il a glissé...

Cette nuit je me lève pour aller aux toilettes, à deux heures du matin. Il y avait un énorme cafard (Texas size!) dans la cuvette. Noyé. Je n'avais jamais vu de cafard aussi gros et le voir là, flottant comme un dytique, même pas le ventre en l'air, à deux heures du matin, tout ensommeillé, ça ressemblait à un mauvais rêve.

fin de séjour

Bon, mon séjour à Houston se termine, mais je m'estime déjà bien chanceux d'avoir pu passer une semaine ici avec ma petite famille dans cette cité du Texas. Je suis donc très content de ma semaine et de ces petites vacances, je regrette bien sûr de quitter tout le monde et de rentrer dans le froid et la grisaille parisienne mais les meilleures choses ont une fin et je dois m'estimer heureux que dans ma situation de dèche du moment (qui se termine là maintenant d'ailleurs) j'ai quand même pu passer une semaine dans ce pays que j'aime, les États-Unis, avec ma famille que j'adore. Ce n'était absolument pas prévu et pour tout dire inespéré.

Houston est un endroit qu'il faut vivre avec les locaux, ce n'est pas vraiment une ville pour touristes. Mais j'aime bien la couleur locale, j'aime bien le décor, d'autant que la vie du Texan aisé n'est pas sans aménités. Quand j'étais plus jeune, j'avais vu un reportage à la télévision française sur Houston et je m'étais dit qu'un jour j'irai là-bas, Vingt ans après j'ai réalisé, par miracle pour ainsi dire, ce rêve bien étrange. Et avec un peu de chance ce n'est pas fini, Houston je reviendrai! La maison de ma petite famille est grande, jolie et confortable et ils sont accueillants. Que vouloir de plus?

J'avais besoin de changer d'air, je commençais à tourner en rond à Paris, et ce voyage m'a fait beaucoup de bien. Je distingue mieux mes priorités. J'ai l'intention de publier ce livre de photos sur la suburbia, dont je parlais l'autre jour (même à compte d'auteur, hein, maintenant on fait ça simplement sur le Net). Je reviens plus que jamais passionné par les États-Unis et bien décidé à poursuivre mon étude de l'histoire, de la politique et de la culture de ce beau pays. Je veux faire des traductions (ne serait-ce que pour mon plaisir) et en particulier de poésie américaine.

Je vais reprendre le cours de ce blog interrompu quelque peu pendant ces vacances sur les principes que j'avais défini l'autre jour. Je suis joyeux et enthousiaste.

En attendant mon prochain voyage aux States sera à New York City, au mois de mai.

Suburbia

Une série photographique sur la "suburbia" américaine, voilà ce que j'ai en tête. Une série qui deviendra un livre de photographie (j'ai déjà le format et l'aspect général tout pensé). Il y a onze ou douze ans que j'ai envie de faire ça, mais l'occasion de le réaliser ne se présente que maintenant, que je suis en vacances dans la famille à Houston. La "suburbia" c'est la banlieue tentaculaire autour des grandes villes, qui se caractérise par une faible densité de population, des habitations individuelles pour une seule famille (ou de petits immeubles d'appartements), des lotissements de parcelles construites séparées les unes des autres, parfois clôturées, une population et un niveau de vie à l'intérieur des lotissements relativement homogènes même quant aux origines ethniques, un mode de vie assez stéréotypé (en apparence) répondant à une très forte pression sociale et à un très fort contrôle social, la concentration des commerces et des services dans des zones dédiées, les "malls" ou les "strip malls", parfois éloignés des lotissements, un mode de transport entièrement dominé par l'automobile (indispensable), un plan d'urbanisme caractéristique: des rues, souvent en impasses, irradiant le lotissement et desservant des artères plus importantes, elle-mêmes alimentant des artères encore plus grandes permettant d'atteindre les autres lotissements ou les zones commerciales, des maisons séparées les unes des autres avec chacune son jardin privatif mais point de clôtures visibles entre les maisons et entre les maisons et la rue, un style d'architecture à la fois contraint par des règlements intérieurs aux lotissements — règlements parfois draconiens — et à la fois assez fantaisiste (mais souvent d'un goût douteux), une population qui s'augmente, pendant la journée, d'ouvriers venant d'autres zones d'habitations, qui évacuent, leurs tâches accomplies, le soir, le lotissement, les ouvriers venant remplacer les habitants qui eux, vont travailler pendant la journée et rentrent le soir. C'est un univers qui m'intéresse parce qu'il est pour moi exotique et en même temps familier, il fait partie de mon paysage mental tellement il a été présenté, moqué, embelli et tant il a servi de toile de fond à tant de films et de séries américaines. La vie dans la "suburbia" j'ai l'impression de la connaitre mais elle recèle en fait une grande part de mystère et, pour moi, le romanesque qu'il soit sinistre ou joyeux, honnête ou criminel n'est jamais bien loin sous le vernis de normalité et sous la pression du conformisme apparent. Et puis j'aime bien l'architecture, les maisons, la verdure de ces subdivisions.

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Mes photographies seront homogènes dans leur format (3X2) et très neutres, frontales, dans le style de la "nouvelle topographie" ou des photographies de Robert Adams. Avec l'influence du style de mes maîtres, Joel Sternfeld et Stephen Shore.

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Mon but est de donner une image honnête, de rendre compte d'un coin de la terre et d'une certaine façon d'habiter le paysage. Et en plus ça doit être agréable pour les yeux.

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American suburban landscape (2)

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American suburban landscape (1)

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(ongoing series about suburbia)

L'alligator

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Franchement ça ne rime à rien de couvrir sa Némésis d'insultes dans son blog pour effacer le post vengeur le lendemain ou le soir même... Triste et ridicule!

Brazos Bend

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La courbe du Brazos est infestée d'alligators et en automne c'est une splendeur.

In the bayou

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Brazos Bend State Park, South Texas, dans toute sa splendeur automnale, les alligators prenant le soleil sur les bancs de sable du bayou.

