Centrales

Voilà que George Monbiot, éditorialiste du Guardian qu'on ne peut pas suspecter d'être à droite et dont l'orthodoxie verte est reconnue déclare qu'on ne peut raisonnablement pas sortir du nucléaire et que les énergies renouvelables ne sont pas une alternative viable et surtout pas sans dangers. Amusant de voir que tout le monde réclame de l'énergie mais que personne ne veut en produire chez soi! Même les lignes à haute tension c'est mal, ça file le cancer aux vaches qui broutent en-dessous (ou quelque chose comme ça).

J'ai vécu vingt ans à moins de dix kilomètres d'une centrale nucléaire. Mon frère a acheté une maison à cinq kilomètres. Ma sœur a la sienne à dix kilomètres. La centrale a toujours fait partie du décor. C'était même une fierté, quand j'étais petit. On prenait la voiture pour aller voir la centrale. Les écoles la visitaient, sorties éducatives. Quand l'un des réacteurs est devenu inutilisable ou périmé il a été enveloppé dans une énorme sphère métallique. Longtemps l’étrangeté et le modernisme de cette sphère nous ont fasciné. On a construit d'autres réacteurs plus modernes, à coté des anciens, et des tours de refroidissement avec leurs cataractes bien visibles quand on passe sur la route à coté, remarquablement basses pour ne pas gâcher le paysage de la vallée de la Loire. Les agents d'EDF habitent dans la petite ville d'Avoine et dans celle de Beaumont, deux petites cités riches à cause de la centrale, avec des équipements un peu surdimensionnés. Le panache de vapeur qui s'échappe des tours de refroidissement se voit de loin, certains jours, mais c'est bien la seule chose qui pose un (léger) problème à la région.


1 commentaire:

Daylon a dit…

Il existait sur le net une excellente présentation de Jean-Marc Jancovici où il démontrait la part du renouvelable (et sa futilité dans l'état actuel des technologies et de leurs rendements respectifs) vis-à-vis du nucléaire, sur une projection à 20-30 ans (une présentation pour Spie, je crois).

Assez fascinante, où la conclusion semblait être: "quoiqu'on fasse, ce sera forcément la merde dans les prochaines décennies".

D'ailleurs, c'est un raisonnement qui croise les partisans post-écolo d'une (re-)terraformation.