Simone

Simone de Beauvoir a une passerelle à Paris, ce qui est mieux que Jean-Paul Sartre qui n'a même pas de pont, juste une place à St Germain-dés-Près qu'il partage avec Simone. J'ai toujours préféré le Castor à Poulou. Elle était moins géniale que lui, sans doute, mais elle disait trente six fois moins de conneries... Et elle avait un plus beau style d'écriture que Jean-Paul. Ses mémoires sont des livres magnifiques que je relis de temps à autre avec émotion. Cette semaine je l'ai vu dans un téléfilm « Sartre, l'âge des passions » assez médiocre au demeurant mais quand même je l'ai regardé parce que je suis, depuis longtemps, un grand admirateur de ces deux intellos là. Simone de Beauvoir était bien incarnée par Anne Alvaro mais moins bien que Denis Podalydès incarnait Sartre... C'est triste. Dans ce téléfilm Simone de Beauvoir apparaît rigide et hautaine, glaçante et triste. Je ne sais pas comment elle était, à vrai dire, mais je ne la voyais pas comme ça. On sait peu qu'elle était bisexuelle et qu'elle a été renvoyée de l'éducation nationale pour « détournement de mineure » (elle couchait, paraît-il, avec une de ses élèves alors qu'elle était professeur de philo). Elle picolait et fumait. Tout le contraire de cette espèce de frigidité du téléfilm. Il faut lire ses mémoires et sa correspondance, avec Nelson Algren, avec Bost, avec Sartre pour comprendre quelle femme extraordinaire c'était. Vivante, brillante, indépendante, scandaleuse, anti-conformiste, rebelle, fière d'être une femme, amoureuse, douce, tendre... Elle est morte en 1986. Je l'aimerai toujours.

2 commentaires:

osbornb a dit…

Je possède quelques livres par Simone de Beauvoir que j'ai lus il y longtemps, et ce post me donne l'envie de les relire! Vous avez bien raison d'utiliser des mots comme "vivante" ou "brillante" au sujet de Simone de Beauvoir. Même pour un anglophone comme moi, qui lit le français avec un dictionnaire tout près, c'est évident dans son oeuvre qu'elle n'était pas du tout "glaçante."

R J Keefe a dit…

J'ai lu que Nelson Algren était le grand amour de Beauvoir, mais ni l'américain ni la française pouvaient s'éxiler au pays de l'autre.