Le vol Air France 636 de samedi a été absolument sans événement. Parti à l'heure arrivé en avance. Pas mal de turbulences mais rien de spectaculaire. C'est l'hiver, le jet stream est plus fort en cette saison et donc la route de l'Atlantique Nord est plus secouée qu'en été. Remarquablement peu de monde dans ce vol, j'ai pu avoir trois sièges pour moi tout seul et m'étaler confortablement. Les formalités de départ et d'arrivée ont été expédiées sans que je m'en rende compte quasiment, d'abord je commence à avoir l'habitude et ensuite il n'y avait que peu de voyageurs.

Arrivé à Georges Bush International, il faisait un temps misérable, plafond bas, pluie. José m'attendait avec sa Lincoln TownCar pour m'emmener à la maison. Ah oui les arrivées à Houston sont classes, mais ne nous affolons pas, ce n'est pas plus onéreux que de prendre le taxi!

Hier ballade à Brazos Bend, un parc au sud-ouest de Houston et farniente au bord de la piscine à la maison, soleil et 27°C.

Pas eu le temps de me pencher sur le vote du Sénat pour voter la réforme de santé américaine, mais je vais le faire! A la limite c'est quand je suis aux US que je suis le plus mal informé de ce qu'il s'y passe. Mais il faut que me rattrape!

To Houston

Dans quelques heures je m'envole pour ce qui sera mon dixième voyage vers les États-Unis. Je vous retrouve de l'autre coté.

Voix

Dans le métro le type à coté de moi écoutait de la musique dans ses écouteurs à un tel volume que j'en était gêné, pourtant à un mètre de ses oreilles et que je suis descendu pour monter dans une autre voiture. C'était insupportable ce bruit. Il écoutait du metal ou quelque chose comme ça, en tout cas un truc de cinglé qui ressemblait de loin à un tir de mitrailleuse continu. Une horreur.

Je me rends compte que j'écoute de moins en moins de musique en vieillissant et que celle-ci m'intéresse de moins en moins les années passant. Quand je suis chez moi je mets plutôt la radio. J'aime beaucoup la radio et en particulier NPR sur iTunes ou une émission en podcast. Plus la radio parle mieux c'est, et en anglais c'est encore mieux!

J'aime les voix, elles me restent plus en mémoire que les autres sons, que les airs. J'aime qu'on parle. A tel point qu'il m'arrive fréquemment de mettre sur mon ordi les voix en direct des contrôleurs aériens et des pilotes d'aéroports très fréquentés comme Kennedy à New York ou Boston ou O'Hare à Chicago. Ces voix déformées par la radio qui échangent des informations nécessaires, cabalistiques, impénétrables et urgentes, parsemées de chiffres et avec un accent américain à couper au couteau, m'enchantent, je ne m'en lasse pas et je ne me lasse pas du miracle qui fait que je puisse les écouter de mon appartement à Paris comme si j'étais juste à coté d'eux dans la tour de contrôle. Magie d'Internet le merveilleux! Voix des pilotes à la nonchalance calculée. Voix des ATC, rapides, pressées, impératives.

Les voix américaines nasillent, roulent des galets ronds avec leurs molaires, elles sont chaleureuses, le plus souvent très graves — même chez les femmes — et puissantes. Les voix anglaises sont mouillées, flutées, elles semblent glisser et se heurter aux incisives, elles sont fricatives et hachées et un peu dédaigneuses.

J'aime entendre déclamer de la poésie et entendre raconter une histoire. Les voix sont ma musique préférée.

Interdire la fessée

Edwige Antier, pédiatre et députée, prétend déposer une loi pour interdire les châtiments corporels dont la fessée, aux motifs que "plus on lève la main sur un enfant, plus il devient agressif". Une telle loi me paraitrais ridicule, inopportune et inadaptée et serait, selon moi, dangereuse pour les libertés individuelles. Qui viserait-on par une loi générale qui s'appliquerait à toutes les familles, des plus équilibrées au plus abusives? Sanctionnerions-nous la fessée occasionnelle et bénigne, acte de réprimande qui arrive dans toutes les familles, et qui, appliquée avec discernement et affection ne présente aucun danger pour l'enfant et vient le rappeler à l'ordre et au respect des règles de bonne vie domestique? Ou viseraient-on la violence familiale, scandaleuse et profondément traumatisante, mais qui est déjà par ailleurs sanctionnée par la loi? À tout mélanger, à ne plus rien distinguer du bénin ou du grave tout échappe et devient flou. À trop vouloir embrasser on fini par ne plus rien saisir. À tout vouloir réglementer on s'immisce dans la vie privée des gens, là où est censé s'exercer encore un peu de leur liberté. On est tenté de mettre chacun de leurs actes, même les plus élémentaires et naturels, sous tutelle. Les normes pédiatriques du jour ne doivent rester qu'au titre de conseil et de préconisation, pas de loi. Qu'on continue comme cela et on finira peut-être par interdire de réprimander verbalement les enfants ou par imposer l'absorption de deux litres d'eau par jour et par personne et une demi-heure d'exercice obligatoire par jour pour tout le monde, ou par interdire des pratiques sexuelles réputées déviantes selon la mode du moment ou les préjugés de la société.

La loi doit se tenir à l'écart de l'intime et du domestique et n'en sanctionner que les faits les plus scandaleux (brutaliser son conjoint par exemple ou abuser de ses enfants), elle ne doit pas vouloir tout régenter sauf à tomber dans une forme de totalitarisme. La bonne conscience appliquée avec dogmatisme fait souvent des ravages, méfions-nous de la dictature du Bien. Si Madame Antier est un peu raisonnable elle reconnaîtra que ses intentions, toutes vertueuses qu'elles soient, ne doivent pas être soutenues par la loi.

Plenty of room

Sarah Palin dans son livre Going Rogue:
I love meat. I eat pork chops, thick bacon burgers, and the seared fatty edges of a medium-well-done steak. But I especially love moose and caribou. I always remind people from outside our state that there’s plenty of room for all Alaska’s animals—right next to the mashed potatoes.
Ça me rappelle la chanson de Bobby Lapointe:
"La maman du poisson elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien, avec du citron"
(via The Second Pass).

The happiest place on earth (links du jour)

Only three links today, I'm very tired, had a rough day at work and can barely understand what I read...

