mardi 2 août 2011

Journal bucolique #2

Il pleut et il ne fait pas très chaud. Des orages faiblards mais qui tonnent toute la journée quelque part autour de la clairière. Le ciel gris foncé. Et quelques éclaircies pour faire fumer le sol détrempé.

À la campagne on fait bien plus attention à la météo qu'en ville parce qu'une grande partie de l'activité se déroule à l'extérieur. Aujourd'hui je n'ai quasiment pas quitté mon ordinateur ou mon iPad. Je ne me suis pas ennuyé, pas le moins du monde, mais je me sens un peu engourdi comme par une journée de travail.

Le chat se réveille de temps en temps et demande immédiatement des caresses, puis il va se recoucher quelque part ou va faire un tour dehors avant d'aller roupiller. Il vit la nuit. Il n'arrête pas d'aller et venir, de sortir et de rentrer dans ma chambre (qui donne sur l'extérieur). C'est un animal nocturne. Le matin à sept heures il a faim et il vient me réveiller en me mettant son museau froid dans l'oreille. Toutefois ce n'est pas un chasseur comme l'était Alphonse. Les lapins pullulent depuis qu'Alphonse est mort, ils ne craignent plus grand' chose.

D'ailleurs il y a des souris et au moins un rat dans la grange (j'ai identifié les crottes comme étant celles d'un rat). P. a mis des pièges à souris et à rats, appâtés avec des noix, je les inspecte tous les matins mais aucun rongeur n'y touche, même pas un léger grignotage de l'appât. Il faudrait envoyer le spécialiste (le chat) mais il ne veut rien avoir à faire avec les rongeurs, à la rigueur si une souris voulait se suicider il l'aiderait, ou bien si un souriceau inexpérimenté se jetait dans ses pattes. Mais de toute façon il a très peu de flair. Il doit avoir une malformation dans le nez car il a la respiration bruyante. On le repère facilement à ses ronflements quand il va se cacher dans un coin tranquille pour dormir.

Vu personne depuis deux jours et ça ne me manque pas du tout. Mais quand même demain je ferai un petit retour à la civilisation en allant déjeuner chez mon frère. D'ailleurs la civilisation n'est jamais loin car il y a les voisins (qui me fichent une paix royale je dois dire). Le voisin à coté est un peu bruyant — il construit sa maison et ça entraîne fatalement pas mal de bruits. Le voisin d'en face (ou presque) est extrêmement discret. C'est le patron d'un supermarché de la région. Ils se couchent très tôt ou du moins ils s'enferment très tôt le soir, tous volets fermés. Je crois qu'ils ne se sentent pas à l'aise à la campagne, ou du moins dans cette campagne un peu sauvage. Il y a des bêtes et de la nature partout. Beaucoup de gens ont peur de la nature bien que sous nos latitudes elle soit en général bénigne. C'est une peur qui vient de loin.

Il m'est arrivé de rencontrer un sanglier, une fois, le soir, il y a quelques années, près de la maison et je dois dire que j'ai eu peur sur le moment alors que je me flatte de n'avoir, en général pas peur de la nature. Oui, mais un sanglier c'est une grosse bête, c'est sauvage, ça grommelle de façon très impressionnante, un sorte de grondement très puissant, très sauvage. Et une fois un chevreuil a détalé devant moi dans la forêt alors que je ne m'y attendais pas et j'ai une grosse trouille, vite calmée.

Ce soir calme absolu, pas de vent, aucun bruit.

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