rasé

in Montmartre
À Montmartre ce jour

Coupe de cheveux à la tondeuse, je me suis quasiment fait raser la tête ! La coiffeuse n'avait pas de clients, elle gardait une enfant en bas âge dans une poussette et elle avait l'air de s'ennuyer ferme ! Je lui ai demandé une coupe d'un centimètre sur le dessus et en proportion sur les cotés. D'habitude les coiffeurs hésitent à couper si court, ils demandent quatre ou cinq fois si je suis bien sûr et ils coupent avec une marge d'un bon centimètre, au cas où. Et pas question d'utiliser la tondeuse ! Un coiffeur à qui je disais un jour qu'il pouvait utiliser la tondeuse m'a répondu que je n'étais pas un mouton et que lui était coiffeur pas tondeur ! La fille de cet après-midi n'avait pas ces préventions : en dix minutes c'était fait, à la tondeuse, avec un sabot de 1,2 sur le dessus et de 0,8 sur les cotés ! Emballez c'est pesé ! 15 €. J'y retournerai. Ça ne me fait pas un tête très sympathique cependant, plutôt bizarre.

Petite ballade photographique du coté de Montmartre après ça, mais pas beaucoup de lumière et il faisait très chaud, étouffant, orageux. J'ai été surpris par le faible nombre de touristes autour du Sacré Coeur.

chaud ! !

pond  #2


Il fait vraiment une chaleur à crever, être en nage à 10 heures du matin n'est pas agréable ! J'ai du mal à travailler (à la maison) et pourtant j'ai plein de choses à faire avant de retourner dans la fraicheur brestoise. J'en suis à trois douches par jour, froides, ou plutôt tiédasse parce que l'eau froide de mon immeuble ne parvient pas à être réellement froide. D'après la météo la canicule cesse demain (on va perdre 5° d'un coup), j'espère être un peu plus productif.

La chaleur me donne envie de dormir.

J'ai plein de choses à faire mais j'ai du mal à commencer à les faire, je traîne, je lis le web, je check mes e-mails, je lis le web, je prends une douche, je check mes e-mails, je me fais un café, je lis le web...

interlude

bat cave
Cave des Ermites, St Benoit la Foret

Pour changer un peu des images de Bretagne (mais on va continuer).
Paris la nuit est pleine de bruits étranges, de cris effrayants, de gens bizarres. Je m'en rends compte quand je reviens de la campagne et que la chaleur me fait dormir la fenêtre grande ouverte.
Un orage hier soir, très bref et peu actif a tout de même nettoyé l'air. J'adore la grosse pluie d'orage bien fraiche en été.
Regardé Batman Begins, trouvé ça pas mal du tout et quelques belles scènes.
Je me fais des relations avec quelques photographes japonais sur Flickr, adeptes de moyen-format : (ku)nihito, masato, miki**, moS., plywood, shiba-shiba, ta.
Je m'amuse à traduire électroniquement du japonais en français ce qui donne des choses totalement incompréhensibles mais amusantes : "Le chat de finition d'invitation photographiant, quand il sort du temple de vertu considérablement, soudainement la douche est tombé. Alors il a fait pour essayer de jouer par la vieille électricité de boule où prenant l'abri de la pluie est une station de colline de [te] et de d'autres tombeau."
Quand il sort du temple de vertu, soudainement la douche est tombé... Hummmm!
Demain je m'achète de la pellicule et je fais cliquer le Lubitel! (Je me rends compte que cette phrase est aussi incompréhensible que mes trad du japonais : bon, demain je m'achête de la pellicule pour prendre des photos avec mon Lubitel 2, appareil moyen format russe qui a exactement mon âge, tout en plastique...)

laminaires

touch the sea


De retour à Paris (mais je repars en Bretagne dans une semaine) où il fait une chaleur à crever et où l'orage menace (ben tiens).
J'ai passé la semaine au cas où vous voudriez savoir, et oui c'est un des plus beau pays du monde (oui bon il y a encore trop d'humains mais en cherchant bien on peut trouver des coins pas trop fréquentés, l'eau est froide et au mieux ne dépasse jamais les 17°, ah! c'est un gros avantage).