How Mr. Q Manufactured Emotion Dustin Curtis:
Mr Q begins to teach me about theme park philosophy as we fly off the coast of South Carolina. Disney World is a manufactured experience. Its environment is more ‘real’ than reality, and that’s part of why it’s such an exciting place. Everything in the park -- from leaves stapled onto trees for covering up empty holes to artificial rocks in the planters -- has been carefully and deliberately designed and placed for the sole pursuit of achieving the perfect environment. When a visitor’s eyes scan the park and see everything in perfect harmony with his expectations, he is overcome with the feeling of bliss. “This is what makes Disneyland the happiest place on Earth,” Mr Q tells me, “This is why people love Disney parks.”

Captives by Lawrence Wright, a thoughtful account of the situation in Gaza and what happened during the Israeli attack. An interesting story in the ever well written and well researched New Yorker.

The History of the Internet in a Nutshell. From 1969's Arpanet. I learned a lot in this essay.

Found! (links du jour)

[Internet]

Word Magazine: Album Covers Map: a world interactive map showing where iconic music album cover photographs were taken. (via).

Interactive Map Showing Immigration Data Since 1880 (NYTimes): this infography is awesome.

NSFW: ‘Tis Pity She’s A Success – Belle de Jour and the Impossibility of Anonymous Blogging (TechCrunch): Belle De Jour, anonymous and very famous blogger in the Uk outed herself in the Sunday Times, in her blog ( and successful book and film), she wrote stories of her days as a call girl when she ran out of money to pay for her studies. TechCrunch ponders about anonymous successful blogging and the impossibility of remaining unknown.

[humanities]

Pinker on Malcolm Gladwell (NYTimes):
The common thread in Gladwell’s writing is a kind of populism, which seeks to undermine the ideals of talent, intelligence and analytical prowess in favor of luck, opportunity, experience and intuition. For an apolitical writer like Gladwell, this has the advantage of appealing both to the Horatio Alger right and to the egalitarian left. Unfortunately he wildly overstates his empirical case. It is simply not true that a quarter­back’s rank in the draft is uncorrelated with his success in the pros, that cognitive skills don’t predict a teacher’s effectiveness, that intelligence scores are poorly related to job performance or (the major claim in “Outliers”) that above a minimum I.Q. of 120, higher intelligence does not bring greater intellectual achievements.
[politics]

Schneier on Security: Beyond Security Theater: a must read, Mr Schneier is a leading expert in security and this essay is very thoughtful ans interesting:
By not overreacting, by not responding to movie-plot threats, and by not becoming defensive, we demonstrate the resilience of our society, in our laws, our culture, our freedoms. There is a difference between indomitability and arrogant "bring 'em on" rhetoric. There's a difference between accepting the inherent risk that comes with a free and open society, and hyping the threats.

We should treat terrorists like common criminals and give them all the benefits of true and open justice -- not merely because it demonstrates our indomitability, but because it makes us all safer. Once a society starts circumventing its own laws, the risks to its future stability are much greater than terrorism.

Despite fearful rhetoric to the contrary, terrorism is not a transcendent threat. A terrorist attack cannot possibly destroy a country's way of life; it's only our reaction to that attack that can do that kind of damage. The more we undermine our own laws, the more we convert our buildings into fortresses, the more we reduce the freedoms and liberties at the foundation of our societies, the more we're doing the terrorists' job for them.
[miscellanies]

Craig Brown parodies Malcolm Gladwell (Vanity Fair) "Santa Claus is a total loser"

Martin Amis on Vladimir Nabokov's work (The Guardian)

Badgering

Les mémoires de Sarah Palin, Going Rogue, sortent mardi aux États-Unis et les médias ont réussi à s'en procurer les bonnes feuilles. Les controverses sur les révélations de Palin à propos de la campagne pour les présidentielles en 2008 commencent à s'accumuler.

D'après le New York Times, Palin revient sur l'interview catastrophique avec Katie Couric , et parodié par Tina Fey dans le Saturday Night Live:
She writes that she sat down with Katie Couric in part because she felt sorry for her, after Nicolle Wallace, a McCain aide, said Ms. Couric suffered from low self-esteem.
But in the interview, Ms. Palin writes, Ms. Couric was biased and "badgering".

"Badgering" vient de "badger", le blaireau et désigne dans cet usage l'acte de harceler, de taquiner avec persistance .
Il est vrai que Couric avait posé des questions vraiment orientées et insistantes à Palin, des questions du genre "comment la proximité de l'Alaska avec la Russie vous permet-elle de dire que vous avez de l'expérience en politique étrangère?", à quoi Palin avait répondu qu'elle voyait la Russie de sa fenêtre à Wasilla, Alaska et que c'était ça, son expérience en matière de politique internationale.

Le verbe "to badger" m'a intrigué et amusé l'emploi qu'en fait Mme Palin pour parler de l'interview avec Katie Couric. Le Merriam-Webster indique que ce verbe date de 1794 et que son étymologie vient de la chasse au blaireau. Pourquoi? Comment chassait-on le blaireau? En le harcelant pas des appâts hors de son terrier? Et il semble que l'emploi de "badger" soit moins fort que "harass" (harceler) mais est bien dans la même idée.

Et pendant que nous y sommes, comment pourrait-on traduire Going Rogue, en Français? Je verrais bien "Incontrôlable". Il s'agit en effet d'une réflexion d'un membre de l'équipe électorale de McCain se plaignant du comportement du gouverneur d'Alaska et colistier de McCain: "she's going rogue", elle est incontrôlable.

"We're going in the Hudson!" / "Say again, Cactus?"

YouTube - Flight 1549 3D Reconstruction, Hudson River Ditching Jan 15, 2009: reconstitution 3D absolument passionnante de l'amerrissage du vol 1549 depuis le décollage de l'avion jusqu'à son arrivée dans l'Hudson avec les voix réelles des contrôleurs et des pilotes et leur transcription en sous-titre ainsi que les dialogues dans le cockpit. Génial! À voir en HD, attention la vidéo est très longue à charger, il vaut mieux la laisser charger tranquillement avant de la jouer.

