bouquiniste

Je rêve souvent d'une autre vie et en ce moment je me vois bien bouquiniste, j'ai même commencé à réfléchir comment je pourrais prendre ma retraite dans 3 ou 4 ans et ouvrir une boutique quelque part. Je me vois vraiment bien au milieu de centaines de livres dans une boutique où régnerait un fantastique désordre propice à la flânerie intellectuelle et à le serendipité. Dans l'idéal ça serait une boutique de livres d'occasion en Anglais, un peu comme Tea and Tattered Pages ou Abbey Bookshop à Paris, parce que j'aime les hardbacks et qu'il n'y en a plus du tout dans l'édition Française (où ça n'a jamais été un tradition d'ailleurs) alors qu'ils se maintiennent dans l'édition Britannique ou Américaine et aussi parce que j'aime les couvertures colorées alors que les couvertures des livres en Français sont en général d'une élégante et triste couleur unie (sauf les polars et la SF). Bref, je me vois vraiment au fond de ma boutique pleine de livres jusqu'au plafond, assis à une petite table qui me tiendrait lieu de bureau, devant un ordi, surveillant du coin de l'oeil le client fureteur ou bavardant avec un nerd amateur de bouquins... J'ai eu cette idée parce que je fréquente de nouveau la Bibliothèque Américaine de Paris (American Library in Paris) et que je trouve que c'est un endroit fantastique avec ses milliers de livres un peu poussiéreux, son manque de place chronique, ses recoins et pièces à part où les livres envahissent tout (mais ils sont bien classés, classification de Dewey et tout, c'est une bibliothèque). J'y passe mes samedi après-midi à feuilleter, lire les revues et magazines ou écrire simplement dans le calme et l'atmosphère studieuses des étudiants venus là pour travailler sur les grandes tables de bois de la salle de lecture. Je ne me sens tellement bien au milieu des livres.

projections

Sur le globe terrestre les positions géographiques sont mesurées en degré de latitude et de longitude. On appelle ça un système de coordonnées géographiques. Le degré de latitude est calculé à partir de la latitude zéro que l'on situe à l'équateur, de là, on mesure jusqu'à 90 degrés nord et 90 degrés sud. On appelle parallèles ces degrés de latitude. Pour la longitude c'est un peu plus problématique parce que l'on se réfère à un méridien d'origine et il faut en désigner un qui soit universel. Actuellement le méridien d'origine de la plupart des systèmes géodésiques est le méridien de Greenwich qui est sensé passer à l'observatoire de Greenwich dans la banlieue de Londres. Le méridien de Paris a longtemps été utilisé par les Français, ce méridien est sensé passer à travers Paris et en particulier par le centre de l'Observatoire de Paris, il est situé à 2° 20' 14,025'' à l'est du méridien de Greenwich. Tous les méridiens sont perpendiculaires à tous les parallèles et il y a 360 méridiens séparés par une distance de un degré, 180 degrés Ouest et 180 degrés Est. Comme les méridiens sont des cercles, il y a donc un méridien opposé au méridien d'origine, de l'autre coté du globe terrestre, c'est la ligne de changement de date. Toutes ces lignes sont, bien entendu, imaginaires et ne servent qu'au repérage des objets de la surface terrestre. Ce sont les coordonnées qui sont données par les GPS et ainsi mon lieu de naissance, par exemple est 00° 14' 26'' E et 47° 09' 57" N.

Comme nous le savons tous, la terre est une surface sphérique, mais en fait pas vraiment, elle est aplatie au deux pôles et sa surface est pleine de creux et de bosses. Pour représenter la surface de la terre sur une carte on a besoin d'aplatir une partie de la croûte terrestre qui est courbe. On transforme donc une surface courbe en surface plate. Il faut donc convertir les positions géographiques d'une surface courbe sur une surface plate, et respecter la taille des objets représentés et la distance entre eux. Pour ce faire on utilise une formule mathématique appelée projection cartographique qui va transformer le système de coordonnés géographiques en système de coordonnées projetées. Vous suivez?