Kéréon

Kéréon
phare de Kéréon


Les "enfers" du Finistère : Kéréon, La Jument, Ar Men, Les Pierres Noires. On les appelait ainsi parce que construits en pleine mer ces phares étaient d'un séjour difficile pour les gardiens, surtout l'hiver quand les tempêtes venaient cogner sur les tourelles. Parfois la relève était impossible. Longtemps. Et quand elle se faisait elle était dangereuse, acrobatique. Ces phares sont maintenant tous automatisés. Avant d'être un jour définitivement abandonnés. Qui aura besoin des phares? Kéréon est devenu célèbre grâce à ces photos de Jean Guichard, dans le monde entier on affiche au mur cette fameuse image du phare de Kéréon. Mais l'intérieur de la tour est en ruine depuis qu'il n'y a plus de gardiens.

balises

chenal du Crom
Chenal du Crom


Les chemins d'Iroise sont des chenals chenaux, chenal de la Helle, chenal du Crom, les balises sont des marques maritimes indiquant sommairement la route. Les balises qui indiquent un récif et qui disent aux marins où il faut passer pour l'éviter s'appellent cardinales. Elles indiquent les quatre points cardinaux. En mer la boussole est indispensable, sans elle on est vite perdu dans le désert d'eau. D'autant que la brume peut se lever n'importe quand, même par grand beau temps et tout estomper, tout faire disparaître, et vous laisser seul et perdu. De nos jours on a les GPS et les sondeurs, mais les plaisanciers arrivent encore à heurter les récifs, à "talonner". Ce soir, alors que nous revenions de Balaneg, petite île en Iroise, temps magnifique et mer d'huile, le canal 16 de la radio se mit soudain à cracher l'appel au secours d'un plaisancier qui venait de talonner au Toulinguet, avait une voie d'eau à l'arrière et coulait lentement avec 7 personnes à bord. Le CROSS Corsen, ange gardien, dirigeait les opérations de secours.

chenal de la Helle, près d'Ouessant

Ouessant
Île d'Ouessant


La Helle est une sorte de dent, une molaire rocheuse qui a poussé au bord d'une voie de navigation qui porte son nom. Roche solitaire, menaçante.
Ouessant apparait haut sur l'eau dans la brume. La tour du Stiff surveille le trafic des cargos dans "le rail" : la voie obligatoire que doivent emprunter tous les navires qui entrent ou sortent de la Manche. C'est une région d'eaux froides, de courants de marées violents, de phares juchés sur des cailloux en pleine mer : Les Pierres Noires, Kéréon construit à force d'obstination sur un récif nommé Men Tensel : la Pierre Hargneuse en plein milieu du passage du Fromveur. Il y a des épaves partout, navires cassés contre des récifs, ou coulés pendant les guerres le Kléber, le Drummond Castle, le Colombian...

dauphins en Iroise

dolphin


15h06 : apparition d'une bande de quelques dauphins qui jouent dans le sillage du bateau et viennent longer l'étrave en se mettant sur le coté pour voir les humains penchés vers eux. Petit moment d'harmonie. Les formes grises glissent dans l'eau avec une aisance magnifique. Puis ils se lassent et disparaissent. Le bateau continue. On se sent un peu seul soudain.

Mer d'Iroise, mer d'ardoise froide et grise, où vivent phoques et dauphins.

Sur "Grand Crom"

C
Sur "Grand Crom"


minuit passé
je pense à un ami
silence

je me suis levé
pour voir la lune
mais tout est noir

balise Christian Braz, Sud de Beniguet

Ar Christian Bras
Christian Braz


à Morgol
le concert des sternes
courroucés

un bateau qui se dandine
sur le clapot gris
grand calme

gris bleu

vers Molène
Vers Molène (Finistère)

Je préfère l'océan quand il fait gris, quand on a cette lumière bretonne typique et pas de vent, que la mer est d'huile.
C'est un temps serein et un peu triste.
Les vacanciers font leurs courses, ils enfilent leurs gros pulls de laine et vont se promener sur le chemin des douaniers ou visiter un abbaye ou en profitent pour aller visiter Locronan ou un autre village breton typique ou on vend de la dentelle, du kouign-a-man * et des galettes de blé noir. La plage est désertée.
Cet après-midi ballade en mer avec Y et C, on a aperçus un phoque.
Hier soir restaurant japonais sur le port de Brest, poisson cru et riz vinaigré, succulent comme toujours dans ce petit restau.
Je lis Kafka sur le rivage de Haruki Murakami.
Le grand air me saoule.

