Bifurcations et incises

1 – Je ne sais pas trop comment organiser formellement ce récit, si récit c’est, de façon à ce qu’il suive ma pensée qui est, comme on a pu s’en apercevoir, portée aux digressions.

1.1 – Comme la plupart des gens d’ailleurs, nous avons rarement une pensée linéaire, avec un début et une fin mais plutôt une série de pensées qui partent dans tous les sens, qui sautent du coq à l’âne.

1.2 – Mais la digression n’est pas couramment de mise lorsque nous faisons un récit ou lorsque nous racontons une histoire, dans le storytelling.

1.21 – Et pourquoi pas d’ailleurs ? Beaucoup d’écrivains ce sont frottés au courant de pensée (stream of thoughts) et on essayé de traduire les sautes et digressions du mieux qu’ils pouvaient et en demandant plus ou moins d’efforts au lecteur.

1.22 – Tout système pour transcrire sous forme de storytelling les courants de pensées est imparfait.

2 – Ma méthode est empruntée à Jacques Roubaud, avec des variantes de mon cru, bien entendu.

2.1 – Mes deux écrivains préférés de langue française sont Jacques Roubaud et Jacques Réda, tous deux ont pour initiales JR qui ont pour particularité d’être mes propres initiales.

2.11 – J’aime bien aussi Jean Rouaud qui a les mêmes initiales que moi et dans son nom une lettre seulement de différence avec mon nom.

2.12 – J’aime aussi beaucoup George Pérec mais nous n’avons pas d’initiales communes.

2.13 – J’ai vu que La Vie mode d’emploi de Georges Pérec était traduit en Anglais tout comme une partie du Grand incendie de Londres de Jacques Roubaud. Je les ai même trouvé au grand Barnes & Noble de Union Square à New York mais je ne les ai pas acheté malgré l’envie que j’en avais parce que j’étais léger d’argent et que je trouvais vaguement ridicule, et même un peu honteux, d’acheter des traductions en Anglais de ces chefs d’œuvre Français, alors que je suis Français et que je les possède déjà en plusieurs exemplaire, et en Français, chez moi.

2.131 – Cependant je n’en suis pas à une bizarrerie près et je pense que si je remets la main dessus au grand Barnes & Noble d’Union Square, à New York et plus particulièrement comme chacun sait, à Manhattan, je les achèterai quand même, malgré le ridicule et malgré la honte, et que je supporterai le regard de la caissière ou du caissier de Barnes & Noble qui ne doit pas vendre tous les jours Life : A User’s Manual ou Species Of Spaces ou encore The Great Fire Of London.

2.1311 – La question se pose de la raison pour laquelle je voudrais lire La Vie mode d’emploi en Anglais. Je ne pense pas d’ailleurs que je le lirai de la page un à la dernière page mais que j’en gouterai quelques pages dans le but d’approfondir mon Anglais avec le rendu dans cette langue d’un texte Français que je connais bien (et que j’aime). Je ne lirai Pérec en Anglais donc que par amour de la langue anglaise.

2.1312 – Je me souviens de cette phase par laquelle je suis passée où j’étais passionné de poésie américaine et où j’écumais les Barnes & Noble de New York à la recherche de mes poètes préférés. Un jour que j’étais passé à la caisse avec une pile de livres de poésie, j’avais entendu le caissier d’à coté de la caisse où j’avais payé demander à sa collègue à propos de moi : « French ? ». Comme si la nationalité avait un rapport avec l’amour de la poésie. En fait je crois bien que le caissier faisait un amalgame entre Français, amateur de poésie et homosexualité. Et je dois dire que cet amalgame, grâce auquel j’avais été malgré moi et hâtivement caractérisé, m’avait fortement vexé.

2. 132 – Ce magasin Barnes & Nobel d’Union Square est, je pense, le plus grand Barnes & Noble de New York et donc la plus grande librairie de New York. Il se situe sur la face nord de la place Union Square et s’étend sur cinq étages d’un immeuble de briques aux hauts plafonds.

2. 133 – Union Square qui est probablement une des places de Manhattan (qui en compte assez peu avec ses rues qui se croisent perpendiculairement) que je préfère, avec son petit parc central et son marché à l’ancienne où les paysans viennent vendre directement leurs produits.

2. 134 – Pendant longtemps j’ai confondu Union Square et Madison Square (un peu plus au Nord).

2. 135 – Madison Square se distingue de Union Square par le fait (en particulier) qu’en son sud Madison Square arbore le célèbre building dit du Flatiron (le fer à repasser), immeuble de forme triangulaire à l’arrête très fine, l’un des tous premiers skyscrappers de Manhattan, construit dans l’angle que forment la 5ème avenue et Broadway.

2. 136 – A noter que Union Square est aussi situé dans un angle mais à cet endroit c’est Park Avenue que croise Broadway.

3 – Je ne m’interdis pas de reprendre un morceau de paragraphe pour commencer un billet plus tard et tisser une toile de pensées autour de ce moignon d’idée.

4 – Je n’ai jamais su finir un billet de blog (je ne sais jamais comment finir quoi que ce soit d’ailleurs) j’ai toujours la tentation d’en ajouter, d’ajouter dérives et bifurcations, de ne faire qu’un long billet de blog qui se poursuivrai à l’infini. Sauf que ça ne serait pas pratique, ni à concevoir formellement, ni à lire.

1 commentaire:

Nicolas a dit…

Sur Union Square, connaissez vous le peintre Stone Roberts?
http://www.mcny.org/popups/exhibition_details.html?nid=2&pid=1637

Je viens de voir plusieurs de ces peintures au Musée de la Ville de New York, dont une extraordinairement réaliste de Grand Central: http://www.mcny.org/popups/exhibition_details.html?nid=1&pid=1637

Oui, ce sont des peintures....