Là je simplifie un peu mais ce n'est pas trop grave et je ne vais pas vous embêter avec les histoires d'ellipsoïdes et de datum, c'est affreusement compliqué. Les systèmes de coordonnées projetées ne fonctionnent pas avec la latitude et la longitude mais avec la distance à partir d'un point d'origine (0,0) en suivant deux axes, l'un vertical Y, nord-sud et l'autre horizontal X, est-ouest. En France nous avons quatre systèmes de coordonnées projetées en vigueur. La projection Lambert I couvre une bande qui correspond au tiers nord de la France, Lambert II couvre une bande qui correspond au tiers central de la France et Lambert III au tiers sud de la France (il y aussi la projection Lambert IV pour la Corse). L'origine des projections Lambert correspond à l'intersection entre l'axe d'un méridien central qui est dans ce cas le méridien de Paris (soit 2°20'E) qui forme l'axe des Y et l'axe d'un parallèle origine qui est en Lambert I : 49°30' N, en Lambert II : 46°48' N et en Lambert III : 44°06' N. Pour n'avoir qu'un seul système de coordonnées projetées pour tout le territoire métropolitain (quand-même plus pratique) on a inventé un système appelé Lambert II étendu qui couvre toute la France mais qui se trouve forcément légèrement faux au nord et légèrement faux au sud. Enfin, depuis un décret du 26 décembre 2000 on doit utiliser en France une projection dite Lambert 93 qui est un peu moins fausse que la projection Lambert II étendu au sud comme au nord (2,3 m/km à Dunkerque ou 0,60 m/km à Marseille par exemple) mais elle est entièrement compatible avec le système GPS de positionnement par satellite.

Voilà comment on fait des cartes plates représentant des surfaces courbes et qui sont néanmoins à peu près justes.

ego note

Est-ce parce que je vieillis ou parce que mon rapport au travail a changé mais maintenant je suis généralement sur les rotules le vendredi. J'ai toujours eu du mal à me lever le matin et encore plus maintenant mais le vendredi matin c'est encore pire que les autres jours et le vendredi soir je suis tellement fatigué qu'il m'arrive de piquer du nez devant mon ordinateur ou devant la télé. Par contre le lundi matin je suis encore un peu comateux mais beaucoup moins qu'avant et au bout de quelques minutes de travail je suis frais. Je ne fais pas un travail physique mais intellectuel qui consiste essentiellement à lire, écrire, faire des cartes (géographiques) ou des calculs sur Excel, des requêtes sur Access et réfléchir à ce que je fais. Ce n'est vraiment pas fatiguant physiquement, je suis toute la journée assis en face d'un ordinateur et de deux écrans jumelés, je n'ai quasiment pas de communications téléphoniques (je ne me sers pas du téléphone, je déteste ça, je préfère écrire aux gens par mail que de leur parler au téléphone, une autre de mes névroses), l'ambiance au travail est plutôt calme et confortable bien que nous soyons entassés dans un bureau paysager, je n'éprouve quasiment aucun stress. Il n'y a donc aucune raison tenant au travail lui-même pour que je sois fatigué le vendredi, sinon une certaine tension nécessaire à ma concentration et au travail par définition contraint, qui retombe le vendredi. Peut-être que je ne dors pas assez. En vieillissant j'ai peut-être besoin de plus de sommeil. Dans le passé je me contentais facilement de 6 heures de sommeil par jour, maintenant je sens bien que six heures ce n'est pas suffisant et je me suis mis à préférer 7 heures par jour, idéalement c'est 8 heures de sommeil qu'il faudrait, je crois, et j'en suis loin en semaine (le weekend par contre je récupère). Mais si je dors 8 heures par jour en semaine j'ai l'impression de ne pas avoir de vie personnelle, c'est pourquoi je rogne sur les heures de sommeil.

bossnapping

"Bossnapping" mot dérivé de kidnapping et de boss (patron) désigne en anglais l'acte bien Français de séquestrer son patron pour obtenir la satisfaction de ses revendications.
C'est ce que raconte le nouveau blog sur le langage du New York Times : Schott's Vocab qui vient assister le déjà célèbre et irrésistible Urban Dictionnary où je trouve "nonversation" : "A completely worthless conversation, wherein nothing is illuminated, explained or otherwise elaborated upon".

Readability

Certains sites web sont parfois difficilement lisibles à l'écran et on ne peut guère tout imprimer. Par hasard j'ai trouvé un outil bien pratique qui permet de modifier la lisibilité d'un texte sur le web. Il suffit d'aller sur le site de Readability, de choisir le style, la taille et les marges par défaut et d'ajouter la petite "bookmarklet" aux favoris de votre navigateur, à un endroit facile à atteindre comme dans votre barre de navigation, par exemple. Ainsi lorsque vous rencontrerez un texte difficilement lisible il vous suffira de cliquer sur la bookmarklet pour le transformer en caractères lisibles. Astucieux, non?

