Films vus cette semaine

The Taking of Pelham 1 2 3 (2009)

(film de Tony Scott, sorti le 29 juillet 2009 en France, vu sur Canal + le 26-09-2010). Des hommes armés conduits par un bandit machiavélique et cruel (John Travolta) prennent en otage un train du métro de New York contre une rançon, et le régulateur de la ligne (Denzel Washington) se retrouve à négocier avec le chef des preneurs d’otages. Un excellent thriller servi par deux pointures: Denzel Washington et John Travolta, formidables acteurs tous les deux. De très belles et efficaces images et un scénario bien troussé. Un excellent divertissement.

Pride and Glory (2008)

(film de Gavin O'Connor, sorti le 3 décembre 2008 en France, vu sur Canal + le 25-09-2010 ) Un bon thriller, sans plus, les acteurs sont excellents, en particulier Edward Norton que j’adore dans tous ses rôles. Colin Farrell est pas mal et Jon Voight assure le service minimum. Un histoire de trahison familiale dans le milieu des policiers New Yorkais d’origine irlandaise. Se regarde sans déplaisir ni regrets.

Nestor Burma

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Vient de sortir en librairie "Les nombreuses vies de Nestor Burma" de Jacques Baudou, aux Moutons électriques éditeurs.

J'ai participé à ce livre en tant que photographe. L'éditeur m'a commandé des photos du Paris de Burma en noir et blanc pour illustrer le livre. J'ai passé quelques jours à photographier les lieux liés aux romans du détective privé de Léo Malet. Un Paris des années 50 qui a en grande partie disparu et que j'ai eu le plus grand mal à retrouver. Exemple : le quartier du Pont de Tolbiac et de la rue Watt qui a été entièrement rénové, mais qui est le cadre du roman célèbre "Brouillard au Pont de Tolbiac". Impossible de retrouver le pont de la rue Watt qui passait sous les voies de la gare d'Austerlitz, des travaux partout, plein d'immeubles modernes qui jaillissent de terre là où vivaient auparavant les ouvriers parisiens. Ne retrouvant pas vraiment le Paris de Nestor Burma dans le Paris d'aujourd'hui j'ai décidé de faire des photos d'ambiance, d'atmosphère, rappelant à la fois les thèmes des romans policiers de Léo Malet mais aussi le thème du "roman noir". Je me suis efforcé dans chaque image de rendre une atmosphère vaguement inquiétante, mystérieuse. L'éditeur a choisi dans la masse des images que je lui avais fourni et, ce qui m'a un peu étonné, il n'a pas choisi les clichés les plus inquiétants ou mystérieux ou bizarres. Mais c'était son choix artistique et il a choisi les images un peu plus illustratrices que "mentales". Il a bien fait. Le résultat est très beau et l'impression respecte très bien les nuances du noir et blanc.

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Reprise

Bien, les affaires reprennent. J'ai eu un énorme coup de cafard le weekend dernier. Vraiment énorme. Ne sait pas pourquoi. Maintenant c'est passé. Parfois j'ai vraiment l'impression que mon cerveau essaie de me tuer.

Au commissariat

Dans le but de récupérer les données de ma carte SIM, maintenant que j'ai un nouvel iPhone, je suis allé porter plainte au commissariat. C'était la première fois que je faisais cette démarche à Paris. Je vais donc à l'antenne du 18ème arrondissement qui se situe 122 rue Marcadet. Là on entre dans une pièce sombre munie de bancs en bois, aux murs de nombreuses affiches et en particulier plusieurs fois l'impératif de ne pas se servir de son téléphone portable à l'intérieur du poste de police, sans explications. Deux guichets derrière lesquels officient des gardiens de la paix — ce soir deux femmes gardiens de la paix. Un grand guichet, sans sièges, auquel est affecté une femme d'un certain âge aux cheveux teints en rose fluo, au maquillage imposant et qui ne sourit jamais. Elle est le cerbère et enregistre les demandes des entrants :  "vous venez pour quoi?", "porter plainte pour le vol de mon téléphone portable", "vous avez une pièce d'identité et le numéro IMEI de votre téléphone?", "oui, les voici", "très bien, allez vous assoir on va vous appeler".