* gâteau breton fait avec du beurre, de la farine, du beurre et une pelle à béton.

aller au jardin

garden


Le temps breton est revenu, frais et gris et humide. Avec de belles trouées de lumière de temps à autre. Grand calme et silence qui amplifie les bruits lointains. Un avion, une auto, le souffle des ordinateurs, le cliquetis de mon clavier. Envie de sieste et de faire des photos sereines et domestiques comme Rinko Kawauchi, ou comme sur ce blog tout en japonais.

les fleurs d'hortensias
secouées par une rafale
océan gris

Je me suis remis aux haiku.

dyptique et haiku


en silence
sous la table
l'araignée tisse sa toile

un coup de vent
la toile de l'araignée
se désagrège

le ciel se voile
le vent se lève
la pluie demain


(cliquez dessus pour agrandir l'image)

Aller en banlieue

À Gentilly
À Gentilly (Val de Marne)


C'est pas mal la banlieue. Sincèrement j'aime aller faire un tour hors les murs, je trouve plein de photos à faire (sans doute ne me suffit-il que d'un soupçon d'exotisme). Surtout le dimanche. Surtout quand il fait beau. Tout est morne et désolé, écrasé par le soleil. Les immeubles vétustes se dressent telles des dents cariées au milieu de nulle part. Les terrains vagues, les maisons décaties côtoient les vieilles usines désaffectées et les quartiers pavillonnaires un peu chics, avec leurs maisons en pierres meulières derrières leurs murs ou barrières ont un coté mystérieux. Atmosphère cinématographique. Les rues et les avenues sont plus larges qu'à Paris et ça dégage des perspectives intéressantes, il y a plus d'air, plus de ciel. J'aime bien Gentilly, Arcueil, Sucy en Brie, Cachan...

jamais content

À Gentilly
À Gentilly, Val de Marne


Mon problème c'est l'avenir, et le passé. Les deux me gâchent le présent.
Vu qu'ils n'ont aucune existence tangible ni l'un ni l'autre je ne peux ni rectifier le passé ni prévoir l'avenir, ils ne devraient me tourmenter ni l'un ni l'autre mais voilà, le passé encore j'arrive à peu près à le tenir en respect mais l'avenir, ah! l'avenir...

hamac

hamac


Cette image de rien me met dans un drôle d'état quand je la regarde, mélancolique et sentimental, comme un air de fado, comme cet instrumental de Leonard Cohen, une sorte de plaisir qui serre un peu les tripes, c'est doux et tendre comme un joli souvenir d'enfance.

le cerf-volant

bug


Le moral du photographe va beaucoup avec la lumière. Il y avait une belle lumière ce dimanche pour le Grand Rassemblement Annuel de la famille à L'Essart près de Chinon. Une trentaine d'adultes et une quinzaine d'enfants. Des gens proches et des éloignés que l'on ne voit que pour cette occasion. Des absents aussi. Et Pol a trouvé un cerf-volant dans l'herbe.

conversations

En forêt
À L'Essart


Les femmes parlent de choses importantes, de leurs enfants, de leurs grossesses, de leurs amours, de fringues et de maisons, de santé, de beauté, les hommes parlent de bagnoles, de films et de jeux vidéos, d'ordinateurs, de sport, de leurs boulots, de leurs vacances. Ça m'intrigue tout ça, ces conversations, j'ai du mal à m'y intéresser mais la différence des thèmes selon les genres m'intrigue.

errance

Avenue du Maine, Paris
Avenue du Maine, Paris

Je ne suis pas un nomade, non plus un voyageur et j'ai horreur du tourisme, des sites inoubliables à voir absolument et des sujets de cartes postales. Pourtant il m'est arrivé d'être un touriste, en Amérique, au Portugal, en Hollande. Pourtant ce que je préfère c'est aller dans un endroit que je connais déjà et y errer, comme un habitant un peu curieux ou avec du temps, pourrait y errer. Et visiter des lieux délaissés des touristes. C'est ça que j'aime en allant à New York, m'y sentir comme en vacances à Paris, comme un habitant temporaire.