On the road again

ZZ207057A4.jpgDans une semaine exactement je serais en route pour Houston, Texas, ma deuxième visite dans cette ville (si l'on exclu la fois où je n'y ai fait qu'une escale sur ma route pour Los Angeles). Je prends Air France, un B777, normalement, et mon vol va durer dix ou onze heures sans escales. Je suis très content d'aller aux États-Unis ma patrie de coeur (et s'il n'y avait que cette perspective ça serait déjà beaucoup pour moi) et très content et impatient de revoir ma petite famille là-bas: Yves, Claire et Joel, Pol et Cécile. Je fourbis déjà mon imagination pour inventer des histoires à mes petits neveux qui en sont friands (je n'ai jamais vu d'enfants aimant autant les histoires et étant autant enthousiastes quand on leur en raconte une, Joel est passionné et Pol vit complètement l'histoire, leur émerveillement est super à voir) et qui aiment mes racontars, je veux être à la hauteur de ma réputation de conteur! Je passerai Thanksgiving avec eux et je me réjouis à l'idée de déguster une bonne dinde aux hormones bien juteuse (franchement les dindes américaines c'est quelque chose, ça n'a rien à voir avec les gallinacés d'ici!) avec des cranberries. Dans le temps quand je prenais l'avion pour aller aux States j'étais malade d'appréhension une semaine avant, mais désormais — sans doue aussi du fait que je serai l'hôte de ma famille — je suis complètement détendu à cette idée, ça ne me fait pas plus d'effets que si je prenais le train pour aller à Brest ou à Chinon. Que du bonheur! Quant à savoir ce que je vais faire pendant dix jours à Houston, eh bien: photos, promenades, un peu d'exotisme et de dépaysement et de plaisir de vivre l'Amérique et prendre plaisir à être avec mes neveux (petits et grands) ça me suffit.

Cleaning the mess (links du jour)

9/11 Trial Poses Unparalleled Legal Obstacles for Both Sides (New York Times): indeed! Let's recognize that it will be a very interesting trial to follow. Let's consider the scope of the crimes, the intensity of the legal questions, the defense and prosecution's strategies, the choice of the venue (New York), the question of torture, the death penalty, the jury... (Will Mr. Khalid Sheik Mohammed be tried for 3000 counts of premeditated murder?)

¶ I agree with this Editorial in the New York Times.
Putting the five defendants on public trial a few blocks from the site of the former World Trade Center is entirely fitting. Experience shows that federal courts are capable of handling high-profile terrorism trials without comprising legitimate secrets, national security or the rule of law. Mr. Bush’s tribunals failed to hold a single trial.
(...)
The Obama administration has yet to completely figure out how to rectify the disgraceful Bush detention policies, but it is getting there.

Sometimes, Giuliani should keep his anti-terror advice to himself (Salon): not surprisingly ex-mayor Giuliani is opposed to a federal trial in New York for the 9/11 plotters, but in 1994 he was celebrating the first WTC bombers conviction by a federal court, and more:
As mayor, Giuliani was in a unique position to learn from the 1993 bombing and prepare his city for the next terrorist attack. He failed on both counts, with the most obvious evidence of his failure coming in the decision about where to place the city's emergency command center: He ultimately chose the World Trade Center, which had been bombed only a few years earlier. Giuliani has since tried to put the blame for this on his emergency management director, Jerome Hauer, but Hauer had fought for a site in Brooklyn before caving in to his boss.

Last year, the New York Times revealed a memo prepared by the New York Police Department that revealed the NYPD's strenuous objections to the choice. They had good reason to be concerned: On 9/11, the command center was useless, and -- despite what Giuliani says now -- it took hours for him to find a spot that could serve as a backup, Hauer's previous requests to build a secondary facility having been turned down.

Obama's Gitmo blame game (Politico): Greg Craig the White House Counsel is resigning over the failed strategy to shut down Guantanamo Bay prison by January. Politico explains why.

Double standard

Glen Greenwald (Salon) est très critique sur la décision du ministère de la justice Américain de faire juger certains détenus de Guantanamo devant un tribunal fédéral et certains autres devant un tribunal militaire.
That the Obama DOJ is now explicitly picking and choosing different levels of due process in the very same announcement -- we can give that defendant a trial because we know we'll win, but that one over there needs to go to a military commission because we're less sure -- highlights how manipulative this "justice system" is.

Rappelons que le ministère de la justice a annoncé aujourd'hui que cinq détenus de haut rang, ayant fomenté les attentats du 11 septembre seraient jugés par un tribunal fédéral, donc civil et devant un jury de citoyens civils, à New York à quelques blocs de Ground Zero (hautement symbolique) et que le ministère public demandera la peine de mort contre eux. Et que cinq autres détenus seraient, eux, jugés par un tribunal militaire.

Ceux qui seront jugés devant un tribunal fédéral se verront attribuer une défense qui aura beau jeu d'invoquer l'illégalité de la procédure contre ses clients, ceux-ci ayant été abondamment waterboardés (même si l'administration Bush a été assez roublarde pour les faire ré-interroger légalement cette foi en prévision d'un procès). En théorie l'acquittement pour vice de procédure ou autre (hung jury (1) par exemple) est un risque que prend le ministère de la justice en faisant juger ces types par une cour civile, mais on peut penser que le ministère public est assez sûr de son coup pour ces cinq prévenus... et un peu moins pour les cinq autres qu'ils préfèrent voir traduits devant une cour militaire sans doute moins regardante. Dans cette affaire le risque politique est énorme pour le président Obama, qui, là encore, récupère un fameux SNAFU (2) de l'administration précédente et même si je trouve que sur le principe Greenwald a raison, on peut accorder à cette administration cette entorse au principe de même justice pour tous, étant donné surtout qu'ils tentent de mettre fin à cette stupidité qu'est Guantanamo en s'en sortant politiquement intact, et le terrain est sacrément miné!

(1) hung jury: un jury pénal de 12 jurés doit être unanime dans sa décision, si cette unanimité ne peut être atteinte on a un jury bloqué et un autre procès ou bien un acquittement.
(2) SNAFU : Situation Normal All Fucked Up, un bordel sans nom.