Il n'y a pas grand' monde, je suis donc reçu rapidement. Une femme gardien de la paix (j'ai vu ça à ses gallons, je connais les gallons de la police, je fréquente un peu les flics dans mon travail quotidien) m'accueille. Elle me fait résumer mon affaire et en note au crayon les détails sur un papier. "Pouvez vous reconnaître l'individu qui vous a volé?", "je ne suis pas certain", "parce que si je vous montre des photos il faut être sûr à 100%", "non, je ne l'ai vu qu'une fraction de seconde". Elle me dit que j'ai eu de la chance de n'avoir eu aucune blessure. Je décris du mieux que je peux mon agresseur. Je dis que je suis certain qu'il fait partie de la bande de jeunes qui rôdent tout le temps dans le quartier mais elle me dit qu'elle ne peut pas le mettre sur le procès verbal si je ne peux pas reconnaître formellement l'agresseur. Elle tape le procès verbal, je le signe. A coté de moi, à l'autre guichet une jeune femme vient pour porter plainte pour vol de portable elle aussi, elle s'est fait piquer son téléphone, à l'arraché, dans le métro, exactement comme ça avait failli m'arriver une fois.

En rentrant chez moi je retrouve la bande de jeunes qui traînent devant le bar "L'Adriatique". Ils sont une dizaine, plusieurs ont des sweat-shirts blancs à capuches, comme celui qui m'a volé mon iPhone, ils sont tous de l'âge estimé de mon voleur. Alors que je les observe une femme passe devant eux en parlant au téléphone. Ils la reluquent, la repère, la mesure, mais ce n'est pas vraiment le moment opportun pour passer à l'action et puis des cibles comme elle il y a en a tellement, ils ont l'embarras du choix, peuvent se permettre d'être prudent, de choisir et d'attaquer au moment où ils prendront le moins de risque.

Soutient de mémoire

Paris, septembre 2010, Square Boucicault
C'était la première fois que je mettais les pieds à la fac Rue des Saint-Pères, je devais aller à la soutenance de mémoire de ma stagiaire j'étais pas de bonne humeur en arrivant (à l'heure) et en plus il a a fallu attendre 20 minutes devant la porte de la salle d'examens, debout, à regarder passer les étudiants et les étudiantes dans le couloir. La soutenance s'est déroulé en 40 minutes à peu près et je n'ai pas eu à dire un mot ce qui m'arrangeait bien au fond parce que de toutes façons j'avais envie de rien dire, je n'avais pas pris de café ni encore moins de petit déjeuner, j'étais d'une humeur massacrante et la vue des tous ces étudiants et de ces profs et de l'état de délabrement physique de l'université m'avait collé le bourdon. En sortant on est allé boire un verre à la terrasse d'un bistrot chic Boulevard Saint-Germain, un cappucino horriblement cher mais très bon, il ne faut pas se plaindre, il faisait un temps superbe et ce n'est pas tous les jours que nous allons prendre un verre Boulevard Saint-Germain, en terrasse, on aurait d'ailleurs pu aller au Café de Flore ou aux Deux Magots mais ça pue le fric et la prétention ces bistrots et nous sommes allé dans ce bar ou plutôt à la terrasse de ce bar qui est quasiment à l'angle de la rue des Saint-Pères et du Boulevard. Cinq Euros quatre-vingt un cappucino, quand même, je me demande quel peut bien être le prix d'un expresso, cinq euros quatre-vingt ça fait 38 Francs le café, ça serait encore en Francs on hésiterait à s'assoir à la terrasse d'un arnaqueur pareil mais en Euros on n'hésite plus, on trouve presque ça normal alors que c'est répugnant de faire payer un fond de café à un prix pareil, répugnant et malhonnête mais on paye et on boit son cappucino bien gentiment et on est content encore.

Retour à pieds au boulot, par la rue de Rennes, soleil et température impeccable, une magnifique journée.

Écouté le concerto pour violoncelle en Si mineur de Dvorak.