Un exemple?

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C'est plus clair.

Firefox est le meilleur !

Au départ c'était parce que Firefox avait planté assez sévèrement et je voulais essayer une alternative. J'ai alors essayé Opera, transféré mes favoris de Firefox et pendant deux jours je ne me suis servi que d'Opera. Ensuite j'ai essayé Safari 4 (encore en version beta). Opera ne m'a pas impressionné, rien de bien particulier à reprocher mais rien de génial qui trancherait avec Firefox. Mes extensions de Firefox m'ont bien entendu manqué mais j'ai essayé d'en faire abstraction. J'ai trouvé que le rendu des pages web était meilleur sur Safari que sur Firefox ou Opera, pas énormément mais c'est quand même sensible. La vitesse de Safari est meilleure à l'ouverture de l'application que les deux autres navigateurs, Firefox est le plus lent des trois sur ce point. Par contre je n'ai pas constaté de différence de vitesse au chargement des pages web. Safari a un système de gestion des favoris bien moins performant que celui de Firefox, ou plutôt selon moi beaucoup moins pratique et je déteste les onglets à la mode Google Chrome, en haut de la fenêtre, d'autant que le premier onglet ne se distingue pas de la fenêtre et que vous risquez de tout fermer en voulant fermer cet onglet (ce défaut sera peut-être corrigé lors de la livraison de la version définitive). La façon dont s'affichent les onglets me semble tout de même mieux pensée que sur Firefox.

Je suis revenu à Firefox parce que rien ne remplace mes chères extensions valables seulement pour ce navigateur, j'utilise pas mal Hyperwords (pour le "copier en texte brut", les outils de recherche et de traduction), Shareaholic (pour Delicious ou Tumblr), Evernote (extension vraiment géniale, à essayer si vous ne connaissez pas encore), FoxClocks (pour savoir tout le temps quelle heure il est dans le reste du monde), les scripts Greasemonkey et Greasefire qui vous permettent une customisation de certaines pages web, MultiSidebar (pour choisir le coté où afficher les barres de coté) et surtout, surtout Tab Mix Plus (pour mieux gérer le comportements des onglets).

pour moi la vie va commencer - 1963



Johnny Hallyday, 1963. J'ai un peu honte, ouais, mais quand j'avais 6 ans c'était LE tube, je chantais ça à tue-tête.

Abraham Lincoln 5 février 1865

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(image trouvée )

J'aime ce portrait d'Abraham Lincoln pris le 5 février 1865 par Alexander Gardner. Quelques jours avant son 56ème anniversaire (le 12 février!) et deux mois avant sa mort, assassiné le 15 avril 1865. Il n'a pas l'air aussi sombre et sévère que sur ses autres portraits, il est épuisé par l'immense poids des soucis des années de guerre et de pouvoir, mais il sait que son oeuvre est sur le point d'être accomplie : l'abolition de l'esclavage et la préservation de l'union des Etats Unis. Toute l'usure de l'exercice des responsabilités énormes qui lui incombent se lit dans ses traits mais aussi une certaine sérénité. Il n'arrive toujours pas à domestiquer sa chevelure et son noeud papillon est de travers, mais on sent bien qu'il s'en moque. Un quart de sourire adoucit son image. Il est tout de même impatient de retourner à son bureau, il n'a pu tenir ses mains, qui tiennent ses lunettes et un crayon, immobiles le temps du cliché. Walt Whitman disait que Lincoln avait un air de "profonde, latente tristesse".

liste des choses qui m'intéressent

Il y a des choses qui me passionnent et dont je parle très peu, malheureusement. Je n'ai pas trop analysé pourquoi. Bref je me suis dit qu'il fallait que je parle plus de ce qui m'intéresse au fond. Peu importe mon degré d'expertise dans les domaines, après tout ce blog n'est fait que pour que j'y écrive, peu importe quoi.
Les choses qui m'intéressent et dont je parle trop peu sont nombreuses, parfois un peu étranges, j'ai eu envie de faire une liste, donc, en vrac et non par ordre d'importance, on peut citer :
  • l'aviation commerciale et la navigation aérienne
  • la météo
  • l'histoire des Etats Unis en général et en particulier :
    • Abraham Lincoln
    • la guerre de sécession
    • l'Amérique des années 1950 et 1960
    • la guerre du Vietnam
    • la culture populaire américaine des années 50 à 70
      (en fait, j'aime le monde de mon enfance et de mon adolescence, pour moi l'histoire s'est arrêté en 1980, en quelque sorte, et avant il y avait eu le départ des soldats américains de France qui a marqué une rupture importante pour moi car j'habitais une petite ville qui abritait un grand camp militaire et un hôpital militaire US)