Moonwater (links du jour)

NASA - NASA's LCROSS Impacts Confirm Water in Lunar Crater
Scientists long have speculated about the source of significant quantities of hydrogen that have been observed at the lunar poles. The LCROSS findings are shedding new light on the question with the discovery of water, which could be more widespread and in greater quantity than previously suspected. If the water that was formed or deposited is billions of years old, these polar cold traps could hold a key to the history and evolution of the solar system, much as an ice core sample taken on Earth reveals ancient data. In addition, water and other compounds represent potential resources that could sustain future lunar exploration.

¶ The next Clint Eastwood film will be Invictus: a story about Nelson Mandela and the South African Rugby team captain François Pienaar with Morgan Freeman as Mandela and Matt Damon as Pienaar.
Pienaar's name comes from a French Huguenot named Jacques Pinard. Many Huguenots settled in South Africa from 1687 on and a lot of South Africans rugby players bear French names like De Klerk, De Villiers, Du Plessis, Du Preez, Du Toit, Jordaan, Joubert, Malan, Marais, Minnaar, Pienaar, Rossouw, Viljoen.
... And the Springboks lost tonight against France.

Why Is The Senate Going To Take So Long? (The New Republic): a very clear explanation of how the health-care bill is going to go its way through the Senate.

quelques changements

Comme j'avais envie de changer le sujet général de ce weblog, j'avais aussi envie de changer carrément de weblog, mais je me suis dit que ce serait un peu dommage de reprendre tout à zéro. D'un autre coté ce weblog n'a pas beaucoup de lecteurs et ça n'aurait pas géné grand monde que je l'abandonne. J'ai hésité pendant un un temps ridicule au lieu de faire quelque chose de plus productif. Finalement j'ai décidé de le garder, avec le même titre pour le moment, bien que cette solution ne me satisfasse qu'à moitié. Vous allez remarquer cependant quelques changements:
- plus de posts en anglais,
- plus de liens,
- une focalisation beaucoup plus importante sur les États-Unis, l'actualité, l'histoire, la culture américaine, étant donné qu'au fond c'est ce qui m'intéresse le plus et que la France m'agace et me déprime tous les jours,
- moins de choses personnelles,
- des billets courts et des billets un peu plus longs, mais des billets plus fréquents,
- un retour aux "fondamentaux" du blogging en quelque sorte!

orchids or dandelions (links du jour)

Detroit urban laboratory and the American frontier
In Detroit (Michigan) urban decay, and there is plenty of it, is replaced by urban prairie.

Houses of the Future
Architecture experimentation in New Orleans, another kind of urban renewal, very different from Detroit.
Four years after the levee failures, New Orleans is seeing an unexpected boom in architectural experimentation. Small, independent developers are succeeding in getting houses built where the government has failed.
And the city's unique challenges—among them environmental impediments, an entrenched culture of leisure, and a casual acquaintance with regulation—are spurring design innovations that may redefine American architecture for a generation.
The Story of 'Operation Orchard': How Israel Destroyed Syria's Al Kibar Nuclear Reactor
This incident was mostly unknown, why?
In September 2007, Israeli fighter jets destroyed a mysterious complex in the Syrian desert. The incident could have led to war, but it was hushed up by all sides. Was it a nuclear plant and who gave the orders for the strike?
The Science of Success (The Atlantic)
Most of us have genes that make us as hardy as dandelions: able to take root and survive almost anywhere. A few of us, however, are more like the orchid: fragile and fickle, but capable of blooming spectacularly if given greenhouse care. So holds a provocative new theory of genetics, which asserts that the very genes that give us the most trouble as a species, causing behaviors that are self-destructive and antisocial, also underlie humankind’s phenomenal adaptability and evolutionary success. With a bad environment and poor parenting, orchid children can end up depressed, drug-addicted, or in jail—but with the right environment and good parenting, they can grow up to be society’s most creative, successful, and happy people.
No Good Choices (Foreign Policy)
In Afghanistan, democracy will not work and neither more US troops, every choices Mr Obama has to do is doomed, according to this study.
First, the combustible mix of Afghanistan's relatively immutable social and political characteristics -- its ethnic and religious divisions, low level of economic development, and large population -- almost guarantees continued insurgency. The country's poverty and large population encourage competition for scarce resources, and that competition gins up violence. Democracy itself seems to further destabilize the country: Our analysis shows that when foreign countries institute democracy in countries with deep ethnic and religious divisions (and Afghanistan is a tribal-based society), insurgency results.

A second factor suggesting that additional U.S. troops won't do much to quell political violence is the length of the war in Afghanistan. Insurgency develops momentum and is more difficult to eliminate the longer it persists. A force that might nip a fledgling insurgency in the bud is unlikely to do so once it is embedded -- and the rebels in Afghanistan have been around for nearly a decade.

While the continued high probability of insurgency in Afghanistan is bad news by itself, its implications for the survival of democracy in Afghanistan are even more sobering. Indeed, the same ethnic and religious divisions, poverty, and large population that make Afghanistan ripe for the Taliban also undermine the viability of the democratic government -- and additional foreign soldiers do little to ameliorate those underlying conditions.

high tech flying

Airbus A380 - cockpit panorama: j'aime bien le papier méchamment scotché sur la porte! En dehors de ça, awesome, just awesome!

discipline de vote

Via Phersv, le blog Uggabugga donne la liste des 25 Démocrates qui ont voté pour l'amendement Stupak et contre la loi sur l'assurance maladie. Alors que tous les Républicains sauf un ont voté en bloc et logiquement, 25 députés Démocrates n'ont respecté ni les consignes de vote de leur parti ni même le marché qui avait été passé avec le député Bart Stupak (Démocrate, première circonscription du Michigan)!
L'amendement Stupak était sensé faire une concession aux Démocrates pro-vie (anti avortement) afin qu'ils votent la loi finale. Un compromis rendu nécessaire parce que le scrutin était extrêmement serré et que Pelosi ne pouvait se permettre de perdre aucune voix de plus que celles des membres de son groupe, opposés (pour des raisons électoralistes surtout) à la proposition de loi.

