mardi 27 mars 2012

De bonne humeur

Ma vie professionnelle connaît des hauts et des bas, jamais bien hauts, jamais bien bas, mais tout de même des vallons et des collines. Là, dernièrement j'ai cheminé péniblement dans une morne plaine mais depuis une quinzaine de jours les affaires reprennent et ça me met de bonne humeur. Il aura fallu que je me résolve à faire quelques compromis entre mes idées de grandeur, disons, et une vue plus pragmatique de ce qui pouvait m'échoir comme projets et missions. Je reste un peu vague à dessein, à seule fin de ne pas dévoiler plus que ce qu'il est acceptable en ces billets, sur mon travail rémunéré.

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Bonne humeur en effet, malgré les pénibles insomnies et les prémices d'allergies. La nuit dernière, encore peu dormi mais curieusement peu fatigué aujourd'hui. Et toujours de bonne humeur (hier soir un bref accès de ruminations moroses et misanthropes, mais vite passé).

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Je suis toujours plongé dans la lecture de Watergate, je trouve ce roman de plus en plus absorbant. De l'autre coté de l'Atlantique, mon ami R.J. Keefe nous entretien, dans son blog, de ses lectures et j'ai toujours l'envie et la velléité de lire les livres dont il parle. Mais il m'est impossible de suivre son rythme proprement sidérant de lecture, malgré le désir de le faire. Idéalement je voudrais lire tous les livres dont RJ parle plus d'autres livres que j'ai envie de lire parce que j'en ai entendu parler ailleurs ou parce qu'un certaine serendipité m'a fait tomber dessus et que le sujet m’intéresse. Il est bien entendu hors de question que j'y arrive, ne serait-ce que parce que je n'ai pas assez de temps pour lire en plus des journaux et ce qui me tombe sous les yeux sur le Web et parce que je lis lentement (au moins en Anglais).

Revenons à Watergate, ce livre est un roman politique ou un roman historique mais un roman et non pas le récit historique d'une époque ou d'un scandale politique, et ce sont les éléments romanesques qui rendent ce livre plus intéressant que ne serait un simple essai historique. Les personnages bien réels sont traités de façon romanesque. Le point de vue est celui des protagonistes de la conspiration. Les événements bien réels et parfaitement documentés sont aussi traités de façon romanesque. Et donc en plus de nous raconter l'histoire politico-policière du scandale du Watergate, le roman nous offre un regard sur les caractères, les motivations, les sentiments et les questionnements humains, la complexité des êtres, leurs hésitations, leurs regrets et leurs ambitions, leurs illusions de grandeur, leur loyauté, leur félonie et leur défiance, leur désir de pouvoir ou d'être là où se décident ou se combinent les affaires du monde. Il y a aussi un document sur l'époque et le milieu politique au début des années 70 aux États-Unis, les basses manœuvres politiciennes, la paranoïa du pouvoir. Tout ce que doit nous apporter un roman, donc, un éclairage sur le caractère et les relations complexes des Hommes.

Dans cette affaire du Watergate l'Histoire n'est pas fixée sur le fait de savoir si Nixon lui-même à commandité la pause des micros au siège du Parti Démocrate ou du moins s'il l'a approuvé. Certains des anciens protagonistes disent que oui, d'autres que non. L'intéressé lui-même a toujours dit que non, qu'il n'avait jamais autorisé personnellement l'opération.

En 1972 certains conseillers de Richard Nixon à la Maison Blanche, dont John Ehrlichman et Egil Krogh, voulurent mettre fin aux fuites de secrets divers du gouvernement en créant un groupe de barbouzes, les fameux "plombiers" (pour colmater les fuites). Très vite les plombiers devinrent des exécuteurs de basses oeuvres politiciennes. L'espionnage du président du Parti Démocrate, au siège de ce parti dans un des bâtiments du complexe du Watergate à Washington D.C., était un idée de Charles Colson (un conseiller du président Nixon, son Karl Rove de l'époque). La réalisation de la mission au siège du Parti Démocrate une décision de John Mitchell (un vieil ami de Nixon, ancien ministre de la Justice et président du Comité pour la Réelection du Président) et de quelques acolytes comme Jeb Magruder, Fred LaRue, Colson et John Dean (des conseillers de la Maison Blanche, les "hommes du président") et exécutée par des hommes de main supervisés par un ancien agent de la CIA nommé Howard Hunt et un spécialiste de coups bas politiques nommé Gordon Liddy. Au cours de cette opération les plombiers se firent prendre la main dans le sac et la conspiration fut peu à peu dévoilée, grâce en partie à deux journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein et malgré les efforts des hommes de la Maison Blanche pour étouffer l'affaire. Ce qui a été démontré et ce qui a été reproché à Nixon et à ses plus proches collaborateurs (les Haldeman, Erhlichman, etc.) c'est d'avoir à peu près tout fait pour étouffer l'affaire et entraver le cours de la justice. Et c'est ce qui a causé finalement leur perte.

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Pour finir, une jolie estampe de Koson :

B624b

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