  • la politique américaine passée et contemporaine
  • les cartes, la géographie physique et humaine
  • la poésie américaine depuis les années 50 et contemporaine
  • les usages d'Internet, les blogues, les réseaux sociaux
  • les photographes américains : Walker Evans, Joël Sternfeld, Stephen Shore, William Eggleston, Ansel Adams
  • la visualisation graphique des données et des informations (infographie)
  • Neal Stephenson (écrivain américain)
  • les métropoles (Paris, Londres, New York, Los Angeles)
  • les trains, le monde ferroviaire
  • la peinture photoréaliste ou hyperréaliste
  • la musique populaire américaine des origines à la fin des années 70 (le jazz swing, be-bop et cool, le blues, le gospel, le folk, le rock, la pop, la country, les crooners et la comédie musicale) et ses continuateurs contemporains
  • les séries télévisées américaines
  • les voitures américaines des années 50 à 70
  • les westerns
  • Blueberry (bande dessinée western française)
  • le base-ball (en fait, l'histoire du base-ball plus que le sport contemporain au jour le jour)
  • les littératures américaines réalistes : Raymond Carver, Richard Ford, Tobias Wolf, Jim Harrison, Thomas McGuane...
  • le réalisme magique latino-américain

    (liste non exhaustive)...

c'est la vie !

Les Français sont formidables. Ils élisent un président de droite au suffrage universel avec une confortable majorité, ils lui donnent une majorité au parlement pour gouverner, bon c'est la démocratie, on en prend pour cinq ans mais c'est la règle du jeu, rien à dire. Rien à dire? Une fois que ça c'est fait ils se hâtent, les Français, à descendre dans la rue, à manifester, à déclencher la grève générale pour vouer aux gémonies le président qu'ils ont eux mêmes mis au pouvoir deux ans à peine plus tôt et qui applique tant bien que mal le programme pour lequel il a été élu.

Les Français ont un vieux fond révolutionnaire, ils aiment les manifs, les fumigènes, les banderoles, les propos outranciers, battre le pavé. Les manifs sont des fêtes populaires, des chienlits bigarrées, musique à fond, c'est la fête, on se peint la tronche, on danse, on crie, on répète les slogans, c'est la fête et on est du coté du Bien, c'est cool, c'est la révolution de velours, ça reviens souvent, on se donne rendez-vous à la prochaine. À la fin de la manif, il y aura les traditionnelles échauffourées qui permettront aux flics de se défouler et d'utiliser leurs jouets, tazers, paintball, tonfas et aux loulous de saccager un peu. On est habitué, on n'y fait presque plus attention, le gouvernement fait le gros dos et attend que ça se calme. C'est la vie politique Française.

le mur du çon...

... passé par le Pape Benoit XVI :
"On ne peut pas résoudre le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire, cela augmente le problème"

Hadopi

Je n'ai pas participé à la protestation contre la loi dite Hadopi (en fait la Loi Création et Internet) parce que par ce que j'ai une opinion nuancée sur cette loi. Avertissement : comme tout le monde il m'est arrivé de télécharger illégalement des chansons (jamais des films ou des vidéos) ou de copier-coller des images qui appartenaient à d'autres. Cependant, d'un coté je ne vois pas de justification morale à tolérer la contrefaçon et je ne vois vraiment pas comment on peut ignorer la propriété intellectuelle au nom de la liberté de faire ce qu'on veut sur Internet. Et dire que, par exemple, le fait que les majors du disque se sucrent largement au passage justifie qu'on télécharge la musique sans la payer me parait être une de ces justifications vaseuses qu'inventent tous les gens pris la main dans le sac. Et en outre la possibilité offerte de voler et sa facilité n'excusent pas le vol (bon d'accord on me dira que ce n'est pas du vol mais de la contrefaçon mais enfin, passons...). Ce n'est pas parce que l'épicier du coin vend ses pommes de terre trop chères et qu'en plus il les étale devant son magasin et qu'il ne les surveille pas qu'on va lui piquer et qu'on aura raison de le faire et qu'en plus nous interdire de le faire sera une atteinte inqualifiable aux libertés auxquelles nous avons droit en tant que citoyens d'une démocratie. D'un autre coté les mesures de rétorsion envisagées me semblent inadaptées. Au bout du compte vont se faire prendre ceux qui n'auront pas été assez malins pour contourner les dispositifs prévus et j'ai bien peur que ça ne règle en rien le problème du téléchargement illégal. Par contre je ne crois pas une seconde que sucrer au bout de plusieurs avertissements la connexion Internet d'un téléchargeur de mp3 ou de vidéos soit une restriction des libertés publiques, non mais!...

