mercredi 3 novembre 2010

mid-terms

En 1994 quand Clinton perdit les élections de mi-mandat il se retrouva en face de Newt Gingrich qui était parvenu au pouvoir avec un programme radical : le Contract for America. Gingrich s'attela, dès son intronisation en tant que Président de la Chambre des Représentants, à transformer ce programme en lois en s'opposant à l'occasion vigoureusement à Bill Clinton, en particulier en bloquant à deux reprises le gouvernement en lui coupant les moyens financiers de fonctionner, pour le faire plier. Cette attitude extrémiste du Congrès (le GOP dominait alors les deux chambres, la Chambre des Représentants et le Sénat) permit à Clinton de s'élever en rempart contre Gingrich et ses jeunes loups Républicains, de le diaboliser et de remporter les élections présidentielles de 1996, appuyé en celà par les excellentes conditions économiques d'alors et par un candidat Républicain qui n'était ni très brillant ni très séduisant.

La situation d'aujourd'hui est différente et se présente paradoxalement moins bien pour Obama. D'abord les Républicains n'ont la majorité qu'à la Chambre des Représentants, pas au Sénat où les Démocrates gardent une courte majorité. Les Républicains n'auront donc pas les mains tout à fait libres pour légiférer et pourront blâmer le Sénat pour leurs échecs. Ensuite les Républicains n'ont pas vraiment de programme, à part de vagues promesses de réduire les impôts et de revenir sur la réforme de la santé publique. Ensuite encore, John Boehner, le probable nouveau Président de la Chambre, n'est pas Gingrich, il est moins possédé par l'idéalisme conservateur de son prédécesseur. Enfin, les conditions économiques ne seront probablement pas meilleures dans deux ans que maintenant et les Républicains seront peu enclins à faire passer des lois pouvant l'améliorer qui profiteraient in fine au Président. Ainsi Obama n'aura probablement personne à blamer pour servir de repoussoir aux élections de 2012 et pas d'amélioration de l'économie à mettre en avant. Toutefois, un Congrès qui ne fait rien n'est pas non plus très bon aux yeux du public et l'attentisme des Républicains, ou le blocage des initiatives de ceux-ci au Sénat pourraient leur jouer des tours et profiter à Obama. Dans tous les cas les différentes options stratégiques en vue des élections de 2012 seront diablement intéressantes à observer.

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