grippe, paranoïa, bêtise

À entendre les gens autour de moi la paranoïa est le désordre mental le mieux partagé de nos jours. Entre les complotistes et les soupçonneux en tous genres, ceux qui ne font pas confiance aux agents de l'État et ceux qui ne font pas confiance aux médias, ceux qui doute de l'existence même de la grippe A et du bien fondé de son vaccin (voire de tous les vaccins), je me sens entouré de paranos. On me traitera sans doute de naïf parce que je fais d'emblée confiance à ceux qui nous gouvernent, je dirais que je possède le moyen de les rendre prudents et honnêtes au moins pour les grandes questions: mon droit de vote. En outre je ne vois pas pourquoi sous prétexte de "ne pas croire tout ce qu'on me dit" comme le clamait fièrement Marion Cotillard à l'occasion des attentats du 11 septembre 2001, je devrais me méfier par principe de ce que me disent les gens qui nous gouvernent et pas du tout de ce que déclarent les complotistes de tous poils. À dire vrai ceux-ci me semblent bien moins dignes de confiance que ceux-là. Je trouve qu'il y a quelque étrange folie à toujours soupçonner derrière les faits de la vie la présence d'une main invisible, non seulement cachée mais mal intentionnée à notre égard. Je ne dis pas que les complots néfastes n'arrivent pas quelque fois mais de là à ce que derrière tout se cachent les intentions malignes de certains (qui d'ailleurs? c'est un grand mystère) il y a un pas qui me semble relever de la paranoïa bénigne, ordinaire pourrait-on dire. C'est que, je pense, les gens ne se satisfont pas des causes complexes et de l'absence de coupable. Qu'une catastrophe arrive il nous faut un responsable et un responsable non seulement coupable de négligence mais surtout d'une intention mauvaise. Et plus grande ou plus frappante la catastrophe, plus la méfiance envers les explications forcément imparfaites ou partielles et émanants d'un détenteur de pouvoir sera grande. Et l'on remontra la chaîne de commandement ou la chaîne alimentaire au plus haut, jusqu'à inculper le PDG d'une multinationale pour la négligence d'un de ses employés dans une entreprise périphérique qu'il n'a jamais même visité et dont il ignorait peut-être même l'existence. Il y a là quelque chose comme un déni de la réalité, celle-ci étant complexe, emmêlée, répondant à un faisceau de facteurs plutôt qu'à une cause unique et évidente.

Prenez par exemple le vaccin contre la grippe H1N1. Madame Bachelot n'est certes pas une flèche mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir pris au sérieux les menaces qu'était sensé faire peser la maladie sur les citoyens. Dans l'état des connaissances du virus avant l'été, elle a agit avec célérité et prudence. Voilà qu'on lui reproche d'en avoir trop fait, d'avoir acheté trop de vaccins trop chers (et donc d'avoir dilapidé l'argent du contribuable), d'avoir même voulu vacciner en masse les Français pour détourner l'attention de turpitudes gouvernementales ou pour des desseins encore plus noirs, pour un petit virus de rien du tout qui rend malade, certes, mais auquel la plupart des gens survivent sans séquelles. J'en connais même qui dans le délire de généralisation qui leur est coutumier et qui devient même une forme courante d'argumentation, déclarent la pandémie imaginaire! Je serais Madame Bachelot (Dieu m'en préserve) je serais quelque peu amer d'une telle ingratitude. Car si le virus de la grippe A s'était révélé aussi méchant que celui de la grippe espagnole des années 1910 et avait tué des dizaines de milliers de personnes comme alors et qu'on n'ai fait aucune réserve de vaccins ni de médicaments et qu'on n'ai pris aucune mesure préventive pour éviter la pandémie, qu'aurait-on entendu comme accusations d'irresponsabilité voire d'intentions coupables de la part de ceux qui, aujourd'hui, se plaignent de la gabegie de l'État! Maintenant j'entends qu'une grande majorité des gens refusent de se faire vacciner contre la grippe A. Dans un sens c'est qu'ils ne sentent pas menacés par le virus et c'est tant mieux, mais c'est aussi parce qu'ils n'ont pas confiance dans le vaccin, celui-ci, dit-on, pourrait entraîner des séquelles plus graves que le virus de la grippe. Au nom du principe de précaution on refuse de prendre des précautions! Réfléchissons : en se faisant injecter le vaccin on prend un risque, un tout petit risque, celui de contracter une maladie iatrogène assez peu probable, mais comparé avec le risque d'être malade de la grippe si l'on ne se fait pas vacciner c'est négligeable, surtout si, de par son activité quotidienne, on est susceptible de refiler facilement le virus à d'autres plus fragiles ou plus vulnérables à une infection que nous. Personnellement je vais me faire vacciner dès que possible, pas pour faire plaisir à Madame Bachelot, mais pour ne pas être malade parce que je trouve extrêmement désagréable d'être cloué au lit une semaine et quinze jours à m'en remettre pour un virus pour lequel un vaccin existe et est gratuit.

le vote de la Chambre des Représentants

Un seul Républicain a voté Yes à la loi sur l'assurance santé de la Chambre des Représentants: le député Anh "Joseph" Quang Cao de la deuxième circonscription de Louisiane, qui contient la ville de New Orleans. C'est aussi l'un des députés qui a reçu la plus faible contribution financière des assureurs et qui a 24% de la population de sa circonscription sans assurance maladie. La deuxième circonscription de Louisiane est très pauvre avec 26,8% des habitants en dessous du seuil de pauvreté (contre 12,4% pour les États-Unis) et le député Cao vote fréquemment contre son parti à la Chambre. Tous ses collègues de Louisiane à la chambre ont voté Non, y compris le député de la troisième circonscription, un Démocrate qui représente le pays Cajun et qui s'appelle Charlie Melancon!

Par contre, 39 Démocrates ont voté Non. Nancy Pelosi, la présidente Démocrate de la Chambre, a donc passé sa loi d'extrême justesse et contre une minorité de ses députés. Parmi les 39 Démocrates qui ont rejeté la loi, 31 sont ceux dont les circonscriptions ont voté majoritairement pour McCain en 2008. 14 représentent des circonscriptions gagnées sur les Républicains en 2008 et dont les sièges sont considérées comme vulnérables en 2010. C'est donc clairement les députés qui sont en danger électoral qui ont eut les pieds froids. Voilà ce que c'est que de faire des élections tous les deux ans.

