Retraite

À supposer que je veuille partir à la retraite, me suis-je dit avant-hier, je pourrai le faire dans exactement deux mois. Si notre gouvernement actuel n'avait, en 2007, augmenté le nombre d'années de cotisations et décidé que les employés de ma vaste entreprise nationale pouvaient continuer à travailler jusqu'à soixante ans au lieu des cinquante-cinq d'antan, il aurait fallu que je parte obligatoirement dans deux mois à la retraite. Plus d'obligations désormais mais la possibilité seulement de partir à cinquante-cinq ans. Je me suis rendu compte que la Caisse de Retraite avait déjà préparé mon décompte, paré à toute éventualité.

Pendant quelques instants l'idée m'a traversé l'esprit de réellement partir dans deux  mois. Je n'ai plus grand chose à attendre quant à ma "carrière" (je mets le mot entre guillemets car il me paraît presque grotesque de parler, dans mon cas, de carrière) et je me verrais bien faire quelque chose par interêt et par envie, seuls. En prenant connaissance de ce que je gagnerais si je partais dans deux mois comme le droit m'en est donné je me suis rendu compte que ça ne me suffirait pas pour vivre confortablement. Donc, abandon de cette idée. Repoussée à dans trois ans au mieux.

Je n'avais pas mesuré l'avantage de partir à la retraite à 55 ans lorsque j'ai été embauché, en 1982. À l'époque je ne pensais pas rester jusqu'à cet âge dans cette boite tant le travail que je faisais alors me déplaisait. Et puis il faut bien admettre que par flemme et velléité et par abandon de mes idéaux de jeunesse, je suis resté et je suis monté en grade rapidement. J'ai toujours considéré mon travail comme quelque chose que je ne faisais pas par plaisir mais par nécessité, même s'il m'est arrivé parfois d'y trouver du plaisir et de la satisfaction. J'ai eu de longues périodes pénibles entrecoupées de courtes périodes intéressantes et satisfaisantes. Ma compétence a été parfois reconnue et récompensée et ça fait toujours du bien. Maintenant que j'arrive à l'âge ou dans l'ancien régime j'aurais pu prendre ma retraite avec une pension correcte je mesure combien le fait de partir à 55 ans était un formidable avantage.

1 commentaire:

Sylvain a dit…

Il en faut pour tous les goûts. j'ai regretté d'être pratiquement contraint de quitter la même entreprise à 58 ans. Mais j'aimais mon boulot et j'aurais bien voulu le poursuivre encore deux ans...au moins!
A la retraite je ne m'ennuie pas du tout, mais je trouve désolant que l'entreprise ne profite pas plus longtemps de l'acquis et des compétences des soi-disant vieux.