vendredi 15 juin 2012

L'affaire du tweet

L'affaire du tweet de Valérie Trierweiler, la compagne de notre nouveau président de la République, a fait grand bruit cette semaine dans les média. Au delà de l'aspect politique et vaudevillesque de cet évènement, ce qui m'a intéressé est l'irruption du tweet dans la vie politique de ce pays. Rappelons que Twitter est une société américaine basée à San Francisco, fondée en mars 2006 et lancée en juillet de la même année. L'essence de Twitter est le tweet : un message de 140 signes au maximum (le tweet de Madame Trierweiler en fait 135). 140 signes ça veut dire espaces entre les mots compris. Le tweet ne permet donc pas de grands développements de la pensée, il est volontiers laconique, il peut aisément être mal interprété du fait de sa brièveté même. Twitter a eu rapidement un succès inouï: en 2011 Twitter comptait 100 millions d'utilisateurs de par le monde dont 50 millions d'utilisateurs actifs chaque jour. Ce nombre impressionnant ne doit pas cacher le fait que Twitter est assez peu utilisé relativement à la population mondiale. Pour résumer : Twitter est donc un service de messagerie publique sur Internet, un endroit virtuel où l'on publie des messages de 140 signes au plus à destinations des utilisateurs qui vous suivent (les "followers") et au delà, de tous les utilisateurs du service. Les messages peuvent être effacés par le propriétaire du compte, et le compte peut-être "hacké", c'est à dire usurpé par quelqu'un d'autre, dans un but malicieux ou malveillant. Avec le temps et l'accroissement du nombre d'utilisateurs Twitter est devenu un outil de communication prisé des média et du personnel politique, au moins dans les pays occidentaux.

L'objet de ce billet n'est pas de faire un historique de Twitter ni un mode d'emploi mais de replacer les choses dans leur contexte. Certains politiciens font de Twitter une utilisation très maîtrisée par leurs communicants, d'autres, comme Nadine Morano, par exemple, ou Valérie Trierweiler en ont une utilisation directe et spontanée qui ne passe pas par le filtre des experts en communication. Dans ce dernier cas le tweet s'apparente souvent à la "petite phrase" adorée des média (et donc chaque tweet des politiques est bien entendu scruté par les journalistes) et propice à la gaffe politique. Lorsque le fameux tweet de Madame Trierweiler est apparu certains ont d'abord cru à un "hack" (que quelqu'un avait usurpé le compte Twitter de Madame Trierweiler), mais l'intéressée à confirmé à la presse être bien l'auteur de ce tweet sulfureux. Autre nouveauté : lorsqu'un tweet est considéré comme sortant de l'ordinaire on attend sa confirmation par des moyens plus traditionnels pour en parler dans les média!

Je me demande comment les gens, le public au sens large, ont interprété le mot "tweet", soudainement popularisé. Combien de gens connaissent Twitter, savent ce que c'est et à quoi ça sert ? Savent ce qu'est un tweet, savent ce que signifie "compte hacké"? Tous mots employés abondamment dans tous les organes de presse ces derniers jours. Si je prends comme échantillon de la population française ma famille étendue, aucun membre n'a, à ma connaissance, de compte Twitter (sauf moi bien sûr et certains ont des comptes Facebook). Je suis bien certain (bien que n'ayant pas vérifié) qu'au moins un bon tiers n'a, avant l'histoire de ce fameux tweet, jamais entendu parler de Twitter et un autre tiers en a probablement entendu parler mais n'a qu'une très vague idée de ce que c'est et comment ça fonctionne. Pour tous ces gens, l'affaire du tweet vengeur de la rivale de Ségolène aura eu au moins l'effet de populariser Twitter et ses tweets.

Aucun commentaire :