Band of Brothers

Le téléfilm en dix épisodes "Band of Brothers" (Frères d'armes) me plaît beaucoup, je ne me lasse pas d'en suivre les épisodes qui heureusement passent souvent à la télé française. C'est un téléfilm produit par Tom Hanks et Steven Spielberg qui retrace le périple guerrier de la "Easy Company" de la 101ème division aéroportée américaine pendant la seconde guerre mondiale, du débarquement de Normandie à la fin de la guerre avec la prise du "nid d'aigle" de Hitler, en passant par l'opération foireuse d'Arnhem en Hollande, la bataille de Bastogne dans l'hiver ardennais, la découverte des camps de concentration. Le film se flatte d'un grand réalisme et respecte en grande partie le contrat. Il reste des erreurs, souvent déjà dans le livre de Stephen Ambrose qui a précédé le téléfilm mais tout de même assez peu ou mineures et qui de toutes façons ne gâchent pas le reste qui est bien reconstitué. L'apparition au début de chaque épisode de personnages réels qui reviennent sur leur passé avec la Easy Company est assez émouvante et donne une grande crédibilité. La filmographie est parfaite et les acteurs sont fantastiques : de Damian Lewis qui joue le major Winters à Donnie Walhberg, Ron Livingston, Scott Grimes, ils sont tous très bons.

Le film ne cache rien des horreurs et de l'absurdité de la guerre et ne se laisse pas prendre au piège de l'héroïsme facile à la John Wayne, les personnages sont tous vrais : des types plus ou moins courageux, plus ou moins doués pour être soldats et qui ne rêvent que d'une chose c'est de finir cette guerre et revenir à la vie civile et paisible. Aucun n'aime la guerre à la possible exception du capitaine Speirs. La boue et le sang, la violence et la terreur sont pour tout le monde et il n'y a pas de héros, juste des types un peu plus chanceux que les autres ou un peu plus têtes brûlées. Donc c'est fascinant par sa véracité et émouvant parce qu'on s'attache aux personnages. Une certaine lassitude peut tout de même s'installer, pourtant, au fil des épisodes, c'est peut-être un peu long en fait et parfois on ne sait plus trop bien ce qui se passe, tout est confus, comme les vrais batailles peut-être et un peu répétitif. Reste un film intelligent et bien joué, dans l'esprit de "Il faut sauver le soldat Ryan" de Spielberg ou de "Mémoires de nos pères" d'Eastwood.

photos de rue (2)

Revenons aux photos de rue. Suite à mon post d'hier j'ai reçu deux commentaires très intéressants. Je vais y répondre ici.

C'est exact que la plupart des gens trouvent désagréable d'être photographiés. Passons rapidement sur mes réactions personnelles à la photo : je n'aime pas trop me faire photographier mais uniquement parce que j'ai une mauvaise image de moi-même, mais je n'empêcherai jamais quelqu'un de le faire. Par contre, ça me gène qu'on publie ma photo sur le net avec mon nom (sans mon nom je m'en fiche), voilà. Toujours pour les mêmes raisons.

Des photographes de rue il y en a eu beaucoup dans le passé, des célèbres et géniaux : Robert Doisneau, Henri Cartier Bresson, Robert Frank, Diane Arbus, Gary Winogrand,pour ne citer qu'eux, aujourd'hui aussi : Joel Meyerowitz, Markus Hartel, Philip Lorca Di Corcia... La photographie de rue a donc acquis ses lettres de noblesse. Les mêmes qui détestent se faire photographier dans la rue vont aimer les photos de Robert Doisneau. La photographie de rue est dite "humaniste" en France, c'est dire...