Niches

Thoiry, août 2010, dans le labyrinthe
J'entends, entre autres, que dans sa chasse aux "niches fiscales" le gouvernement a décidé que les fournisseurs Internet triple play (Internet, téléphone, télé) vont être taxés à 19,5% au lieu de 4,5%. Je suis client d'un de ces fournisseurs triple play (Free), j'apprends donc que je vais payer plus. Le gouvernement, n'est-ce pas, s'est empressé de mettre en place le "bouclier fiscal" pour les plus riches quand il est arrivé aux affaires, a diminué la TVA aux profit des restaurateurs ensuite! Il y en a d'autres des "niches fiscales" et le gouvernement est à leurs trousses! Et bien sûr ce sont les classes moyennes qui vont raquer.

Le 18ème me fatigue

Paris, septembre 2010, soleils dans le 18ème
Paris, septembre 2010, soleils dans le 18ème
Visite de l'appartement de Cachan vendredi prochain. Vais-je devenir banlieusard? Une chose est sure : malgré ses tournesols tardifs et sauvages qui poussent dans les interstices du béton, le XVIIIème me fatigue!

Pas loin de Montparnasse

Paris, septembre 2010, magasin FNAC, Rue de Rennes
Profiter d'une belle journée pour flâner en ville, sortir le soir après le travail, et plutôt que de prendre le métro tout de suite, aller faire un tour et prendre des photos. Inspiré par l'art de mon copain Daylon peut-être, dont j'aime énormément les images de Rio (allez les voir). Observer le soleil glisser sur la pierre beige de Paris et être enchanté par le bleu du ciel du premier jour d'automne.

De la Rue de Rennes je n'aime que les immeubles Second Empire et Mille-Neuf-Cent. Cette avenue est par ailleurs froide, sans arbres, très fréquentée par les automobiles et les autobus donc très bruyante et orientée Nord-Sud, ce qui ne la rend pas plaisante. Pas la même chose que le Boulevard Raspail, par exemple, qui me plaît beaucoup plus et qui, lui, est arboré, orienté Sud-Est, Nord-Ouest et longé de boutiques chics de beaux immeubles.

Dimanche au parc

Sceaux, septembre 2010, parc du château

Dimanche à Cachan et ballade au Parc de Sceaux (fait des photos), et le soir un film sur TF1 (c'était ça ou le foot sur Canal+). Trouvé un appartement à louer à Cachan que j'irai visiter cette semaine mais ne nous emballons pas. C'est vrai que j'en ai marre de Paris et en tout cas, sinon de Paris, de ce quartier de Paris, du bruit, de la pollution, du métro bondé, des voleurs, de la crasse et qu'il ne serait pas mauvais à plusieurs titres que j'aille habiter ailleurs. Pourquoi Cachan, of all places, parce que c'est un coin calme et bien desservi par le RER et pas loin de mon job et qu'y vivent certains membres de ma petite famille que j'aime bien. Et aussi que j'ai une affection bizarre pour l'acqueduc d'Arcueil et pour la banlieue sud, ne demandez pas pourquoi... c'est comme ça.
Le film sur TF1 était "The Bourne Supremacy" de Paul Greengrass, un réalisateur diablement doué et jamais pris en défaut sur ce film, à mon avis. L'histoire est convenue et inintéressante et c'est la mise en scène et l'efficacité des images qui sauvent tout et qui en font un agréable divertissement.
Demain il faut que j'apprenne à me passer de mon iPhone. C'est pas que je sois du tout traumatisé mais plutôt en colère contre moi, pour ma naïveté et contre les voleurs.

