mardi 1 mars 2011

Colin Firth aux Oscars

Regarder la cérémonie des Césars est pour moi un supplice que je m'inflige pourtant chaque année avec un masochisme qui frise le dérangement moral et mental. Cette année j'ai regardé en pointillé pour ainsi dire, zappant d'une chaîne à l'autre et revenant sur Canal de temps en temps pour savoir ce qui se passait aux Césars. Cette cérémonie m'agace et m'afflige. Elle m'agace par ses mondanités hypocrites, cette compétition ridicule et elle m'afflige par la médiocrité des discours des présentateurs et de la plupart des gens récompensés. C'est bien simple: j'ai honte pour eux les trois-quarts du temps. Nous avons été servi en médiocrité cette année par Sara Forestier, sacrée meilleure actrice de l'année, pitoyable et vulgaire au pupitre et par le lauréat du plus prestigieux prix, Xavier Beauvois, qui se permit, statuette en main, au pupitre du gagnant, d'insulter Eric Zemmour et le Ministre de l'Intérieur (il y a sans doute des raisons de les critiquer, mais l'insulte, prononcé d'un point inattaquable et prestigieux est d'une vulgarité incroyable même si les intentions sont, à priori, bonnes). Aux Oscars, cependant, Colin Firth le lauréat de l'Oscar du meilleur acteur de 2010 pour son rôle dans le magnifique "Le Discours du Roi" déclara sans esbrouffe au public qui venait de le récompenser : "I have a feeling my career’s peaked" [j'ai l'impression que ma carrière vient d'atteindre son sommet]  et "I'm experiencing stirrings somewhere in the upper abdominals which are threatening to form themselves into dance moves" [Je ressens des frémissements quelque part en haut de l'abdomen qui menacent de se transformer en pas de danse]. On appréciera la litote, l'euphémisme et l'autodénigrement typiquement britannique ainsi que l'humour et la retenue de cette déclaration (qui, d'ailleurs, n'a peut-être pas été totalement appréciée par le public américain, plutôt porté à dancer et hurler de joie là où Colin Firth parlait modestement d'une sensation de joie menaçant de se transformer en pas de danse!). Nos lauréats des Césars pourraient en prendre de la graine.

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