le goûter

Goûter
À L'Essart


Je voulais faire une série d'images évoquant la vie douce l'été à la campagne, les cousins et cousines qui se retrouvent dans la belle maison des grands-parents, les longues soirées d'été, les grandes vacances tranquilles. Mais je n'y arrive pas trop. Je m'ennuie à la campagne, je déprime un peu. Je trouve que la nature l'été est belle mais je n'arrive pas, je crois, à faire des photos intéressantes de cette beauté. C'est une question de regard et d'état d'esprit. Je ne sais pas quoi faire comme images à la campagne.

carnetoile

Avenue du Maine, Paris
Gare Montparnasse, Paris


Bon, il faut se remettre à ce carnetoile délaissé (carnetoile c'est vraiment le plus joli mot que j'ai trouvé pour remplacer le hideux blogue, en plus c'est une traduction littérale de "weblog", web : toile (cobweb : toile d'araignée) et log : journal de bord ou carnet de bord, journal de toile c'est pas beau, carnet web ce n'est qu'à demi français, carnetoile c'est joli, donc carnetoile désormais). Même en mode un peu "light" pour l'été nous allons réveiller ce carnetoile.

bloguer quand on en a envie, sinon non

Je suis d'une humeur massacrante depuis samedi dernier, tout le monde m'agace, tout m'énerve (depuis que les voisins ont fait un bazar pas possible samedi dernier, au fond, que j'ai dû les appeler pour leur demander de mettre une sourdine vers deux heures du matin)!
Ce soir ça va mieux.

Boulevard du Montparnasse, Paris


Il ne fait pas très beau, j'ai envie de partir.
À la Base j'avais envie de faire un truc mais je n'y suis pas parvenu. C'était compliqué. Même avec l'aide de collègues je ne suis pas arrivé à faire ce que je voulais (du data-mining en gros, c'est d'un chiant!), j'ai travaillé des heures et des heures sans trouver la solution. Finalement je me suis rabattu sur une solution pas trop mauvaise mais moins satisfaisante que ce que j'avais envisagé. Hum.

Rue de Vaugirard, Paris


Dimanche je suis allé à Poitiers, chez ma soeur pour lui amener ses petits enfants. Dire que j'ai habité à Poitiers pendant dix ans! Cette ville est déprimante. J.M. est toujours vivant (peut-être qu'il lit ce carnet-web, d'ailleurs), ma soeur découpe les articles qui parlent de lui dans la presse locale (Centre Presse, faut voir ce canard!) pour me les montrer! J'ai eu beau chercher à la FNAC je n'ai pas trouvé de nouveau livre de lui. Étrange.
J'ai mal au genou.

aller au cimetière

cars and trees boulevard Edgar Quinet, Paris
Boulevard Edgar Quinet


Je n'aime guère les cimetières mais j'ai eu envie d'aller me promener dans celui du Montparnasse ce midi, pour faire des photos et pour faire un petit pèlerinage sur la tombe de Jean-Paul et Simone. Finalement c'est un endroit très agréable, un bel espace vert de 19 hectares en plein Paris, entre midi et deux des gens y vont prendre l'air, lire, bronzer sur les bancs. Au hasard de ma ballade je suis tombé sur la tombe de Susan Sontag. J'ignorais qu'elle était enterrée à Paris. Quand je suis rentré à la Base j'ai raconté que j'avais vu par hasard la tombe de Susan Sontag et personne ne savait qui était Susan Sontag. Bon. Wikipédia n'est pas fait pour les chiens... (Au passage : un des trucs qui m'horripilent sur le Wikipédia francophone c'est le fait de dire états-unienne, plutôt qu'américaine!)

Susan Sontag's grave
Tombe de Susan Sontag


Je suis bien content de la fin de l'affaire Bétancourt. Parce que ça se termine bien et aussi parce qu'on en entendra plus parler. J'en ai marre de ces larmoiements. Il faut lire les messages laissés sur le site du Monde, c'est vraiment très drôle (et puis au bout d'un moment c'est vraiment écœurant de bons sentiments), on dirait la libération de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (d'ailleurs sa photo en madone y est certainement pour quelque chose).

graves at Montparnasse cemetery, Paris
Tombes au cimetière du Montparnasse

tropical humide

Temps gris et lourd à Paris aujourd'hui, de la pluie, de grosses averses orageuses mais pas d'orages. La température a un peu baissé mais l'humidité ambiante fait que le métro est vraiment moite, désagréable, tropical humide.

