il manque certains noms qui me font toujours rêver, j'en livre quelques-uns en vrac : Mojave, Missouri, Coyote, Mississippi, Escalante, Arkansas, Moab, Arapaho, Pecos, Amarillo, Santa Fe, Manhattan, Kiowa, Santee, Taos, Shawnee, Séquoia, Ouachita, Memphis, Plaquemine, Tchoupitoulas, Bayou, Pascagoula, Chattahoochee, Seminole, Savannah, Charleston, Topekah,  Chattanooga, Wichita, Cimarron, Monterey, Humbolt, Redwood, Racoon, Armadillo, Palouse, Yakima, Spokane, Kootenai, Muskegon, Kalamazoo, Elkhart, Michigan, Monongahela, Chesapeake, Great Dismal, Hudson, Poughkeepsie, Mohawk, Walden, Nantucket, Mount Desert…

Near Lubbock, Tx

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J'ai décidé de vous montrer les USA vu d'en haut, de très haut même. Cette image Google Maps est prise au-dessus de l'Ouest du Texas, pas très loin de Lubbock. C'est une région agricole avec une faible densité de population et parfaitement plate. Chaque groupe de quatre carrés correspond à un township (un carré de 6 miles (9,7km) de coté, une division administrative américaine qui forme la célèbre grille du paysage américain). À l'intérieur des carrés on observe des ronds qui sont en fait des cercles d'irrigation à pivots. Là où il n'y a pas de cercles d'irrigation ce sont des prairies pour les vaches. L'élevage pour la production de viande est une ressource essentielle du Texas, les vaches paissent à l'air libre mais les veaux sont engraissés dans des feedlots, sortes d'exploitations agricoles spécialisées dans l'engraissage des veaux avant abattage (image ci-dessous).

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 Un immense feedlot dans le Panhandle, près de Dalhart, Texas (Pos. 36.019774,-102.598701). Les cultures irriguées servent à produire de la nourriture pour engraisser les veaux. Il y a certainement quelques dizaines de milliers de veaux dans ce feedlot.

Le problème numéro un des feedlots est la bouse et l'urine, le purin. Les veaux sont gardés environ 45 jours à l'engraissage, douze mois sur douze. Vous voyez ces taches noires au milieu du feedlot ? Ce sont des bassins de fumier de vache. La bouse est stockée dans des bassins cimentés étanches et utilisée pour faire du carburant ou de l'engrais naturel.

En passant

Pour deux belles journées depuis des lustres — hier et avant-hier — aujourd'hui nous avons froid, brume, neige et pluie glaciale mêlées et bien sûr la couleur dominante est le gris. 

Lecture du New Yorker sur l'iPad. Le New Yorker est un régal aussi bien pour les yeux que par la lecture des articles et la nouvelle hebdomadaire. Rien n'a changé dans la conception du New Yorker depuis 1925. Ni la typographie, ni la maquette. Et pourtant c'est un magazine toujours moderne, à la pointe de l'actualité avec ce recul nécessaire et cette légère ironie qui en fait tout le sel. La couverture est une oeuvre d'art chaque semaine, un objet de collection ainsi qu'un hommage aux illustrateurs. Sempé et François Avril y contribuent de temps en temps. La lecture du New Yorker sur le web ne remplacera jamais l'expérience de feuilleter son édition papier ou sur iPad (qui imite à la perfection l'édition papier). Il faudrait que les magazines par chez nous s'en inspirent, mais nous n'aurons jamais en France l'équivalent du New Yorker.

Y., C. et les enfants sont à San Francisco. Je les envie, je l'avoue. Je les envie d'être dans cette ville magnifique qu'est San Francisco et de manger le breakfast sur Geary, un vrai breakfast américain, j'espère, avec des oeufs brouillés, des pancakes avec du corn-sirup, du bacon croquant, du café clair et du jus d'orange. Et puis arpenter les rues en pente de San Francisco, admirer les maisons de style victorien multicolores. La lumière de San Francisco quand se lèvent les brumes et que le vent balaie la baie scintillante.

Lectures

Plusieurs livres en cours, qui n'avancent guère avec ces âneries : The Map Of My Dead Pilots par Colleen Mondor, un reportage sur l'aviation commerciale en Alaska. Bien entendu je regarde aussi Air Alaska (Flying Wild Alaska) sur le Discovery Channel. Et puis What It Takes, The Way To The White House, un gros pavé de Richard Ben Cramer, racontant avec un luxe de détail et dans un style que j'adore la campagne électorale de 1988 aux États-Unis. Enfin The Color of Christ: The Son of God and the Saga of Race in America, de Edward J. Blum et Paul Harvey, un ouvrage historique passionnant sur l'image du Christ dans l'histoire américaine. 

En même temps il y a aussi les dizaines d'articles que j'entasse dans mon Instapaper. J'ai de la lecture à rattraper !

Miné

Je n'aurai peut-être pas dû regarder avec autant de persévérance — pourtant la persévérance n'est pas ma première qualité — le débat — enfin, non: la comédie — à l'Assemblée Nationale sur le "mariage pour tous". Ces longues veilles à écouter les inepties de la droite m'ont miné. Mais elles m'ont vacciné à tout jamais de voter pour ces guignols un jour — je n'ai jamais voté à droite mais si jamais l'envie m'en prenait je me rappellerai leur obstruction déplorable à ce projet de loi et leur discours rétrograde, moralisant, insultant ou carrément débile. Peut-être que j'exagère ou que je dramatise. Mais voir David Douillet répondre à Madame Taubira est l'épreuve de trop pour les nerfs. C'est pourquoi je n'infligerai pas à mes lecteurs la vidéo de ce moment rare où l'on voit un ex-champion de judo à moitié analphabète traiter Christiane Taubira — ministre de la justice — de "médiocre".

