samedi 30 juillet 2011

AF447

Je n’ai pas grand chose à dire sur les conclusions du BEA sur le vol AF447. Il y a là, je pense, un cas typique de problème cognitif : personne ne s’est rendu compte que l’avion décrochait malgré l’alarme qu’apparemment, concentré sur le seul fait qu’ils avaient perdu la vitesse, les pilotes n’ont même pas entendu. En plus, désorienté, le pilote en fonction a fait exactement le contraire de ce qu’il convenait de faire en cas de décrochage, il a cabré l’avion alors qu’il devait au contraire le faire piquer du nez pour reprendre de la portance et il maintenu cette position pendant les trois minutes qu’à duré la descente (ne se rendant pas compte qu’accessoirement il avait fait demi-tour).

La lecture du scénario de l'accident a quelque chose d’effrayant. Il n’en faut vraiment pas beaucoup pour mettre en trois minutes un avion volant sans histoire à 35 000 pieds, à la baille! Pas d’orage titanesque, pas de mère de toutes les turbulences, pas de perte de tous les repères instrumentaux, pas de panne moteurs, juste un givrage des sondes de Pitot qui dure une minute, plus de notion de vitesse et plus de pilote automatique et une confiance limitée dans les instruments et deux jeunes types fatigués, effrayés et désorientés au manche.

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