Adieu iPhone

Ça c'est passé très vite. Je sortais de chez moi, on était vers huit heures et la nuit venait de tomber. J'ai pris mon iPhone pour sortir et je me suis rendu compte que ma nièce venait d'appeler et que je n'avais pas entendu son appel. Arrivé dehors j'ai rappelé ma nièce, suis tombé sur son mari et j'ai continué la conversation en marchant. Dans le jardin, censé être privé, entouré de grilles et avec des codes aux portails, mais mal éclairé la nuit, j'ai doublé, tout en bavardant avec le mari de ma nièce, une dizaine de jeunes qui traînaient. Je me suis dit que ces types n'étaient probablement pas de la résidence et que j'étais peut-être un peu imprudent de les dépasser comme ça en exposant mon téléphone à leur convoitise, que j'aurais peut-être mieux fait de me tenir à distance. Mais j'ai continué. La pensée que ces gars étaient probablement des voyous n'a duré qu'une seconde. Ils étaient six ou sept, des jeunes noirs, habillés en tenue de loubards, blousons sur des hoodies. Bien entendu on se dit aussi dans ces cas là que c'est raciste de penser que des jeunes noirs sont automatiquement des voyous, on n'y pense pas vraiment clairement mais c'est quelque chose qu'on a quand-même à l'esprit, on ne va quand même pas se méfier de tous les jeunes noirs qu'on croise, non? Bon, mais là j'aurais dû me méfier parce que à peine j'avais dépassé la bande de jeunes qu'un jeune noir en hoodie blanc m'a arraché le téléphone de l'oreille. Au passage il a aussi arraché mes lunettes qui sont tombées par terre (sans dommage). Ce qui s'est passé après est assez amusant : deux types que j'avais dépassé ont poursuivi le voleur qui fuyait à toutes jambes, dans le but de me faire croire qu'ils essayaient de le rattraper. Et la supercherie à fonctionné, j'ai vraiment cru quelques instants que le voleur n'étaient pas leur copain et qu'ils allaient le rattraper, et pourquoi pas me rendre mon téléphone," tenez Monsieur on l'a ratrappé ce voyou, voici votre téléphone, c'est une honte ces jeunes qui agressent les passants", je suis naïf, n'est-ce pas? Les autres, ceux de la bande qui n'avaient pas réagi au vol, ont continué nonchalament leur chemin. Et même maintenant je n'ai aucune certitude, peut-être était-ce un tiers, toutefois ça serait bien extraordinaire qu'un type m'attaque au milieu, quasiment, d'un groupe de personnes, eux-mêmes plutôt louches. J'ai ramassé mes lunettes et me suis mis à la poursuite de mon voleur mais évidemment il avait disparu dans la rue. Et devant le bar l'Adriatique j'ai cru reconnaître deux des types que j'avais doublé dans le jardin, ils bavardaient avec un troisième monté sur une mobylette, mais aucun ne répondait au signalement de mon voleur.

C'est une ironie de m'être fait voler mon iPhone en téléphonant, alors que je téléphone rarement, l'iPhone me sert — me servait — d'iPod. C'est la deuxième fois qu'on tente de me le voler dans le quartier. Je pensais que je ne craignais rien dans le jardin de la résidence. J'avais entendu dire qu'il y avait la nuit toutes sortes de trafics dans ce jardin mais je n'y croyais pas vraiment, là aussi je pensais que les gens étaient un peu paranos et avaient la trouille à chaque fois qu'ils voyaient une bande de jeunes du quartier.

Satire

FT.com / Arts - Has political satire gone too far?: I agree with Jonathan Coe's answer:

[Political Satire] creates a welcoming space in which like-minded people can gather together and share in comfortable hilarity. The anger, the feelings of injustice they might have been suffering beforehand are gathered together, compressed and transformed into bursts of laughter, and after discharging them they feel content and satisfied. An impulse that might have translated into action is, therefore, rendered neutral and harmless. I remember a recent edition of Radio 4’s News Quiz where the comedian Jeremy Hardy brought this up: after cracking a series of (brilliant) jokes about failed bankers collecting enormous bonuses, he suddenly said, “Why are we laughing about this? We should be taking to the streets.” He was right. So it’s no wonder that the rich and the powerful have no objection to being mocked. They understand that satire can be a useful safety valve, and a powerful weapon for preserving the status quo.

(via @niceorimmoraly)

À la chasse à la baleine

Dans le Daily Kos, Mark Sumner raconte une histoire intéressante sur la chasse à la baleine et sur les efforts étranges et opiniâtres du Japon pour circonvenir la protection de cette espèce en voie de disparition.