Cependant de nos jours le photographe qui fait des images dans la rue peut être un professionnel, un amateur éclairé, un badeau qui occupe son temps, un amateur de jolies filles, un espion ou un pervers. Tout le monde a un appareil photo et avec l'apparition des caméraphones et la gratuité virtuelle des photos numériques les gens se sont mis à faire des photos partout et en tous lieux et, pire, ont publié leurs images sur le web sans tenir le moins du monde compte de rien, de la législation comme du savoir-vivre, comme de la discrétion... Pas étonnant que des histoires ont couru et que la parano ait augmenté. Pour le photographe de rue légitime, l'émule de Doisneau et de Winogrand c'est une catastrophe. En peu de temps les gens ont commencé à se méfier et a réagir de plus en plus négativement aux photographes, les autorités se sont mises à interdire et la photographie de rue est passée d'une activité artistique légitime à une activité soumise au soupçon d'espionnage et de perversité.

Il faut cependant prendre en compte cet état de fait quand on veut faire de la photo de rue. Soumettre sa pratique au principe de réalité. Il est hors de question de demander aux gens l'autorisation avant de les photographier, sauf dans de rares cas précis, parce que ça ruinerait la spontanéité de la scène. Mais selon moi il vaut mieux proscrire la photo volée, celle qu'on prend en cachette. Mieux vaut shooter franchement, avec un gros appareil pour faire plus "pro" et pas avec un téléphone (my mistake!), sans se cacher, avec un aplomb qui renforcera votre aspect "légitime". Le choix du sujet a son importance dans ce cadre. Mieux vaut éviter les enfants, ça c'est dommage parce que ça fait des images intéressantes mais c'est vraiment trop connoté pervers de nos jours, donc les gamins c'est interdit et c'est très risqué. Les couples c'est plus embêtant et pas facile de les éviter (qu'on pense aux amoureux de Doisneau ou aux "couples qui s'ennuient" de Martin Parr, irrésistibles), donc je crois qu'il faut y aller mais sur la pointe des pieds, si j'ose dire. Là comme partout la personnalité et l'attitude du photographe est importante, il doit avoir l'intuition de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, de l'atmosphère et de l'ambiance générale des endroits où il peut faire des images et là où il est risqué d'en faire. Il doit aussi savoir expliquer aux gens ce qu'il fait de façon franche, souriante et respectueuse. On passe au pire pour un gentil cinglé avec une marotte un peu bizarre, mais ça vaut mieux que de passer pour un pervers. Et il faut respecter les gens qui vous disent ou qui vous signifient que non, il ne veulent pas être photographiés, et baisser votre appareil ostensiblement à ce moment là et leur sourire avec au besoin un petit signe de la tête signifiant que vous avez compris.

On ne changera pas le monde et nos contemporains, mieux vaut donc s'y adapter quitte à laisser passer de belles photos, et puis n'est pas Doisneau qui veut!

dans le bus

Je suis assis dans le bus, arrive un enfant et son papa, je l'entends à coté de moi : "j'ai envie de m'asseoir là, papa", le père : "c'est pris, tu vois bien".
Le gamin lèche la vitre, juste devant moi et à ma hauteur puisque je suis assis.

Tout d'un coup il me demande "tu descends où, Monsieur?", le père : "non mais t'es gonflé, faut pas demander ça aux gens!", moi : "pourquoi tu veux savoir ça? ça serait pas plutôt le siège que tu voudrais?", le gamin: "oui".
Je me lève et lui laisse la place, ce gamin est un petit futé qui n'a pas froid aux yeux, en plus je descend à la prochaine...

