neige et pluie


À Kermorvan

Décidément les grands esprits se rencontrent, Ciscoblog a cité hier les écrivains et poètes Jacques Reda et Jacques Roubaud comme ses "meilleurs amis" (au sens de Facebook) ("car un livre est une communauté virtuelle : celle de tous ses lecteurs, qui ne se connaissent pas" écrit Francis, et cette phrase est belle et vraie). Il se trouve que ces deux JR sont aussi parmi mes meilleurs "amis" (dans le même sens). Il est évident que je ne les connais pas personnellement mais que leurs livres m'accompagnent presque toujours, au moins en pensée ou comme bruit de fond, que je les lis et les relis (et leur oeuvre à tous les deux, les deux Jacques, se prête bien à ce genre d'exercice de "fan" jamais rassasié) et ne cesse de m'en nourrir (intellectuellement).

Ce matin tout était blanc. Deux centimètres de neige environ vers neuf heures, quand la pluie a succédé à la neige. J'étais content car j'aime bien la neige. Malheureusement ma flemme habituelle à me lever (flemme qui s'aggrave avec le temps) fit que j'étais absolument en retard et donc que je ne me suis pas arrêté sur mon chemin pour prendre des photos. À midi tout avait fondu. Ne restait par endroit que cette boue grisâtre (au mieux) qu'on appelle au Québec, je crois, la "slotche", peut-être à cause du bruit que cela fait quand on marche dedans.

Ci-dessus une image prise cet été par temps gris à la pointe de Kermorvan qui sépare (ou peu s'en faut) l'Atlantique de la Manche. J'ai un goût prononcé pour ces pierres de granit plates qui servent à tout dans ces régions, à monter les murs, à renforcer les talus, à construire les maisons et pour ces pelouses épaisses et moussues. C'est au Conquet, Finistère, petit port de pêche à la pointe nord de la Bretagne. Mine de rien ça fait vingt quatre ans que je fréquente assidûment ce coin là.