À noter que l'amendement Stupak (un Démocrate de la première circonscription du Michigan), soumettant à de sérieuses restrictions la couverture par l'État des avortements, est passé avec toutes les voix Républicaines et 64 voix Démocrates.

Maintenant le Sénat doit encore débattre de sa propre loi et les deux chambres doivent se mettre d'accord et éventuellement approuver une loi finale.

un premier pas pour le "health care"

C'est un premier pas: la loi sur l'assurance santé est passée cette nuit à la Chambre des Représentants des États-Unis par 220 voix contre 215. Juste-juste. C'est bien, mais il y a encore du chemin à faire avant l'adoption finale d'une loi sur l'assurance santé des américains. Le Sénat doit maintenant voter son propre texte et les deux chambres se mettre d'accord sur un texte de loi commun. Il y a encore du pain sur la planche.

Massacre à Fort Hood

Fort Hood est une immense base de l'US Army, au sud de Dallas, à 100km entre Austin et Waco, dans les plaines du centre Texas, aux confins de la ville de Killeen. C’est au coeur du Texas et au coeur de l’Amérique. Un décor de western. La base fait 640 km2, le tiers d'un département français, elle abrite le 3ème Corps d'Armée avec une division de cavalerie blindée et une division d'infanterie et d'autres régiments, un vaste terrain de manoeuvres et un centre de préparation au combat pour les troupes déployées en Irak et en Afghanistan. Fort Hood compte environ 35000 résidents, les familles des soldats dans des villes pavillonnaires, des entrepôts, des casernements, des bureaux et aussi des écoles, des hôpitaux et des collèges. Le 5 novembre un psychiatre militaire nommé Nidal Malik Hasan a sorti deux pistolets automatiques de ses poches et a tiré dans une foule de soldats qui attendaient de passer une visite médicale avant de partir en Irak ou en Afghanistan. 13 morts, 30 blessés, le major Hasan n’a pas fait de quartier, dans le grand style des shooting rampages américains. Une femme policier de la base, appelée sur les lieux, a descendu le major Hasan. Celui-ci n’a pas été tué, toutefois gravement blessé, il a été évacué sous bonne garde vers un hôpital de San Antonio.

C'est le deuxième massacre dans l'histoire de la ville de Killeen. En 1991 un dénommé George Jo Hennard avait ouvert le feu à l'intérieur d'une cafétéria et avait tué 23 personnes et blessé 20 autres avec un Glock et un Ruger avant de se suicider. Ce jour là, Suzanna Hupp était dans la cafétéria avec ses parents. En ce temps là, la loi texane interdisait de porter une arme non apparente sans permis. Elle n'avait pas de permis et avait laissé son flingue dans la voiture plutôt que de le mettre dans son sac à main, ce qu'elle avait beaucoup regretté après. Hennard descendit son père d'une balle dans la poitrine et sa mère d'une balle dans le crâne à bout portant. Hupp fit campagne pour que la loi texane sur le port des armes non apparentes soit modifiée, ce qu'elle obtint en 1995. C'est tout de même un drôle de coin, où l'on se demande si on met son pistolet dans son sac à main où si on le laisse dans la voiture quand on va au bistrot.

On en sait encore peu sur le drame de Fort Hood et l'armée laisse filtrer les informations avec parcimonie. Tout ce qu'on croit savoir c'est que le major Hasan ne voulait pas aller en Irak ou en Afghanistan où il allait être envoyé pourtant prochainement, il détestait l’idée d’être envoyé là-bas et il aurait tout fait légalement pour l’éviter, mais son tour était venu, il allait partir. Il paraît qu'il était un dévot musulman, originaire de Palestine mais né aux USA. Il disait avoir été harcelé ou moqué par ses collègues parce qu’il était arabe. Il semble qu’il ait prémédité son geste, donnant à sa voisine la veille du jour fatal la plupart de ses maigres possessions. Psychiatre, il avait assisté les soldats traumatisés de retour de guerre. Quand un étudiant d’origine coréenne avait descendu 32 personnes à l’université de Virginia Tech en 2007, les coréens-américains ne s’étaient pas sentis particulièrement visés par l’opinion publique. Là, les musulmans américains multiplient les déclarations pour déplorer le drame et les “wingnuts”, les cinglés d’extrême droite qui sévissent sur Fox et sur les talk-radios commencent à s’agiter.

Le lendemain c'est à Orlando, Floride qu'un grincheux a tué une personne et blessé six autres sur les lieux de son ancien travail.

à la Cité des Sciences

Mercredi dernier j’ai emmené mes petits neveux, Clémence, 9 ans et Guillaume 6 ans, à la Cité des Sciences de La Villette. Nous sommes allé à La Géode voir un film en IMAX sur les fonds marins puis au petit aquarium; après nous être restauré au Quick du coin nous avons visité trois expositions permanentes, une sur l'image, une sur les sons et une autre sur la géologie et les origines de la terre, enfin nous avons visité la Cité des Enfants et, sur le chemin du retour dans le parc de La Villette, admiré le sous-marin L'Argonaute. Je crois que cette journée leur a bien plût, sans compter le trajet aller-retour en métro et RER qui était pour eux assez dépaysants (ce sont des petits parisiens qui ne prennent jamais les transports en commun comme bien souvent!).

1) La Géode: très beau film de plongée en IMAX, Deep Sea, un peu court cependant. Il n'y avait pas grand monde parce que nous sommes allé à la séance de 10h30, donc nous avons pu nous placer parfaitement, en haut et au milieu, ce qui ne doit pas être évident pour les séances suivantes vu l'affluence qui se présentait alors que nous sortions.

2) L'Aquarium: tout petit et pas vraiment intéressant, des poissons méditerranéens très communs, comme des sars, des rougets, un bar, des dorades et des mulets en veux-tu en voilà. Strictement réservé aux parisiens qui n'ont jamais vu de mulet autrement que mort sur l'étal du poissonnier.