Je résume : la chasse à la baleine est dirigée par l'International Whaling Commission, ou en Français : Commission Baleinière Internationale. Dans les années 1980 cette Commisssion décida d'interdire la chasse à la baleine dans le monde entier sauf aux fins de recherche scientifique. Le Japon décida alors en 1986 que pour "la recherche" il s'autorisait à buter 1400 cétacés par an. Tout le monde se demanda ce que le Japon pouvait bien faire comme recherche scientifique sur autant de baleines, mais peu importe, le gouvernement japonais s'assit consciencieusement sur les décisions, les rappels à l'ordre et même les ordres de la Commission. La viande de baleine était bien sûr consommée comme avant, "recherche" ou pas, aucune différence.  En 2006 le Japon se débrouilla, en convertissant à sa cause — on s'imagine comment — quelques "petites" nations siégant à la Commission Baleinière Internationale pour en prendre, en sous-main, la majorité. D'ailleurs la Commission déclara tout de go que l'interdiction de la chasse à la baleine "n'était plus nécessaire". Ben voyons! Cependant il restait au Japon à justifier la boucherie de milliers de cétacés par une demande en viande de baleine à la hauteur. Le marché fut alors boosté quelque peu artificiellement en fournissant en viande de baleine  les millions de cantines scolaires de l'archipel, à un prix intéressant.

Comme le conclu Mark Sumner, assez gaiement :
Just how wimpy does it make support for most goals of the United States, when Japan is willing to spend billions of yen and decades of time building support for butchering endangered animals? That, by god, is commitment.

Notes en vrac

L'Essart, septembre 2010, la poule
L'Essart, septembre 2010, la poule noire

¶ Le New Yorker est un excellent magazine qui n'a pas d'équivalent dans notre pays. Les reportages sont remarquablement bien écrits et très documentés (et longs) et chaque fait est vérifié par un bataillon de fact-checkers particulièrement tatillons. Dans le numéro de cette semaine on trouvera un portrait de Mark Zuckerberg le fondateur et PDG de Facebook, un geek d'à peine 26 ans, déjà milliardaire mais sans ostentation aucune. Un très étrange personnage.

¶ Essayez donc Google Scribe — en anglais uniquement, pour le moment je suppose. Je suis bien embêté pour vous décrire ce que c'est. Disons que vous commencez une phrase et que la machine vous suggère la suite de la phrase. Oui c'est aussi simple en apparence que cela. Maintenant il faut l'utiliser un peu pour mesurer combien c'est... étrange et révolutionnaire et commencer à entrevoir les possibilités d'une tel gadget.

¶ Peut-être a-t-on suivi dans nos contrées l'incroyable histoire de ce pasteur dingue de Floride, leader d'une toute petite église (50 fidèles) qui a menacé de brûler un tas d'exemplaires du Coran en place publique si le projet de centre culturel islamique près de "Ground Zero" (le site du World Trade Center et de la partie New Yorkaise des attentas du 11 septembre 2001) à New York n'était pas abandonné ou du moins déplacé. Ce minable chantage est apparu d'abord sur le web puis les grands média américains l'ont repris en faisant enfler son importance totalement hors de proportion, jusqu'à déclencher des émeutes au Pakistan et l'intervention du président Obama pour supplier le pasteur de revenir sur sa menace. Comment cette histoire qui aurait dû être justement ignorée a-t-elle enflé au point de devenir une affaire d'état? Lire la réponse de Jason Linkins dans le Huffington Post. 
The story of how one lone idiot, pimping an 18th-century brand of community terrorism, held the media hostage and forced some of this nation's most powerful people to their knees to fitfully beg an end to his wackdoodlery is an extraordinary one. It's a modern media retelling of Faulkner's "As I Lay Dying", in which a gang of Islamaphobes, cast in the role of Addie Bundren, bamboozle the media into carrying their coffin full of malevolence on a journey of pure debasement.

Au jardin

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L'Essart, septembre 2010, tomates au jardin potager

Dernier jour à la campagne et retour à Paris. Le mois d'octobre me verra probablement refaire un petit séjour ou deux dans le Chinonais, après ça sera l'hiver, le long hiver et la campagne a un peu tendance à me déprimer l'hiver.
Délicieuse journée et temps magnifique, retour de S. accompagnée de V., déjeuner de côtelettes et de haricots verts fraîchement cueillis. Ramassage des prunes secouées de l'arbre.
Retour en car puis en train vers Paris.

