mercredi 25 août 2010

Gens du voyage

On dit beaucoup de bêtises en ce moment, sur les "gens du voyage", essayons de préciser ce qu'on entend par cette appellation. Gens du Voyage, c'est ainsi que les institutions désignent les peuples tsiganes qui vivent en France. Ils sont "du voyage" même si la majorité des tsiganes qui vivent en France sont sédentaires. La plupart sont Français depuis plusieurs générations, une minorité de tsiganes sont des étrangers venus d'Europe Centrale, de l'ancienne Yougoslavie, de Bulgarie et de Roumanie, depuis la chute du rideau de fer. On trouve trois peuples tsiganes en France: les Gitans, surtout dans le sud de la France, qui ont souvent pour origine l'Espagne et le Portugal mais qui sont établis, nomades ou non, depuis plusieurs siècles en France; les Manouches ou Sintes, dans le nord et l'ouest, qui sont en France depuis le XVème siècle au moins; et enfin les Roms qui ont été augmentés d'une forte immigration en provenance d'Europe Centrale ces dernières années et qui subissent une grande visibilité médiatique ces derniers temps. Ce sont les Roms que l'on voit s'entasser dans des bidonvilles d'une scandaleuse misère aux confins des grandes cités et ce sont eux aussi que l'on voit mendier dans les villes, parfois avec les enfants — ce qui choque énormément les non-tsiganes et même les autres peuples tsiganes. Il ne faut pas oublier de mentionner un dernier peuple, peu nombreux en France, qui pratique aussi le nomadisme et qu'on range aussi dans la catégorie "gens du voyage" : les Yéniches, dont l'origine est obscure et la culture et les traditions différentes des tsiganes. On voit donc que l'appellation "gens du voyage" recouvre plusieurs peuples différents mais qui ont en commun des traditions et une culture et une certaine manière de se distinguer des Autres, les non-tsiganes. Les Gitans, Manouches et Roms sont des peuples tsiganes qui se sont éparpillés au cours des siècles dans le monde entier, volontairement ou involontairement  — et dans ce dernier cas par déportation de la part des peuples occidentaux qui ne les toléraient pas en leur sein — et qui auraient pour origine l'Inde du nord-ouest.

Ces peuples nomades traînent une mauvaise réputation depuis la nuit des temps dans la culture occidentale. La survenue des Roms d'Europe Centrale en France, leurs difficultés d'assimilation et leur pauvreté, leur recours à la mendicité et à la petite délinquance (dont l'importance est accentuée du fait qu'ils sont plus visibles que les autres délinquants ou mendiants qui passent plus inaperçus) et leur exposition médiatique a ranimé dans l'esprit du public les vieilles représentations du Tsigane, tant positives (le gitan poétique, musicien et nomade, donc libre et non apprivoisable dans sa roulotte) que négatives (le romanichel voleur de poule et vivant de rapines), mais toute aussi fausse l'une que l'autre.

1 commentaire :

Sylvain a dit…

L'amalgame, c'est de confondre les nomades et les sédentaires. Les Roms sont sédentaires puisqu'ils vivent dans des bidonvilles aux portes de grandes agglomérations.

En Touraine il y a toujours beaucoup de nomades. Ils tournent dans un petit périmêtre et on revoit toujours les mêmes. Ils sont peu appréciés par les autochtones qui voient toujours en eux les anciens voleurs de poules. Ce sont surtout les propriétaires terriens qui les redoutent parce qu'ils s'installent ici ou là sans s'occuper de qui appartient le terrain qu'ils choisissent et qu'ils laissent ensuite encombrés de déchets. De plus en plus souvent les proprios labourent profond devant tous les passages par où on peut accéder à leurs terrains. Du coup ce sont de nouveaux terrains qui sont squattés, car les bleds n'ont pas encore tous de terrains pour les accueillir. Ces terrains aménagés, rares, ont donné lieu à des conflits sérieux. Quand une municipalité choisit un terrain de son domaine, les voisins voient rouge et font des pieds et des mains pour qu'on aille installer les gitans ailleurs. C'est un peu se qui se passe avec les Roms: quand on les déloge de quelque part, ils vont recréer leurs camps un peu plus loin. Le problème est insoluble car si on leur proposait un logement décent, voire aussi un travail, cela ferait un appel d'air non maitrisable, et les traiter sans égards est choquant. Les reconduire d'où ils viennent n'est pas non plus une solution puisqu'ils reviendront...