pas de vert

Journée paresseuse, ô combien, puisque j'ai été spectateur, et seulement spectateur, du "séminaire" — comme on dit — annuel de ma direction qui se tenait en un lieu de congrès et de réunions bien connus des parisiens, sur la rive gauche. Je dois m'estimer heureux de n'avoir pas subi la version habituelle du "séminaire" : deux jours enfermés dans un hôtel aux marges de la capitale, à supporter les âneries corporates, le team bonding et compagnie. Cette année mes patrons ont fait ça sur un jour, à Paris, et n'ont demandé qu'une participation minimum du public, grâces leur soient rendues. Au déjeuner je me suis trouvé à la table de Bigboss, mais fort heureusement il avait détecté le nerd qui veille en moi et il ne m'a pas adressé la parole. Bigboss est probablement aussi sociable que moi et en tout cas aussi embarrassé en public que moi, on se comprend. Le style des présentations power-point était uniformément classique, mortellement classique. On pouvait sans doute m'entendre soupirer du fond de la salle. Mais nous avons fini tôt et je suis passé chez Eyrolles pour enrichir ma bibliothèque technique informatique, en sortant. Ce genre de sortie du train-train quotidien a le don de m'épuiser, en partie à cause des efforts que je fais pour être agréable et sociable et pour trouver des sujets de conversation légère ou de salon, en rentrant je me suis trompé dans le métro, je suis descendu à Duroc au lieu de Sèvre-Babylone et en me maudissant j'ai pris le ligne 13, bondée comme d'habitude, et changé de nouveau à Saint-Lazare pour rattraper la 12. Dans la 13 un jeune enfant était étalé sur deux sièges, alors même qu'il y avait foule et sa mère, assise en face ne lui disait rien, les autres passagers non plus, d'ailleurs.



Aux Cloisters

Afin de soutenir les iraniens partisans de M. Mir-Hossein Mousavi Khameneh — qui se sentent floués par le résultat des élections et qui manifestent tous les jours en bravant la police et les nervis du régime — un certain nombre de mes "suivis" sur Twitter ont peint leurs avatars en vert (la couleur des partisans de Mousavi). Pas moi. Je doute que peindre son twitter-avatar en vert n'aide, même un tant soit peu, les iraniens et je me méfie de M. Mousavi. En fait le régime iranien est dominé par l'Assemblée des experts, des mollahs extraordinairement réactionnaires et autoritaires d'autant qu'ils sont gardiens du dogme de la religion d'état, bien sûr obligatoire, qui ont à leur tête le Guide de la révolution, le Grand Ayatollah Khamenei. Les mollahs se soucient de la démocratie comme de leur premier tapis de prière. Le président de la république qui était élu dimanche dernier est aux ordres de ces mollahs, qu'il soit conservateur ou un peu plus réformiste comme se déclare M. Mousavi. L'avantage de M. Mousavi est qu'il promet une certaine ouverture de la société iranienne afin, surtout, d'améliorer la situation économique. Il est ainsi nettement préférable à M. Ahmadinejad pour l'occident au moins. Mais je ne pense pas que M. Mousavi instaure la démocratie et la liberté dans son pays ni même qu'il en ait l'intention et de toutes façons, l'aurait-il, les mollahs qui dirigent, en fait, le pays l'en empêcheraient. Non, ce qui se passe en Iran est le reflet des tensions et rivalités au sein du petit groupe de mollahs qui dirigent le pays et en particulier entre le Grand Ayatollah Khamenei et le président de l'Assemblée des Experts, l'Ayatollah Rafsandjani. Une fois de plus le peuple sera dupé.

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