règle de sérénité: éviter les débats d'opinion

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Une photo qui n'a rien à voir.


Un twitt qui vaut bien un post:
"dès qu'on parle de politique la conversation tourne à l'empoignade de café du commerce: éviter, bien qu'on n'en pense pas moins".

J'ai écris ce twitt (pour les gens qui ne savent pas ce que c'est qu'un twitt, disons que c'est une brève publiée sur Twitter, donc sur Internet), parce que je suis encore frustré et mécontent de la conversation houleuse que j'ai eu avec des collègues vendredi matin.

Je travaille dans un bureau paysager où, souvent malgré soi, on assiste à et on peut entendre les conversations des collègues qui partagent son espace. Je suis probablement le seul mais en général j'aime bien l'ambiance du bureau, avec tout ce monde, je m'y sens moins seul et moins isolé. Bien sûr ce qui m'ennuie c'est, comme toujours dans ce genre de bureau, le bruit que font les autres, qui m'empêche de me concentrer et les interruptions qu'il n'est guère facile d'éviter. Mais au-delà du bruit qu'ils font, une nuisance facile à identifier, le fait qu'ils sont "les autres" est parfois difficile à supporter. Car ce n'est pas parce qu'ils sont des collègues plutôt intelligents et agréables qu'ils sont différents: ils restent "les autres" dont, comme à dit Sartre, l'enfer est pavé.

Très souvent j'entends les conversations de mes collègues sur des thèmes politiques ou dit "de société" et ces conversations, ou plutôt les arguments tenus me font hocher la tête de désespoir. Généralement ma vieille expérience fait que je ne me mêle pas de ces conversations. Mais parfois aussi, rarement, je déroge à la bonne résolution que j'ai exprimée par mon twitt. Parfois je suis de mauvaise humeur et mon degré de compromission avec "le système" a dépassé le niveau supportable ou alors mon taux de sérotonine est anormalement bas, ou je suis légèrement en hypoglycémie et je ne désire rien tant que de chercher garouille à quelqu'un au mépris de mes principes! Or, il est extrêmement difficile de parler de questions politiques sans vouloir avoir raison à tout prix et gagner la joute avec son "adversaire" du moment, c'est à dire celui qui argumente ou qui essaye d'argumenter en sens inverse. Il s'avère alors que tous les coups sont permis, même les plus bas et les attaques ad-hominem, qui sont surprenantes, voire choquantes, venant de gens que par ailleurs on considère comme honnêtes, sensés, amicaux voire aimés. La frustration de ne pouvoir les convaincre (peine perdue de toute manière) s'ajoute à la colère de les voir user contre nous d'arguments de mauvaise foi. Il n'y a donc rien de tel pour se mettre en colère et se fâcher avec les gens, voire détruire momentanément ou durablement l'ambiance que de parler politique ou sujets de sociétés avec "les autres". Sauf si on est d'accord avec eux et qu'on ne voit rien d'objectable à leurs opinions, ce qui, pour moi, n'arrive malheureusement presque jamais. Pas de conversations civilisées entre gens intelligents et qui parlent avec politesse de ce qu'ils connaissent comme dans "L'Esprit public" sur France Culture, mais un empoignade rageuse et des arguments de comptoir et un gros ressentiment à la fin.

Il faut donc éviter absolument ces conversations. Certes, mais de quoi parler alors? C'est mon dilemme constant. Pour essayer de le contourner j'écoute les conversations des autres et j'essaye de trouver de quoi ils parlent sans s'engueuler. En fait, soit ils se racontent des histoires, chacun son tour, j'ai écouté ton histoire maintenant tu vas écouter la mienne, soit ils sont d'accords et renforcent leurs opinions les uns les autres. Dire du mal des ennemis communs ou simplement "des autres" même s'ils ne sont pas des ennemis, ragoter et raconter ses conflits tient aussi une large place dans les conversations. Je suis bon pour raconter des histoires, souvent un peu didactiques ce qui a le don de m'aliéner certains interlocuteurs, mais je ne suis pas un très bon écouteur. Et j'ai une forte tendance à ne pas être d'accord avec les opinions des autres. Voilà qui me limite beaucoup dans mes relations sociales. Il faut que j'y travaille. Et que j'évite les débats d'opinion comme la peste.

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