J'ai déjeuné avec J. ce midi et la conversation a fini par aboutir sur le bilan des morts et des mourants depuis notre dernière rencontre. C'est peut-être ça aussi vieillir, quand on retrouve un ancien combattant on fait le bilan des connaissances qui ont passé l'arme à gauche. N'empêche, c'était sinistre, heureusement qu'on ne s'est pas attardé et qu'on est reparti à bavarder d'autre chose!

En sortant du boulot ce soir j'ai profité d'un accalmie de la pluie pour marcher jusqu'à Sèvres-Babylone. J'ai shooté en RAW et en grand angle en m'appliquant un peu. J'ai volontairement diminué la saturation des couleurs parce que j'ai du mal en ce moment avec les couleurs pétantes et que je voulais me rapprocher le plus possible de l'ambiance des couleurs réelles.
bref ça donne ça par exemple :

o


ou ça :

o


et alors t'es content du résultat?
— pas mécontent du tout
tu te contentes de peu!
— hé! j'avais pas de lumière, pas d'ombre et j'étais à 400 ISO, en fait j'aime bien les couleurs, tu vois, sur ces deux photos, et la composition. Et pour bien les voir il faut les agrandir en cliquant ou .

Il paraît qu'Ingrid Bétancourt a été libérée. Au fond c'était la tactique du président Uribe la bonne, étouffer les FARCS et favoriser les redditions contre amnistie. Bien joué!

vidéo Stephen Shore au travail

En matière de photographie un de mes saints patrons est Stephen Shore (avec Joel Sternfeld, Walker Evans, Ansel Adams, Edward Weston, Robert Adams, William Eggleston, Michael Omerod — j'arrête là le name dropping!

Dans cette vidéo, donc, Stephen Shore explique comment il envisage son travail photographique, l'art de la composition, sa manière d'aborder les problèmes photographiques, très intéressant.

bluejake

Bluejake : a New York City photoblog.
(via pas.longtemps)

rencontre persane

.
Tente place St Sulpice

Dans le métro une jeune femme très brune, le nez fin joliment retroussé, de grand yeux noirs si sombres qu'on ne distingue pas les pupilles, avec cependant, et ça gâche un peu, une certaine lourdeur dans la mâchoire inférieure, vêtue très légèrement d'une robe crème élégante, avec de la dentelle aux franges, parle dans son téléphone mobile dans une langue étrange et inconnue de l'homme qui est assis en face d'elle.
Cet homme, curieux, dépasse sa timidité pour lui demander :
— pardon, juste par curiosité, quelle langue parliez-vous à l'instant?
— pardon?
— je suis curieux, je me demandais quelle langue vous parliez au téléphone?
— oh! c'était du farsi dit-elle avec un fort accent étranger (mais de quel étranger on ne saurait dire) et un sourire,
— ah, vous êtes iranienne? dit l'homme qui a une bonne culture générale!
— non, enfin oui d'origine, mais en fait je suis américaine.
L'homme sourit et un point d'interrogation virtuel se dessine au dessus de sa tête.
— c'est à dire que je suis né en Iran et mes parents sont iraniens, nous avons émigré, nous parlons encore farsi entre nous et avec nos amis iraniens
— et où habitez-vous aux Etats Unis?
— à New York, enfin à Brooklyn, vous connaissez?
L'homme et la brune échangèrent alors quelques banalités parmi lesquelles on appris que la jeune femme était étudiante en séjour linguistique en France et qu'elle aimait beaucoup Paris (bien sûr). La conversation fut interrompue quand la jeune femme descendit à la Gare du Nord pour rejoindre on ne saura jamais quelle banlieue ou sa chambre dans le dixième arrondissement, l'homme ne la suivi pas et ne saura donc probablement jamais rien de plus de cette belle persane.

.
Fleuriste rue de l'Odéon

Grosse chaleur à Paris aujourd'hui, les gens sont rouges et ont la peau distendue, les pores béants, les gens ne sont pas beaux quand il fait chaud, me disais-je, en me promenant ce soir dans les rues de la rive gauche, rue de Rennes, rue de Vaugirard, rue de Mézières, place St Sulpice, et jusqu'à St Michel en passant par le carrefour de l'Odéon et Le Danton. Quelqu'un avait fait un malaise à la station de métro Odéon. La nuit dernière il fit chaud, très chaud et j'ai fort mal dormi. Dur de se lever et d'aller prendre le métro. Et la nuit qui s'amène promet d'être encore plus chaude. Demain des orages?