La forme d'une ville...

... change plus vite, hélas, que le coeur des vivants. Comme disait Baudelaire. C'est aussi ce que je me suis dit cet après-midi en arpentant les rues du XIIIème arrondissement et en gros ce que je me dis depuis quatre jours que je fais des photos dans Paris pour illustrer le Nestor Burma de Jacques Baudou (aux Moutons Électriques, en Octobre). Je ne retrouve presque aucune trace des lieux décris dans les romans de Léo Malet, le Paris des années cinquante n'existe plus et il est vain d'essayer de le retrouver. Pour le Fantômas AFR et moi n'avions pas eu trop de mal à retrouver des lieux presque intacts, mais là: fiasco. C'est simplement, je crois, que le Paris du début du vingtième siècle est beaucoup mieux conservé que celui des années cinquante, parce que ce Paris des fifties et des romans de Malet était un Paris pauvre et qu'on a rasé ce Paris pauvre pour construire dans les années 70 et 80, et encore maintenant, de nouveaux immeubles. Dans le XIIIème on ne trouve plus le pont de la rue Watt, qui passait en dessous des voies de la gare de Masséna. Le quartier de Tolbiac et le Quai de la Gare ont été rasé pour laisser place à la Bibliothèque François Mitterrand et à une vaste réserve pour Bobos friqués et de bureaux vitrés, sushi bars et magasins bios. Même chose avec le quartier du Chevaleret de l'autre coté des voies: il n'en reste que la halle des marchandises qui a été classée aux Monuments Historiques. La petite gare de ceinture de Masséna sera probablement démolie (elle est en ruine), et n'a été sauvé dans le secteur - Masséna -Tolbiac que la vieille usine d'air comprimé, mais qui date d'avant les années cinquante.

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