Journal bucolique

Il y a trop de pommes. C'est parce qu'on a eu un printemps doux et ensoleillé. Les branches des arbres ploient sous le poids des fruits, des pommes, des poires, des prunes. Dans le fond du jardin une grosse branche d'un pommier est tombée, cassée nette par le poids de ses fruits. À Beaumont, une branche d'un pommier à moitié mort et donc fragile est tombée — manquant de peu mon frère — là aussi sous le poids de ses derniers fruits. L'une de mes tâches pendant cette semaine bucolique est d'éclaircir les pommes, je dois en enlever une sur trois. Aujourd'hui je me suis occupé de ça. C'est un peu triste toutes ces pommes qui vont rejoindre le tas de compost, mais elles n'auraient peut-être même pas mûries, autant les faire tomber tout de suite et épargner le pommier qui a bien du mal à les porter. Je suis content de voir que les branches les plus basses de l'un des pommiers dont je me suis occupé aujourd'hui commencent à se redresser, ce matin elles touchaient le sol, ça va mieux.


Il fait un temps superbe, de gros cumulus à l'horizon certes, mais ils évitent la clairière où je suis et passent au-dessus de la forêt, plutôt. La température est agréable, un peu de vent.


Je me lève à sept heures du matin pour aller ouvrir aux poules qui sont enfermées depuis la veille 10 heures du soir dans leur cabane. Je ne suis pas du matin. C'est un peu dur de se lever à sept heures, et après j'ai envie de dormir, alors je fait un sieste vers 10 heures mais ce matin j'ai dormi trop longtemps dans ma chaise longue devant la maison. Il faut que je me couche un peu plus tôt et voir si je peux m'endormir plus tôt. Je veux profiter de mon temps libre ici.


Ce matin à sept heures donc, j'ai vu un lapin détaler devant moi dans l'herbe humide de rosée. Les voisins qui font des travaux ont versé du gravier sur leur allée et ensuite un rouleau-compresseur est venu étaler tout ça. Le bruit était désagréable dans un endroit d'ordinaire si calme. Mais vers trois heures tout est rentré dans l'ordre. Les pies et les geais se sont remis à se chamailler près de la mare.


De la pluie était annoncée pour ce soir mais au lieu de ça grand beau temps et le baromètre remonte. Il a fallu arroser le potager.


Cette nuit un animal a fait un drôle de bruit, une sorte de roucoulement un peu comme celui d'un pigeon mais moins mélodieux, plus rauque et plus grave. J'ai cru que c'était une chouette et c'était peut-être ça mais je me demande si ce n'était pas un autre animal.

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