photos de rue

Donc je suis place Jules Joffrin dans le XVIIIème arrondissement de Paris et j'attends le bus 80 qui doit me transporter à l'American Library of Paris (des livres à rendre, des livres à emprunter, encore des livres...). Pour m'occuper je fais quelques photos avec mon iPhone, des photos des gens autour de moi mais pas vraiment, plutôt des images d'ambiance, des scènes de rue. Avec l'iPhone qui est plutôt discret et assez mauvais comme appareil photo soit dit en passant. Une fille rousse me regarde avec insistance depuis un moment, je l'ai repéré. Elle vient vers moi et me demande "vous faites des photos?", je lui dis "oui, avec mon téléphone", elle me dit "vous savez que c'est interdit de faire des photos des gens dans la rue?", je réponds "ah bon? et quelle loi m'interdit de faire ça, s'il vous plaît?", elle dit "c'est interdit c'est tout, et si c'est pas interdit au moins il faut avoir la correction de demander aux gens d'abord!", je dis "alors c'est un peu confus là, c'est interdit ou pas, moi je crois que c'est mon droit de photographier la rue et les gens qui sont dedans parce que c'est un lieu public". La fille ne répond rien, elle s'éloigne, je tente de la rattraper, c'est vrai je continuerai bien cette conversation, mais pas elle, je ne peux tout de même pas lui courir après, ça, ça ne se fait vraiment pas. Je laisse tomber.

Ce n'est pas la première fois qu'on m'embête parce que je fais des photos, j'ai eu toutes sortes de réactions, du commerçant qui m'engueule parce que je fais mine de photographier son étalage jusqu'au type qui m'a traité de connard parce que je visais son chien. Ça devient de plus en plus dur de faire de la photographie de rue ou même de la photo en général, entre les gens qui se sentent agressés par l'objectif et les vigiles en tous genres qui ne trouvent rien de plus fun que de vous empêcher de photographier quoi que ce soit. Rester poli, leur expliquer gentiment c'est ce que je fais, je ne peux pas simplement remballer mon appareil et me tirer. Ça me met en colère ces âneries. Pourtant quand on voit que les gens se sentent agressés quand on les regarde dans les yeux on comprend que les regarder avec un objectif les mettent hors d'eux, n'empêche, ça signifie qu'un jour faire des photos de rue sera interdit ou sévèrement limité.

Alain Bashung RIP

Alain Bashung est mort aujourd'hui à 61 ans d'un cancer du poumon.
Encore un bon qui s'en va, mais qui laisse de magnifiques chansons. On voit qu'on est vieux quand on est capable de se rappeler les débuts d'un chanteur qui viens de mourir à 61 ans (neuf ans de plus que moi seulement, Bashung et moi on est de la même génération). Je me souviens donc du jeune Bashung qui apparu en 1980 (en fait il ramait depuis bien longtemps) avec "Gaby, oh Gaby" et "Vertige de l'amour", puis après avec des tubes comme "Osez Joséphine", "Ma petite entreprise" et plus récemment avec "Résidents de la république"... Tout un monde, mon vieux, toute un époque...

Oh Gaby, Gaby, tu devrais pas m'laisser la nuit
J'peux pas dormir, j'fais qu' des conneries
Oh Gaby, Gaby, tu veux qu' j' te chante la mer
Le long, le long, le long des golfes
Pas très clair.

En r'gardant les résultats d' son check-up
Un requin qui fumait plus a rallumé son clope
Ça fait frémir, faut savoir dir' stop (Stop !)
Tu sais, tu sais c'est comm' ce typ' qui voudrait que j' me soign'
Et qu'abandonn' son clebs au mois d'août en Espagne
J' sens comme un vide, remet-moi Johnny Kidd

Alain Bashung

carte postale de Hyeres (3)

postcard Hyeres 3


Encore une, peut-être la dernière, cette fois ce sont les couleurs de la Méditerranée.

carte postale de Hyeres (2)

postcard Hyeres 02


Allez, une nouvelle carte postale de la côte. Encore Hyeres, mais plutôt les surfaces cette fois-ci. Portes et fenêtres, surfaces rocheuses de la presqu'île de Gien. Comme d'hab', cliquez dessus pour la voir en grand.

carte postale de Hyeres (Var)

postcard 20090309


Weekend au bord de la Méditerranée dans un coin que je ne connaissais pas : Hyeres et la presqu'ile de Gien. Un peu de luminothérapie bienvenue (plus que 15 jours d'hiver à tenir, on tient le bon bout!).
Cliquer sur la photo pour la voir en grand.

résurrection

Ça fait maintenant dix jours que je n'ai rien écrit. J'ai même eu envie de fermer ce blogue mais au fond je sais que je ne peux pas m'en passer. Je vais bien pourtant mais je n'ai pas le courage d'écrire et surtout d'essayer d'écrire quelque chose de pas trop trivial ou de puéril. Or tout ce que j'écris en ce moment me semble à la relecture ne rien valoir, n'avoir finalement aucun intérêt.
Bon ça va passer, ça commence à passer.