3) Les expos permanentes: un endroit passionnant mais qui réclame beaucoup de patience à visiter. Il n'y a pas trop de monde mais il faut de la patience et de l'attention parce que les expositions sont faites de petits ateliers, d'une succession de petites animations qu'il faut expérimenter une à une avec beaucoup de choses à lire et à écouter. Bien sûr c'est très bien fait, classé par thèmes et on apprend quelque chose à chaque pas mais ça demande une capacité d'attention et de patience que les enfants n'ont pas.

4) La Cité des Enfants: bien qu'ayant réservé et payé à l'avance il faut faire la queue pour entrer. Il y a des expos par thèmes (ici, l'industrie, le corps humain, l'eau, la télévision, le jardin) comme dans la partie permanente du musée mais adaptées aux enfants. Le nombre de visiteurs est limité donc la foule reste supportable, l'espace est clos ce qui permet aux parents ou aux accompagnateurs de se reposer pendant que leurs rejetons jouent avec les accessoires. par contre le coté éducatif est nettement sacrifié au ludique, et je ne pense pas que les gamins apprennent grand-chose. Bon ils s'amusent c'est l'essentiel, non?

Au passage j'ai remarqué que la journée pour deux enfants et un adulte revenait à pas loin de 100 euros, repas de midi compris. Ce n'est pas à la portée de tous. Et si vous voulez déjeuner pointez vous de bonne heure (avant midi) dans les restaurants du site sinon c'est l'enfer. J'ai bien calculé mon coup, mais ce n'était pas le cas pour beaucoup.

à lire ou voir sur le web

  • Ansel Adams in color {en} (Smithsonian Magazine) : le grand photographe américain du noir et blanc a fait aussi des photos en couleurs, mais il ne les aimais pas trop, c'était souvent des commandes. Il préférait de loin le noir et blanc et de son aveux même ne comprenait rien aux pionniers de la couleur comme Eggleston.

  • Edit This Page {en} (Boston Review) : un long article sur Wikipédia.
    Can you trust Wikipedia? Most of us have stopped asking and simply bookmarked it. That makes sense when you consider the alternatives: you can explore the first dozen or so Google search results, or you can go straight to the occasionally erroneous Wikipedia entry, typically culled from the very same search results. If you are looking for fast, up-to-date information, it is Wikipedia or Google (not Wikipedia or Britannica), and Wikipedia wins on speed.

  • Truth and Reconciliation {en} (Granta) : peut-on pardonner aux bourreaux? est-ce que ceux-ci ne sont pas aussi des victimes d'un régime inhumain? Le processus de réconciliation est en cours au Cambodge.

  • Cell size and scale {en}: une animation qui vous permet de zoomer d'un grain de café à un atome de carbone. Remet les choses en perspective dans l'infiniment petit.

à l'écoute en ce moment

Quasiment en boucle chez moi.
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Pat Metheny - One Quiet Night
Metheny est en guitare solo et en acoustique sur ce disque, l'humeur est contemplative, les airs joués sont légers, souvent des standards, la virtuosité de Pat Metheny élève ce disque au-dessus du easy listening auquel on aurait pu le classer.

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Un vieux Metheny (1977): Watercolors qui recèle des sublimes mélodies, mélange de jazz, country, folk et pop. La musique flotte, coule, glisse. Accompagné par ses compères Lyle Mays au piano, Danny Gottlieb à la batterie, Eberhard Weber à la guitare basse et à la contrebasse, Pat Metheny offre là une musique d'une grande élégance.

Du chèque-cadeau

Dernièrement un collègue est parti du service (il a changé de poste) et comme il est de rigueur dans notre entreprise nous lui avons offert un cadeau de départ. Il s’agit d’un échange un peu comme la cérémonie du mariage: l’heureux (ou malheureux) élu paye un verre, c’est à dire amène des boissons et parfois des gâteaux ou des amuses gueules et ses collègues lui offre un petit cadeau-souvenir acheté grâce à une quête ou chacun a mis son obole. L’échange donne lieu à une petite réunion prise sur le temps de travail, où, pour accompagner l’échange matériel s’échangent aussi quelques mots aimables.

C'est moi qui, exceptionnellement, me suis chargé de la "tinche" (la quête) et de l'achat du cadeau. Comme je savais que ledit collègue était amateur de sport et de pêche, je suis allé chez Décathlon et j'ai acheté un chèque-cadeau du montant exact de la quête. Affaire réglé le plus simplement possible et à la satisfaction de tous.

À chaque fois qu’on me demande mon avis sur le choix d'un cadeau à offrir je suggère l’achat d’un chèque-cadeau. Il arrive qu’on se range à mon avis mais en général on y voit mon absence d’empathie et de sens du décorum voire des valeurs. Pourtant je suis persuadé que l’achat de chèque-cadeaux, voire le don d’un chèque tout court est une solution beaucoup plus rationnelle et satisfaisante que l’achat d’un objet. Certes, ça a moins de gueule mais c’est bien son seul défaut.

En effet combien en avons nous eu de ces cadeaux sensés nous faire plaisir ou nous laisser un agréable souvenir et qui ne nous ont tiré qu’un sourire amer et déçu plutôt que la satisfaction et le plaisir escompté. Combien il est plus satisfaisant d’aller dans un magasin avec un chèque-cadeau et de s’offrir quelque chose qui nous fasse vraiment envie. Avez-vous vu ses files de gens venus le lendemain de Noël dans les magasins pour échanger leurs cadeaux de la veille contre quelque chose dont ils ont vraiment envie (ou qu’il n’ont pas déjà)?

Pour Noël prochain pensez-y! Plutôt que de vous casser la nénette à essayer de trouver le cadeau idéal pour chaque membre de la famille, plutôt que de courir les magasins pour acheter le dernier truc à la mode qui finira le lendemain sur eBay, plutôt que de passer pour un imbécile en offrant un cadeau complètement inadapté à la personnalité du récepteur, offrez un chèque-cadeau, c’est le plus sûr moyen de faire plaisir et d’éviter le monstrueux gaspillage de biens de consommation qui se produit tous les ans à Noël.