jeudi 22 juillet 2010

moins

Je n'ai jamais, je crois, eu beaucoup d'attirance pour les biens matériels et la consommation courante. Je dépense la plus grande part de mon argent en loisirs immatériels: restaurant et voyages, et en vecteurs d'information: pendant longtemps — mais quasiment plus maintenant — journaux, magazines et disques, et toujours livres, appareils photos et appareils informatiques me permettant d'être relié au monde à presque tout moment et de puiser de l'information. Je consomme beaucoup d'information en véritable boulimique de données et d'opinions. J'ai toujours pensé que la solution à tous les problèmes était dans les livres, qu'il suffisait donc de lire. Et comme lire était lié à l'acte d'acheter les livres je me suis longtemps focalisé sur la possession de livres comme soulagement aux pressions psychologiques de l'existence et j'ai fait de l'achat de livres une dépense compulsive. Je suis presque guéri de ce problème, presque mais pas encore tout à fait. Comme un fumeur récemment sevré désire par moment plus que tout sa chère clope, l'envie parfois me prend violemment d'acheter des livres. Ce qui m'aide à passer outre ce désir c'est que mon appartement est plein à ras bord de livres, que je ne sais plus qu'en faire, qu'ils m'encombrent et m'alourdissent et que je n'ai plus qu'une idée: m'en débarrasser. L'apparition du Kindle cependant serait bien de nature à me faire rechuter, je me contrôle encore mais à grand peine.

Donc l'information, j'aime. Envoyez à pleins tuyaux. Par contre plus ça va plus je pense à me dépouiller du maximum de biens matériels. Les biens matériels ne me rendent pas plus libres, ils m'encombrent, ils m'attachent. Ne serait-il pas mieux de les réduire au minimum de confort dans la société moderne? En restant bien sûr relié au reste du monde et aux sources d'informations via les gadgets informatiques qui me sont devenus indispensables. Plus j'y réfléchis plus je pense qu'on peut se passer d'un tas de choses et en particulier de la consommation effrénée de trucs qui ne servent à rien sinon à affirmer un statut et à calmer notre anxiété. L'informatique moderne et l'Internet et les trucs comme l'iPad et/ou l'iPhone pourraient nous y aider.

1 commentaire:

Francis Grossmann a dit…

je suis bien d'accord avec vous, sauf que je n'ai pas encore franchi le pas. Mes livres attendent dans une montagne de cartons à l'abri de la pluie et du vent dans un hangar mais je ne sais pas encore où les mettre. Ce qui est vrai est qu'ils me manquent peu, beaucoup moins que j'aurais cru, si j'y pense vraiment. Je commence à entrevoir la possibilité de m'en passer tout à fait et de les larguer : ils commencent à m'encombrer moi aussi. Ce n'est pas la première fois que je déménage, moi et mes livres. Le changement c'est que, depuis dix ans, date de mon dernier déménagement,; comme vous le dites, les moyens d'informations ont changé à un point incroyable, que nous n'avons même pas imaginé. Nous commençons seulement à nous rendre compte que nous sommes en réalité comme allégés de fardeaux dont nous ne sentions même plus le poids.