Retour donc à ce qui m'intéresse vraiment, l'Amérique, Internet, la géographie et le reste…

Flibustiers

Dans notre démocratie représentative les vrais débats ont lieu en commission parlementaire, dans l’hémicycle c’est plutôt à du théâtre auquel on assiste. La majorité et le gouvernement imposent leur volonté à l’opposition et celle-ci n’a plus à disposition pour s’opposer que des moyens illusoires. Les parlementaires de l’opposition sont donc bien démunis, ce qui explique probablement leur absentéisme chronique. Les moyens qui restent pour s’opposer à une loi, une fois que celle-ci arrive en séance plénière, sont essentiellement procéduraux.

Ces jours (et ces nuits)-ci c’est donc à de l’obstruction parlementaire (appelée aussi, d’après le terme anglo-saxon, flibuste) que se livrent les députés de l’opposition sur la loi autorisant le mariage aux personnes de même sexe. Et encore finalement très peu de députés UMP ou UDI, une dizaine tout au plus, sont à la pointe de ce combat. On ne reviendra pas sur la grossièreté, l’indignité, la mauvaise foi, le machisme, l’homophobie de cette petite troupe de guérilleros réacs, sinon pour dire que la droite, quand elle pratique l’obstruction, s’interdit beaucoup moins de choses que la gauche quand elle pratique cette tactique. Droite complètement décomplexée, donc, je dirais même désinhibée.

L’obstruction mobilise les députés de la majorité, pour tout dire elle a pour fonction essentielle de les emmerder. La majorité est tout le temps obligée d’avoir plus de députés en séance que l’opposition pour ne pas se faire surprendre par un vote. Les députés de la majorité doivent attendre patiemment que l’orage passe et surtout donner le moins possible de satisfaction ou d’occasion de faire prolonger les débats aux brutes d’en face. L’opposition, elle, n’a qu’à mobiliser une dizaine d’orateurs pour tenir le parlement.

L’obstruction est aussi une sorte de grand défouloir où les députés frustrés de pouvoir se laissent aller à leurs pires penchants de chahuteurs et de petites brutes, comme ils devaient l’être au collège et ce sans aucun risque. Un exutoire pour les frustrations des familles politiques battues. Une régression aussi.

Le gouvernement et la majorité ne sont pas sans armes pour mettre fin ou enrayer l’obstruction parlementaire mais en l’occurrence ils sont choisi la patience, il s’agit d’épuiser l’adversaire plutôt que de le violenter. Ils espèrent probablement que l’opposition se ridiculise dans l’opinion publique et que son attitude suscite de l’hostilité plus que de la sympathie, et que la loi n’en ait que plus de légitimité.

Nous en profiterons donc pour admirer au passage l’excellente Christiane Taubira qui supporte depuis six jours les invectives et les attaques ad hominem de la droite sans flancher, le Président de la Commission des Lois Jean-Jacques Urvoas et son rapporteur Erwann Binet qui tiennent bon en première ligne.

Obstruction

Qu'est-ce que l'obstruction parlementaire ? C'est une tactique dilatoire qui vise à retarder le plus possible l'adoption d'une loi. Cela consiste à déposer un très grand nombre d'amendements presque semblables et à exiger la discussion de chacun d'eux devant l'Assemblée Nationale et pour chaque amendement de demander un vote solennel (et non pas à main levée comme c'est généralement le cas). Toutes les manoeuvres réglementaires pour faire traîner le débat sont employées en particulier les suspensions de séances et les rappels au règlement. 

La gauche (quand elle était dans l'opposition) était grande spécialiste de ce genre de manoeuvre. La droite n'est jamais en reste quand elle est dans l'opposition, en ce moment particulièrement s'agissant de la loi pour le mariage pour tous. 

La majorité et le gouvernement doivent donc supporter les séances interminables et les discours, tous semblables et souvent agressifs, ironiques ou de mauvaise foi, des députés de l'opposition et leurs rappels au règlement. S'ils veulent que la loi soit adoptée ils doivent siéger tout le temps en nombre assez important pour faire échec au vote de chaque amendement. Les députés de la majorité se contentent d'être présents et faire semblant d'écouter l'opposition, ils ne doivent pas répondre aux provocations de l'adversaire de façon à ne pas ralentir les débats à leur tour (ou, du moins, le moins possible).

Le gouvernement a la possibilité de faire cesser les débats en utilisant l'article 49, alinéa 3, de la Constitution, c'est à dire engager sa responsabilité sur l'adoption du texte. En général l'opposition répond en déposant une Motion de Censure et un vote est organisé sur cette motion. La motion doit être adoptée à la majorité absolue des membres de l'Assemblée. Si la motion n'est pas adoptée, le texte est alors adopté sans discussion. Quand un gouvernement engage sa responsabilité c'est qu'il n'a aucune crainte qu'une Motion de Censure soit adoptée, parce qu'il prend le risque d'être renversé et qu'il est peu probable que sa majorité veuille le renverser. Toutefois utiliser l'article 49-3 est une mesure que le gouvernement n'emploie qu'avec parcimonie parce qu'elle nie les prérogatives du Parlement et ôte de la légitimité au texte en question.

Donc ces jours-ci on peut observer une obstruction parlementaire caractérisée des partis dans l'opposition au projet de loi sur le mariage gay. Ce n'est pas un spectacle très digne ni très intéressant à regarder. Le gouvernement n'engagera probablement pas sa responsabilité sur un texte aussi lourd de conséquences. Et le combat de l'opposition est un peu vain, je ne vois pas du tout l'intérêt de faire de l'obstruction sur un texte qui sera de toutes façons adopté (l'article 1 a été adopté ce matin même).