Campagne tourangelle

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Huismes, septembre 2010, paysage de campagne

Ce matin il pleuvait un peu et le ciel était chargé de nuages gris qui se déchiraient par endroit pour laisser apparaître des fentes bleues. Mal dormi, je ne sais pas pourquoi, plusieurs rêves désagréables, mais dont je ne me souviens pas. Je me suis réveillé de bonne heure avant même le lever du jour et après je me suis rendormi beaucoup plus paisiblement. Le chat a passé la nuit sur mon lit blotti contre mes jambes. Quinze kilomètres à bicyclette (électrique) pour aller déjeuner chez mon frère (et quinze kilomètres retour). Je rêve d'habiter une maison aux Fontaines D'Ozon, un hameau sur la commune de Huismes, qu'on traverse quand on va chez mon frère, il y a une vingtaine de maisons autour d'un petit vallon au fond duquel on trouve un ancien lavoir près d'un petit étang couvert de nymphéas et autres plantes aquatiques. Les maisons sont en pierre de tuffeau, la pierre blanche locale qu'une sorte de moisissure fait noircir par endroits et en particulier sur les arrêtes des murs de sorte qu'on dirait par moment du fromage de chèvre, qui est aussi l'une des spécialités du coin. Le hameau des Fontaines D'Ozon est par ailleurs assez isolé au milieu d'une belle plaine agricole très légèrement vallonée.
Pour aller chez mon frère, de L'Essart, on prend une belle allée forestière taillée en ligne droite au milieu des futaies de grands arbres. Il y a un grand virage au début devant la maison du garde forestier et un à la fin avant d'arriver au lieu-dit Mouzilly. Puis l'on traverse la voie de chemin de fer et on se trouve tout de suite aux Fontaines D'Ozon. La route vire un peu et plonge dans le vallon au lavoir puis remonte de l'autre coté sur la plaine en passant le long d'une grosse ferme. Passé le hameau c'est la plaine et les hameaux de Contebault et du Grand-Ballet. Au Grand-Ballet il y avait dans le temps une école, disparue de nos jours, dans laquelle l'ainée de mes soeurs a été institutrice; je vous parle d'un temps qui commence à sérieusement dater, je n'en ai qu'un souvenir très vague. Après le Grand-Ballet on longe le marais de Huismes et les terres sablonneuses bonnes pour les asperges et l'on passe à La Pommardière, Cigny, Isoré et enfin la Rue-des-Cinq-Pères. Après ça c'est la banlieue de nulle ville, ou d'EDF ville, puisqu'Avoine et Beaumont sont surtout peuplées par les employés de la centrale nucléaire de Chinon, toute proche.
C'est une belle campagne que la campagne tourangelle. Bien sûr le fait que je la fréquente plus ou moins assidûment depuis cinquante trois ans me la rend encore plus attachante et me rend quelque peu partial, mais objectivement c'est, je crois, une jolie région, pas spectaculaire, somptueuse, époustouflante, non, simplement jolie et douce et accueillante.

Les bruits de la campagne

un arbre dans la forêt de Chinon

Sautons du mardi au samedi sans vergogne.

