mercredi 19 août 2009

les bourges

Il apparaît que certains membres de ma famille critiquent d'autres membres en les traitant de "bourges" ou "bourgeois". Je me pose la question : qu'est-ce qu'un bourgeois, selon eux et, étant parmi ceux qui sont considérés comme bourgeois, suis-je réellement un bourgeois?

Financièrement je n'ai pas de patrimoine personnel mais j'ai hérité d'un petit patrimoine et si une personne n'avait pas détourné cet héritage par des moyens à la limite de la légalité (mais inattaquables tout de même) ce patrimoine (immobilier en particulier) eut été encore plus grand. Dans la stratification marxiste, pour ainsi dire, il me semble donc appartenir à la moyenne bourgeoisie (bourgeoisie de troisième génération ou plus, ayant débuté dans le commerce, l'artisanat ou les professions libérales -- mon arrière grand père maternel était vétérinaire, mon grand-père paternel était pharmacien, mon grand père maternel était hôtelier - restaurateur). Cette classification est insatisfaisante parce qu'elle ne recouvre qu'un seul aspect de la réalité : financier. Il me semble qu'il faut envisager un autre type de stratification sociale, moins marxisante sans doute. On pourrait regarder du coté d'une perspective non marxiste où les classes seraient divisés en : (1) servitude, (2) couches populaires (3) classe moyenne (4) classe moyenne supérieure, (5) élite. Je suis, bien sûr, persuadé que cette stratification est critiquable, ou du moins discutable, mais je m'y retrouve mieux. Dans ce cadre je crois que je peux me situer dans les classes moyennes supérieures (cadres, professions intellectuelles, etc.).

Mais en l'occurrence, pour les critiqueurs, être ce qu'ils appellent un "bourge" ou un "bourgeois" c'est uniquement une question de mentalité, de culture si l'on veut, qui induit une série de comportements et d'attitudes définis comme tels par opposition à une mentalité, une culture dite "populaire" ou encore "prolo". Dans cette perspective les choix de vie, les comportements, le niveau culturel et les goûts sont plus importants pour définir la classe sociale que les revenus et le patrimoine. Les gens sont alors placés sur une échelle de valeurs qui relie les classes dites populaires aux classes dites bourgeoises. Et c'est par rapport à la classe dite bourgeoise que l'on se place sur cette échelle. Il existe donc ou du moins on peut le supposer, un "bourgeois étalon". Le problème est que ce modèle est assez vague, mal définis et peut varier dans le temps. C'est une sorte d'intuition plus qu'une théorie bien établie. Mais en gros dans la perspective qui nous occupe le "bourgeois" est quelqu'un qui voit la vie et les choses à travers la grille de l'éducation et de la culture de la petite et moyenne bourgeoisie de la stratification marxiste originale avec une mise au goût du jour, si l'on peut dire. C'est encore assez vague et ça mériterait une enquête. Nous y reviendrons.

1 commentaire :

Sylvain a dit…

Dans l’esprit de ceux qui parlent de « bourges », leur opinion, négative, est basée sur l’idée que le bourgeois traditionnel est un être mesquin, imbu de ses revenus (sinon de sa fortune), aux idées étroites et coincées, hypocrite et méprisant les gens qu’il considère comme d’un niveau inférieur au sien. Une vision victorienne d’un bourgeois comme celui caricaturé au 19eme siècle. C’est un portrait qui ne correspond plus à rien : le bourgeois d’aujourd’hui n’entretient plus de danseuse, travaille pour gagner sa vie, souffre du stress au boulot, accepte que sa fille aille habiter avec son copain…
Que ce portrait soit encore diffusé aujourd’hui est assez paradoxal, et dénote, de la part de ceux qui le brosse, une ignorance grave du monde dans lequel ils vivent.