dimanche 14 juin 2009

un jardinier pas ordinaire

Ma curiosité a été titillée par ce type là : Pascal Cribier. Il m'a l'air vraiment intéressant, si l'on peut croire ce qu'en dit Le Monde :
Pour Cribier, la nature est hostile, d'ailleurs elle lui fait peur et il n'y marche jamais. Le paysage, c'est autre chose, il est façonné par l'économie : "Le chauffage central a bouleversé le paysage, car on ne coupe plus le bois pour se chauffer", dit-il. Le jardin, c'est faire du mal à la nature pour le plaisir des sens. C'est un artifice inutile, sans valeur marchande, un péché mignon à consommer avec modération. Cribier trouve donc "absurde" de jardiner le paysage, par exemple les talus d'autoroute ou les ronds-points. Et comme l'homme entend tout domestiquer, tout "bousiller", il propose de créer des zones de biodiversité pour l'étude, ouverts aux seuls scientifiques.
Et il est jardinier paysagiste. Mais ses jardins ne sont pas ordinaires, pas ordinaires du tout :
Cribier, lui, est multiple, il se fond dans le territoire. "Je me fous du style", dit-il. Il a dessiné un jardin minimaliste au donjon de Vez (Oise), a travaillé un marais à Larchant (Seine-et-Marne), a conçu un ranch de 36 000 hectares dans le Montana avec des buttes pour s'abriter du vent et un abreuvoir où vaches et chevaux se croisent sans se toucher, a mis ses pas dans ceux de Le Nôtre pour le jardin des Tuileries, a revisité un jardin à l'anglaise de 200 hectares dans le Hampshire : "En Angleterre, on attendait de moi un jardin "contemporain", comme on dit, et je suis parti de ce qui existait en faisant inonder un bassin. J'aime aussi l'émotion du murmure de l'eau qui meurt en vaguelettes. Et ces plantes, je sais qu'elles vont bien vivre ici."
Et qui a des goûts qui me touchent :
Il évite les musées comme les bouquets mal assemblés, leur préfère les villes et leurs trottoirs. Il aime les zones industrielles et l'odeur de la pluie d'été sur le bitume.
Même s'il est un peu étrange de l'entendre dire :
Il raconte que les étourneaux pèsent 50 grammes de plus à Lille que dans d'autres villes, parce que les autoroutes sont éclairées en Belgique. Il sait que des arbres sont morts à la Défense parce que les talons aiguilles ont percé leurs racines.
Voilà tout de même quelqu'un de pas banal et qui a des idées qui changent un peu de l'ordinaire.

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