De retour à Saint-Benoit-La-Forêt. Les feuilles commencent à se teinter de jaune doré, mais l'impression d'été tient encore. Il fait frais le soir et la nuit, et le matin la brume s'accroche dans les parties les plus basses du paysage. Le soleil met plus longtemps qu'au mois de Juillet à réchauffer la campagne. Il y a une poule de plus, une belle rousse à la queue blanche, serrée de près par le coq nain. Cette après-midi je les regardais, ils étaient tous deux, le coq et la nouvelle poule, couchés l'un contre l'autre, à l'ombre d'un taillis, et se nettoyant les plumes mutuellement. Je distingue bien, maintenant, deux cris de l'oie : le cri d'alarme rauque et le cri de reconnaissance ou de conversation plus doux. Ce matin j'ai entendu le sifflement d'un rapace, peut-être une buse, qui a inquiété la basse-courre et cette après-midi alors que j'écrivais dans une chaise-longue j'ai surpris du coin de l'oeil un magnifique faisan mâle qui s'approchait du poulailler d'un pas lent, prudent et plein d'hésitations, pour picorer le grain que j'avais mis aux poules. Ce soir c'était une chouette qui hululait dans la nuit. Je ne connais rien d'aussi simplement beau et mystérieux que le chant de la chouette. Je suis surpris par la réaction de certaines personnes qui trouvent ça lugubre et effrayant, ce n'est ni l'un ni l'autre pour moi. Comme les chauves-souris dans leur genre les chouettes sont des animaux fascinants, elles ont une ouïe particulièrement développée, elles chassent exclusivement à l'oreille, repérant au bruit les rongeurs minuscules dont elles se nourrissent. Leurs plumes ont une structure particulière qui leur permet de voler sans aucun bruit. En fait beaucoup de gens ont peur de la nature, ils racontent leurs phobies des insectes, des fourmis et même des papillons, leur peur des araignées ou des serpents. Bien peu d'entre nous serait capable d'aller se promener dans les bois la nuit par exemple, alors qu'on y est en parfaite sécurité, au moins dans nos régions, et à l'abri des hommes. Pour en revenir aux bruits de la campagne : ce matin de bonne heure alors que j'étais encore au lit c'est le martèlement d'un pic-vert qui m'a réveillé, puis les grenouilles de la marre ont donné de la voix suivis par les cris des geais qui se chamaillaient. Tous ces bruits sont mille fois plus agréables que les sons humains : un peu plus tard les ouvriers sont venus sur le chantier de la maison en construction à coté, ils ont mis un transistor qui a commencé à déverser la musak habituelle puis ont fait tourner une bétonnière de temps à autre (pas tout le temps heureusement). Vers six heures du soir ils ont quitté le chantier et le grand calme est revenu, le silence épais de la campagne.

Mardi

C'était la grève. Le métro était bondé et poussif à l'aller comme au retour et au bureau il n'y avait pas grand monde (la plupart en congés, pas en grève, voulaient pas affronter les difficultés des transports en commun, surtout ceux qui habitent loin, à Tours, à Lille et qui prennent le TGV pour venir au boulot). Donc calme plat au travail. Et moi j'avais la vue brouillée, ou du moins j'avais l'impression que mon acuité visuelle avait baissé de l'oeil droit qui a tout (astigmate, myope et presbyte) alors que l'oeil gauche est beaucoup plus en forme et d'ailleurs ne semblait pas avoir de baisse, lui. Un peu mal au crâne aussi, comme une légère migraine. Evidemment je m'inquiète, je trouve sur le web des raisons de m'inquiéter encore plus. Le web est une vraie mine d'or pour l'hypocondriaque moyen, je pense qu'ils rabattent des patients pour les urgences hospitalières ou quelque chose comme ça. Finalement dans l'après-midi mon moral remonte et ma vue revient. Enfin elle n'était pas vraiment partie, entendons nous bien. Je ne sais pas ce qui c'est passé et si toute cette histoire de légère baisse de l'acuité visuelle dans l'oeil droit n'était pas une illusion, un truc psychosomatique. Je me fais souvent des idées.

Reçu un e-mail super gentil de R J. Made my day!

Ce soir coup de fil de S. Est-ce que je ne voudrais pas aller garder la maison ce weekend? Rien ne me ferait plus de bien qu'un petit séjour à la campagne, en ce moment, c'est exactement ce dont j'avais envie et probablement besoin! Donc le weekend prochain je suis au vert et je suis bien content. Je vais recharger les batteries.

De la manif' d'aujourd'hui je n'ai rien vu. Il parait qu'il y avait du monde. La dernière fois que je suis allé manifester (un sport typiquement Français, manifester sur les boulevards parisiens) c'était en 2002, entre les deux tours de l'élection présidentielle. Et ce jour là j'avais arpenté à peu près cinquante mètres Place de la République avant de m'échapper par une rue perpendiculaire, trop de monde, la manifestation n'avançait pas, on piétinait, il y avait du monde plein le Boulevard du Temple, celui des Filles du Calvaire et le Boulevard Beaumarchais, jusqu'à la Bastille.

Pour fêter ça j'ai regardé le match de foot à la télé. Bosnie - France. On a gagné 2 à 0.

Lundi

Vu les trois premiers épisodes de The Pacific ce soir. Un peu déçu. C'est beaucoup moins ramassé, beaucoup moins tendu que Band of Brothers. L'entier troisième épisode fait roman à l'eau de rose, le repos du guerrier et tout ce qui s'ensuit, c'est sentimental et pas du tout nécessaire. J'ai l'impression que le scénario est bien moins maîtrisé que dans Band of Brothers. Il faudra voir les épisodes suivants pour se prononcer définitivement.

Vu aussi, ce weekend, Inglourious Basterds. J'ai passé un bon moment mais rien ne m'a vraiment séduit, enthousiasmé, dans ce film. Il y a sans doute une foule d'allusions, de citations cinématographiques qui me sont passées au-dessus de la tête, en est resté une série de scènes sans guère d'intérêt mais parfois amusantes. Ce n'est pas un navet mais j'ai du mal à comprendre l'enthousiasme qui a entouré ce film à sa sortie.

Sur le site de Slate.fr (la copie francophone du Slate.com américain, en moins bien, à la Française donc), l'index des rubriques mentionne Accueil, France, Monde, Economie (sans accent sur le É majuscule), Culture et "Life". Je suis sans doute vieux jeu, mais ce "Life" m'agace, ça veut faire jeune et branché et ça fait juste ridicule et incongru. Rien que le nom Slate.fr est ridicule, en Français Slate ne veut rien dire, donc c'est uniquement une référence au grand frère américain, référence appuyée vaguement, par allusion presque, par le design du site qui reprend le violet du site Slate.com.  Sur la "Life" il faut lire le livre amusant (ou terriblement cruel) de Jean-Charles Massera : We Are L'Europe.

Les changements dans les méthodes de travail, au bureau, me déroutent. J'ai l'impression d'être largué, de ne plus comprendre ce qu'on me demande de faire, ou alors que les gens changent tout le temps d'idées, bref, c'est la confusion. C'est assez pénible, j'essaye de m'adapter tout en doutant de mes capacités à le faire. Et puis je commence à être las de ce boulot, ça n'aide pas.

Métro aérien

Paris, août 2010

Paris, août 2010, du coté de la gare d'Austerlitz.

No distractions

Jonathan Franzen's way of writing:

Franzen works in a rented office that he has stripped of all distractions. He uses a heavy, obsolete Dell laptop from which he has scoured any trace of hearts and solitaire, down to the level of the operating system. Because Franzen believes you can't write serious fiction on a computer that's connected to the Internet, he not only removed the Dell's wireless card but also permanently blocked its Ethernet port. "What you have to do," he explains, "is you plug in an Ethernet cable with superglue, and then you saw off the little head of it.

Foot

Comme quoi l'homme providentiel n'existe pas. Et le bouc émissaire non plus. C'est bien pratique d'avoir l'un et l'autre pour ne pas désespérer Billancourt. Bref, Laurent Blanc ne peut pas faire de miracles, il n'est pas magicien, mais c'est un bon communiquant.

France - Biélorussie 0-1

Co-bêtise

Le mot en vogue ces temps-ci au bureau c'est "co-construire". Bien sûr c'est un mot qui n'existe pas, mais le management aime bien les néologismes. Je crois que ça veut dire construire ensemble, mais sans doute que ça sonne mieux ou que c'est écris comme ça dans un bouquin de management ou de marketing, ou encore qu'un gourou de ces matières l'a employé un jour dans une conférence. Comme maintenant on "co-construit" à tout va, la tentation est grande, chez les petits malins, de mettre "co" partout. J'ai ainsi rencontré aujourd'hui "co-participer", un magnifique pléonasme, mais dans le vent! Ces modes sont insupportables mais je suis obligé de les subir, et ça m'agace, ça m'agace...